C’est le jeune groupe moulinois Sexties qui donne le coup d’envoi de la dernière soirée des Volcaniques de Mars 2003 intitulée « Black to the groove ». Le respect dû au musiciens et la jeunesse du groupe poussent à être indulgent mais il y a encore du boulot les gars ! Ce punk rock assez mal joué est gâché par un chanteur avec une voix sans personnalité essayant de compenser en hurlant à tort et à travers des inepties en anglais (« Come on Clermont ! », « Wake up Clermont ! », « Do you want to fuck me ? »... Réponse : non merci ! ). Les premiers rangs, entièrement acquis à leur cause ont apprécié Sexties, les autres sont restés plus dubitatifs…
La différence de niveau est criante avec le groupe qui poursuit la soirée : The Craftmen Club en provenance de Bretagne. Ce trio guitare/chant, basse/sample, batterie minimaliste dégage une énergie puisée dans le rock ‘n’ roll, le rhythm and blues, la musique lo fi et le psychobilly. Ce cocktail est enrichi de samples déclenchés au pied par le bassiste : banjo, riffs de guitare, bruitages…
La manière de chanter et de pousser des cris dans un micro distordu sur un ton plein de morgue tout en jouant des riffs de blues crade évoque immanquablement les géniaux The Jon Spencer Blues Explosion ! Sur quelques morceaux, le fantôme des Cramps fait même une apparition ; le psychobilly chanté avec une voix gorgée de reverbe a toujours des adeptes, et c’est tant mieux !
Comme il se doit, le concert se termine par un long happening où le chanteur jette sa guitare, escalade la batterie puis hurle dans le micro réservé à cet instrument, fait une escapade dans le public pour mieux reprendre sa guitare et faire tourner un riff bien déjanté. Tout ceci prend fin avec une explosion de batterie, un jet d’instrument et une sortie de scène furibarde… The Craftmen Club mérite réellement qu’on se déplace pour assister à ses concerts et qu’on écoute son premier disque très réussi !
Un peu plus tard, King Khan & His Shrines a enchanté le public venu se déhancher avec sa jubilatoire « rhythm and soul revue » ! Le concert commence par l’arrivée sur scène d’un groupe cosmopolite arborant un superbe collier réalisé avec des dents. Puis, sortant des loges avec sa pom pom girl personnelle, King Khan fend la foule avec un crâne-torche orné d’un mini feu d’artifice !
Dés le début, le public se laisse emporter par le chant à la James Brown et les musiques où cuivres, orgue, basse, batterie et guitare se taillent la part du lion. Tout ce petit monde a un seul but : envoûter le public et le faire danser jusqu’au bout de la nuit, une mission dont il s’acquitte avec une bonne humeur, un humour et un professionnalisme exceptionnels ! Le public est donc en transe et à même droit à quelques moments d’accalmie pour créer des liens : des ballades gorgées de soul et de sexe permettent aux futurs amoureux de se rapprocher dangereusement…
En plus le côté visuel n’est pas oublié : la pom pom girl se trémousse admirablement et attire le regard, les musiciens sont facétieux et King Khan possède un charisme certain. Ce Canadien d’origine indienne particulièrement survolté se fera même complaisamment fouetter par sa danseuse à l’aide du fil du micro ! Un peu de Sado Masochisme, il n’y a que ça de vrai !
Les affiches de King Khan & His Shrines annonçaient « Sex, Power, Love », « 175% soul power », « Cleans your soul », « Better than most brand names, on ne peut que constater avec joie qu’il n’y a pas eu tromperie sur la « marchandise » !
A lire également : la chronique photographique du show de King Khan à Bourges.
La soirée « Soucoupes Violentes » du festival Les Volcaniques de Mars a permis de se chauffer les oreilles avec Biocide, de revoir avec plaisir le groupe bordelais Sleeppers et de découvrir les ovnis Makoto Kawabata & Jean-François Pauvros.
Les Marseillais de Biocide commencent la soirée devant un public peu nombreux et mou. Seule une jeune fille énervée pogote en incitant les autres à faire de même, en vain… Cet immobilisme n’est pas dû à la prestation de Biocide, les quatre métalleux ne ménageant pas leurs efforts pour séduire le public métal/noise. Puissants sur scène et cherchant à explorer de nouvelles voies, Biocide mérite d’être découvert par les « Metal addicts »…
C’est avec un plaisir non dissimulé qu’on recroise la route du groupe bordelais Sleeppers après le festival Osmose en 2001. Le set de Sleeppers a déchaîné les passions ; le public, désormais en nombre, se massant contre la scène pour communier avec les musiciens dans une sorte d’orgie sonique.
Ce groupe survolté et tendu comme un arc s’appuie sur une rythmique en acier trempé pour décocher des flèches empoisonnées de guitares/hurlements dans le cœur des fans de noisy métallique. Le guitariste/chanteur est particulièrement impressionnant pour ses parties de guitare tranchantes et ses vocaux hurlés à s’en faire péter les cordes vocales ! Si le chant du bassiste convainc moins, son jeu de basse lourd et violent donne une puissance de feu phénoménale au groupe. Vous l’avez compris, si vous apprécier le mélange de métal et de noisy, il faut voir aller Sleeppers sur scène !
Beaucoup de personnes désiraient assister au set de Makoto Kawabata & Jean-François Pauvros pour tester la solidité de leur système auditif et apprécier les improvisations soniques du duo expérimental. On nous avait annoncé 6 amplis sur scène et orage au désespoir (sic), la scène du Pocoloco ne comportait que quatre amplis. Ils s’avéreront largement suffisants et on se demande encore comment les personnes aux oreilles collées aux baffles et non protégées ont pu tenir sans s’évanouir !
Assis sur deux chaises avec leurs guitares en main et penchés sur leurs instruments, le duo commence son impro pianissimo avant de se lancer dans des passages multo fortissimo. Quand le Japonais à la tignasse inextricable, Makoto Kawabata, se lève de son siège pour mieux martyriser sa guitare, on a l’impression d’assister à un duo entre Slash de Guns n’ Roses et Joey Ramone (The Ramones) dont Jean-François Pauvros est le sosie presque parfait…
Une simple impression visuelle car les sonorités crées en direct par ces deux malades de la matière sonore font plutôt penser au bruit causé par l’explosion nucléaire d’Hiroshima combinée avec les bombardements sur Dresde et les éruptions de lave en fusion de la Chaîne des Volcans d’Auvergne… Faite de montées, d’orages violents et d’explosions sonores hallucinantes, cette symphonie déstructurée et improvisée a emmené le public assez loin !
Armés d’archers et de divers instruments de torture, les deux complices ont vraiment sorti des sonorités insoupçonnées de leurs guitares conçues initialement pour jouer du rock ‘n roll innocent dans des soirées étudiantes américaines dans les années 50 !
Au bout d’un certain temps les deux hommes se relèvent et débranchent leur système infernal. On se souviendra longtemps et on versera une larme en évoquant avec des trémolos dans la voix le meilleur moment de ce spectacle : Makoto Kawabata se levant brusquement de sa chaise pour jeter sa guitare par terre avec une violence inouïe avant de la piétiner joyeusement pendant que JF Pauvros usine « tranquillement » un motif sonique de fin du monde ! Les tympans en bouillie, les yeux exorbités, la cervelle en morceaux, on ressort comblé du Pocoloco…
Malgré un public assez restreint, la soirée pop des Volcaniques de Mars a tenu toutes ses promesses ; le public a pu vivre une longue montée en puissance de 21 h 30 à 3 h 15 du matin.
Alors que la veille les gens se bousculaient pour la soirée « Electro Dub », Busyman commence son concert devant une assistance assez confidentielle…
Busyman :
Déjà aperçu en première partie des Rita Mitsouko à La Coopérative de Mai, l’ex chanteur du groupe stéphanois Six Pack a délivré un set empreint d’une glaciale ferveur (oui, ça existe !). Concentré sur ses parties de guitares folk rock, il chante les yeux fermés et semble littéralement habité par sa musique… Les morceaux, sobres et chaotiques de Busyman ne sont pas vraiment faciles d’accès mais convainquent grâce au contraste entre la guitare folk et minimaliste, l’attitude assez froide et les parties vocales émotionellement fortes… Le premier album de Busyman, Chronorupture, est disponible sur le label lyonnais Jarring Effects.
Calc :
Les Bordelais de Calc venaient défendre sur la scène du Pocoloco leur excellent dernier album Any downs at all (sorti sur le label Vicious Circle). Le groupe de Julien Pras a donné un concert surprenant pour les fans de sa musique aérienne et douce sur disque. Evoluant constamment dans un magma de guitares entremêlées, avec un chant moins assuré que sur disque, Calc a surpris par son parti pris scénique rock voire post rock à certains moments.
Par choix ou à cause d’une sono mal réglée, basse vrombissante, guitares saturées et claviers étaient au programme de ce concert de Calc. Après un temps d’adaptation, on s’est habitué à ce son crade et on s'est laissé transporter par les compositions de Julien Pras malgré le manque d’enthousiasme général du public, un peu interloqué…
The Electric Fresco :
Thierry Duvigneau alias The Electric Fresco a donné un concert épatant tout seul à la guitare ! En utilisant parfaitement un sampler pour enregistrer plusieurs parties de guitare ou de bongos et pour lancer des samples préenregistrés, il a su créer un univers favorable pour l’épanouissement de ses compositions folk/pop de très haut niveau.
Très content d’être là et de jouer sa musique, Thierry Duvigneau danse, bouge en rythme et vit sa musique à fond, c’est un véritable plaisir de voir évoluer sur scène une personnalité aussi simple et conviviale ! Son remarquable et chaudement recommandé disque Au revoir risque de rester bloqué longtemps sur la platine ! Le 23 avril 2003 au Printemps de Bourges, le concert de The Electric Fresco et Beck en solo promet d’être une des affiches folk/rock/pop de l’année !
Jive Puzzle :
Cet agréable moment est prolongé quelques temps après par le retour tonitruant des frères Sourice, plus connus pour leurs immenses contributions au punk rock gravées avec Les Thugs, un groupe qui a marqué le rock français. La vue des deux frangins provoque un flash back immédiat vers les concerts surpuissants des Thugs à Clermont-Ferrand au Sonic Rendez-Vous et au festival Rock Au Max. Bien sûr, au début du set, on est surpris d’entendre Eric chanter en français d’une voix assez calme. Puis, on oublie tout en on se laisse emporter par dans un fascinant électro rock jazz fait de chants extra-terrestres, de guitares acérées, de claviers aventureux et de basse invitant à la danse. Un très bon moment à des années lumière de la nostalgie que ce concert ! Quand on a la classe, il est rare qu’elle s’envole, Jive Puzzle en est la preuve irréfutable…
L’Enfance Rouge :
Encensés par le Sonic YouthThurston Moore et annoncés comme expérimentaux et dérangeants, (voir l’affiche avec la bassiste nue et enceinte), L’Enfance Rouge a littéralement achevé (dans le bon sens du terme) les survivants de cette soirée ! Ce trio guitare basse batterie dégage une violence peu commune ; c’est un véritable cataclysme sonore où la chanson (en français et en italien) est broyée par une guitare génialement bruitiste, une basse monstrueusement puissante et une batterie violemment jazzy. Les paroles, anarchistes et révoltées semble-t-il, sont surpassées par un véritable combat entre les instruments qui donne lieu à des moments de bravoure si dissonants qu'on pense aux grands moments de Sonic Youth.
Eclairés de manière très crue, les musiciens semblent à deux doigts d’en venir aux mains entre eux (particulièrement le guitariste et le batteur) ou de se suicider dans une overdose sonique… Comme celle de Double Nelson, la musique de L’Enfance Rouge est perturbante à s’en relever la nuit ou à se coucher au petit matin, rassuré par le lever du soleil. Il y a fort à parier qu’on reparlera longtemps du passage de ce groupe au Pocoloco en 2003 !
Les 64 minutes du dernier album de L’Enfance Rouge sont à découvrir gratuitement sur le site www.enfancerouge.org ou à se procurer auprès du groupe lors des concerts.
J’arrive vers 22 h 45 tout essoufflé, je ne voulais louper pour rien au monde le concert des excellents Cowboys From Outer Space. Ils sont trois, ils aiment le cuir et les bananes bien mûres. Leur musique est violemment puissante ou puissamment violente, choisissez ! Le batteur se démène comme un psychopathe sur ses peaux. Le bassiste assure en front de scène, la moue dédaigneuse, une clope perpétuellement vissée au coin des lèvres : il joue tout le concert avec une saturation énorme sur sa basse. Le chanteur/guitariste a un accent marseillais sympathique, il ressemble de loin à Gene Vincent ou au jeune Elvis Presley : pas de danse 50’s, riffs saignants, rythmiques thermonucléaires. Les Cowboys donnent des fourmis dans les jambes, c’est le moins qu’on puisse dire ! Leur musique passe du psychobilly au punk en faisant un joli détour par le rock ‘n’ roll des années 50 et 60. Une véritable cure de jouvence administrée de mains de maîtres. Le public danse en chœur avec une guitare fictive dans les mains. En rappel, un petit « Suspiscious minds » joué seul par le chanteur. Un petit slow immortalisé par Elvis, ça ne fait pas de mal, avant de repartir pied au plancher ! Well done boys !
Les Bee Dee Kay &The Roller Coaster, ça vaut le coup d’œil ! Le chanteur est tout simplement hystérique et son hystérie est communicative : les musiciens le deviennent aussi puis le public suit avec joie. Leur psychobilly fait danser même les éclopés : un accidenté se trémousse comme un décérébré avec ses béquilles. Jésus a marché sur l’eau mais le rock ‘n’ roll fait danser les paralysés ayant bu un peu de vin, qui dit mieux ? Selon des ouï-dire, un jeune hooligan connu de nos services serait même monté sur scène, remuant sa chevelure fournie et hurlant à moult reprises « I feel alright ». Puis un couple au complet monte sur scène danser le twist ou le jerk ou le rock, je ne sais plus. Un monsieur portant lunettes et rouflaquettes se démène et finit couché par terre en jouant de la guitare en carton. Mais où va-t-on ? Est-ce l’énorme saxophone, donnant une couleur réjouissante à l’ensemble, qui fait sortir les gens de leurs gonds ? Alors là… Entre deux « rock », nous entendons un petit twist mais Dick Rivers est malheureusement resté bloqué à Saint-Tropez. Jubilatoire concert !
Les Juanitos arrivent ensuite avec leur cortège d’orgue, de guitares et d’hymnes latino-punk-garage-surf, ça dépend. Les guitares surf rappellent le Dick Dale du générique de Pulp Fiction. Qu’on m’amène une planche de surf ou je fais un malheur ! L’orgue électrique créé des ambiances délicieusement rétro. De-ci de-là, des guitares bien « garage » relèvent la sauce déjà passablement épicée ! Le dernier groupe se produisant pour ces Volcaniques 2002 a dignement clôturé la séquence live. Vivement l’année prochaine !
Parental Advisory : Explicit lyrics !
Des gros mots se sont glissés dans ce compte-rendu de concert, sauras-tu les retrouver, ami mélomane ?
De la fumée envahit la scène du Pocoloco, un homme robuste s’approche de ses claviers et nous entendons une douce mélopée s’élever vers les cieux : "The Final countdown" du défunt groupe Europe.
Arrête, ça fait mal aux oreilles ! Les inénarrables Kunamaka ont pris violemment possession de la scène et ils ont l’air en forme, les salauds ! Ce groupe mérite réellement de passer à l’étape supérieure : leur set est réglé au millimètre sans paraître pour autant trop professionnel. Il y a toujours des discours très réussis du chanteur qui, au repos, à l’air d’un gentil étudiant à lunettes. Mais, dés que la guitare s’énerve, il se transforme en bête sauvage hurlant à la mort : belle transformation !
Comme ils passent du metal à la valse en abordant le reggae ou le hardcore dans le même titre, on ne s’ennuie pas une seconde. Les changements de voix et de style sont faits brusquement, par surprise, on se sent d’un seul coup électrocuté par une décharge de sons nouveaux.
Ce soir, nous aurons droit à une relecture de "New-York, New-York" chantée par Frank Sinatra en son temps, à une version très personnelle du générique de "Thierry la fronde" et à la traditionnelle reprise du thème du film "L’étrange Noël de Mr Jack" composée par Danny Elfman pour Tim Burton, si je ne m’abuse. Et bien sûr, il y a le tube incontournable de Kunamaka : "Santa Pignolo".
Trop fort ! Si le chanteur est déjanté, ses acolytes, ne le sont pas moins ! Le bassiste, un jeune homme charmant dans la vie semble-t-il, se transforme en primate énervé plié en deux sur son outil de travail. On a l’impression qu’il souffre le martyr pour extirper les notes de sa basse : cela donne lieu à toute une série de grimaces et de trépignements qu’il faudra un jour immortaliser par des photos.
Pour résumer, ce groupe est original, doué, drôle, métallique, visuel, calme et surpuissant. Un véritable tourbillon sonore récompensé par un triomphe du public venu très nombreux. Un putain de groupe !
Les quatre filles et le garçon de X Syndicate foulent la scène, on s’attend à ce que ça pète gravement, et bordel de Dieu, ça pète !
Il faut bien deux titres pour s’habituer à la voix de la Tina Turner du punk metal ! Cette jeune femme, montée sur ressorts et arborant une coiffure frisée du plus bel effet, a du papier de verre à la place des cordes vocales !
Un temps d’adaptation est également nécessaire pour la musique, un peu lourde au premier abord. Elles ne font pas dans la dentelle du Puy : même les bikers avinés du Bol D’or n’ont pas jeté de canettes sur scène. Ils en avaient envie ("Regarde Jean-Claude : merde, c’est un groupe de gonzesses, arf arf ! ! ") mais ils n’ont pas osé, terrifiés par la puissance de feu du quintet et enthousiasmés par un tel déballage de riffs meurtriers !
Dès le troisième morceau, on se met subrepticement à hurler, siffler, sauter ! Que c’est bon le rock ‘n’ roll joué à fond !
Ma préférence va vers les morceaux plus "punk rock" et presque chantés mais les titres avec des riffs métalloïdes m’enthousiasment aussi. X Syndicate, ça calme ! Idéal pour pogoter entre amis, pensez-y pour les fêtes.
Les poivrots du hip hop, j’ai nommé les Svinkels, arrivent ensuite. Ils ont de bonnes têtes d’alcollos, ce n’est pas qu’un genre qu’ils se donnent ! Dès le premier morceau, un de ces gentils messieurs se déverse une canette de bière sur la tronche, pas besoin de gel fixant !
Je suis venu réveiller le punk qui sommeille en moi derrière cette façade de gentil fan de Jean-Louis Murat, mais j’ai été, en plus, conquis par les titres hip-hop concoctés par les trois rappeurs et le DJ. Les textes sont drôles, ce n’est pas très fin mais on s’en branle ! Qui a dit "c’est débile" ? Oui, et alors, je ne vois pas où est le problème : on n’est pas au café philo ! La puissance dégagée sur scène n’a pas grand chose à envier à Bruno Gomez et Didier Morville, alias Kool Shen et Joey Starr de NTM. La musique de Svinkels est aussi à base de "Pow pow pow ! ! !" et nique sa mère gravement ! Les gens reprennent les paroles en chœur, dansent, hurlent et picolent, normal !
Qu’il est bon de boire un verre ou deux entre amis… Normalement, le hit des Svinkels "Réveille le punk" est joué avec un sample de guitare mais là, magie du festival, nous avons droit aux deux guitaristes des Uncommonmenfrommars pour ce moment de punk rap. Ah, ce riff simplissimement génial ! La musique tue, le texte est excellent, mais le clip qui passait sur M6 à 3 h 45 vaut aussi le détour, si vous avez l’occasion…
Rien à jeter ! Les Svinkels nous annoncent qu’ils ont les Parabellum en featuring sur un nouveau titre. Ils reprennent "Anarchie en Chiraquie" un titre datant de 1988 mais toujours d’actualité, Jacquo s’apprêtant à nous parler à nouveau d’un problème qui le tracasse méchamment pendant 15 jours à chaque élection : "la fracture sociale". Il y a des coups de santiags qui se perdent ...
Message aux rares personnes ne connaissant pas ces furieux et voulant s’éclater : ils doivent aller les voir illico presto. Le svink, c’est chic !
Les Uncommonmenfrommars sont chargés de clôturer la soirée avec leur skate punk mélodique. Sur disque, ça me fait un peu chier, mais en concert c’est plutôt sympathique. Les titres sont courts et pop avec des harmonies vocales. Leur travail de sape porte ses fruits, le public slamme comme jamais, la scène est un véritable tremplin. Comme j’ai un lumbago, j’évite ce genre d’acrobaties et je commence à piquer du nez : il se fait tard. Je me dis qu’il vont nous réserver une surprise et j’ai raison. Une reprise hystérique des Clash avec les Dead Pop Club et une version joliment puissante de "The KKK took my baby away" des Ramones. Oh yeah ! Comme le dit Joey Ramone sur son disque posthume : "What a wonderful world !"
(Photos prises au festival Osmose par Flore-Anne Roth, le 29 juin 2002. ) Réagir à cette critique
EZ3KIEL + UHT° (Les Volcaniques de mars 2002) 13 mars 2002- Le Pocoloco, Clermont-Ferrand Après la purge de l’année dernière (trop de monde, trop de fumée), je ne pensais pas retourner à la soirée dub cette année : point trop n’en faut ! Et puis, la programmation étant toujours de qualité, je plongeais une nouvelle fois dans la .../...
Après la purge de l’année dernière (trop de monde, trop de fumée), je ne pensais pas retourner à la soirée dub cette année : point trop n’en faut ! Et puis, la programmation étant toujours de qualité, je plongeais une nouvelle fois dans la piscine/sauna du Pocoloco, un ancien cinéma reconverti en club. La capacité de la salle a été réduite à 450 personnes mais, malheureusement, la ventilation est toujours en panne. Les mêmes causes produisent souvent les mêmes effets : chaleur insoutenable et difficultés pour circuler sans marcher sur les gens. L’année prochaine, il faut encore réduire la capacité ou changer de salle, sinon je viens en slip avec des bouteilles d’oxygène. Vous l’aurez voulu : c’est pas joli joli à voir !
A part ça, et c’est pour cela qu’on organise des concerts ici, l’ambiance est réellement propice aux concerts : proximité du public avec la scène, ambiance club surchauffé, tout est idéal pour une soirée dub/electro.
UHT° débute la soirée avec un prémonitoire "live à 140 degrés", appellation d’origine contrôlée. Leur prestation sera en effet très chaude, dès les premières notes, les gens décollent grâce aux efforts conjugués des trois musiciens : un contrebassiste accompagné par deux responsables des machines infernales. Les lignes de basses hypnotiques exécutées avec maestria par le contrebassiste sont le point fort de ce groupe. Comme le DJ et le responsable des samples ne sont pas en reste, le résultat final vaut le détour sur la piste !
Un petit détail tout de même : comment fait le contrebassiste pour garder son bonnet "cache dreadlocks" pendant la totalité du concert ? Il a sans doute mis des glaçons sous son bonnet car même sans mes cheveux, laissés au vestiaire, je cuis dans mon jus !
J’étais venu assister au concert d’EZ3KIEL dont tout le monde me parle depuis des lustres. Et bien, malgré les conditions difficiles, ça valait le déplacement ! J’ai trouvé leur set absolument excellent à tous points de vue.
A la dimension musicale, s’ajoute une dimension visuelle qui permet de planer sans avoir fumer. Les rythmes et les projections s’imbriquent parfaitement pour créer une sensation particulièrement envoûtante. Le bassiste, le batteur et le machiniste s’unissent pour faire décoller le Pocoloco à deux mètres du sol.
Mission accomplie en 30 secondes car la plupart des gens sont conquis d’avance, les rares novices suivent leurs camarades dans les minutes qui suivent. Les moments où la pression monte crescendo jusqu’à l’explosion en feu d’artifice sonore sont jubilatoires et parfaitement indiqués pour un pétage des plombs en règle. C’est d’ailleurs ce qui se produit : une panne de courant me permet de retrouver l’air frais des Monts d’Auvergne.