Marseille du 1er au 15 Octobre Si le titre de la manifestation, " jazz sur la ville ", pourrait faire penser à un film de Francesco Rosi, il se veut avant tout rassembleur et ouvert à tous les courants du jazz qui se développent sur Marseille. Si certains des différents partenaires ont déjà collaboré par le passé c¹est bien la première fois que ces structures décident de présenter ensemble deux semaines de concerts.
Le programme entend défendre le travail actuel d¹artistes qui travaillent, résident ou sont originaires de la ville. La plupart présenteront leurs nouveaux répertoires ou nouveaux groupes.
Dominique Bouzon Dominique Bouzon nous fait découvrir l’univers de ses cinq flûtes traversières, du piccolo à la très rare flûte octobasse.Grâce à la magie de boucles et sampling en temps réel, les flûtes s'enchevêtrent, s'enlacent, se superposent, en une étonnante conversation sur le vif.www.domininiquebouzon.com
Namaste - 7 octobre 2007 - Intermédiaire - Marseille Ce soir là, vraiment pas envie de rester chez moi, y' me faut du son, du son, du son!!!
J'avais noté dans mon agenda le concert de Namaste! ce soir à l' Inter'...En arrivant à la porte, je comprends tout de suite qu'on va être serré, très à l' étroit, à la limite du respirable, dans ce .../...
Ce soir là, vraiment pas envie de rester chez moi, y' me faut du son, du son, du son!!!
J'avais noté dans mon agenda le concert de Namaste! ce soir à l' Inter'...En arrivant à la porte, je comprends tout de suite qu'on va être serré, très à l' étroit, à la limite du respirable, dans ce café-concert en forme de couloir (sympathique au demeurant...)
C'est dans le cadre de Jazz sur la ville qu'a lieu ce concert. Pour ceux qui ne la savent pas, il s'agit d'une prise de position forte de la part de différents lieux marseillais qui se rassemblent, (une première?), pour proposer un concert par soir pendant environ quinze jours. Non vraiment, belle initiative à souligner puisqu'on peut écouter différentes tendances musicales d'aujourd'hui qu'elles aient quelque chose à voir avec le jazz ou non. Funk, latin jazz, free, expérimental, opéra électronique, be bop pur et dur, rhythm n' blues....Le tout servi par des musiciens locaux confirmés, en devenir, ou par quelques pointures nationales (le festival invite cette année le duo Bojan Z/Julien Loureau).
Voila pour la présentation...
C'est donc namaste! ce soir. Après avoir expérimenté plusieurs formules et formats (sextet, quintet, trio, avec guests...), ils se présentent ce soir en quartet,(terme emprunté au jazz bien que leur style s'en éloigne de plus en plus) et avec avec un nouveau bassiste (Sylvain Terminiello,) qui véritablement fait corps avec le batteur (Jean Michel Troccaz).Evolution du role du batteur dans la formation, celui ci a ajouté à son set un pad électronique qui lui permet d'envoyer sons, ambiances, beats...Le saxophoniste Fred Pichot manie également son ordi en direct, et son alter égo Cyril Benhamou, derrière claviers et flûte. Avec une instrumentation pourtant traditionnelle (claviers, sax, basse batterie), namaste! prend tout de suite le contrôle de la scène et propose une musique inventive et originale qui parle autant au corps ,avec un gout certain pour le dance floor, qu' à l'esprit. Rien ne dépasse, c'est réglé et précis avec pourtant un grand sentiment de liberté, d'improvisation, et une grosse dose d'amour (oui oui!) qui jaillit de la scène jusqu'à envahir toute la salle, même les plus réticents d'entre nous.
Un répertoire de compositions originales (réparties entre F. Pichot et Cyril B), des tournes jungle, des thèmes sax/flûte, une basse qui ronronne, une batterie lourde bien ancrée au sol, on peut facilement parler d'électro jazz(même si ça ne veut pas dire grand chose), et les influences à ce courant toutes trouvées (Loureau, Truffaz, Cosmic Connection, Asian Dub Foundation, Cinematic Orchestra...) Quiqu'il en soit ces gars là se sont bel et bien affranchis du poids de ces grands frères qui ont creusé un sillon considérable dans la musique actuelle.
namaste! ça envoie et c'est TOUT! Avec des titres comme Blue Way(sensuel et groovy), Camel Dance(long périple dans le désert avec intro de flûte de Cyril B), Obsession(puissant sax hurleur pour tourne asymétrique),Samkalpa (hymne club sur fond d'indian vibe)...et c'est comme ça tout leur concert. Des histoires, des images, des ambiances, des ruptures, de la douceur, de la violence, des nuances...rien de plus banal somme toute! On rentre vraiment dans leur univers et cela qu'on le veuille ou non.Les images qui tournent derrière eux renforcent le caractère psyché de leur musique. A guetter, la sortie de leur album "good baba" et toute autre manifestation où je pourrai les entendre à nouveau....Just Listen...
Soirée plutôt inhabituelle, à la fois pour un lundi, mais aussi pour une programmation au cabaret aléatoire. C’était le lancement du festival Jazz sur la ville, à l’initiative de La Meson (lieu décidément impeccable), mais aussi, ce soir là, de la Friche, et du musicien Ahmad Campaoré (d’après ce que j’ai compris). Le public était au rendez-vous, ce qui faisait plaisir, mais qui confirme aussi, une fois de plus, que lorsqu’il y a des têtes d’affiches le public marseillais se déplace, mais sinon…
La soirée commence donc avec un trio de musique improvisée, avec Ahmad Compaoré (batterie), Vincent Segal (violoncelle), et Barre Phillips (contrebassiste légendaire en la matière). Très bon moment, les musiciens étaient très à l’écoute, superbe timing, les différents moments de l’impro s’enchainent sans heurt. Ahmad était magnifique d’à-propos, Barre étonnant, Vincent Segal très énergique. Le seul bémol est que l’impro prenait trop souvent une orientation mélodique. En général, l’improvisation libre tend vers beaucoup d’abstraction et la mélodie est très rare, mais là, c’était presque trop ; Vincent Ségal (sur un mode très proche de ce qu’il fait avec Bumcello) ramenait souvent l’impro sur des mélodies, malgré les ouvertures que proposait Barre Phillips régulièrement. Ça demandait plus de lâcher prise. Mais bon, très bonne performance anyway.
Après une courte pause, dont la durée à d’ailleurs un peu surpris les gens qui commençait à gambader et à gambader dans la Friche, c’est Nicolas Cante et son Piano Mekanik qui s’emparent de la scène. Il s’agit d’une installation audiovisuelle autour d’un piano. Nicolas est au piano et à l’ordi, Gilles Toutevoix à la caméra live et à l’ordi. Le spectacle est hallucinant. Je sais pas si je vais arriver à tout dire tellement il y a de choses… la musique oscille entre jazz et electro, mais de manière complètement aléatoire, les standards sont hâchés, triturés, samplés, comme les images qui tentent de décortiquer cette manipulation du piano. L’installation, complexe, permet toute réaction en direct, jusqu’à boucler image et son simultanément. Les écrans vidéos (trois) ont été placés de biais sur la scène, formant une diagonale jusqu’à l’entrée du cabaret aléatoire. L’amas de cables, capteurs, ordis, caméras fait ressembler le tout à un laboratoire improbable, où Nicolas s’agite comme un savant fou. Sa multiplication à l’image (filmé en live, mais aussi « à l’avance », en studio) donne un ton mégalo qui ajoute encore à l’impression de machinerie démoniaque du système. Le piano est décliné sous toutes ses formes, les symboliques à l’écran sont variées (piano transformé en codes-barres), Nicolas se ballade sur la scène avec un clavier d’ordi en bandoulière (qui rappelle bien sûr les guitare-synthés des années 80, et confère une touche pop à l’ensemble) en altérant les parties de piano qu’il vient juste de jouer, , et chante avec une voix traitée pour ressembler à celle d’un vieux phonographe. Après avoir pris tout ça dans la gueule dans les dix premières minutes (le côté théâtral est très fort), ça ne retombe pas, car c’est la musique qui s’impose. Samples constitués de bribes d’impro, beats techno, improvisation musicale et vidéo, on continue d’avancer avec eux, jusqu’au final mémorable, où ils « attaquent » le standard le plus connu de Nina Simone (dès le début de ces accords archi connus et swinguant, on respire), puis complètement atomisé à coup de capteurs et de guitare-ordi, à travers le chant guilleret de Nicolas. Humour, décontraction, un chouia iconoclaste, inventivité, la grande classe. Le public d’ailleurs est bluffé. Depuis le début, la performance convoque un tas d'images, d'allusions, de références qui se téléscopent.
Avec ce projet, Nicolas Cante arrive à synthétiser son jeu de piano avec la technologie informatique audio- visuelle, tout en livrant un spectacle qui ressemble à un rêve bizarre, où le son et l’image sont transformés en temps réels par ces deux protagonistes chaleureux et étranges. Dans les premiers tracts de Piano Mekanik, il y a quelques années, on lisait que ce projet posait la question de comment jouer du piano aujourd’hui ? Nicolas Cante et Gilles Toutevoix ont trouvé une réponse personnelle et magique. Scotché.