Pour être psyché dans le XXI éme siècle nul besoin d'inventer des sons bizarroïdes, de rajouter des instruments tout droit sortis de chez le dealer de Satan ou encore d'enregistrer des grognements d'ours polaires en string dans un motel miteux de San Francisco. Il suffit .../...

Pour être psyché dans le XXI éme siècle nul besoin d’inventer des sons bizarroïdes, de rajouter des instruments tout droit sortis de chez le dealer de
Satan ou encore d’enregistrer des grognements d’ours polaires en string dans un motel miteux de San Francisco. Il suffit finalement de rester à l’essentiel, de se concentrer sur l’essentiel, d’être l’essence – ciel. De la reverb dans une voix envoutante, des guitares aux assonances saturées, une batterie aux rythmes épileptiques, what else ?
Black Angels l’aura bien compris, être psychédélique au XXI éme siècle, c’est simplement rester dans les carcans du XX éme siècle tout en essayant de consommer le moins de drogues possible. Mission Impossible?
Pas sur. Rappelons qu’
Axel Maas et ses camarades en sont quand même à leur troisième exercice du genre. Et à chaque fois un succès à la clé, le style de musique agréable à écouter même dans une baignoire remplie de petits casses croutes pour pingouins plus communément nommés glaçons. Victime consentante d’un voyage introspectif au cœur des 60/70’s dont on aura du mal à se lasser,
Phosphene Dream est certainement l’œuvre la plus aboutie des séraphins noirs. Une ambiance d’avant apocalypse dénuée de «
Bad Vibrations », de gros nuages noirs en fond de tableau certes qui n’entament en rien l’orgie funeste trouvant, sans difficulté, refuge dans nos oreilles. Et ce ne sont pas les quelques moments de latence à l’image du «
Yellow Elevator #2» qui viendront calmer les
Black Angels dans le tourbillon de leur folie. Brut de décoffrage, c’est frénétiquement que les cadences d’une autre époque, entrainent, pervertissent, déshumanisent, quiconque s’y perdrait. Retour à l’essence même du psychédélisme, de «
River of Blood» à « True Believers », on s’y méprendrait presque avec les gourous du genre,
Jefferson Airplane, Velvet Underground et soyons fous, les
Doors ! Pour sur que s’ils n’étaient pas, dans le pire des cas, devenus des légumes,
Black Angels aurait été pour eux non pas un second souffle mais l’occasion entre deux lignes de se replonger dans la nostalgie juvénile d’une période aussi débridée que la musique qu’ils produisaient. Mais le tour de force de
Black Angels, reste incontestablement la facilité avec laquelle ils nous transportent d’un univers à l’autre comme un simple coup de «
Telephone ». Coup de grâce, celui de «
The Sniper », embusqué en fin de cet utopique songe, qui finira de nous achever, pardon de nous retirer de cet étrange
Phosphène Dream.
Cet album alors ? De l’éther démoniaque consommée et approuvée par
Hunter S Thompson, himself ! Bien moins sombre que les précédents mais tout aussi planant.
Black Angels est à coup sur la meilleure chose qui pourrait provenir de ce triste état nommé Texas ! Assurément l’endroit où ils doivent vendre le moins d’album sur terre !