Jean-Louis Murat à Nashville, voilà comment on pourrait résumer de manière expéditive le nouvel album du songwriter auvergnat... Même si sur le papier le pèlerinage de JLM dans cette ville mythique pour tout fan de Johnny Cash – qui a beaucoup joué là-bas – et de Jack White – qui .../...
Jean-Louis Murat à Nashville, voilà comment on pourrait résumer de manière expéditive le nouvel album du songwriter auvergnat… Même si sur le papier le pèlerinage de JLM dans cette ville mythique pour tout fan de
Johnny Cash – qui a beaucoup joué là-bas – et de
Jack White – qui y vit et travaille actuellement – est une promesse de nouveauté, la rencontre au sommet entre Murat et les musiciens du cru aux studios Ocean Way accouche d’un disque pas si différent que ça de ses précédents opus. Certes, les super pro américains amènent un incomparable savoir faire forgé au cours de rencontres en studio avec
Crosby Stills Nash and Young, John Fogerty, Roy Orbison, R.E.M. ou encore
Al Green (des artistes dont les vinyles garnissent la discothèque de monsieur Bergheaud), mais Murat reste Murat, qu’il enregistre dans le Tennessee, le Puy-de-Dôme, à New York ou à Paris ; les thèmes de ses chansons restent quasi immuables (amours délicats, poésie référencée, sexe libéré, mélancolie prégnante, autoanalyse égocentrée, fascination pour les cowboys, joie de vivre en pleine nature, digressions osées sur la vie en 2009… ), ses mélodies demeurent aériennes et l'humeur de ses titres oscille toujours entre blues rock hargneux, chanson langoureuse et pop enlevée... Les fans du chanteur à l’image sombre - la pochette n’arrangera rien, cette fois encore - et ceux qui suivent sa carrière avec attention accueilleront une fois encore avec joie les nouveaux morceaux dans leur paysage, ceux qui le détestent pour des raisons diverses et variés ne seront pas amenés à revoir leur jugement. Le cours ordinaire des choses donc… A part un ou deux dérapages dans la virtuosité démonstrative du guitariste,
Le Cours Ordinaire Des Choses est une sorte de sans faute pour
Murat, une victoire remportée de haute lutte à l’extérieur, avec une belle série de titres marquants logés dans les filets adverses. D’entrée de jeu, on remarque en effet les énergiques et pugnaces
Comme un incendie et
M Maudit, qui accrochent joliment l’oreille avec leurs riffs basiques et leurs rythmiques d’airain. Ils deviendront sans aucun doute des classiques scéniques. Les très belles chansons
Falling In Love Again (clin d’œil à
Elvis… ),
Lady Of Orcival (référence à
Notre Dame d’Orcival, pour laquelle a été érigé une église située non loin de la maison de l'artiste),
Chanter est ma façon d’errer, La mésange bleue et
Ginette Ramade prouvent, quant à elles, que
JLM sait toujours évoluer gracilement au milieu des chœurs féminins, des violons poignants, des notes de slide et des guitares sèches rustiques… Même les titres les plus légers et les plus mineurs (le coquin
16h00 Qu’est ce que tu fais ? et le très country
Comme un cowboy à l’âme fresh) passent bien la barrière des écoute successives. L’album se clôt avec
La Tige d’Or et
Taïga, deux très belles œuvres muratiennes, qui complètent idéalement ce flambant neuf best of d’inédits.
A lire également, une
interview de JLM à propos de l'album Le Cours Ordinaire Des Choses, ainsi que des entretiens avec
Murat en
novembre 2006 (sur
Taormina),
octobre 2004 (sur
A bird on a poire),
octobre 2003 (sur
Lilith) et
juin 2003 (sur le concert pour Koloko)…
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21 septembre 2009 (Scarlett - V2 Music - Universal)