Accueil Chronique de concert The Hard Sell (Dj Shadow + Cut Chemist) + Kid Koala
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Chronique de Concert

The Hard Sell (Dj Shadow + Cut Chemist) + Kid Koala

The Hard Sell (Dj Shadow + Cut Chemist) + Kid Koala en concert

Le Moulin - Marseille 26 Mars 2008

Critique écrite le par

En ce printemps frileux, s'il y avait une date qui pouvait nous donner la fièvre, c'est bien cette affiche réunissant l'ex-dj de Jurassic5 (Cut Chemist) et le dj figure emblématique de l'abstract hip-hop et aux multiples collaborations (blackalicious, unkle, blues explosion,...) Dj Shadow...Et comme en plus les deux compères ont eu la bonne idée d'inviter en première partie le montréalais Kid Koala, on pouvait s'attendre à une soirée phénoménale voire historique...



Sur les 1200 spectateurs présents, [le "nouveau" Moulin affiche complet, et c'est une très bonne idée d'avoir programmé ce concert ici, car c'est bien la seule salle marseillaise où je n'ai jamais vu un concert avec un son pourri et où même si on est au fond de la salle on y voit quelque chose - notez bien, je n'ai aucune part dans le capital de la salle] je devais bien être le seul à venir en priorité pour Kid Koala... enfin, l'écoute intensive de l'album "The Hard Sell" m'avait quand même convaincu qu'on tenait là un projet hors des sentiers battus et donc forcément immanquable...

Kid Koala débute donc son set, alors que le public est relativement calme mais attentif. Beaucoup doivent sans doute le découvrir ce soir pour la première fois ?
En tout cas, comme d'habitude, il a réussit à mettre tout le monde dans sa poche et l'ambiance est montée de plusieurs crans au fur et à mesure.



Il faut dire que le gars a des goûts musicaux assez sûrs (une sélection old school hiphop/rock originale avec toujours des samples vintage de blues, country,...) et une personnalité fort attachante car il nous raconte souvent des anecdotes personnelles.
En plus, il a le sourire et est à fond dans ce qu'il fait (il est presque sans arrêt en mouvement). Mais bon, la touche finale, c'est quand même son génie du scratch qui fait "puitpuit", là où les autres font "cruiiiiiiiiiiiithchikiboum-boumboum".

Malgré l'originalité de sa sélection, on a réussit à reconnaître ici ou là un sample génialissime déjà utilisé sur un titre de Jay-Z, un bout de ses potes Beastie Boys et le premier grand moment, selon moi, est venu lorsqu'il est parti dans des scratchs acrobatiques et jouissifs sur un titre d'Outkast (pourtant pas mon groupe préféré ça).
Putain, même si comme moi on s' y entends pas à 100% en technique de mix, il suffit d'avoir l'oreille musicale pour entendre que c'est de la tuerie ! Ca groove et ça part dans tous les sens !



Kid Koala nous a à nouveau gratifié de ce titre surprenant dans une sélection "musique de jeunes" : over the rainbow (interprétée par Judy Garland dans le "magicien d'Oz" des années 40, Dj Alzheimer s'en rappelle comme si c'était hier).
Sur ce titre, l'ami Koala utilise visiblement le même disque sur les deux platines (j'ai oublié le nom de cette technique), et cela donne des scratchs millimétrés aussi étranges que le monde d'Oz et donc propices à la rêverie. Merci pour ce moment de douceur.

Koala nous annonce que sa compagne attends un heureux évènement, et qu'en conséquence il risque de mettre en parenthèse sa carrière de dj, au moins une bonne année et de se consacrer à l'écriture d'une nouvelle b.d....Donc, autant ne pas le rater, mardi prochain au poste à galène...

Il termine en apothéose (forcément) avec un vieux blues où il m'a semblé reconnaître la voix d'Hendrix. Et là, c'est la claque : il part dans une sorte de solo (blues) assez drôle et totalement surprenant, où la guitare est évidemment remplacée par la platine. Koala montre au passage, que c'est un vrai musicien et pas juste un poseur de disques. Mais ça, ça fait longtemps que je l'avais compris. Bref, après une telle prestation, il reste sans conteste mon dj favori et on a déjà passé une excellente soirée !

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Le changement de plateau est un peu long, mais quelqu'un a eu la bonne idée de balancer des ballons de baudruche dans le public, et donc on retombe un peu en enfance en attendant le "Hard Sell"...
Dj Shadow et Cut Chemist arrivent enfin. Shadow prends le micro (qu'il conservera toute la soirée, alors qu'on aura guère l'occasion d'entendre Chemist) pour nous expliquer en quoi consiste ce Hard Sell : 8 platines, 2 pédales d'effets, et du mix exclusivement sur 45 tours. Il dit qu'il ne comprends pas qu'on puisse mixer sur un disque dur...bref, la couleur est annoncée : du oldschool (il dit que tous les styles seront abordés et même la new-wave française...non, s'il vous plait pas la new wave française!....)



Le show est très professionnel, avec de superbes écrans, on sent que tout est millimétré, d'ailleurs ils démarrent pareil que sur le disque, mais dans ce premier ¼ d'heure je les trouve pas assez communiquant ni souriant (surtout par rapport à Koala). Ils sont hyper concentrés et la sélection est agréable mais pas encore géniale. Heureusement, ce Hard Sell va procéder par étapes, comme une longue montée jusqu'à l'orgasme final...



Les choses commencent à se décanter avec un mix de Stairway to Heaven, puis ça finit par devenir carrément intéressant et à provoquer une certaine agitation corporelle avec du bon vieux hiphop, notamment DelaSoul...
Ca y est on est carrément dedans avec un passage soul/bougaloo jouissif et les délirantes parties de scratchs de Shadow et Chemist.



Une des originalités de ce hard sell est que les passages dansants alternent avec des passages moins dansants et un peu expérimentaux...Bref, c'est bon pour le corps et c'est bon pour la tête ! Pas sûr que tout le monde apprécie à sa juste valeur ce vaste éventail sensoriel...Moi, j'adore.

Le point culminant sera atteint, au niveau bougeage de corps et oubli total de où suis-je, qui suis-je, etc...avec un mix world music qui nous fait passer de l'Afrique à l'Espagne (avec un putain de flamenco rock !!!) puis au Brésil (malgré mon peu d'intérêt pour la musique de ce pays, je suis en folie...ah, merci !).
A ce moment là, je crois que ça y est on est tous bien décollés du sol avec le cerveau pas loin de l'explosion.



Le passage new wave promis arrive et là je crois qu'on a eu droit à toute une série de private joke. En effet, les deux compères démarrent avec des chansons synthétiques assez gerbantes qu'on imagine sans peine sorties des pires teenage movies des années 80...Bon qu'est-ce qu'on fait ? Personnellement, je rigole et il m'est devenu impossible de danser. Difficile de savoir si c'est du lard ou du cochon, vu que les deux compères n'arborent toujours pas le moindre sourire.
Enfin, je suis à peu près sûr qu'il s'agissait des mauvaises plaisanteries de deux petits génies.



En tout cas, ce passage 80s video game est enchaîné astucieusement sur un passage un peu plus drumnbass, et là mes jambes se remettent à bouger.
Ensuite, ils utilisent l'énorme rythmique déjà samplée par Dizzee Rascal (sur fix up look sharp), pour un nouveau passage au shaker : percus orientales, rock, sons expérimentaux, mots en arabe se trouvent mariés pour un cocktail inédit. Bref, encore quelque chose qu'on va pas entendre tous les samedis soirs...Bravo !

Tout ça finit par devenir carrément mashup avec les collages les plus improbables.
Du coup, je me retrouve parfois à danser sur des sons que j'aime pas, tout ça parce-que la rythmique elle est à péter les plombs. Ils ont bien réussit leur coup.
Décidemment, c'est vrai qu'on peut danser sur tout...Enfin, presque.



Ce voyage aux frontières du kitsch et de l'expérimental se termine, alors que les deux compères viennent sur le devant de la scène, consoles et tourne-disques en plastique en bandoulière...Vraiment des pince-sans-rires ces deux là. Et le final est pour le moins explosif, puisqu'ils ont envoyé le break final de One (Metallica) et partent dans des parties de scratchs assez drôles qui font là aussi penser à des solos de vrais instruments.
Durant 1h30, Shadow et Chemist ont donc aboli toutes les frontières et on a eu droit à une orgie de sons de toutes origines. Les grooves orgasmiques ont copulés avec le kitsch et les titres historiques du rock avec le mauvais goût et l'expérimental.

On en redemande !

> Réponse le 31 mars 2008, par Guillaume

à la lecture de cette chronique on a l'impression qu'il y a eu des moments de folie pourtant ce que je reprocherais un peu à ce concert c'est d'en avoir vraiment manqué. Je ne sais pas qui a dansé durant le set en tout cas j'étais devant et j'ai pas vu grand monde bouger. C'était parfois vraiment mou mais très technique et très intéressant par contre. Autre remarque le passage rétro 80 jeux vidéos est pour moi un des meilleurs passage de leur set.  Réagir

> Réponse le 31 mars 2008, par Reno from La Mars

Dj Shadow & Cut Chemist au Moulin ? Le concert de l'année, tout simplement. Rien à foutre qu'ils n'aient pas souri, rien à secouer que les gens ne se soient pas secoués, ce qu'ils ont fait, c'était juste GRAND. Un one shot limpide, super ouvert, l'anti-Satriani version platines : les z'ont transformées en instruments. Et les 45 tours des autres en notes de musique : ces quasi deux heures de concert, c'était de l'ordre du précieux, du rare : quelle chance on a eu, putain de bordel de merde !   Réagir

> Réponse le 02 avril 2008, par Lilian

Je suis assez d'accord avec Guillaume, il y a peut-être quelques longueurs... Néanmoins rien à dire, c'est la grande classe. Maitrise totale et boulot de folie. Quand à Kid Koala, je me demande s'il n'a pratiquement pas volé la vedette ;) Pour ce qui est des "parties de scratchs assez drôles qui font là aussi penser à des solos de vrais instruments" sur One de Metallica, ben ce n'est rien de moins que la version de Star Splangled Banner (hymne américain) jouée par un certain... Jimi comment déjà ? HENDRIX ! :)  Réagir

> Réponse le 02 avril 2008, par mos_taky69

Ce que vous appelez des longueurs, c'est le côté expérimental du truc. Le hard sell est définitivement pas qu'un truc du samedi soir, pour se trémousser les fesses.1200 personnes devant ça, moi je trouve ça bien. Un peu comme si tu promets un film de Jackie Chan et qu'au milieu tu y glisses du ciné expérimental ou de la nouvelle vague. Ca devrait ouvrir la tête aux gens...Lilian, merci pour l'info, mais on ne parle pas de la même chose. Evidemment qu'à un moment il y a eu la version bombardée de l'hymne américain par Jimi, mais c'est pas de ça dont je parle en disant des solos...  Réagir


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