Accueil Chronique de concert Nick Cave and the Bad Seeds
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Chronique de Concert

Nick Cave and the Bad Seeds

Nick Cave and the Bad Seeds  en concert

Zenith Paris 3 octobre 2017

Critique écrite le par



Nick Cave était de retour à Paris avec ses Bad Seeds pour sa tournée pour l'album Skeleton tree, cet album thérapie composé à la suite du décès accidentel de son fils de 15 ans. Ce disque très solennel, teinté d'austérité, de tristesse et d'espérance n'est clairement pas le plus accessible de sa discographie. Quel marqueur allait donc avoir cette tournée ? Celui de concerts austères centrés sur ce drame et cet album ou serait-ce un vrai concert de Nick Cave and the Bad Seeds ?

Contrairement à son dernier passage parisien au Grand Rex en 2015, Nick Cave était cette fois-ci accompagné par l'intégralité de ses Bad Seeds, même si certaines têtes semblent avoir changé. Bien entendu, c'est devant un Zénith comble que les Bad Seeds firent leur entrée sur scène, toujours menés par le violoniste hirsute Warren Ellis. Nick Cave fit lui aussi son entrée sur scène quelques secondes plus tard.



Vêtu comme à l'accoutumée d'un costume noir cintré, maigre et blanc comme un cierge de Pâques, il ressemble toujours à un prédicateur austère sorti d'un épisode de Lucky Luke ou d'un avatar du révérend Harry Pauwell, le pasteur de "La nuit du chasseur". Mais quelques secondes suffisent pour que son charisme inonde la grande scène du Zénith. Et dès le premier couplet chanté, l'intensité de sa voix grave a déjà captivé la totalité de l'assemblée. Pourtant ce sont des titres très introspectifs ("Anthrocene", "Jesus Alone", "Magneto") et très sombres de son dernier opus qui ouvrent ce concert. La profondeur qui s'en dégage transforme le Zénith en un sanctuaire baigné d'un silence recueilli, ou l'on pourrait entendre une mouche voler. Les Bad Seeds, en dehors du fidèle Warren Ellis, se font alors très discrets et n'interviennent que par petites touches, presque homéopathiques.

Il faut attendre le quatrième titre pour que cette noirceur solennelle mais pourtant fascinante ne s'estompe quelque peu et laisse place à l'intensité du crescendo de "Higgs Boson Blues". L'énergie et l'urgence qui caractérise la légende australienne commencèrent alors à prendre leur envol en emportant le public dans une tension plus sauvage. Le vieux classique "From Here to Eternity" et l'hommage macabre au King né à Tupelo ne firent que décupler l'intensité du concert, bien aidé par un light show soigné avec des projections en noir et blanc incroyables, mettant en scène des palmiers sous une tempête aussi ravageuse que les cris et le jeu de scène du maitre de cérémonie. La version exceptionnelle de "Jubilee Street" qui suivit, fut à mes yeux le premier sommet d'un concert qui ne cessait de monter en puissance.



Complètement habité, pour ne pas dire possédé, Cave haranguait la foule telle une âme damnée en quête de rédemption. C'est désormais avec des ballades plus sereines en façade comme "The Ship song" ou "Into my arms", que l'Australien poursuit ce concert. Pourtant il y est questions d'amour, de désespoir, de religion, et de questionnement philosophique et métaphasiques... Et Oui le monde de Mister Cave n'est pas celui des Bisounours, ni celui des Beatles... On est à ce moment-là plus proche de Leonard Cohen.

La scène s'illumine alors de rouge afin de servir d'écrin à une version classique mais fascinante de "Red right hand" qui fascinera autant les amateurs de slash movies que les fans de la première heure. Comme à chaque concert de Nick Cave depuis 1988, "The Mercy seat" emportera tout sur son passage, même s'il faut aussi reconnaitre qu'il y a eu par le passé des versions plus épiques et abouties.



Après un nouveau détour par Skeleton tree, les Bad Seeds revinrent sur scène pour clore cette première date parisienne. Pour cela Cave et ses mauvaises graines firent monter la pression et poussèrent le public jusqu' à ébullition en tutoyant une nouvelle fois des sommets qu'eux seuls sont susceptibles d'atteindre. Tout d'abord avec une version formidables de "The Weeping Song" qui se termina dans les tribunes avec un Cave au milieu du public, avant que la scène ne soit envahie pour un "Stagger lee" d'anthologie, plein de terreur et de fureur ponctuée de l'intervention vocale plutôt réussie d'une jeune fille du public.

Nick Cave finit par ramener tout le monde sans encombre à la maison avec le salvateur " Push the sky away " avant de quitter définitivement la salle en laissant un public admiratif et bien conscient qu'il vient de vivre un très grand moment. Ce n'est pas la première fois que Nick Cave nous laisse ainsi KO. C'est quasiment le cas à chaque fois le cas depuis mon premier concert lors de la tournée de Let love in il y a maintenant presque 25 ans. Malgré ses 60 printemps et les cicatrices d'une vie hors normes et pleines d'excès, Nick Cave est sans aucun doute la plus grande bête de scène en activité. Sa musique, même si elle est découle de beaucoup d'influences (blues, punk, rock, country, expressionnisme ...) offre une théâtralité et une singularité à nulle autre pareil. On ne peut donc qu'espérer le revoir très vite sur scène dans une forme aussi étincelante que ce soir !




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