Accueil Chronique de concert Eiffel + Yell
Lundi 30 novembre 2020 : 11352 concerts, 25885 chroniques de concert, 5284 critiques d'album.

Chronique de Concert

Eiffel + Yell

MJC Oullins 13 avril 2001

Critique écrite le par

Rock et pop à la MJC Oullins

La venue d'Eiffel à la MJC a attiré un public important, qui n'a pas été déçu par la performance du groupe français, qui confirme les espoirs placés en lui.

Eiffel en concert, c'est déjà un petit événement. Le groupe commence à se faire un nom et une place sur les ondes par le biais de son nouvel album "Abricotine", et le nombre de personnes présentes, tout comme la venue de TLM, ne faisait qu'attester le bien que l'on pense du quatuor.
Mais n'anticipons pas. Entre l'attente dans le vent glacial d'avril et la montée d'Eiffel sur la scène, une première récompense était livrée au public grâce à Yell, qui assurait la première partie. Dès le premier instrumental d'introduction, chacun oublie ses derniers frissons, envahi par le rock alternatif des Lyonnais. L'excellente technique et l'acoustique de la salle servent à la perfection la musique de Yell, qui est à la fois puissante et claire.
Alors que le rythme marqué par la batterie semble envelopper la foule comme des pulsations cardiaques de la salle, la basse se ressent dans les pieds et les jambes, qui vibrent en cadence. Les riffs tranchants délivrés par la guitare saisissent aux tripes et imposent l'énergie du groupe. C'est alors qu'arrivent Karine et Christine, les deux chanteuses, aux voix quasiment jumelles mais aux charismes totalement différents. Christine, la blonde, semble empreinte de fragilité. Concentrée sur les morceaux, jusqu'à en paraître soucieuse, elle apporte une touche de légèreté qui emmène la tête vers les hauteurs tandis que le corps subit les assauts de la musique. De l'autre côté, Karine, la brune, apporte, en quelque sorte, le piment à la musique de Yell (et inutile de lorgner vers quatre Anglaises lobotomisées, c'est de vrai piment dont je parle). Si elle dégage parfois une douceur qui va de pair avec le chant de sa comparse, son chant et son attitude évoquent plus souvent une secousse salvatrice, un coup de poing dans des tympans endormis par la guimauve radiophonique.
Les morceaux se succèdent, en français ou en anglais, mais la pression ne retombe jamais en dessous du niveau des premiers morceaux, parfois dépassé à l'occasion de certains morceaux frôlant un punk du meilleur effet. Le rock alternatif brut de Yell s'accompagne cependant de nombreuses variations dues aux effets marquant les sons de la guitare et de la basse, aux deux voix simultanées, ainsi qu'à l'utilisation d'une deuxième guitare par Christine sur certains morceaux. On ne s'en lasse pas...
A tel point que les Lyonnais, qui jouent visiblement à domicile, devront s'acquitter d'un rappel pour satisfaire un public dont une partie les connaît apparemment depuis longtemps.

Après une courte pause, mise à profit pour goûter la bière (par ailleurs très bonne) servie au comptoir, on retourne vers la salle qui s'est extraordinairement remplie alors que les verres se vidaient de l'autre côté de la porte. Les fans d'Eiffel, qui devaient se cacher jusque là, ont investi la salle, maintenant pleine jusqu'à l'entrée.
Lorsque le groupe monte sur scène, un frémissement parcourt l'assistance, qui anticipe déjà son plaisir. Une anticipation qui ne sera pas déçue. On sent l'expérience du groupe de Romain Humeau dès les premières notes. Les morceaux sont carrés, chaque note tombe parfaitement à sa place. Conséquence du live, le son est nettement plus brut que sur l'album, et les morceaux sonnent tout de même moins "ado" qu'à l'accoutumée. Mais ça ne semble pas déranger une seconde le public, qui chante, applaudit et saute à tout va.
Face à cette ferveur, Damien et Nicolas servent un soutien rythmique irréprochable. Sur un côté de la scène, Estelle partage son temps entre la deuxième guitare et les claviers, apportant sans cesse une dose de clarté aux morceaux. Le centre de la scène est occupé par Romain qui, derrière son micro et sa guitare, évoque aussitôt un poète torturé du XXIè siècle. C'est à travers lui que se focalise toute l'énergie dégagée par le groupe et par le public. Tous sont portés par la voix du chanteur, qui semble tournoyer dans la salle alors que la musique imprègne le public, à moins que ce ne soit le contraire.
Du premier au dernier morceau, la communion entre Eiffel et son public est parfaite, alors que les titres se succèdent, que Romain change de guitare, et qu'Estelle alterne guitare et claviers. Les fans semblent tombés dans une faille temporelle, dans laquelle une version plus longue de "Te revoir" est offerte aux fans.
Au bout d'un temps que personne n'a vu passer, chacun se réveille. C'est fini, le groupe est parti, les lumières se rallument. Pour ceux qui ont vu les deux groupes jouer, malgré les deux styles différents (rock alternatif grungy et pop atypique et passionnelle), la chute est plus difficile, après un tel raz-de-marée d'énergie plus ou moins brute. Les yeux et les oreilles en ont eu plus que leur part, et le corps tout entier risque de vibrer pendant un moment.

Plus que jamais, les absents ont eu tort ....

 Critique écrite le 25 avril 2001 par Nicolas Gervais


Eiffel : les dernières chroniques concerts

Eiffel (Les Troubles Ville Festival 2013) en concert

Eiffel (Les Troubles Ville Festival 2013) par Nathaliea
Festival Troubles Ville, Connéré , le 31/08/2013
C'est avec beaucoup d'impatience que je retrouve Eiffel ce soir au Festival Troubles Ville de Connéré après leur passage au Mans il y a quelques mois. Près de 3000... La suite

Eiffel + Phoebe Killder & the Short Straws  en concert

Eiffel + Phoebe Killder & the Short Straws par Pouille-pouille
Espace Julien - Marseille, le 30/11/2012
Rétrospective d'une journée qui commence mal Avant de rentrer dans le vif de la soirée, il est bon de signaler que notre cher Boby national, taulier de Concertandco chez qui... La suite

Eiffel en concert

Eiffel par Cabask
Le Poste à Galène, Marseille, le 11/05/2012
Le groupe bordelais était attendu de pied ferme pour son passage au Poste à Galène ce vendredi soir, la salle affichant complet. Nous réussissons tant bien que mal à nous placer de... La suite

Brune + Eiffel en concert

Brune + Eiffel par Cabask
L'Usine - Istres, le 07/10/2010
Après le superbe concert donné en février dernier au Cargo de Nuit en Arles, Romain Humeau et sa bande étaient attendus de pied ferme à Istres. Nous sommes tout d'abord frappés par... La suite

Yell : les dernières chroniques concerts

Superbus+Yell+No Cure+Minimum Serious par Big dumb face
Ninkasi Kao - Lyon, le 12/10/2002
.Minimum Serious:désolé j'suis arrivé en retard dc ... .No Cure: pas trop mal meme si le son était à chier!!!(et k le guitariste chanteur (Elvis de son prénom...on croit réver !) se la "pétait" 1 peu! .Yell: Pas mal (à l'instar des 2 chanteuses) mais 1 peu barré. .Superbus: C'était vraiment bien avec 1 chanteuse en grande forme. A... La suite

YELL par Nicolas
Bistroy - Lyon, le 28/02/2001
De passage au Bistroy mercredi soir, le groupe Lyonnais de power pop a satisfait les amateurs de musique brute.Dès le premier morceau, Yell imposait au public les bases de sa musique : un rock alternatif un peu sombre (d'ailleurs les cinq membres du groupe sont vêtus de noir), légèrement teinté de punk et de grunge. La guitare est omniprésente et... La suite

MJC Oullins : les dernières chroniques concerts

Bal à Bistan , Michel Macias par Pierrot
MJC d'oullins pour le festival d'aici d'aila, le 01/04/2004
Haaa la Croix Rousse, son ambiance, sa vie, son histoire, ses mystères.... Voilà ce que bistanclaque nous propose, c'est a dire un brassage culturel pour une musique multicolore. Leurs chansons nous plongent dans l'ambiance des fameux metiers à tisser lyonnais, là où les canuts exercaient avec plaisir leur metier ; il est découle une musique qui... La suite

Pyrolyse par pika
Mjc Oullins, le 11/04/2003
Comme à mon habitude je me déplace souvent pour écouter les petits groupes français. Or là, il y avait un rock découverte à la MJC d'oullins fort sympathique. Le concert commença avec l'intro de Prédator (je suis un gros fan), puis enchaîna sur ce groupe au nom réchauffant : PYROLYSE. il n'y a rien d'original, mais la salle était berçée d'une... La suite

Counterfeit + Stereotypical Working Class par lou_ange
MJC Oullins, le 21/03/2003
20h30 : les p'tits gens s'amassent devant la MJC, en attendant l'ouverture des portes, cet instant fatidique où tout un chacun se précipite pour avoir les meilleures places... 21h : nous voici donc devant la scene, devant les retours sonnd magic ulrich le batteur arrive, puis jéjé, jib, Drikcé counterbass et roro. ce dernier fixe longuement... La suite

Zombie Eaters + Wunjo + Viridiana par metal@concertandco
MJC Oullins, Lyon, le 24/05/2002
Un sacré bon concert une fois de plus. Trois groupes qui commencent à faire parler et qu'on ne voit pas très souvent dans le coin puisque les Zombie Eaters et Viridiana sont bordelais et Wunjo parisiens. Un peu dépité de les voir passer en premier (ce qui veut dire set plus court) vu que j'étais principalement venu pour eux, les Zombie Eaters... La suite