Critique de concert Festival de Nimes : The Do + Crystal Castles + Metronomy + Chemical Brothers

Seule virée à Nîmes cette année pour nous, mais d’importance, puisque ce concert constitue mon cadeau d’anniversaire, avec les maîtres anglais de l’electro en tête d’affiche.
A notre arrivée, The Do commence son show. Je ne les reconnais tout d’abord pas (nous ne sommes pas encore dans les arènes), car le 1er titre est justement clairement tinté d’électronique. C’est leur tubissime Over my shoulder qui nous les fera reconnaître, dans une orchestration originale. Nous n’aurons pas l’occasion d’en entendre plus, ayant décidé de nous sustenter à quelques centaines de mètres de là.
Nous nous plaçons donc dans les gradins pour assister à l’entrée sur scène de Crystal Castles. Je les décrirai comme 3 jeunes gens au look débraillé avec veste kaki, capuche et Doc Martens de rigueur. Dans le genre stéréotype destroy/punk/emo, il est difficile de faire mieux. J’entrevois de bons beats sur les 1ers morceaux, malheureusement bien vite éclipsés par des nappes de claviers datées à souhaits. Il m’avait semblé entendre une fille chanter au début, même si les basses et la batterie avaient tendance à trop la couvrir. Le DJ/clavier s’en donne à cœur joie, tel un teufeur fou et quand elle devient audible, la voix s’avère on ne peut plus pénible. Elle est constamment noyée dans des tonnes d’effets en tous genres, à tel point que nous nous demandons en souriant s’il n’y a pas un problème avec le micro. La fin du set est donc la bienvenue et une jeune fan assise à côté de nous, nous apprendra que la formation est canadienne.
Les anglais de Metronomy prennent la suite. Ce quator classique (guitare/clavier, basse, batterie et clavier) confirme sur scène les bonnes choses entrevues sur leur dernier album. C’est très rythmé, plutôt mélodique et certaines harmonies vocales bien agréables. Il se dégage une bonne humeur plutôt communicative et une envie de bouger la tête. La mise en scène est sympa avec des lumières clignotantes accrochées à leurs chemises, s’allumant sur certains titres. Leur style nous fait d’abord penser à MGMT, puis à tout ce mouvement revival des 80’s à la Talking Heads, en plus expérimental et dissonant que Franz Ferdinand par exemple. La base rythmique est au diapason, le bassiste et la batteuse entraînant tout sur leur passage. Un morceau très punk/rock sortira du lot, redoutable d’efficacité. On est pleinement dans l’esprit festival et ça passe bien, même si l’heure tourne…
En effet, ce 3e groupe quitte la scène à 22h30. Je n’ai rien contre les festivals, bien au contraire, mais quand on programme 4 formations le même jour, il est de bon ton de commencer plus tôt, de manière à permettre aux spectateurs de rentrer à des horaires raisonnables. Le sommet d’énervement a été atteint avec l’heure complète avant la montée sur scène de l’affiche de la soirée. Le public est passablement agacé par cette musique d’attente interminable et le fait savoir.
La fosse est blindée comme rarement aux Arènes. Le contraste avec mon dernier concert là bas (Mark Knopfler) où des sièges avaient été mis en place dans la fosse, est saisissant. Une lente intro lancinante perce enfin le ciel de Nîmes, excellente mise en bouche, elle a pourtant le don d’agacer le public qui hue/crie, ne demandant qu’à ce que la musique pour laquelle ils est venu lui arrache les oreilles.
Il sera servi lorsque Another world sera joué. Le jeu de lumières est saisissant et le son est très très fort. Nous savons que nous allons en prendre plein la tête. Les titres s’enchaînent ensuite sans interruption, durant une petite heure et demie. C’est techniquement impressionnant, le mariage du son et des lumières étant parfait. Les images se succèdent et collent toujours à merveille aux titres joués. Parmi elles, nous verront notamment des clowns, des robots, des balles rebondissantes, des jets de peinture, des appareils photos ancienne génération, beaucoup beaucoup de danseurs en images de synthèse, des visages en gros plan ou des chevaux de papier. Les paroles ”Just remember to fall in love” du morceau Swoon s’accompagnent d’un homme et d’une femme tombant encore et encore, plongeant à n’en plus finir. J’ai beaucoup aimé cette alliance très guimauve, de même que j’ai adoré la séquence où les mains d’un homme montent une échelle encore et encore.
Sur Believe mélangé à merveille à Saturate, on vole dans un château que l’on visite de fond en comble. Don’t think, absent des albums des frères chimiques, mais entendu dans Black Swan est tout simplement gigantesque. Les 2 morceaux les plus connus feront bien leur effet, la quasi totalité du public quasi en transe pour Hey boy hey girl et le dernier titre joué de la soirée Block rockin’ beats. Le show était donc complet et le temps est passé à vitesse grand V. Visuellement, certaines nouveautés par rapport à la tournée de We are the night sont excellentes, même si évidemment tout n’a pas été réinventé. L’autre aspect intéressant est que les Chemical Brothers ne se contentent pas d’enchaîner les titres, mais les mélangent souvent, donnant naissance à de nouveaux morceaux tout aussi plaisants. Les DJ sont donc toujours à la hauteur.
Comment expliquer alors le sentiment mitigé qui nous animait à notre sortie des Arènes ? La soirée trop longue avait sans doute eu raison d’une bonne partie de notre énergie. En attendant ceux que nous étions venus voir près de 4 heures durant, nos exigences ont sans doute monté de plusieurs crans. De même, notre placement en tribunes nous a rendus plus critiques que les centaines de personnes prises dans la transe collective de la fosse. D’un point de vue purement musical, on a parfois eu le sentiment qu’il y en avait trop. Tournée uniquement vers le dance floor, la prestation ne recelait pas la richesse des nombreuses nuances présentes sur les disques, en particulier avec les morceaux plus chantés et posés. Le son était diablement fort, alors que nous étions éloignés de la scène et avec des protections auditives. Sans ces dernières, nos oreilles auraient sans doute continué à siffler ce matin. La sauce est bien montée jusqu’à une bonne heure de concert et j’ai eu le sentiment qu’elle retombait sur la fin. J’aurais apprécié un titre plus planant tel que The sunshine underground pour finir ou Surface to air, histoire de laisser le tout en suspens. Plus généralement, la discographie du groupe étant conséquente avec 7 ou 8 albums, j’ai eu le sentiment de ne pas entendre mes titres favoris de la formation, et il y en a pourtant une palanquée. Les 2 derniers albums étaient trop représentés à mon goût, au détriment des 3 ou 4 précédents. Peut être inverseront-ils la tendance leur de leur prochaine tournée ?
Setlist parfaitement identique à l’ensemble de la tournée européenne :
Intro Another World Do it Again / Get Yourself High Horse Power Chemical Beats Swoon The Swoon Arpeggios Star Guitar Three Little Birdies Down Beats Hey Boy, Hey Girl Galactic Phase Shift Interlude Don't Think Out of Control (With "Setting Sun" Snippet) Saturate / Believe Escape Velocity Superflash Cherub Clown Harmonies Leave Home / Galvanize Block Rockin' Beats
A notre arrivée, The Do commence son show. Je ne les reconnais tout d’abord pas (nous ne sommes pas encore dans les arènes), car le 1er titre est justement clairement tinté d’électronique. C’est leur tubissime Over my shoulder qui nous les fera reconnaître, dans une orchestration originale. Nous n’aurons pas l’occasion d’en entendre plus, ayant décidé de nous sustenter à quelques centaines de mètres de là.
Nous nous plaçons donc dans les gradins pour assister à l’entrée sur scène de Crystal Castles. Je les décrirai comme 3 jeunes gens au look débraillé avec veste kaki, capuche et Doc Martens de rigueur. Dans le genre stéréotype destroy/punk/emo, il est difficile de faire mieux. J’entrevois de bons beats sur les 1ers morceaux, malheureusement bien vite éclipsés par des nappes de claviers datées à souhaits. Il m’avait semblé entendre une fille chanter au début, même si les basses et la batterie avaient tendance à trop la couvrir. Le DJ/clavier s’en donne à cœur joie, tel un teufeur fou et quand elle devient audible, la voix s’avère on ne peut plus pénible. Elle est constamment noyée dans des tonnes d’effets en tous genres, à tel point que nous nous demandons en souriant s’il n’y a pas un problème avec le micro. La fin du set est donc la bienvenue et une jeune fan assise à côté de nous, nous apprendra que la formation est canadienne.
Les anglais de Metronomy prennent la suite. Ce quator classique (guitare/clavier, basse, batterie et clavier) confirme sur scène les bonnes choses entrevues sur leur dernier album. C’est très rythmé, plutôt mélodique et certaines harmonies vocales bien agréables. Il se dégage une bonne humeur plutôt communicative et une envie de bouger la tête. La mise en scène est sympa avec des lumières clignotantes accrochées à leurs chemises, s’allumant sur certains titres. Leur style nous fait d’abord penser à MGMT, puis à tout ce mouvement revival des 80’s à la Talking Heads, en plus expérimental et dissonant que Franz Ferdinand par exemple. La base rythmique est au diapason, le bassiste et la batteuse entraînant tout sur leur passage. Un morceau très punk/rock sortira du lot, redoutable d’efficacité. On est pleinement dans l’esprit festival et ça passe bien, même si l’heure tourne…
En effet, ce 3e groupe quitte la scène à 22h30. Je n’ai rien contre les festivals, bien au contraire, mais quand on programme 4 formations le même jour, il est de bon ton de commencer plus tôt, de manière à permettre aux spectateurs de rentrer à des horaires raisonnables. Le sommet d’énervement a été atteint avec l’heure complète avant la montée sur scène de l’affiche de la soirée. Le public est passablement agacé par cette musique d’attente interminable et le fait savoir.
La fosse est blindée comme rarement aux Arènes. Le contraste avec mon dernier concert là bas (Mark Knopfler) où des sièges avaient été mis en place dans la fosse, est saisissant. Une lente intro lancinante perce enfin le ciel de Nîmes, excellente mise en bouche, elle a pourtant le don d’agacer le public qui hue/crie, ne demandant qu’à ce que la musique pour laquelle ils est venu lui arrache les oreilles.
Il sera servi lorsque Another world sera joué. Le jeu de lumières est saisissant et le son est très très fort. Nous savons que nous allons en prendre plein la tête. Les titres s’enchaînent ensuite sans interruption, durant une petite heure et demie. C’est techniquement impressionnant, le mariage du son et des lumières étant parfait. Les images se succèdent et collent toujours à merveille aux titres joués. Parmi elles, nous verront notamment des clowns, des robots, des balles rebondissantes, des jets de peinture, des appareils photos ancienne génération, beaucoup beaucoup de danseurs en images de synthèse, des visages en gros plan ou des chevaux de papier. Les paroles ”Just remember to fall in love” du morceau Swoon s’accompagnent d’un homme et d’une femme tombant encore et encore, plongeant à n’en plus finir. J’ai beaucoup aimé cette alliance très guimauve, de même que j’ai adoré la séquence où les mains d’un homme montent une échelle encore et encore.
Sur Believe mélangé à merveille à Saturate, on vole dans un château que l’on visite de fond en comble. Don’t think, absent des albums des frères chimiques, mais entendu dans Black Swan est tout simplement gigantesque. Les 2 morceaux les plus connus feront bien leur effet, la quasi totalité du public quasi en transe pour Hey boy hey girl et le dernier titre joué de la soirée Block rockin’ beats. Le show était donc complet et le temps est passé à vitesse grand V. Visuellement, certaines nouveautés par rapport à la tournée de We are the night sont excellentes, même si évidemment tout n’a pas été réinventé. L’autre aspect intéressant est que les Chemical Brothers ne se contentent pas d’enchaîner les titres, mais les mélangent souvent, donnant naissance à de nouveaux morceaux tout aussi plaisants. Les DJ sont donc toujours à la hauteur.
Comment expliquer alors le sentiment mitigé qui nous animait à notre sortie des Arènes ? La soirée trop longue avait sans doute eu raison d’une bonne partie de notre énergie. En attendant ceux que nous étions venus voir près de 4 heures durant, nos exigences ont sans doute monté de plusieurs crans. De même, notre placement en tribunes nous a rendus plus critiques que les centaines de personnes prises dans la transe collective de la fosse. D’un point de vue purement musical, on a parfois eu le sentiment qu’il y en avait trop. Tournée uniquement vers le dance floor, la prestation ne recelait pas la richesse des nombreuses nuances présentes sur les disques, en particulier avec les morceaux plus chantés et posés. Le son était diablement fort, alors que nous étions éloignés de la scène et avec des protections auditives. Sans ces dernières, nos oreilles auraient sans doute continué à siffler ce matin. La sauce est bien montée jusqu’à une bonne heure de concert et j’ai eu le sentiment qu’elle retombait sur la fin. J’aurais apprécié un titre plus planant tel que The sunshine underground pour finir ou Surface to air, histoire de laisser le tout en suspens. Plus généralement, la discographie du groupe étant conséquente avec 7 ou 8 albums, j’ai eu le sentiment de ne pas entendre mes titres favoris de la formation, et il y en a pourtant une palanquée. Les 2 derniers albums étaient trop représentés à mon goût, au détriment des 3 ou 4 précédents. Peut être inverseront-ils la tendance leur de leur prochaine tournée ?
Setlist parfaitement identique à l’ensemble de la tournée européenne :
Intro Another World Do it Again / Get Yourself High Horse Power Chemical Beats Swoon The Swoon Arpeggios Star Guitar Three Little Birdies Down Beats Hey Boy, Hey Girl Galactic Phase Shift Interlude Don't Think Out of Control (With "Setting Sun" Snippet) Saturate / Believe Escape Velocity Superflash Cherub Clown Harmonies Leave Home / Galvanize Block Rockin' Beats
Signature : cabaskle 07/07/2011
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Photographe : yann b
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le 12 juillet 2012 - Pont du Gard, Uzès (par Philippe)

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Arènes - Nimes

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