Chronique de Concert
Me as the Devil + Amenra (acoustique) - 150 ans de la famille Arlen-Caestecker

Quand on est 5 dans une famille, tomber sur une année où les 2 parents deviennent quinquas et où le total des âges fait 150, ça ne peut pas être complètement une coïncidence. Il fallait donc que la belle et grande famille Arlen-Caestecker fête incroyablement cet alignement numérologique... Par chance, le père est aussi Le 7e Oeil, sérigraphe de renom notamment dans le milieu du metal (mais pas que), et il compte dans ses amis, outre votre serviteur, aussi bien le chanteur de Me As The Devil, que celui d'Amenra ! Evidemment, vu/lu de l'extérieur, le second nom pourrait vous sembler plus connu ; on précisera tout de même que le chanteur du premier groupe a déjà foulé les scènes des Eurockéennes et du Hellfest (sous différentes formations) et que son collègue guitariste est allé jouer jusqu'au Sziget, entre autres...
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En cette belle soirée pas trop froide (sans doute une des dernières de l'automne ?), une bonne centaine de personnes était donc invitée ce soir-là, non seulement à partager la plupart de activités qui font habituellement la joie (la choie) des indigènes alsaciens : se retrouver en grand nombre, entre amitiés de 25 à 40 ans d'âge et progéniture éventuelle, dans un de ces villages en "heim" dont la prononciation fait se gausser bêtement les Français de l'intérieur, et dans un endroit sympa avec plusieurs bières à la tireuse, y déguster des flammekueche & pizzas en se brûlant les doigts, avec knackis bouillants à discrétion, y pratiquer l'amitié et la rigolade en se parlant fort avec l'accent, et finalement danser quand on est bien repu.es et saoûl.es, et que putain il fait pas chaud quand-même, à la mi-octobre après minuit à côté de ... Mittelschaeffolsheim.

Mais aussi, et c'est plutôt de cela qu'on va parler ici et maintenant, cette centaine d'heureuses personnes a eu le privilège incroyable d'assister aux sets musicaux, acoustiques, des deux groupes - qui à titre personnel nous avaient déjà donné, à mon Amoureuse et moi, les deux plus beaux concerts, soniques, de ces dernières années dans la grande famille du metal : Me as the Devil en 2024 et Amenra en 2025 ! A la relecture des 2 paragraphes précédents et après-coup, on se demande si finalement on est pas toutes et tous allé à notre propre anniversaire, plutôt qu'à celui de nos hôtes...
Part One : Me as... an Angel ?
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Avec un sens du timing redoutable, j'ai quand même réussi à être aux toilettes pile quand Me As The Devil a commencé. Entouré de chaleur humaine très compacte, il a donc fallu trouver un trou de souris pour y voir... Mais peut-être devrait-on dire "Me as the Devil... & Friends", puisqu'il n'y avait que Thomas et Marc du groupe, et trois amis/musiciens en backup (un violon, un xylophone et une percussion, tous admirablement discrets, tout en apportant un plus indéniable). Avec la transformation subie (réorchestration acoustique, rythmiques modifiées, etc), le bonheur de redécouvrir 3 titres de l'album Bhell City (2024) a été énorme, un peu façon Nirvana Unplugged (pour les darons qui ont la réf'...)
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Il m'a quand même fallu demander après coup le nom du premier morceau, Angels are falling, pour reprendre pied... Plus facile à identifier mais tout aussi revisitée, Behind the Trees (le titre étant dès le début des paroles)... Puis le duo / quintette a gentiment nommé le troisième titre (qu'on aurait trouvé, si si !), Toy of the Gods. Les trois joués avec une même délicatesse, très loin du son electro/metal initial (qu'on adore aussi, hein !) et bien sûr, sans jamais pouvoir metal-hurler... Mise en danger maximale au contraire avec une voix claire pour le chanteur, sans se laisser prendre par l'émotion de jouer devant et pour ses amis.
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Bon, on a déjà vu Marc faire plus dangereux encore (jouer et chanter Hallelujah version Jeff Buckley, tout seul dans une église pendant un mariage, quelqu'un ?). On le sait, ce garçon n'a vraiment peur de rien, que voulez-vous, c'est une star... 20 minutes inédites ce soir, hélas, pas une de plus - comme il le confirmera plus tard, c'était déjà pas mal de boulot pour les 2 MAD que d'avoir remis ces trois titres cul-par-dessus-tête, et de les avoir relevés avec d'autres musiciens ! Bien entendu, à la fin d'une telle prestation, nous avons exigé collectivement le pressage d'un vinyle reprenant cet élégant set acoustique (et sous une sérigraphie du 7e Oeil, évidemment). Affaire à suivre...
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Setlist Me as the Devil : Angels are Falling / Behind the Trees / Toy of the Gods
Part Two : Amenra, sans les décibels... c'est encore Amenra !
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Bien sûr, le premier set eut déjà été en soi un superbe cadeau pour tous les auditeurs. Mais c'est qu'il y avait aussi Colin H. Van Eeckhout, venu en ami de la famille (et heureusement, en tournée pas trop loin), offrir avec la quasi-totalité d'Amenra (4 musiciens, merci à eux aussi !) un set acoustique, forcément acoustique. Tant il est vrai qu'une bâtisse alsacienne vénérable comme celle des Arlen-Caestecker aurait pu ne pas bien résister aux vibrations, certes magnétiques mais aussi terrifiantes, que développent habituellement les 4 musiciens ; tant il est vrai qu'une bonne partie du public aurait pu s'enfuir, terrifiée par les hurlements, certes bouleversants mais aussi très impressionnants, que produit habituellement le chanteur entre deux couplets délicats.
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On avait ouï par l'ami Linus que le groupe avait un set acoustique complet, mais on s'est bien retenu d'aller l'écouter en ligne ! Le choc a donc été d'autant plus grand de les retrouver assis en cercle dans la pénombre de quelques bougies, avec un son magnifiquement en place, jouant eux aussi tout en retenue, à peine plus amplifiés puisqu'avec une vraie batterie. D'abord un peu étonné de ne pas reconnaître grand chose, même en tant que fan du groupe ? C'est qu'il y avait au moins 3 chansons (on l'a vérifié après), réservées à l'acoustique (exemple : The Dying of Light) !
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Mais aussi au moins un titre dynamité : jamais en mille ans on aurait pu identifier De Evenmens : une bombe à fragmentation quand elle est jouée à Clisson ou à Dessel, mais une délicate complainte ici à Bilwisheim... Quant à Plus près de toi (une de nos préférées, jouée d'entrée), elle est également assez transformée ce soir pour s'appeller Les Lieux Solitaires... Et en français, elle a évidemment saisi toute l'assemblée, qui a donc produit une écoute religieuse et un peu émue, en cercles concentriques autour de la famille invitante, assise au premier rang.
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Ayant finalement pu me faire oublier quelques instants, je suis aussi assis tout devant quand le groupe - et mes yeux s'embuent alors instantanément - entame la mélodie de son tube indépassable, A Solitary Reign, que j'écoute dans un état second, scotché au plafond, ayant encore un peu de mal à réaliser qu'Amenra - un gros nom dans le metal quand même ! - n'est pas à 20 ou 50 mètres comme d'hab, mais à portée de la main ! Un moment suspendu et sublime donc, dans lequel s'est glissé discrètement la cloche sonnant 22 heures de l'église la plus proche...
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A ma très grande surprise (et une dernière bonne raison de ne pas être allé voir de vidéos avant !), le groupe finit le concert par ... une valse ! Het Dorp, créée à partir d'une chanson traditionnelle après vérification, et à la mélodie d'une simplicité bouleversante - les paroles le sont également, une fois traduites. Une splendeur, une de plus... avant de recueillir nos plus chaleureux applaudissements et hurlements variés !
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Setlist Amenra : Les Lieux Solitaires / De Evenmens / Wear my Crown / The Dying of Light / Kathleen / A Solitary Reign / To Go On. : And live with. Out. / Het Dorp
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Si on y ajoute, par anecdote, la programmation musicale pas du tout dark qu'a assuré un membre du groupe après la fin de leur concert, force est de constater la palette musicale incroyable de ces 5 gaillards ! Bon, par respect pour leur vie privée et leur image plutôt sombre et mystérieuse, on ne révèlera pas ici lesquels d'entre eux on a vu programmer, puis se trémousser sans retenue sur George Michael, Abba et Madonna ...
Merveilleuse soirée donc puisque comme dit, on a eu l'impression qu'on aurait pas pu être davantage gâtés si ça avait été notre propre anniversaire... Un million de mercis, bonne route et à bientôt, espérons-le, Me as the Devil & Amenra ! Et un milliard de mercis à la famille Arlen Caestecker , bien sûr...
Critique écrite le 21 octobre 2025 par Philippe
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> Réponse le 21 octobre 2025, par MS
Mémorable soirée! Un grand bonheur de partager ces moments privilégiés entourés d'amis et de musiciens !Très belle chronique ! Réagir
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