Critique de concert Jesus is my GirlFriend + Anything Maria + Fiodor Dream Dog

Soirée Rock à l’Akwaba (et première même de la saison pour nous ... Ça me manquait !!) avec un programme prometteur : 3 groupes, rien de moins ! On aura (et dans l’ordre s’il vous plait) Fiodor Dream Dog, puis Anything Maria et, pour finir, Jesus Is My Girlfriend. C’est pas de la balle ça Madame ??!!

Pour ouvrir le bal, ce sera donc le duo de Fiodor Dream Dog, uniquement composé de deux guitares : Tatiana Mladenovitch d’un côté, qui chante, joue et compose (en fait, c’est elle Fiodor Dream Dog) et de l’autre Mocke, super guitariste, transfuge du groupe Holden. Elle qui donne la ligne mélodique et lui apporte une touche plus expérimentale au son.
Cette batteuse de formation (perso, je l’avais déjà vue avec Bertrand Belin) se sert en fait de sa voix comme d’un instrument à part entière, surtout dans les compos du style de Wicked Delight. Le contraste est amusant : lui l’air super zen et elle en perpétuel mouvement, mettant à rude épreuve sa guitare qui hurle tant qu’elle peut (l’envie de faire sortir un riff de batterie de ses entrailles peut-être ?!) et laissant sa voix se casser légèrement dans ces accélérations de folie.

Il y a une sorte de distance entre elle et le public, qui est sans doute entretenue par son immersion totale dans la musique, mais elle branche quand même le petit groupe du premier rang, qui est là pour fêter un anniversaire. C’est marrant, elle n’a pas forcément l’air à l’aise dans ce rapport au Public Relation ... Et les regards échangés avec Mocke se font rares eux aussi. Ceci étant, pas forcément facile car il semble planer complètement. Sensation renforcée par la forte réverb de sa guitare, qui donne une incroyable profondeur à ces mélodies intensément Rock et même Rock Conceptuel me souffle-t-on dans l’oreillette ;)

Tatiana remercie Angelo pour le beau son qu’il nous fait ce soir. Elle joue de sa musique. Semble ajouter des partie d’impro. Termine parfois sur du parlé ... Un peu space parfois et basé sur un jeu de scène plus que minimaliste, épuré à l’extrême. Perso, je pense que j’accroche plus quand on passe du franchement expérimental à ce son résolument plus Rock qu’ils envoient, avec 20 Puch Ups For Mr B. par exemple.
Elle termine par une pirouette très "pince sans rire" ... "Merci à l’équipe de l’Akwaba. On a très bien mangé et c’est important !" Le dernier morceau a presque un parfum Folk. J’aime beaucoup. Lui est ailleurs. Chacun dans son mode. Pas un regard. Un drôle de duo quand même.

Tatiana Mladenovitch : Chant & Guitare
Dominique Dépret aka Mocke : Guitare
Setlist
1 - Reason For A Journey
2 - Wicked Delight
3 - To Make It For Pleasure
4 - Boy To You
5 - Wax Or The Habits
6 - Lemon In The Mouth
7 - Dog Barks
8 - 20 Puch Ups For Mr B.
9 - Sorry For The Lashes
10 - Vera
***************************************************************************

Après le détonnant passage de Fiodor Dream Dog, c’est au tour de Anything Maria de monter sur la scène de l’Akwaba. Et quand Sophie apparait, toute de blanc vêtue, robe plutôt sexy, talons hauts et masque blanc peint à même le visage et qu’elle s’installe devant son clavier électro ... Je me dis que ce n’est vraiment pas l’image à laquelle je m’attendais. Ce doit être une fée de l’électro en fait !!
Elle laisse le son dérouler, le temps de prendre sa guitare, et quand elle se met à chanter, c’est encore plus étonnant. J’adore sa voix sur fond d’électro-pop. Elle est seule au centre de la lumière, devant une salle qui s’est bien emplie. Un public attiré irrésistiblement par le chant de la sirène sans doute !
Le set s’inscrit définitivement dans une couleur Glam Rock. Elle est superbe dans ses attitudes et joue avec délice des décalages, n’hésitant pas à balancer de bons gros riffs de guitare, du haut de ses 12cm de talons, et à nous envoyer des textes en demi teinte avec un visage en tous points angéliques.

Elle nous demande ensuite, avec l’air le plus sérieux du monde, de bien vouloir remplacer le chœur de chanteurs du Mississippi qui lui a fait faux bon ce soir (et oui, restés coincés dans l’avion ... Ce sont des choses qui arrivent !!) Mais on ne s’improvise pas doublure de chorale comme ça ! Alors, une petite répétition générale avant. Et contrairement à la nôtre, sa prestation vocale est impressionnante. Elle semble vraiment se lâcher, arpentant la scène micro en main tout en dansant. Tout cela ne tarde pas à bien réveiller la salle !!
Et lorsqu’elle entame Clap For The News, sa voix se fait soul. La lumière devient tamisée et les vibrations semblent gagner le sol. C’est dans cette atmosphère totalement électrisée que va s’élever sa voix, impressionnante à capella, avec la seule clappe du public pour soutenir le rythme. Elle compte sur nous pour chanter avec elle, mais j’ai bien peur qu’on ne soit pas vraiment à la hauteur. Il n’y a pas à dire, elle sait venir chercher le public et elle assure grave quand elle envoie les décibels.

C’est ainsi que l’on passe par tous ces états, entre rupture et cohérence. De vrais moments de partage, puis une Sophie qui entre dans sa bulle, se liant littéralement à la machine et semblant totalement prise dans son monde. A la fin de Cook Him Up, elle nous fait croire que c’était la dernière chanson ... "Ok j’avoue, il en reste une !" Mais elle a besoin de se mettre en condition, alors il lui faut une cigarette (qu’elle va se faire offrir par un charmant admirateur). Et alors là, encore une fois, ça n’a absolument rien à voir. Elle est seule avec sa guitare, avec une voix toute douce et chantante qui nous offre une très belle ballade : Un autre registre mais le même talent. Et personnellement, Anything Maria je l’aime à tous les parfums ...

Sophie Gonthier : Chant, Guitare & Clavier
Setlist
1 - This Is Not A Pipe
2 - Ecstatic Pessimist
3 - Holly Kiss
4 - Clap For The News
5 - Wild Heart + A Capella
6 - Cook Him Up
7 - Cold Smoke Boogie
***************************************************************************

Lorsque le duo de Jesus Is My Girlfriend entre en scène, il démarre par une musique qui pourrait être de film. Ils ont pris place face à face, comme si chacun d’eux était à l’angle d’un ring imaginaire ... Et là, Johanna commence à chanter avec sa voix si particulière, capable (comme ici) d’attaquer très bas. Derrière sa batterie, Armand nous sort un son presque irréel de la guitare qu’il tient sur ses genoux. Ambiance très intense et très particulière, mais ce n’est qu’un début. Parce que quand la batterie s’en mêle, la musique devient carrément envoutante et pénètre au plus profond de votre âme.
La scénographie est très esthétique. La voix de Johanna est fabuleuse ... Et quand elle s’emballe, elle devient encore plus rock. Elle vient se planter devant lui, leurs instruments se répondent et se rejoignent dans la puissance. Dans ces moments là, ils semblent partis ailleurs, dans un monde à part et leur jeu est incroyablement prenant. Puis Johanna s’éloigne, comme pour finir de redescendre seule.

Avant de commencer Shame, elle nous explique qu’ils sont là pour fêter un heureux évènement : Rien de moins que la naissance de leur premier ... Album (bien sûr !) et j’espère que la famille sera nombreuse !! Le set reprend son cours et à chaque fois que l’on se croit à l’abri d’une mélodie plus douce, la puissance pointe le bout de son nez, toujours pleine de nuances et extrêmement élaborée, pour nous faire à nouveau décoller du sol. Ils jouent savamment des ruptures de rythme, des départs à contre pied, des paradoxes et j’adore vraiment voir Armand jouer à la fois de la guitare et de la batterie (le pied toujours prêt sur la pédale de la caisse ou des cymbales) ... Et tout cela avec l’air le plus zen du monde !
Johanna annonce "Un peu de romance ... Il parait qu’il y a des groupes qui travaillent leurs blagues, pendant le repas par exemple !" Private joke j’imagine, mais ce qui est sûr c’est que cette romance est un peu noir et lui donne l’occasion de descendre vertigineusement. Ses notes tenues à lui sont fabuleuses. Il réussi à saisir l’intensité et l’étendue des possibilités de sa guitare du bout de ses doigts. On est vraiment embarqués dans un monde parallèle.
Et puis, l’instant d’après, ils sont à nouveau avec nous. Johanna taquine un photographe qui la shoote en train de boire de l’eau : "Hey, pas de photo comme ça dans la Provence hein ??!!" Armand se lève pour brandir un vinyl et elle précise : "On vend des disques, c’est pour ça que vous êtes là !!" Et oui, il est batteur, guitariste ... Et Clown ! Puis leur rock passionné reprend possession de l’espace et, dans le cas où nous risquerions de nous endormir, ils se déchaînent à nouveau sur Jesus Is My Girlfriend. Et ça envoie bien les pieds tout ça, même si c’est toujours emmené avec de radieux sourires. "J’ai une guitare de garçon aujourd’hui !" ... Elle s’approche de lui à pas de loup, mi-ange mi-démon ... Parce qu’il n’y a pas à dire, elle est belle Johanna quand elle s’oublie dans la musique.
Avant d’entamer Hard Enough, elle demande un peu de silence (ce n’est pas évident) et elle a bien raison. Sa voix prend du soul, elle en joue merveilleusement, elle vibre avant de s'envoler. Johanna la grossi progressivement, la fait grandir sous nos yeux et la musique nous gagne aussi, monte en nous comme une force lente, nous envahi. Ils sont face à face dans leur guitare et l’intensité envoutante qu’ils produisent à eux deux est hallucinante.

Après ce tourbillon, l’atterrissage n’est pas évident. Johanna nous propose un dernier petit morceau à l’intention de sa maman (qui est dans la salle ce soir). Elle change d’instrument, de sangle ... Vive le système D !! Elle en profite pour brancher Armand : "Y’a ma maman, alors tu ne la foires pas !" Elle a pris sa belle guitare noire et commence comme une douce balade, mais avec eux je me méfie toujours de l’eau qui dort. Pourtant la fureur va rester maîtrisée. Un pur moment de plaisir, jusqu’à la dernière note. Et sur celle-ci ils partent, nous laissant sur notre faim.
Pour le rappel, Armand revient seul et attaque. Puis Johanna le rejoint et commence à jouer face à son ampli. C’est d’une intensité rare ce qu’ils nous font tous les deux : Une de ces intros musicales dont ils ont le secret et qui vous plante un décor en 2/2. Ils se donnent à 200%. La fumée et les éclairs accompagnent leur tonnerre et on a droit à une sacrée fin qui le fait, je vous le garanti !!

Johanna Serville : Guitare & Chant
Armand Féret : Guitare & Batterie
Setlist
1 - Strom
2 - Shame
3 - Woo Hoo
4 - Vain Lullabies
5 - High Heels
6 - Jesus Is My Girlfriend
7 - Kiss Me Sweet
8 - Hard Enough
9 - Mother
------------------------------
10 - Cunt
Chronique réalisée par l’équipe de Concerts en Boîte

Pour ouvrir le bal, ce sera donc le duo de Fiodor Dream Dog, uniquement composé de deux guitares : Tatiana Mladenovitch d’un côté, qui chante, joue et compose (en fait, c’est elle Fiodor Dream Dog) et de l’autre Mocke, super guitariste, transfuge du groupe Holden. Elle qui donne la ligne mélodique et lui apporte une touche plus expérimentale au son.
Cette batteuse de formation (perso, je l’avais déjà vue avec Bertrand Belin) se sert en fait de sa voix comme d’un instrument à part entière, surtout dans les compos du style de Wicked Delight. Le contraste est amusant : lui l’air super zen et elle en perpétuel mouvement, mettant à rude épreuve sa guitare qui hurle tant qu’elle peut (l’envie de faire sortir un riff de batterie de ses entrailles peut-être ?!) et laissant sa voix se casser légèrement dans ces accélérations de folie.

Il y a une sorte de distance entre elle et le public, qui est sans doute entretenue par son immersion totale dans la musique, mais elle branche quand même le petit groupe du premier rang, qui est là pour fêter un anniversaire. C’est marrant, elle n’a pas forcément l’air à l’aise dans ce rapport au Public Relation ... Et les regards échangés avec Mocke se font rares eux aussi. Ceci étant, pas forcément facile car il semble planer complètement. Sensation renforcée par la forte réverb de sa guitare, qui donne une incroyable profondeur à ces mélodies intensément Rock et même Rock Conceptuel me souffle-t-on dans l’oreillette ;)

Tatiana remercie Angelo pour le beau son qu’il nous fait ce soir. Elle joue de sa musique. Semble ajouter des partie d’impro. Termine parfois sur du parlé ... Un peu space parfois et basé sur un jeu de scène plus que minimaliste, épuré à l’extrême. Perso, je pense que j’accroche plus quand on passe du franchement expérimental à ce son résolument plus Rock qu’ils envoient, avec 20 Puch Ups For Mr B. par exemple.
Elle termine par une pirouette très "pince sans rire" ... "Merci à l’équipe de l’Akwaba. On a très bien mangé et c’est important !" Le dernier morceau a presque un parfum Folk. J’aime beaucoup. Lui est ailleurs. Chacun dans son mode. Pas un regard. Un drôle de duo quand même.

Tatiana Mladenovitch : Chant & Guitare
Dominique Dépret aka Mocke : Guitare
Setlist
1 - Reason For A Journey
2 - Wicked Delight
3 - To Make It For Pleasure
4 - Boy To You
5 - Wax Or The Habits
6 - Lemon In The Mouth
7 - Dog Barks
8 - 20 Puch Ups For Mr B.
9 - Sorry For The Lashes
10 - Vera
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Après le détonnant passage de Fiodor Dream Dog, c’est au tour de Anything Maria de monter sur la scène de l’Akwaba. Et quand Sophie apparait, toute de blanc vêtue, robe plutôt sexy, talons hauts et masque blanc peint à même le visage et qu’elle s’installe devant son clavier électro ... Je me dis que ce n’est vraiment pas l’image à laquelle je m’attendais. Ce doit être une fée de l’électro en fait !!
Elle laisse le son dérouler, le temps de prendre sa guitare, et quand elle se met à chanter, c’est encore plus étonnant. J’adore sa voix sur fond d’électro-pop. Elle est seule au centre de la lumière, devant une salle qui s’est bien emplie. Un public attiré irrésistiblement par le chant de la sirène sans doute !
Le set s’inscrit définitivement dans une couleur Glam Rock. Elle est superbe dans ses attitudes et joue avec délice des décalages, n’hésitant pas à balancer de bons gros riffs de guitare, du haut de ses 12cm de talons, et à nous envoyer des textes en demi teinte avec un visage en tous points angéliques.

Elle nous demande ensuite, avec l’air le plus sérieux du monde, de bien vouloir remplacer le chœur de chanteurs du Mississippi qui lui a fait faux bon ce soir (et oui, restés coincés dans l’avion ... Ce sont des choses qui arrivent !!) Mais on ne s’improvise pas doublure de chorale comme ça ! Alors, une petite répétition générale avant. Et contrairement à la nôtre, sa prestation vocale est impressionnante. Elle semble vraiment se lâcher, arpentant la scène micro en main tout en dansant. Tout cela ne tarde pas à bien réveiller la salle !!
Et lorsqu’elle entame Clap For The News, sa voix se fait soul. La lumière devient tamisée et les vibrations semblent gagner le sol. C’est dans cette atmosphère totalement électrisée que va s’élever sa voix, impressionnante à capella, avec la seule clappe du public pour soutenir le rythme. Elle compte sur nous pour chanter avec elle, mais j’ai bien peur qu’on ne soit pas vraiment à la hauteur. Il n’y a pas à dire, elle sait venir chercher le public et elle assure grave quand elle envoie les décibels.

C’est ainsi que l’on passe par tous ces états, entre rupture et cohérence. De vrais moments de partage, puis une Sophie qui entre dans sa bulle, se liant littéralement à la machine et semblant totalement prise dans son monde. A la fin de Cook Him Up, elle nous fait croire que c’était la dernière chanson ... "Ok j’avoue, il en reste une !" Mais elle a besoin de se mettre en condition, alors il lui faut une cigarette (qu’elle va se faire offrir par un charmant admirateur). Et alors là, encore une fois, ça n’a absolument rien à voir. Elle est seule avec sa guitare, avec une voix toute douce et chantante qui nous offre une très belle ballade : Un autre registre mais le même talent. Et personnellement, Anything Maria je l’aime à tous les parfums ...

Sophie Gonthier : Chant, Guitare & Clavier
Setlist
1 - This Is Not A Pipe
2 - Ecstatic Pessimist
3 - Holly Kiss
4 - Clap For The News
5 - Wild Heart + A Capella
6 - Cook Him Up
7 - Cold Smoke Boogie
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Lorsque le duo de Jesus Is My Girlfriend entre en scène, il démarre par une musique qui pourrait être de film. Ils ont pris place face à face, comme si chacun d’eux était à l’angle d’un ring imaginaire ... Et là, Johanna commence à chanter avec sa voix si particulière, capable (comme ici) d’attaquer très bas. Derrière sa batterie, Armand nous sort un son presque irréel de la guitare qu’il tient sur ses genoux. Ambiance très intense et très particulière, mais ce n’est qu’un début. Parce que quand la batterie s’en mêle, la musique devient carrément envoutante et pénètre au plus profond de votre âme.
La scénographie est très esthétique. La voix de Johanna est fabuleuse ... Et quand elle s’emballe, elle devient encore plus rock. Elle vient se planter devant lui, leurs instruments se répondent et se rejoignent dans la puissance. Dans ces moments là, ils semblent partis ailleurs, dans un monde à part et leur jeu est incroyablement prenant. Puis Johanna s’éloigne, comme pour finir de redescendre seule.

Avant de commencer Shame, elle nous explique qu’ils sont là pour fêter un heureux évènement : Rien de moins que la naissance de leur premier ... Album (bien sûr !) et j’espère que la famille sera nombreuse !! Le set reprend son cours et à chaque fois que l’on se croit à l’abri d’une mélodie plus douce, la puissance pointe le bout de son nez, toujours pleine de nuances et extrêmement élaborée, pour nous faire à nouveau décoller du sol. Ils jouent savamment des ruptures de rythme, des départs à contre pied, des paradoxes et j’adore vraiment voir Armand jouer à la fois de la guitare et de la batterie (le pied toujours prêt sur la pédale de la caisse ou des cymbales) ... Et tout cela avec l’air le plus zen du monde !
Johanna annonce "Un peu de romance ... Il parait qu’il y a des groupes qui travaillent leurs blagues, pendant le repas par exemple !" Private joke j’imagine, mais ce qui est sûr c’est que cette romance est un peu noir et lui donne l’occasion de descendre vertigineusement. Ses notes tenues à lui sont fabuleuses. Il réussi à saisir l’intensité et l’étendue des possibilités de sa guitare du bout de ses doigts. On est vraiment embarqués dans un monde parallèle.
Et puis, l’instant d’après, ils sont à nouveau avec nous. Johanna taquine un photographe qui la shoote en train de boire de l’eau : "Hey, pas de photo comme ça dans la Provence hein ??!!" Armand se lève pour brandir un vinyl et elle précise : "On vend des disques, c’est pour ça que vous êtes là !!" Et oui, il est batteur, guitariste ... Et Clown ! Puis leur rock passionné reprend possession de l’espace et, dans le cas où nous risquerions de nous endormir, ils se déchaînent à nouveau sur Jesus Is My Girlfriend. Et ça envoie bien les pieds tout ça, même si c’est toujours emmené avec de radieux sourires. "J’ai une guitare de garçon aujourd’hui !" ... Elle s’approche de lui à pas de loup, mi-ange mi-démon ... Parce qu’il n’y a pas à dire, elle est belle Johanna quand elle s’oublie dans la musique.
Avant d’entamer Hard Enough, elle demande un peu de silence (ce n’est pas évident) et elle a bien raison. Sa voix prend du soul, elle en joue merveilleusement, elle vibre avant de s'envoler. Johanna la grossi progressivement, la fait grandir sous nos yeux et la musique nous gagne aussi, monte en nous comme une force lente, nous envahi. Ils sont face à face dans leur guitare et l’intensité envoutante qu’ils produisent à eux deux est hallucinante.

Après ce tourbillon, l’atterrissage n’est pas évident. Johanna nous propose un dernier petit morceau à l’intention de sa maman (qui est dans la salle ce soir). Elle change d’instrument, de sangle ... Vive le système D !! Elle en profite pour brancher Armand : "Y’a ma maman, alors tu ne la foires pas !" Elle a pris sa belle guitare noire et commence comme une douce balade, mais avec eux je me méfie toujours de l’eau qui dort. Pourtant la fureur va rester maîtrisée. Un pur moment de plaisir, jusqu’à la dernière note. Et sur celle-ci ils partent, nous laissant sur notre faim.
Pour le rappel, Armand revient seul et attaque. Puis Johanna le rejoint et commence à jouer face à son ampli. C’est d’une intensité rare ce qu’ils nous font tous les deux : Une de ces intros musicales dont ils ont le secret et qui vous plante un décor en 2/2. Ils se donnent à 200%. La fumée et les éclairs accompagnent leur tonnerre et on a droit à une sacrée fin qui le fait, je vous le garanti !!

Johanna Serville : Guitare & Chant
Armand Féret : Guitare & Batterie
Setlist
1 - Strom
2 - Shame
3 - Woo Hoo
4 - Vain Lullabies
5 - High Heels
6 - Jesus Is My Girlfriend
7 - Kiss Me Sweet
8 - Hard Enough
9 - Mother
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10 - Cunt
Chronique réalisée par l’équipe de Concerts en Boîte
Signature : ysabelle 01/03/2012
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Photographe : arnaud d
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