Critique de concert Nevchehirlian + CocoRosie (festival Gravitations #0)

Troisième soir du festival Gravitations à l'occasion de la sortie de Monde Ancien, Monde Nouveau de Nevchehirlian, et là c'est la grande classe, théâtre à l'italienne et CocoRosie en tête d'affiche.

Mais la grande classe ce soir cela aurait été avant tout Nevchehirlian. Bon ça fait quelques années qu'on suit les divers projets du personnage, ce n'est pas un inconnu. Mais je serais particulière séduit par la formation trio de ce soir. A savoir Frédéric Nevchehirlian chant et guitare, Tatiana Mladenovitch à la batterie et Christophe Rodomisto à la guitare. Je reviendrais sur le côté classieux de ces deux musiciens. Cette formation nous a délivré des arrangements qui pétait certes moins qu'à Marsatac, mais justement qui renforçait le côté violence contenue, tension permanente.

Ils attaquent avec La grande bourge, avec son phrasé murmuré et sa rythmique tout en tension progressive, un calme instrument avec une finesse de touchée de gratte puis instrumental qui s'étire, lancinant. Ensuite vient, Dans le stade, seul titre auquel je n'accrochais guère. Jusqu'à ce soir. Parce que là encore, le titre a évolué. Tatiana Mladenovitch martèle de façon pesante et obsessionnelle, tandis que Christophe Rodomisto tricote une rythmique hypnotique. Le flow de Fred Nevchehirlian est mécanique, obsédant, haché, l'histoire semble sans issue, il désigne "qui ?, un "tout autour de nous, ce "tout autour de nous il y a...", répété en boucle, étouffant. Moins agressif qu'à Marsatac, le morceau est une belle montée d'angoisse, souligné en cela par cette tension instrumentale.

Ca y est, je suis parti pour être dithyrambique. Mais je vais prouver que je peux avoir un vrai sens critique, que fasse à l'émotion je peux faire preuve d'une rationalité digne d'un journaliste. Parce que, cela aurait pu être un set impérial, sans faute, totalement envoûtant. MAIS, bon quand même ce tee-shirt, là, Fred, non, s'il te plaît...Voilà, ça je l'avais promis à une personne qui remettait en cause mon intégrité journalistique.

Le groupe est à l'aise. Fred est en avant, parlant avec la salle, fumnanbulant entre les ronds de lumières, introduisant les morceaux. Je n'ai pas la set-list en tête, mais même un morceau que je trouvais léger comme les garçons et les filles a été arrangé de manière à en faire un moment de complicité avec le public, plus discret, moins tapageur, moins hype que ce que j'en avais ressenti à la première écoute.

De magnifiques moments, comme le superbe Un homme troué, écrit par l'immense Marcel Kanché, qui se termine doucement sur un toutoutou et une guitare qui s'effacent progressivement. Un duo complice avec Clara LePicard du groupe Jours, un "Tout", obsessionnel, et au final totalement jouissif. Le morceau le plus rock "primaire" (ceci est un compliment dans la bouche d'un punk). La roadmoviesque L'univers parmi nous, planante, langoureuse, puis fuite en avant qui flirte avec le noise psyché. Tant Cendre que poussière, boucles de guitares répétitives et lancinantes, voix murmurée sous un mode journal, les guitares s'entremêlent jusqu'à une explosion finale bruitiste, une claque.

Vous l'aurez compris, Nevchehirlian en trio produit émotion et intensité. Belle récompense que ce concert.
Après une pause (on dit entracte ici), retour dans notre loge pour les CocoRosie, deuxième partie de cette soirée. Il faut dire que le cadre va parfaitement bien avec l'univers des sœurs Cassidy. Avant qu'elles entrent en scène, un bazar de bric et de broc règne sur scène. En plus d'un piano à queue, on y trouve divers xylophones, percussions, harpe, chapeau, pied de micro, claviers, ... Elles entrent toutes deux, habillées de fripes chaotiquement agencées, sourcils et moustache surlignés en orange fluo, se font face et se lancent dans une comptine enfantine en se tapant dans les mains. Bienvenue chez elles...

Débarquent ensuite deux multi-instrumentistes (du piano aux percus en passant par xylophones, ordi et autres claviers), tout aussi fluorisé des sourcils et de la barbe. La voix de Bianca, toujours aussi étrange, enfantine, quasi Björkienne parfois, rencontre celle de Sierra qui flirte avec le lyrique. Le concert sera pour elle l'occasion de "tester" les morceaux de leur prochain album à sortir sous peu. On y retrouve cette ambiance entre comptine enfantine, folk hippie et toujours une ambiance inquiétante qui s'immisce.

Le ballet sera incessant entre ces ambiances et avec les instruments. En plus des deux gars, Sierra jongle avec la harpe, le clavier, la guitare. Les morceaux à base de harpe sont toujours envoûtant, dont les toujours magiques K-Hole et Tekno Love song et la voix de Bianca, celle d'une fée dépressive, au bord de la rupture. Le frisson aussi sur Beautiful Boyz, son piano hypnotique, son chant écorché, son refrain gravement blues.

Je serais moins accroché par les (trop nombreux à mon goût) morceaux où une deuxième chanteuse lyrique (leur mère m'a-t-on dit) rejoint Sierra. Même si les deux voix sont très belles, ce n'est pas ma came et ce schéma se reproduira trop souvent. Mais, je en suis qu'un punk barbare, ma voisine de loge étant absolument sous le charme.

Le final sera bluffant, avec cette longue montée de tambours oppressant, cette féérie troublante des voix et une envolée vers on ne sait où. Toujours sans concession, l'univers des CocoRosie est exigeant, barré, poétique, angoissant. Et l'écrin du Théâtre du Gymnase relevait parfaitement la chose.
Une bien belle soirée qui fait attendre avec gourmandise la prochaine édition de Gravitations.
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Bonus vidéo :
et une petite de Cocorosie : là

Mais la grande classe ce soir cela aurait été avant tout Nevchehirlian. Bon ça fait quelques années qu'on suit les divers projets du personnage, ce n'est pas un inconnu. Mais je serais particulière séduit par la formation trio de ce soir. A savoir Frédéric Nevchehirlian chant et guitare, Tatiana Mladenovitch à la batterie et Christophe Rodomisto à la guitare. Je reviendrais sur le côté classieux de ces deux musiciens. Cette formation nous a délivré des arrangements qui pétait certes moins qu'à Marsatac, mais justement qui renforçait le côté violence contenue, tension permanente.

Ils attaquent avec La grande bourge, avec son phrasé murmuré et sa rythmique tout en tension progressive, un calme instrument avec une finesse de touchée de gratte puis instrumental qui s'étire, lancinant. Ensuite vient, Dans le stade, seul titre auquel je n'accrochais guère. Jusqu'à ce soir. Parce que là encore, le titre a évolué. Tatiana Mladenovitch martèle de façon pesante et obsessionnelle, tandis que Christophe Rodomisto tricote une rythmique hypnotique. Le flow de Fred Nevchehirlian est mécanique, obsédant, haché, l'histoire semble sans issue, il désigne "qui ?, un "tout autour de nous, ce "tout autour de nous il y a...", répété en boucle, étouffant. Moins agressif qu'à Marsatac, le morceau est une belle montée d'angoisse, souligné en cela par cette tension instrumentale.

Ca y est, je suis parti pour être dithyrambique. Mais je vais prouver que je peux avoir un vrai sens critique, que fasse à l'émotion je peux faire preuve d'une rationalité digne d'un journaliste. Parce que, cela aurait pu être un set impérial, sans faute, totalement envoûtant. MAIS, bon quand même ce tee-shirt, là, Fred, non, s'il te plaît...Voilà, ça je l'avais promis à une personne qui remettait en cause mon intégrité journalistique.

Le groupe est à l'aise. Fred est en avant, parlant avec la salle, fumnanbulant entre les ronds de lumières, introduisant les morceaux. Je n'ai pas la set-list en tête, mais même un morceau que je trouvais léger comme les garçons et les filles a été arrangé de manière à en faire un moment de complicité avec le public, plus discret, moins tapageur, moins hype que ce que j'en avais ressenti à la première écoute.

De magnifiques moments, comme le superbe Un homme troué, écrit par l'immense Marcel Kanché, qui se termine doucement sur un toutoutou et une guitare qui s'effacent progressivement. Un duo complice avec Clara LePicard du groupe Jours, un "Tout", obsessionnel, et au final totalement jouissif. Le morceau le plus rock "primaire" (ceci est un compliment dans la bouche d'un punk). La roadmoviesque L'univers parmi nous, planante, langoureuse, puis fuite en avant qui flirte avec le noise psyché. Tant Cendre que poussière, boucles de guitares répétitives et lancinantes, voix murmurée sous un mode journal, les guitares s'entremêlent jusqu'à une explosion finale bruitiste, une claque.

Vous l'aurez compris, Nevchehirlian en trio produit émotion et intensité. Belle récompense que ce concert.
Après une pause (on dit entracte ici), retour dans notre loge pour les CocoRosie, deuxième partie de cette soirée. Il faut dire que le cadre va parfaitement bien avec l'univers des sœurs Cassidy. Avant qu'elles entrent en scène, un bazar de bric et de broc règne sur scène. En plus d'un piano à queue, on y trouve divers xylophones, percussions, harpe, chapeau, pied de micro, claviers, ... Elles entrent toutes deux, habillées de fripes chaotiquement agencées, sourcils et moustache surlignés en orange fluo, se font face et se lancent dans une comptine enfantine en se tapant dans les mains. Bienvenue chez elles...

Débarquent ensuite deux multi-instrumentistes (du piano aux percus en passant par xylophones, ordi et autres claviers), tout aussi fluorisé des sourcils et de la barbe. La voix de Bianca, toujours aussi étrange, enfantine, quasi Björkienne parfois, rencontre celle de Sierra qui flirte avec le lyrique. Le concert sera pour elle l'occasion de "tester" les morceaux de leur prochain album à sortir sous peu. On y retrouve cette ambiance entre comptine enfantine, folk hippie et toujours une ambiance inquiétante qui s'immisce.

Le ballet sera incessant entre ces ambiances et avec les instruments. En plus des deux gars, Sierra jongle avec la harpe, le clavier, la guitare. Les morceaux à base de harpe sont toujours envoûtant, dont les toujours magiques K-Hole et Tekno Love song et la voix de Bianca, celle d'une fée dépressive, au bord de la rupture. Le frisson aussi sur Beautiful Boyz, son piano hypnotique, son chant écorché, son refrain gravement blues.

Je serais moins accroché par les (trop nombreux à mon goût) morceaux où une deuxième chanteuse lyrique (leur mère m'a-t-on dit) rejoint Sierra. Même si les deux voix sont très belles, ce n'est pas ma came et ce schéma se reproduira trop souvent. Mais, je en suis qu'un punk barbare, ma voisine de loge étant absolument sous le charme.

Le final sera bluffant, avec cette longue montée de tambours oppressant, cette féérie troublante des voix et une envolée vers on ne sait où. Toujours sans concession, l'univers des CocoRosie est exigeant, barré, poétique, angoissant. Et l'écrin du Théâtre du Gymnase relevait parfaitement la chose.
Une bien belle soirée qui fait attendre avec gourmandise la prochaine édition de Gravitations.
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et une petite de Cocorosie : là
Signature : mystic punk pinguinle 28/04/2009
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Photographe : pirlouiiiit
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le 24 Avril 2009 - Cabaret aléatoire - Marseille (par Sami)
Théâtre du Gymnase - Marseille


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le 06 juillet 2009 - Théâtre du Gymnase, Marseille (par Pirlouiiiit)
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