Accueil Chronique de concert JP Nataf + Gaëtan Roussel
Lundi 18 janvier 2021 : 11352 concerts, 25885 chroniques de concert, 5284 critiques d'album.

Chronique de Concert

JP Nataf + Gaëtan Roussel

JP Nataf + Gaëtan Roussel en concert

Salle Polyvalente - Montfavet 27 Novembre 2010

Critique écrite le par

Autant le dire tout de suite, je risque de me fâcher avec environ 1200 personnes avec cette chronique... Autant vous prévenir tout de suite, j'étais venu pour voir JP Nataf, et pas Gaëtan Roussel, dont les chansons n'avaient, avant ce concert, réussi à me toucher que quand elles étaient interprétées par Saint Alain Bashung. Autant mettre les choses au point dés le début de cette chronique, ce concert n'a pas changé les sentiments que j'avais avant de venir...

Première surprise pour moi, le public est au rendez vous malgré le froid, la pluie et même les quelques flocons de neige qui sont tombés dans l'après midi. Les gens se sont déplacés en masse pour cette soirée consacrée à deux ex-leader de groupes qui se présentent désormais en solo. Si la salle paraît tout juste remplie pour JP Nataf qui assure la première partie, elle sera par contre comble pour celui que tous attendent : Gaëtan Roussel (et ses compagnons prestigieux). Comme d'accoutumée à Montfavet, le concert commence à l'heure. JP Nataf fait son entrée accompagné de quatre musiciens : Ludo Leleu (de Holden) aux claviers, banjo et basse, Bernard Viguié (ex Innocent - dernière mouture) à la basse et au ukulélé, Anne Millioud-Gouverneur au violon et Arnaud Dieterlen (Rodolphe Burger, Yann Tiersen, Alain Bashung, Jad Wio...) à la batterie. Bref, un vrai groupe de luxe !

JP Nataf en concert

Pour les trois premiers titres (Monkey, Jeune Home et Le Radeau), JP Nataf est à la guitare électrique, et le son est un peu trop touffu, un peu trop brouillon pour être en adéquation avec l'atmosphère léchée de ses chansons. Il faudra attendre qu'il prenne sa guitare classique et entame les premiers mots de Elle pour que tout aille beaucoup mieux. Un son beaucoup plus équilibré, une chanson toute en douceur et mélancolie, une mélodie parfaite, comme beaucoup de celles composées par JP Nataf... Même si j'adore Monkey, et encore plus Le Radeau ce n'est qu'à partir de ce quatrième titre que j'ai pu vraiment rentrer dans le concert. Ensuite, tout roule : dés les premières notes de Viens me le dire, ma tête est prise de dandinements irrésistibles. Comme sur l'album (Clair) JP Nataf pose sa voix à la perfection sur ce superbe texte. Tout ça redescend malheureusement un peu avec Ovale Lune. Même si la version en concert est bien supérieure à celle enregistrée il y a six ans sur son premier album solo, cette chanson à trop de ressemblances (pour moi) avec ce qu'il faisait quand il était chanteur des Innocents. Ah oui ! Parce que... Je ne l'ai pas écrit au début (histoire de ne pas me mettre tout le mode à dos en deux lignes quand même), je n'aimais pas vraiment ce que faisaient les Innocents (exception faite de leur chanson Colore). Pour moi, l'album de la maturité de ce groupe, c'est le premier album solo de Nataf (Plus de Sucre), celui où, enfin, il arrête les effets de voix. Celui dans lequel sa langue se délie, tant en ce qui concerne l'écriture que la façon de chanter... Bref, cette chanson (Ovale Lune), est loin d'être ma préférée, mais heureusement, ça enchaine avec la superbe Myosotis (la première chanson de Clair), puis Jean-Philippe sa chanson la plus visiblement personnelle, une chanson tendre chantée avec énergie sur scène, tout comme Plus de Sucre.

JP Nataf en concert

On a ensuite eu une reprise fort réussite de The Mabuses (groupe franco-anglais dans lequel JP Nataf officie sous le pseudo Lucien), puis Ludo et Anne Millioud ont assuré les chœurs indispensables sur Après toi, dans une version plus dépouillée que sur l'album, et c'est tant mieux ! La dernière chanson avant les rappels est la fantastique Seul Alone, tirade de dix minutes à la mélopée répétitive et entêtante, au texte alambiqué et légèrement dépressif, que malgré son format (dix minutes interdisant tout passage radio) le public à l'air de connaître puisqu'il l'accueil en scandant le rythme de ses mains. Cette chanson, portée par un phrasé proche du slam est sur scène, comme sur l'album, un pur moment de grâce. Pour le rappel, la magnifique Mon ami d'en haut précède la rageuse Escobar (chanson écrite pour la compilation des 10 ans du label Tôt ou Tard). Un concert assez réussi, donc, même si l'univers de JP Nataf serait sans doute plus adapté à une petite salle, plus intimiste, avec un public plus attentif, et un son plus rond, plus propre.

JP Nataf en concert

Changement de groupe, changement de scène, on sort la grosse artillerie pour l'arrivée de Gaëtan Roussel et ses illustres compagnons de concert. Sur le trajet, mon pote Francis m'avait dit que l'ex leader de Louise Attaque est accompagné sur scène d'ex musiciens (c'est décidément une soirée "ex" !) de la Mano Negra : le virtuose Daniel Jamet à la guitare (Roger Cageot, c'est lui !), et l'impressionnant Joseph Dahan (qui fût également guitariste pour les Wampas) à la basse. Ces deux là sont bien présents, mais le percussionniste Philippe Teboul (Ex Mano Negra aussi) qui accompagne habituellement Gaëtan Roussel était remplacé ce soir là par quelqu'un dont j'ai oublié le nom (tout comme j'ai oublié celui du batteur). Aux chœurs, Nathalie Ahadji (qui joue également du sax baryton) et l'assagie (pour l'occasion) France Cartigny (qu'on avait entendue plus déjantée sur ses propres albums). Bref, un groupe de luxe (aussi) pour accompagner la star de la soirée, groupe qui titille mes préjugés, et ça, c'est plutôt une bonne surprise.

Gaëtan Roussel en concert

Sur Clap Hands, le titre qui ouvre le set de Gaëtan Roussel ce groupe et le chanteur prouvent immédiatement qu'ils ont de la bouteille : ça claque, ça sautille et envoie le bois immédiatement, et je me mets à penser que, même si je ne suis fan ni des compos, ni des textes de Gaëtan Roussel, je vais sans doute passer un bon moment grâce à l'énergie qu'ils déploient tous. Sur Inside Outside, j'y crois encore, et reste Inside, campé sur mes pieds, assez impressionné par le jeu de Daniel Jamet. Sur Help myself (nous ne faisons que passer) un des tubes radiophoniques du dernier album de Gaëtan Roussel (Ginger), la foule entre en transe, alors que je commence personnellement à me mettre à analyser les raisons possibles du succès de ces chansons, sans réussir à vraiment en comprendre le pourquoi. C'est pas bon signe ça... Quand on commence à cogiter pendant un concert, c'est qu'il manque un truc, que quelque chose ne passe pas... Pourtant le côté trop réservé reproché au Gaëtan Roussel de l'époque de Louise Attaque a laissé la place à de l'exubérance. Il n'est pas avare d'échanges avec le public, le son est bon, et c'est du gros son. L'énergie est là et bien là, les morceaux sont travaillés (rallongés à souhait) pour apporter quelque chose de différent de l'album (que j'ai écouté depuis, sur un célèbre site de streaming, pour essayer de comprendre), mais ça ne passe pas (en tout cas chez moi)... Et même si, autour de moi, ça gigote pas mal, je n'arrive pas à rentrer dedans... La chanson suivante est peut-être celle qui, incidemment, me fait douter de plus en plus : Des questions me reviennent... avec un titre (et des paroles comme ça) en même temps... Des questions me reviennent à moi aussi, et pendant DYWD (Do You Wanna Dance?), j'arrête carrément de m'en poser... Sans doute que les lunettes clignotantes arborées par l'ensemble du groupe pour cette chanson m'ont fait trouver la lumière.



Le show est de qualité, millimétré. Aucun des musiciens présents sur scène n'y va à l'économie, mais tout ça a un côté très calculé. Les titres s'enchaînent tous sur le même format : de la rallonge façon "maxi 45T" avec un solo de percu / batterie au milieu, des exhortations au public auxquels celui-ci répond avec enthousiasme, mais qui semblent tout aussi millimétrées le show... Tout ça paraît un peu trop linéaire, tout ça manque un peu de spontanéité et de naturel à mon goût et n'arrive pas à me toucher... et je commence sérieusement à me demander si je vais rester jusqu'au bout quand subitement (moins d'une heure après le début du concert), Gaëtan Roussel lance un chaleureux (on ne peux pas nier la générosité qui se dégage de lui) "merci au revoir" et quitte la scène... La foule se plie avec joie au jeu du rappel, et le groupe revient pour trois titres : Les belles choses, mille milliards de dollars et une très bonne reprise de Talking Heads : Psycho Killer en compagnie de JP Nataf. Là, je réalise un autre truc : JP Nataf chante super juste, et sait donner de la voix sans crier... C'est aussi le moment de se souvenir des "belles choses" en effet, de la qualité de ce groupe qui accompagne Gaëtan Roussel, et de voir que ce groupe peut être enthousiaste sur scène sans en faire des tonnes, alors qu'ils n'ont pas hésité à le faire jusque là... 23h30, certain des musiciens montrent leur poignet pour nous indiquer qu'il est tard, d'autres font un signe indiquant qu'il est l'heure d'aller dormir. Deuxième départ du groupe pour les coulisses qui revient après de longs applaudissements d'un public toujours dedans. Par solidarité avec ce groupe qui a l'air fatigué à cette heure où certains concerts démarrent, je sors de la salle, et entend le tube Si l'on comptait les étoiles de l'extérieur, où je croise quelques personnes qui, effectivement sortis pour essayer de les compter (pas facile avec ce ciel tout triste), me disent ressentir la même chose que moi (je me sens un peu moins seul du coup), puis une deuxième fois une des chansons du début (j'avoue que je ne sais plus trop laquelle)... Alors certes, il n'y aura eu qu'une heure de concert avant les rappels, mais avec ces rappels à rallonge (calculés eux aussi ?), Gaëtan Roussel et son groupe auront tout de même offert près de deux heures d'un show rodé comme une bonne grosse horloge suisse à une foule toute acquise.

Gaëtan Roussel en concert

En ce qui me concerne, et au risque d'être quasiment Seul alone, à part pendant la première chanson et la reprise de Talking Heads, j'aurais passé le set de Gaëtan Roussel à pas mal hésiter entre être Inside ou Outside... Pas mal de question me sont revenues... Et je me demande si je n'aurai pas préféré aller compter les étoiles plus tôt... L'impression que je ne faisais que passer était de plus en plus prégnante (comme quoi, les titres de ses chansons portent)... Heureusement que JP Nataf et son groupe ont su me ravir deux heures avant.

> Réponse le 02 décembre 2010, par François

[Foyer Georges Brassens - Beaucourt (90) - 26 novembre 2010] J'ai vu JP Nataf la veille du concert de Montfavet. Je ne saurai pas commenter le concert, car je ne suis pas critique. A la différence du concert auquel vous avez assisté, le son était parfaitement "clair" autant sur les parties électriques qu'acoustiques. J'avais rarement apprécié un concert à ce point. Très bonne communication avec le public, toujours le mot pour rire. Franchement, j'ai adoré. Plus de 2h de concert, qui commencent à l'heure presque exacte et un show de qualité. Je ne regrette pas la galère sur la route enneigée. De plus, la salle devait être occupée par une centaine de personnes donc très adaptée à ce type de récital. A ne pas manquer !  Réagir

> Réponse le 07 décembre 2010, par Cha.

[Salle Polyvalente d'Avignon, Montfavet - 27 novembre 2010] Je suis on ne peut plus d'accord avec cette critique. J'étais venue avec mes parents pour JP Nataf - d'ailleurs j'ai détesté ceux qui ne respectaient pas la première partie. J'ai adoré, parce que j'adore JP Nataf et que mon oreille n'est pas forcément critique. Mais c'était magique, envoûtant, jusqu'à un "Psycho killer, qu'est-ce que c'eeest ?" magistral (du point de vue du Nataf). Je n'aime pas du tout Gaétan Roussel, qui a du écrire six phrases dans toute son œuvre, en les changeant un peu et les répétant beaucoup... Enfin bref, une excellente première partie et une deuxième partie peu intéressante à mon goût.  Réagir


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