28 & 29 août 2008 - St Cloud (92) Pour sa 6ème édition Rock en Seine reçoit Amy Winehouse, R.E.M., Justice, The Raconteurs, Kaiser Chiefs, Serj Tankian, Apocalyptica, The Do, Tricky, Kate Nash, The Streets...
Malgré l'annulation (fort dommageable) du concert d'Amy Winehouse, le dernier jour du festival Rock en Seine 2008 a vu se succéder sur les différentes scènes du domaine de Saint-Cloud pléthore de groupes - jeunes ou moins jeunes - en forme olympique... En l'absence de la reine de la soul music dépoussiérée, c'est The Raconteurs qui a éclaboussé de sa classe les dernières heures du grand rassemblement musical de fin d'été.
The Raconteurs
Si l'on fait abstraction des titres ratés (trop FM et/ou trop hard rock) du dernier album du combo emmené par Jack White et Brendan Benson, la longue prestation des Raconteurs (1h30) a permis de voir à l'œuvre un excellent groupe de rock mâtiné de country blues et de heavy rock façon Led Zeppelin... Si parfois la voix de Brendan Benson se fait parfois trop sirupeuse, si les soli de guitares à l'unisson sont fatigants, il faut avouer que sur la majorité des morceaux la mayonnaise prend, vite et bien. La section rythmique insuffle un groove imparable, permettant aux deux guitaristes/chanteurs de donner le meilleur d'eux-mêmes (Level, Steady as She Goes, Salute Your Solution, Hands... ). Si l'on peut préférer la sobriété rigoriste des White Stripes, l'univers foisonnant et plus ample des Raconteurs emporte l'adhésion en live. Il faudra toutefois partir dans une autre direction sur le prochain album - en évitant les errements trop consensuels - , et offrir à Jack White une coupe de cheveux digne de se nom...
Justice
Jack White l'avait annoncé en début de set, Amy Winehouse ne foulera pas la scène de rock en Seine, permettant aux Raconteurs de rallonger leur set et à Justice de jouer plus tard devant une immense foule. Comme au Printemps de Bourges, le duo ultra branché fait le job : tout le monde danse les bras en l'air pour saluer les hits électronico rock'n roll vrillants des deux Parisiens. Même si le contrat est respecté, l'horaire de passage est un peu précoce et si l'on a déjà vu le set, l'on se rend vite compte que le pilotage automatique a été enclenché. Il y a quand même là de quoi conclure (pour nous) le festival sur une bonne note, en repensant au reste de la journée, plutôt réussi.
Louis XIV
Dans l'après midi, Louis XIV confirme son statut de stars du heavy glam rock... Si l'on excepte une ignoble slow sirupeux que ne renierait pas le sénile Elton John, le groupe de San Diego fait oublier les poses, les coupes de cheveux et les accoutrements ridicules (surtout chez le chanteur... ) avec une jolie série de tubes aussi pop que rock ; le domaine de prédilection de cette bande de pervers patentés étant de faire s'accoupler sur scène (et sur disque) T. Rex et AC/DC... Le résultat marchait sur les morceaux du premier album (toujours aussi percutants aujourd'hui) et à première vue, c'est parti pour continuer sur le nouvel album, si l'on en croit les extraits proposés à Rock en Seine.
Jamie Lidell
Juste après et dans un style radicalement différent, Jamie Lidell offre au public - enthousiaste, sous le soleil exactement - un florilège de ses multiples talents. Cela commence par une démonstration plutôt expérimentale d'électronique expérimentale (idéale pour se défoncer sur un dance floor, longtemps après le coucher du soleil), avant de bifurquer en fin de set par une brillante série de hits soul & funk du meilleur effet. Non content de savoir bidouiller les sons comme personne, notre homme est absolument impeccable au micro, accompagné par le très souriant Gonzales au piano et Mocky à la batterie. De quoi donner le sourire donc...
Comme la prestation franchement "pop groovy" du groupe Fortune, de charmants jeunes hommes capables d'écrire des hits dansants et joliment remuants... Entre pop fraiche, funk tonitruant et électronique agitée, ce combo là s'y entend pour faire remuer le popotin de son public...
Il est désormais temps pour The Jon Spencer Blues Explosion de se reformer sur scène pour un concert de rentrée de bon aloi. Malgré de nombreux problèmes techniques sur les guitares, le furieux power trio punk 'n blues a rassuré ses fans sur le fin de son concert, avec une réjouissante enfilade de titres méchamment rock 'n roll. Si ces trois là ont envie de refaire durablement du bruit ensemble, cela peut faire très mal ! Wait and see...
The Roots
Terminons la chronique de cette fin de festival, par quelques mots sur deux déceptions notables... The Roots continue à s'embourber dans un rock n' jazz hip hop lourdingue, démonstratif (écoute ce solo mon gars !) et facile. C'est bien dommage quand on est aussi bons musiciens, et quand on a écrit autant de bons titres... Dans le registre " je me fourvoie pour faire un show consensuel spécial festival", Kate Nash n'est pas mal non plus avec son groupe de tacherons tout juste bons à faire la tournée des baloches du Royaume Uni. Chapeau bas quand même : ces gens là sont capables de fusiller une belle chanson en deux temps trois mouvements. Bravo !
Malgré les aléas inhérents à tout festival (volonté de trouver des groupes classieux, tout en attirant le plus de monde possible), Rock en Seine 2008 laissera un bon souvenir, même si cette édition était clairement en dessous des précédentes. Rendez-vous en août 2009 pour un Rock en Seine plus homogène, sans groupes trop mainstream et... sans annulation !
Photos : Ros Miller (Jamie Lidell), Nicolas Joubard (Justice, The Roots, Louis XIV) Réagir à cette critique
Rock en Seine 2008 - 20,28 et 29/08/2008 - Domaine de St Cloud J’hésite terriblement à cocher entre le bien et le pas top.
Une case "bien mais pas top" aurait été très pratique !
Fidèle de ReS depuis 2004, j'avoue que cette dernière édition était terriblement pauvre niveau programmation. Certes nous avons renoué avec de vrais têtes d'affiches qui ne .../...
J’hésite terriblement à cocher entre le bien et le pas top.
Une case "bien mais pas top" aurait été très pratique !
Fidèle de ReS depuis 2004, j'avoue que cette dernière édition était terriblement pauvre niveau programmation. Certes nous avons renoué avec de vrais têtes d'affiches qui ne s'étaient pas déjà produites ds l'hexagone durant l'été, d'où l'effet de surprise. Cependant, ReS se targue de mettre en avant les talents en devenir, et bien sur ce coup, ce fut la disette !
Je mets de côté RATM qui était non pas un concert de festoche mais bien un concert de Rage à St Cloud (les festivaliers pur souche comprendront). Concert très sympa tt de même, quelle pêche ils avaient, c'était bonne ambiance revival de mes années collège.
jeudi 28 : j'ai pour habitude de me coller dès l'ouverture des portes aux scènes de l'industrie et de la cascade pour gauler des groupes qui sont en voie de faire un buzz (mon meilleur exemple est Wolfmother en 2006: quelle découverte !). et bien triste début de festoche pour ma part : Infadels, Da Brasilians et (surtout) These new puritans ne m'ont pas réconforté quant à la rentrée musicale ...
Viennent les artistes que j'attendais : Serj Tankian, grand chanteur de SOAD, qui à lui tt seul représente tte l'harmonie vocale du groupe. De ce fait, c'était très bien chanté mais ça manquait de peps. Kaiser Chiefs : toujours fidèles à eux mêmes, un concert détonnant ! Cela dit, les 2 premiers albums sentent le vécut. Nous avons quand même eu droit à quelques nouveautés. REM, les grands et forts "athéniens" ! Rarement déçus par Michael Stipe et sa bande, nous avons eu droit à un très bon choix de set list (du classique, du qui se fait + rare et des nouveautés) et une mise en scène avec les vidéos très chouettes. De grands artistes qu'on apprécie d'autant plus en plein air plutôt que serrés à Bercy.
ah oui ... The Do, grands coureurs de fond de festival cet été. Vous les avez sûrement déjà croisé quelque part !
Mon grand moment de solitude : Apocalyptica... où comment jouer du violoncelle en faisant tournoyer sa longue et soyeuse chevelure noire corbeau (???)
vendredi 29 : début tristounet également mise à part le retour du soleil. DB Clifford nous berce avec son synthé et nous irrite un peu avec ses envolées à la Jamiroquai (:/). Louis XIV n’a pas d’arrogant que le nom, leur prestation est très « stylie », mais reste écoutable allongés ds l’herbe en train de bronzer.
Le beau temps insiste et nous incite à rester siester sur place jusqu’à l’arrivée de Scars on Broadway. Conféré ma remarque sur Serj Tankian ci-dessus, Daron et sa bande représentent eux le côté bourrin de SOAD. Mais le bourrin sans l’harmonie du chant c’est trop indigeste !
La sieste se termine avec The Roots et « l’homme tuba ». Le hip-hop n’étant pas ma tasse de thé, je fuis vers Kate Nash qui malheureusement n’est pas fortiche en prestation scénique. L’ennui s’implante et ne nous quitte pas jusqu’aux Raconteurs qui relèvent le niveau et jouissent allègrement de l’annulation de Miss Amy (Jack White nous l’annonce un brin ironiquement sur scène mais les spectateurs ne semblent pas capter l’allusion !).
Justice qui se sont donc fait très longuement attendre font danser les festivaliers qui n’ont pas envie de sortir d’un festival à 22h mais le groupe se contente du minimum syndical en passant leur disque.
Le grand gagnant reste Mike Skinner de The Streets qui séduit la foule qui, du coup sortira du concert à une heure honorable (00h05 et des brouettes)
Voilà un festival de fin d’été que j’apprécie beaucoup, et surtout pour son cadre magnifique.
Ne soyons out de même pas trop aigris, aborder la rentrée en musique est toujours très agréable !
Amy Winehouse (annulation Rock en Seine 2008) - 29 Aout 2008 - rock en seine saint cloud parce qu'on ne l'a pas vu
ted
(Photo : Philippe @ Rock en Seine, 2007)
Deuxième fois d'affilée qu'Amy Winehouse plante Rock en Seine... mais cette fois-ci ni Voici ni même Concertandco n'ont pu l'annoncer, puisque c'était (...parait-il...) une heure avant
Une chance que l'organisation .../...
Deuxième fois d'affilée qu'Amy Winehouse plante Rock en Seine... mais cette fois-ci ni Voici ni même Concertandco n'ont pu l'annoncer, puisque c'était (...parait-il...) une heure avant
Une chance que l'organisation ne l'ait pas appelé toute la journée pour être sûr qu'elle vienne (vous ne l'auriez pas fait, vous ?) et qu'elle ne les ait pas prévenu, mettons à 14 heures, le public parisien aurait encore eu le temps de se faire rembourser ... Mauvais esprit, direz-vous, alors que l'an passé aussi ils ont fait les canards jusqu'au dernier moment ? Chacun en jugera.
Cela étant vu son allure effrayante (et apparemment sa prestation-catastrophe) à son dernier concert (V-Festival, England, 16 août), il fallait bien s'en douter. A ce jour son concert aux Eurockéennes de Belfort 2007 reste donc sa seule prestation réussie en France, et encore était-elle déjà presque borderline ...
Photo : http://www.gigwise.com/, Glastonbury, juin 2008
Les organisateurs de Rock en Seine ont pour le moins fait preuve d'inconséquence en confiant la tête d'affiche à une personnalité aussi fragile - "bien fait !" est donc la première chose qui vient à l'esprit. Ils peuvent bien lui faire un procès, ce ne sera que celui de leur propre manque de maturité. Tant qu'ils continueront à programmer des artistes anglais fantasques sans exiger qu'ils soient sur place la veille, ce sera toujours le foutoir (cf Pete Doherty qui leur a donné pas mal de sueurs froides par le passé) : un simple problème de caténaire d'Eurostar aurait aussi bien pu tout foutre par terre !
En attendant cette fille au potentiel immense continue à s'amocher, poumons y compris (et donc voix), et là, personne ne trouve plus ça drôle, hélas.
Et Rock en seine qui était pourtant prometteur, de se répéter dasn sa prog' au risque de virer au simple défilé de cagoles... Réagir à cette critique