Chronique de Concert
The Lost Fingers (Festival Jazz Sur La Ville)
The Lost Fingers, c'est deux guitaristes et un contrebassiste fous dingues de Django. Tout a commencé dans une station service pendant que Boris Mikaloff faisait le plein : Christian Roberge a commencé à jouer du Samantha Fox sur sa guitare façon Django Reinhardt. Des éclats de rire fusent et une idée avec. Depuis, leur répertoire s'étoffe comme en témoignent les titres joués ce soir :
Tainted Love (Soft Cell) / Straight Up (Paula Abdul) / Swing 42 (Django Reinhardt) / Incognito (Céline Dion) / Blue Drag (Django Reinhardt) / La Dame En Bleu (Michel Louvain) / Careless Whisper (George Michael) / J'T'Aime Comme Un Fou (Robert Charlebois) / Part Time Lover (Stevie Wonder) / Touch Me (Samantha Fox) / On Va S'Aimer (Gilbert Montagné) / Coeur De Loup (Philippe Lafontaine) / Fresh (Kool & The Gang) / Medley AC-DC / You Give Love A Bad Name (Bon Jovi) / Ca Plane Pour Moi (Plastic Bertrand) / Billie Jean (Michael Jackson) / Pump Up The Jam (Technotronic) / Belleville Rendez-Vous (M) / Ca Fait Rire Les Oiseaux (La Compagnie Créole) / Black Velvet (Alannah Myles)
Bien au-delà de Swing 42 et Blue Drag, c'est tout leur spectacle qui est un hommage à Django Reinhardt et même leur nom : The Lost Fingers. Django a en effet perdu l'usage de deux doigts à la main gauche suite à un incendie dans sa caravane et a dû inventer une technique nouvelle pour réapprendre à jouer.
A tour de rôle, les deux guitaristes exécutent des soli. Au début, on pense que c'est Boris le plus virtuose avec ses prestations sur Tainted Love et Straight Up mais la tendance s'inverse par la suite et la main droite de Christian nous surprend par sa célérité.
La contrebasse d'Alex Morrisette fait swinguer tout ça et ses churs donnent de l'étoffe aux reprises.

Sur Part Time Lover, le respect que porte le trio à la version originale est palpable. Il l'est beaucoup moins sur La Dame En Bleu ("d'un chanteur que vous ne connaissez pas chez vous", leur Eric Moréna à eux apparemment) que déringardise quelque peu l'arrangement ou sur Careless Whisper ("la pièce la plus kitsch ! Y'en a qui mettent ça chez eux pour séduire les femmes, c'est pathétique"). C'est ici qu'on distingue les nostalgiques des années 80 : ma voisine connaissait par cur les paroles de On Va S'Aimer et me crevait le tympan chaque fois que ses sauts lui faisaient approcher mon oreille. Sur Ca Fait Rire Les Oiseaux, on a été à deux doigts de voir démarrer un petit train humain.

Je redoutais de m'ennuyer au bout d'une demi-heure si une forte dose d'humour n'était pas présente dans leur show. On est loin à ce niveau des prestations d'Aristide Padygros ou de Chanson Plus Bifluorée mais de bâillement il n'y eut point. Outre la performance du trio, le spectacle était dans la salle. Il est vrai que les programmeurs du Poste proposent régulièrement des nuits années 80 et qu'ils ont eu la bonne idée d'en caser une pour terminer la soirée. Après les premiers rappels, malgré la sono à fond et le matériel qui commence à être rangé, le public n'en démord pas. Il en veut encore. Le groupe revient, visiblement ému et nous dit au revoir après Black Velvet joué à une seule guitare.
Un succès populaire énorme. Deux points freinent toutefois nettement mon ardeur : la voix de Christian pas transcendante et surtout : ils n'ont pas joué Joe Le Taxi !
Critique écrite le 14 octobre 2009 par Mcyavell
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