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Lundi 28 mai 2012 : 9032 concerts, 20891 critiques de concert, 4721 critiques de CD.

Critique de concert Christophe Isselée + Marcel Kanche (festival Gravitations #0)


Christophe Isselée + Marcel Kanche  (festival Gravitations #0) en concert


5 étoiles, concert à ne pas manquer

Jaime

Premier soir du festival Gravitations à l'occasion de la sortie de Monde Ancien, Monde Nouveau, le disque de Nevchehirlian. Ce soir, il laisse la place à Christophe Isselée, guitariste de Vibrion (entre autres projets) et Marcel Kanche avec qui Fred a échangé des textes. Et vu que ça se passe à la Meson, une salle dont la qualité d'accueil n'est plus a prouvé, on se dit qu'on ne pouvait rêver meilleure introduction.



J'ai toujours aimé le touché de guitare de Christophe Isselée, dans Vibrion, mais aussi à chaque fois que je le croisais au grès de ses rencontres. je me souviens d'un moment magique lors d'un concert de soutien à CQFD à la Machine à Coudre, où il jouait en duo avec un joueur de kora. Du pur bonheur.



Ce soir, nous allons avoir droit à du work-in-progress qu'il va jouer sur scène, sous l'insistance de ses amis. Toujours ce toucher délicat, ses cordes à peine caressées de ses ongles. Voix assez éthérée, que ce soit en français, anglais ou chant d'Afrique, pour des textes humanistes, notamment sur les femmes. Un très bel instrumental autour d'un refrain/onomatopées africaines, toujours cet impression de légèreté, en apesanteur, surligné par l'apparence quasi elfique de Christophe. Musicalement, on navigue entre blues et folk, teintés de nomadisme.



D'un naturel sociable, il parlera pas mal avec la salle, étant plutôt drôle d'ailleurs ("Là je suis carrément stressé mais ça va aller mieux petit à petit et quand ça ira ça sera fini"), racontant l'origine des différents morceaux, leurs thèmes, ... Au final, le moment sera attachant, une réelle complicité s'installant avec la salle qui lui était acquise. Et cela se termine par une belle salve d'applaudissements.



Bon avouons le, je ne connaissais aucun morceau de Marcel Kanche avant ce soir. J'avais ouï dire que le monsieur avait composé pour -M-, Vanessa Paradis et surtout Bashung, et j'avais lu que certains des hcroniqueurs de ces colonnes avait pris uen grosse claque lors de ses concerts.
Mais lorsque il s'installa derrière son clavier, ma première impression fut plutôt pipole, qu'est-ce qu'il ressemble à Olivier du Dépanneur, avec 20 ans en plus, heing !



Bon après, cette remarque qui ne fera sourire que le "grattin" punk de Marseille, il faut avouer que le monsieur est impressionnant. Physiquement déjà, il a de ces mains. De grosse paluches. Dingue de se dire qu'il en tirera autant de sons enchanteurs. Avec ça un regard sincère, profond. Et surtout il a un de ces sourire. Putain, le mec il te regarde et tu te prends un shoot de chaleur humaine. Un sourire naturel, chaud, bienveillant, magnifique.



Rien à voir avec la noirceu des textes. Ouch. A la base le cocktail : textes romantiquement désespérés + lyrisme proche de Ferré + voix féminine éthérée + violoncelle aurait du me faire fuire à des kilomètres. Ben là j'ai trouvé ça tout simplement magnifique. Très rapidement il quitte le clavier pour la guitare, et sa compagne d'Isabelle Lemaître trône sur un tabouret de cabaret, classieuse comme peu peuve l'être. A base de tadadada éthérés, elle sera discrète et omniprésente, reprenant souvent les paroles, les sussurant après la voix grave de Marcel Kanche.



Troisième membre de cette famille, Julien Lefèvre, violoncelliste de Nevchehirlian, qui apportera la touche envoûtante de cet instrument. Belle relation sur scène, il jettera sans cesse des regard mi-admiratif, mi complice au vieux loup, chef de meute.



Musique intimiste, paroles désespérées, voix sombre, difficille de ne pas se faire prendre aux tripes par cet univers. Et c'est ce qui arriva. Heureusement, le personnage débordant d'humanité évita un sentiment d'oppression qui aurait pu s'installer. Musique habitée d'un artiste sans concession, il a boulversé la majorité de la salle ce soir. Pour moi, ce fut sur la somptueuse A l'affut d'une carapace, balalde proprement magnifique, d'une poésie noire belle à en pleurer. La claque !



On a du mal à se quitter, d'autant que la complicité fut réelle. Un grand, grans monsieur. Un univers intense, habité, rarement entendu. Et une adéquation totale avec le lieu, le public. Un moment rare.



Plus de photos par Pirlouiiiit en cliquant ici

Bonus vidéo :


et une petite de Christophe Isselee :




 


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