A vrai dire il y aurait mille bonnes raisons de ne pas aimer ce disque live 2008 de Justice. La première serait d'avoir été insensible à leur premier LP, "†". Manque de bol, sous le côté tapageur-hype, il y avait au moins 5 excellents titres, et par ailleurs des mélodies et un .../...

A vrai dire il y aurait mille bonnes raisons de ne pas aimer ce disque live 2008 de
Justice. La première serait d'avoir été insensible à leur premier LP,
"†". Manque de bol, sous le côté tapageur-hype, il y avait au moins 5 excellents titres, et par ailleurs des mélodies et un vrai sens du mixage - il a longtemps squatté nos oreilles. La deuxième aurait été de rester impassible devant leurs prestations live, en
journée ou
tard le soir. Pas de chance, nos baskets nous ont trahies à chaque fois en prenant malgré nous possession de notre corps, et ce quel que soit notre degré de maturité alcoolique ou psychotrope.
On pourrait enfin s'offusquer de l'usage détourné d'une immense croix lumineuse, symbole le plus sacré pour ... une petite partie du monde. Mais là encore on n'est pas particulièrement choqués, c'est comme l'urinoir de Duchamp : simple et génial, ça n'énerve que ceux qui n'y ont pas pensé en premier. Ou même, feindre l'agacement devant l'aspect vaguement recycleur ou putassier de l'ensemble - hélas proprement irrésistible à moins de 50 mètres de la scène ! Bref, rien à faire, c'est uniquement avec du plaisir qu'on retrouve (même s'il est difficile de retranscrire en deux dimensions sur polycarbonate une ambiance et une foule généralement déchaînées), un live de leur longue tournée, aux morceaux suffisamment remixés pour les réécouter avec plaisir.
Voyage qui commence évidemment avec
Genesis, puis un
Phantom Pt I tous deux plus funky qu'électro, jusqu'à la partie dite
Pt 1.5 où l'on passe aux choses sérieuses, joyeusement remuée et avec un beat à vous décoller la plèvre (le pré-supposé étant évidemment d'écouter ceci au moins au seuil de la douleur...).
DANCE est le passage obligé (après la version "radio", la deuxième partie fonctionne pas mal). Comme sur album,
DVNO,
Let There be light ou
The Party sont un peu épuisantes. Et comme sur album, les morceaux de bravoure sont un
Stress très puissant,
We Are your friends où le public s'arrache les poumons (mention spéciale au passage avec sample de
Never trust a junky de
Ministry - ah si tous ces gens savaient qu'ils s'agitent sur du metal indus qu'ils n'accepteraient jamais d'écouter !). Et puis un proprement terrifiant
Waters of Nazareth et un
Phantom Pt II en roue libre. Il y a pour finir un ou deux titres "inédits" (enfin on a pas tous leurs singles non plus !) comme les sympatoches
A Cross The Universe &
NY Excuse, et un régressif
Final où ils samplent
Master of Puppets, rien de moins : le crétin irrécupérable que je suis ne peut s'empêcher d'aimer ce genre de conneries - mes baskets aussi. Valez-vous mieux que nous ?
(2008)