Ladies & Gentlemen, introducing ... VV Brown ! Elle est anglaise, lookée 60's et porte une pièce montée sur la tête : il n'en fallait pas plus aux critiques pour faire un raccourci douteux en la proclamant "nouvelle Amy Winehouse" ! C'est évidemment hors de propos, ne .../...

Ladies & Gentlemen, introducing ...
VV Brown ! Elle est anglaise, lookée 60's et porte une pièce montée sur la tête : il n'en fallait pas plus aux critiques pour faire un raccourci douteux en la proclamant "nouvelle
Amy Winehouse" ! C'est évidemment hors de propos, ne serait-ce que capillairement parlant : là où
Amy cachait un melon,
VV semble dissimuler un parpaing...
Et son style est nettement plus rentre-dedans, il n'y a qu'à voir quelques
vidéos pour s'en convaincre : là où l'auteure inégalée de
Back to Black était généralement montrée languissante et timide, la tigresse tournoie des gambettes face caméra jusqu'à annihiler toute réflexion possible : c'est d'abord son physique avantageux qui est mis en avant (technique sans doute apprise à l'école des pneumatiques et inconsistantes
Pussycat Dolls, avec qui elle a chanté par le passé ?).
Passé la comparaison foireuse, la belle a pourtant des atouts musicaux à défendre ! Il n'y a qu'à écouter ses hits potentiels, beaucoup moins soul et a contrario, plus groove que ceux de la diva punk :
Game Over, vraiment catchy avec ses gros coups de boutoir et ses na-na-na, ou
Shark in the Water, sont à mi-chemin entre
Rihanna et
The Go ! Team et ont cette évidence de tubes à dance floors, tout comme la plus électro
Everybody qui rappelle la très classieuse
Santogold.
Moins convaincante en jazz vocal ou en slows (
I Love You,
Travelling like the light) - certes elle a l'organe pour, mais on est loin de la troublante
Melody Gardot d'autant que, indignité suprême, elle utilise de l'auto-tune sur le premier titre, comme un vulgaire Kanye "Jackass" West ! La balade
Crazy amazing ne serait pas désagréable, mais elle est manifestement pompée sur un vieux tube de
Jan & Dean... Bref, quand elle veut faire dans le délicat, Mlle
Brown est manifestement sur une fausse piste.
L'autre style prédominant du disque, auto-proclamé de
retro-pop, est très plaisant à défaut d'être révolutionnaire : des titres de rock'n'roll à tendance twist, produits avec le gros son d'aujourd'hui (dans le genre des
Pipettes il y a quelques années).
Leave !,
L.O.V.E. et la furieuse
Crying Blood donnent indéniablement envie de faire tournoyer une girelle dans des pas de rock acrobatique endiablés, du genre à faire fondre illico toute culotte de cheval féminine et toute bouée ventrale masculine ! Puissent-ils un jour remplacer les ignobles medleys rock'n'roll qu'on entend dans les baptêmes et les mariages, pour faire danser jeunes et vieux...
Album un peu attrape-tout d'une artiste qui veut montrer son potentiel,
Travelling like the light sera donc au mieux pour les amoureux inconsolables d'
Amy que nous sommes, un shoot rapide (en VO, un
Quick fix, autre single explosif), en attendant de découvrir, espérons-le, la jolie anglaise sur les scènes de festival cet été - ce qui doit être un beau spectacle ! Et en continuant à espérer qu'un jour, peut-être, la seule et unique Déesse de la Soul du 21ième siècle réapparaisse pour re-bouleverser nos coeurs...
(2010)
PS : A EVITER
sur scène, abominablement racoleuse !