Kid Koala - 02 avril 2008 - Poste à Galène - Marseille
Un concert quasi comble un mardi soir ... mais qui se cache derrière ce mystère ?!? Un DJ d'exception, bien sûr! Kid Koala , canadien d'origine, révélé par l'équipe de Ninja Tunes est tout .../...
Un concert quasi comble un mardi soir … mais qui se cache derrière ce mystère ?!? Un DJ d’exception, bien sûr! Kid Koala , canadien d’origine, révélé par l’équipe de Ninja Tunes est tout simplement un des plus grands turntablists au monde. Techniquement irréprochable, ce petit homme rond à l’énergie communicative est un créateur fou.
Après avoir assuré une (trop courte) première partie le 26 mars au Moulin en introduction de Dj Shadow et Cut Chemist, le DJ préféré de ta mère comme le clamait son dernier album officie ce soir au Poste à Galène .
Dès le début de son set, il se lance sur les chapeaux de roues dans un mélange improbable de piano jazz, riffs de guitare rock, blues et harmonica. Un côté parfois très expérimental qui n’empêche pas Kid Koala de maîtriser à la perfection la rythmique et la mélodie de ses morceaux.
Cerise sur le gâteau : le garçon se fait plaisir en jouant et ça se voit !! Sourire scotché aux lèvres, il envoie des samples vocaux hallucinants sur lesquels il chante, pousse le public à en faire autant, créant ainsi une ambiance ultra intimiste et chaleureuse. Sans oublier les quelques mots en français qui le font bien ;-)
Génial me direz-vous ? non car très vite apparaissent de gros GROS problèmes techniques qui, je dois l’avouer, m’ont bien gâché la soirée. Un son mal géré, de très mauvaise qualité, des enceintes qui grésillent à fond … Très rapidement Kid Koala en perd son latin et n’arrive plus à jongler sur ses trois platines. Résultat : une belle interruption de set et des réglages de fortune qui ne résoudront en rien le problème.
Kid Koala reprend tant bien que mal, assez désespéré mais toujours souriant. À nouveau il se lance dans un enchevêtrement de matières sonores hétéroclites qui au final donne des morceaux inimaginables et à couper le souffle. Funk old school, hip hop, scratches d’orfèvre, samples comme celui également utilisé par TTC sur le morceau Dans le Club … tout y passe !!! Mais la moulinette magique du Kid Koala ne résout pas tout : les problèmes techniques persistent, le Kid reprend la parole, annonce qu’il va devoir jouer des morceaux plus calmes, plus lents, ce qui ne réjouit pas forcément le public.
Après plus d’une heure d’un set riche et varié qui ressemblait autant à un grand moment de plaisir qu’à une lutte constante et acharnée, Kid Koala finit en beauté par un de ses morceaux le plus connu Moon River , qui n’est autre que le « morceau favori de sa maman ». A revoir absolument, dans de meilleures conditions …
>> Réponse (le 03/04/2008 par Yeah) Un concert exceptionnel. Kid Koala maîtrise son sujet et sait faire glisser ses doigts sur des platines!
Par contre, .../...La suite
>> Réponse (le 04/04/2008 par La blonde) Kid Koala a, à sa grande habitude, parfaitement maitrisé un choix de galettes hétéroclites et de grande qualité. En plus .../...La suite
The Hard Sell (Dj Shadow + Cut Chemist) + Kid Koala - 26 Mars 2008 - Le Moulin - Marseille En ce printemps frileux, s'il y avait une date qui pouvait nous donner la fièvre, c'est bien cette affiche réunissant l'ex-dj de Jurassic5 (Cut Chemist) et le dj figure emblématique de l'abstract .../...
En ce printemps frileux, s’il y avait une date qui pouvait nous donner la fièvre, c’est bien cette affiche réunissant l’ex-dj de Jurassic5 (Cut Chemist) et le dj figure emblématique de l'abstract hip-hop et aux multiples collaborations (blackalicious, unkle, blues explosion,…) Dj Shadow…Et comme en plus les deux compères ont eu la bonne idée d’inviter en première partie le montréalais Kid Koala, on pouvait s’attendre à une soirée phénoménale voire historique…
Sur les 1200 spectateurs présents, [le « nouveau » Moulin affiche complet, et c’est une très bonne idée d’avoir programmé ce concert ici, car c’est bien la seule salle marseillaise où je n’ai jamais vu un concert avec un son pourri et où même si on est au fond de la salle on y voit quelque chose – notez bien, je n’ai aucune part dans le capital de la salle] je devais bien être le seul à venir en priorité pour Kid Koala… enfin, l’écoute intensive de l’album « The Hard Sell » m’avait quand même convaincu qu’on tenait là un projet hors des sentiers battus et donc forcément immanquable…
Kid Koala débute donc son set, alors que le public est relativement calme mais attentif. Beaucoup doivent sans doute le découvrir ce soir pour la première fois ?
En tout cas, comme d’habitude, il a réussit à mettre tout le monde dans sa poche et l’ambiance est montée de plusieurs crans au fur et à mesure.
Il faut dire que le gars a des goûts musicaux assez sûrs (une sélection old school hiphop/rock originale avec toujours des samples vintage de blues, country,…) et une personnalité fort attachante car il nous raconte souvent des anecdotes personnelles.
En plus, il a le sourire et est à fond dans ce qu’il fait (il est presque sans arrêt en mouvement). Mais bon, la touche finale, c’est quand même son génie du scratch qui fait « puitpuit », là où les autres font « cruiiiiiiiiiiiithchikiboum-boumboum ».
Malgré l’originalité de sa sélection, on a réussit à reconnaître ici ou là un sample génialissime déjà utilisé sur un titre de Jay-Z, un bout de ses potes Beastie Boys et le premier grand moment, selon moi, est venu lorsqu’il est parti dans des scratchs acrobatiques et jouissifs sur un titre d’Outkast (pourtant pas mon groupe préféré ça).
Putain, même si comme moi on s’ y entends pas à 100% en technique de mix, il suffit d’avoir l’oreille musicale pour entendre que c’est de la tuerie ! Ca groove et ça part dans tous les sens !
Kid Koala nous a à nouveau gratifié de ce titre surprenant dans une sélection « musique de jeunes » : over the rainbow (interprétée par Judy Garland dans le « magicien d’Oz » des années 40, Dj Alzheimer s’en rappelle comme si c’était hier).
Sur ce titre, l’ami Koala utilise visiblement le même disque sur les deux platines (j’ai oublié le nom de cette technique), et cela donne des scratchs millimétrés aussi étranges que le monde d’Oz et donc propices à la rêverie. Merci pour ce moment de douceur.
Koala nous annonce que sa compagne attends un heureux évènement, et qu’en conséquence il risque de mettre en parenthèse sa carrière de dj, au moins une bonne année et de se consacrer à l’écriture d’une nouvelle b.d….Donc, autant ne pas le rater, mardi prochain au poste à galène…
Il termine en apothéose (forcément) avec un vieux blues où il m’a semblé reconnaître la voix d’Hendrix. Et là, c’est la claque : il part dans une sorte de solo (blues) assez drôle et totalement surprenant, où la guitare est évidemment remplacée par la platine. Koala montre au passage, que c’est un vrai musicien et pas juste un poseur de disques. Mais ça, ça fait longtemps que je l’avais compris. Bref, après une telle prestation, il reste sans conteste mon dj favori et on a déjà passé une excellente soirée !
Le changement de plateau est un peu long, mais quelqu’un a eu la bonne idée de balancer des ballons de baudruche dans le public, et donc on retombe un peu en enfance en attendant le « Hard Sell »… Dj Shadow et Cut Chemist arrivent enfin. Shadow prends le micro (qu’il conservera toute la soirée, alors qu’on aura guère l’occasion d’entendre Chemist) pour nous expliquer en quoi consiste ce Hard Sell : 8 platines, 2 pédales d’effets, et du mix exclusivement sur 45 tours. Il dit qu’il ne comprends pas qu’on puisse mixer sur un disque dur…bref, la couleur est annoncée : du oldschool (il dit que tous les styles seront abordés et même la new-wave française…non, s’il vous plait pas la new wave française!....)
Le show est très professionnel, avec de superbes écrans, on sent que tout est millimétré, d’ailleurs ils démarrent pareil que sur le disque, mais dans ce premier ¼ d’heure je les trouve pas assez communiquant ni souriant (surtout par rapport à Koala). Ils sont hyper concentrés et la sélection est agréable mais pas encore géniale. Heureusement, ce Hard Sell va procéder par étapes, comme une longue montée jusqu’à l’orgasme final…
Les choses commencent à se décanter avec un mix de Stairway to Heaven, puis ça finit par devenir carrément intéressant et à provoquer une certaine agitation corporelle avec du bon vieux hiphop, notamment DelaSoul…
Ca y est on est carrément dedans avec un passage soul/bougaloo jouissif et les délirantes parties de scratchs de Shadow et Chemist.
Une des originalités de ce hard sell est que les passages dansants alternent avec des passages moins dansants et un peu expérimentaux…Bref, c’est bon pour le corps et c’est bon pour la tête ! Pas sûr que tout le monde apprécie à sa juste valeur ce vaste éventail sensoriel…Moi, j’adore.
Le point culminant sera atteint, au niveau bougeage de corps et oubli total de où suis-je, qui suis-je, etc…avec un mix world music qui nous fait passer de l’Afrique à l’Espagne (avec un putain de flamenco rock !!!) puis au Brésil (malgré mon peu d’intérêt pour la musique de ce pays, je suis en folie…ah, merci !).
A ce moment là, je crois que ça y est on est tous bien décollés du sol avec le cerveau pas loin de l’explosion.
Le passage new wave promis arrive et là je crois qu’on a eu droit à toute une série de private joke. En effet, les deux compères démarrent avec des chansons synthétiques assez gerbantes qu’on imagine sans peine sorties des pires teenage movies des années 80…Bon qu’est-ce qu’on fait ? Personnellement, je rigole et il m’est devenu impossible de danser. Difficile de savoir si c’est du lard ou du cochon, vu que les deux compères n’arborent toujours pas le moindre sourire.
Enfin, je suis à peu près sûr qu’il s’agissait des mauvaises plaisanteries de deux petits génies.
En tout cas, ce passage 80s video game est enchaîné astucieusement sur un passage un peu plus drumnbass, et là mes jambes se remettent à bouger.
Ensuite, ils utilisent l’énorme rythmique déjà samplée par Dizzee Rascal (sur fix up look sharp), pour un nouveau passage au shaker : percus orientales, rock, sons expérimentaux, mots en arabe se trouvent mariés pour un cocktail inédit. Bref, encore quelque chose qu’on va pas entendre tous les samedis soirs…Bravo !
Tout ça finit par devenir carrément mashup avec les collages les plus improbables.
Du coup, je me retrouve parfois à danser sur des sons que j’aime pas, tout ça parce-que la rythmique elle est à péter les plombs. Ils ont bien réussit leur coup.
Décidemment, c’est vrai qu’on peut danser sur tout…Enfin, presque.
Ce voyage aux frontières du kitsch et de l’expérimental se termine, alors que les deux compères viennent sur le devant de la scène, consoles et tourne-disques en plastique en bandoulière…Vraiment des pince-sans-rires ces deux là. Et le final est pour le moins explosif, puisqu’ils ont envoyé le break final de One (Metallica) et partent dans des parties de scratchs assez drôles qui font là aussi penser à des solos de vrais instruments.
Durant 1h30, Shadow et Chemist ont donc aboli toutes les frontières et on a eu droit à une orgie de sons de toutes origines. Les grooves orgasmiques ont copulés avec le kitsch et les titres historiques du rock avec le mauvais goût et l’expérimental.
>> Réponse (le 31/03/2008 par Guillaume) à la lecture de cette chronique on a l'impression qu'il y a eu des moments de folie pourtant ce que je reprocherais un .../...La suite
>> Réponse (le 31/03/2008 par Reno from La Mars) Dj Shadow & Cut Chemist au Moulin ? Le concert de l'année, tout simplement. Rien à foutre qu'ils n'aient pas souri, rien .../...La suite
>> Réponse (le 02/04/2008 par Lilian) Je suis assez d'accord avec Guillaume, il y a peut-être quelques longueurs... Néanmoins rien à dire, c'est la grande .../...La suite
>> Réponse (le 02/04/2008 par mos_taky69) Ce que vous appelez des longueurs, c'est le côté expérimental du truc.
Le hard sell est définitivement pas qu'un truc .../...La suite