Critique de concert Graham Coxon + Apes & Horses (Eldorado Music Festival)


Concert jouissif et rock 'n roll du guitariste de Blur, Graham Coxon, au Café de la Danse (Paris), à l'occasion du festival Eldorado, le 17 septembre 2012... Venu pour s'éclater en live avec sa troupe de musiciens tout en présentant de manière foutraque son énième album solo, le jovial et bonhomme songwriter a fait passer un moment de rêve aux fans de pop rock Lo Fi, branleuse, agitée de soubresauts soniques et traversée de fulgurances mélodiques.

Apes & Horses
Comme la première partie - assurée avec classe par le groupe français Apes & Horses dans un style pop rock psyché sensible, emphatique et planante - était parfaite pour faire monter en puissance le très nombreux public, la soirée fut plus que réussie ! Compte rendu :

Graham Coxon
C'est dans un Café de la Danse bondé et très impatient que Mr Coxon se pointe, l'air de rien avec sa mine d'ahuri et sa légendaire nonchalance... Le facétieux et grimaçant maître de cérémonie est entouré d'un nombre assez conséquent d'acolytes (guitare, basse, batterie, choeurs, synthés, guitares d'appoint) fort bien choisis et dont il est très proche. Partant de cette bonne base, il se fait fort d’interpréter avec une apparente décontraction ses titres récents ou plus anciens. Surprise, le début du show est tellement rock que l'on pense instantanément à un concert du Wedding Present, avec grosses guitares noisy, rythmiques d'airain et gimmicks entêtants. Le goguenard leader du combo semble s'amuser comme un petit fou, il chante de sa voix lasse et traînante, s'affranchit parfois du concept de justesse (on s'en fout, ça donne un petit charme à l'ensemble !), et larde ses compostions d’interventions guitaristiques proprement enthousiasmantes.

Clairement, ce gars-là sait écrire des morceaux qui tiennent la route ! Il vient d'ailleurs d'en écrire un qui sonne immédiatement comme un tube : What'll It Take... Mais l'homme apprécie aussi les envolées psyché un peu borderline et les dérapages dissonants en fin de morceau. Cela donne un set joliment accidenté, très intimiste (nombreux apartés complices avec le public, ravi du cadeau) et assez surprenant. Il ne faut pas beaucoup de perspicacité pour constater que nombre de chansons de Blur doivent beaucoup à la présence de ce mec dans les crédits : son admirable sens du riff, son sens mélodique et sa science du " sonner décalé " se retrouvent en effet dans ses titres solos, comme chez ceux du multiplatiné combo emmené par Damon Albarn.

Pris dans l'ambiance électrique et bon enfant, on se met à espérer que Graham Coxon ait envie de se lancer dans un petit Song 2, voire dans un Beetlebum de derrière les fagots... Mais il préfère, à juste titre d'ailleurs, se concentrer sur ses propres oeuvres, il est vrai d'un niveau sacrément élevé... Tant et si bien qu'à la fin du concert, couronné par un petite séance de pogo dans la fosse, les membres de l'assistance affichent des mines totalement réjouies et radieuses. Normal, Graham Coxon au Café de la Danse, c'était vraiment le pied intégral !

Photos : Boby Allin www.facebook.com/pages/boby, www.flickr.com/photos/boby_allin
Signature : pierre andrieule 02/10/2012
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