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|  | Queens Of The Stone Age + The Hives + Deerhoof + Blanche + Bassekou Kouyaté + Editors + Maxïmo Park (Eurockéennes de Belfort 2007) - 30 juin 2007 - Presqu'île du Malsaucy, Belfort 
Deuxième soirée riche en bons moments aux Eurockéennes de Belfort 2007. Avec une succession de groupes intéressants avant les têtes d'affiche classieuses et furieusement rock ‘n roll prévues en fin de soirée. Avant la pluie, qui est annoncée pour le dimanche, la journée du samedi se déroule sous un beau soleil pour une foule un peu moins .../...
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Deuxième soirée riche en bons moments aux Eurockéennes de Belfort 2007. Avec une succession de groupes intéressants avant les têtes d’affiche classieuses et furieusement rock ‘n roll prévues en fin de soirée. Avant la pluie, qui est annoncée pour le dimanche, la journée du samedi se déroule sous un beau soleil pour une foule un peu moins nombreuse que les années précédentes, mais toujours enthousiaste, chaleureuse et prompte à faire un triomphe à un artiste qui mouille sa chemise…

Blanche :
Les Américains de Blanche ont par exemple l’occasion de jouer sous un « petit » chapiteau – la Loggia – qui répond au quart de tour à leur country rock authentique, épicée et marquante. Les petits protégés de Jack White avaient déjà fait très bonne impression à Rock en Seine il y a de cela trois ans avec leur morceaux inspirés, à la fois délicieusement pop et outrageusement country folk ; et bien, à Belfort, ils confirment parfaitement leur statut d’excellent groupe de scène. Le couple Dan John/Tracee Mae Mille, qui chante admirablement en duo, joue de la guitare stridente et de la basse souple est, en plus, soutenu de belle manière par un joueur de pedal steel guitar, un batteur parfait mais également par le bassiste des Greenhornes et des Raconteurs au banjo. Cet orchestre égaré dans l’espace spatio temporel semble tout droit sorti de Nashville en 1954 avec sa musique rustique et son look gothico country. Le public est bien loin d’être insensible à la belle démonstration de ferveur effectuée par Blanche. Et il y a fort à parier qu’il n’oubliera pas de sitôt leur concert belfortain !

Editors :
A peine quelques mètres à faire et nous découvrons Editors à l’oeuvre sur la grande scène, un lieu sans doute un peu trop grand pour le jeune groupe anglais. Qui s’acquitte toutefois parfaitement de ses obligations en proposant un set énergique et puissant. Pour convaincre le festivalier, Editors a trois obstacles à surmonter : tout d’abord, le fait d’évoluer dans un créneau très encombré – pop rock avec chant à la Ian Curtis et ambiances à la Joy Division/Echo And The Bunnymen –, ensuite des morceaux corrects mais pas aussi intenses que ceux d’Interpol ou The National, et enfin la belle gueule de play boy du chanteur, qui arbore le genre de visage qu’on croise plus souvent dans une série américaine que sur une scène de rock. Au début du set, on observe les gens s’amuser à déconcentrer le groupe en portant un de leur petit camarade au dessus de la foule pendant quelques secondes (ça marche : le guitariste ne peut s’empêcher de rire de bon coeur… ) avec la bande son « Editors » en fond sonore. Puis peu à peu, l’abattage du chanteur/guitariste, qui se démène comme un beau diable, et la puissance de feu de combo font leur effet : on vit littéralement les morceaux et l’on se laisse pénétrer par les atmosphères troubles des Anglais. Comme le reste du public, d’ailleurs… Mission accomplie pour Editors donc.
Bassekou Kouyaté :
Changement radical de style juste après, avec le blues rock malien Bassekou Kouyaté, qui transforme immédiatement la Loggia en fournaise… Les voix féminines et masculines, les guitares africaines et les rythmes entêtants entraînent irrémédiablement dans une sorte de transe jubilatoire. Le public est à fond, ce qui galvanise encore plus le groupe, qui étire les morceaux avec des solos basiques et des sortes de jam sessions imparables. Sorte de Tinariwen sans guitares électriques, Bassekou Kouyaté puise son hallucinante force dans les racines du blues, pour en tirer le meilleur : des morceaux remuants, colorés, envoûtants et ultra dansants. Une véritable cure de jouvence aux vertus rafraîchissantes, dont on ressort tout chamboulé comme après une prestation scénique des bluesmen du désert de Tinariwen. Une très belle découverte !
Maxïmo Park :
Comme son peu intéressant deuxième album le laissait présager, Maxïmo Park a décidé de passer à la « vitesse supérieure » et de viser le grand public. Mauvais choix, car la folie et l’excentricité des morceaux du premier album manquent cruellement à l’écoute du second opus des Anglais ! Et l’on se retrouve devant un groupe de tacherons jouant des morceaux sans saveur avec une sorte de conviction forcée. Le chanteur et son chapeau ridicule a beau faire le clown et dépenser une incroyable énergie pour faire bouger le public (à force, il y arrive… ), un sentiment de vague ennui s’installe, seulement bousculé par quelques morceaux plus nerveux et moins passe-partout. Dommage !

Deerhoof :
Comme au Printemps de Bourges en avril 2007, les Américains de Deerhoof ont réussi à emmener le public dans les méandres de leur inspiration tortueuse et surprenante. Deerhoof, c’est un peu comme si Yoko Ono jouait avec Sonic Youth dans un uivers parallèle... La Japonaise Satomi Matsuzaki (basse vrombissante, chant haut perché) et ses acolytes, respectivement guitariste et batteur, semblent improviser des morceaux diaboliquement structurés. La pop, le rock bruitiste, le jazz sont passés dans la centrifugeuse Deerhoof pour obtenir un résultat complètement vrillant, joué avec un sourire au lèvres et en toute simplicité. La prétention ne fait en effet pas partie de l’attirail de ce groupe d’extra terrestres, qui se contente de jouer sa musique barrée avec une sincérité plus que touchante…

Queens Of The Stone Age :
Revoir les Queens Of The Stone Age deux ans après aux Eurockéennes ne pose aucun problème tant ce groupe surpuissant est une véritable usine à tubes heavy pop rock. Josh Homme est toujours le frontman le plus cool de la Terre ; normal, il sait qu’il a un singulier talent pour écrire des morceaux percutants, un don pour le chant et la guitare, sans oublier un charme vénéneux qui opère immanquablement sur la gent féminine. Porté par un son divin et un groupe impeccable, les Queens Of The Stone Age de Mr Homme ont encore une fois dégagé une énorme impression de force et de classe. La présentation des meilleurs morceaux d’Era Vulgaris, le dernier opus du combo, agrémentée de titres plus anciens a propulsé au paradis le public réuni devant la grande scène des Eurocks. Chaque titre est mieux joué, mieux interprété que le précédent, déjà incroyablement bon… ça ressemble au bonheur ! Cerise sur le gâteau, les musiciens et leur leader semblent prendre un pied incroyable à se produire sur les planches. Contrairement à Marilyn Manson (aperçu ici même la veille pour un show au rabais), les Queens Of The Stone Age ont le rock ‘n roll viscéralement ancré en eux, et ça se sent, ça se voit… et ça s’entend. Vivement le prochain rendez-vous avec les QOTSA !

The Hives :
Juste après, les Hives, leurs hits punk rock/pop et l’humour bravache de leur leader insaisissable ont fait un triomphe sur la presqu’île du Malsaucy. Hate to say I Told you so, Main Offender, Aka IDIOT, et tous leurs tubes s’enchaînent admirablement, entrecoupés des discours volontairement débiles et arrogants du chanteur/cascadeur (il escalade plusieurs fois les murs d'enceintes, et descend souvent chanter pour les premiers rangs)/humoriste… Le seul « petit » hic, c’est le son - beaucoup trop fort - qui a gâché de nombreux morceaux, la basse couvrant les guitares et le chant. C’est bien dommage de ne pas avoir gardé le même volume et la même balance entre les instruments que les Queens Of The Stone Age, qui sonnaient puissants mais pas assourdissants… Est-ce le traditionnel péché d’orgueil ou complexe d’infériorité du groupe voulant impressionner la galerie par un fort volume, pour compenser un manque de puissance ? Sans doute que non, car les morceaux des Hives sont excellents, et les titres inédits à paraître sur leur nouvel opus sont, eux aussi, imparables. Nous sommes là probablement en présence de l’incompétence crasse d’un ingénieur du son. Pour nous avoir en partie gâché ce formidable concert, on proposerait volontiers qu’il soit pendu par les couilles sur une place publique ou obligé de travailler avec un groupe français annoncé le lendemain, Tryo (ce qui doit être aussi douloureux)… Mais, plus sérieusement, on se contentera d’attendre des jours meilleurs (à Rock en Seine, fin août ?) et de partir se coucher pour profiter pleinement de la dernière journée des Eurocks 2007, en pensant au superbe concert des Hives au Zénith en 2005.
Site du festival : www.eurockeennes.fr
Photo : Flore-Anne Roth
A lire également, les chroniques du vendredi (Marilyn Manson, Wu-Tang Clan, Les Rita Mitsouko, Amy Winehouse, Young Gods vs Dälek, Archie Bronson Outfit) et du dimanche (Arcade Fire, Air, Klaxons, TV On The Radio, The Good The Bad and The Queen, Loney, Dear, Bikini Machine, Tryo), ainsi que les comptes rendus des Eurocks 2007 signés par Philippe... Réagir à cette critique |
|  | (mes) Eurockéennes de Belfort 2007 2/3 : Joeystarr, Cold War Kids, Blanche, Editors, Abd Al Malik, Maxïmo Park, Olivia Ruiz & guests, Queens of the Stone Age, The Hives, Digitalism ... - 30 juin 2007 - Presqu'Ile du Malsaucy, Evette-Salbert  Pour le Vendredi c'est par ici !
Après une bonne nuit de sommeil et diverses activités reposantes, retour sur le site pour une journée qui s'annonce riche en cadors du rock, mais aussi en divers espoirs à confirmer. Côté ciel, on est plus près de la canicule que du déluge - Libé nous a promis un climat intermédiaire mais sait-on jamais, il est .../...
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Pour le Vendredi c'est par ici !

Après une bonne nuit de sommeil et diverses activités reposantes, retour sur le site pour une journée qui s'annonce riche en cadors du rock, mais aussi en divers espoirs à confirmer. Côté ciel, on est plus près de la canicule que du déluge - Libé nous a promis un climat intermédiaire mais sait-on jamais, il est déjà arrivé ici qu'on ait plutôt les deux le même jour !
Samedi, un p'tit black en survet' tient tête à aux dieux du rock en scène

On rejoint Joeystarr, déjà vu et apprécié cette année en salle, qui harangue la foule en lui rappelant opportunément l'existence d'un problème - parmi d'autres - dans ce pays désormais de droite : So so so, solidarité, avec les sans-papiers ! qu'il enchaîne avec sa chanson sur la question Hot, Hot. Puis il nous sort son magnifique et terrifiant Métèque au son un peu en surchauffe (il faut dire qu'il est aujourd'hui accompagné d'un vrai groupe batterie-basse-guitare, les Enhancer). Il met en tout cas la grosse ambiance, incomparable avec celles des peigne-culs du WTC la veille.

La méchantissime Bad Boy est soutenue par une basse tellurique, et il la fait en entier cette fois-ci, tout autant que cette histoire de 9-3 qu'est d'la Bombe, bébé à base de Po po po po (qui réjouit les fans de son ancien duo). Il a le bon goût de moins provquer le public (qui n'est pas le sien) qu'en salle. Cela dit la célébration de la Seine St-Denis, ça devient un peu lourd sur 93 déboule. On s'éloigne discrètement pour écouter encore Carnaval (où il arrive à faire brasser la fosse, à gauche, à droite). On le quitte sur Pose ton Gun 2, toujours sympa en live même si on fatigue un peu. "Quoi qu'il en soit" (comme il le dit toutes les 2 phrases), force est de constater que le Jaguarr a bien repris sa carrière en main !

La grosse déception d'aujourd'hui sera Cold War Kids, pourtant pas désagréable sur album : le groupe de pop US pianistique est emmené par un sosie de Woody Harrelson (en moins beau), ce qui complète il est vrai le couple de tueurs nés avec Juliette Lewis hier. Hélas sa voix criarde et approximative s'avère rapidement pénible, il a d'ailleurs du mal à emballer le chapiteau même avec ses "tubes" Hang me Up to Dry ou We Used to Vacation. La vague parenté avec les White Stripes sur disque ne s'entend pas, un oeil sur le guide et nous trouvons un objectif pour fuire ce groupe qui n'a décidément de chouette que le nom !

Direction la loggia donc, pour passer un moment agréable avec Blanche, quatuor de country avec saillies rock authentiques (généralement sous forme de courts pétages de plomb en fin de chanson), adoubé par Jack White. On y reconnait le guitariste des explosifs Raconteurs/Greenhornes, avec son look de nerd improbable et aujourd'hui mandoliste. Look assez rigolo, voire énorme, pour ce groupe de personnages qui semblent tout droit sortis d'un (ou plusieurs) film des frères Coen, d'autant plus que le chanteur a une tronche ...Turturoesque. Jolies mélodies, chanteuse ravissante dans sa robe Scarlett, country pas trop crottée des pieds, Jack avait raison : l'expérience est convaincante.

Après la country, l'inévitable concert de pop-à-guitares (nous avons un ami gravement addict à ce genre de choses) mais coup de bol, celui-ci en est un (des rares) qu'on aime : Editors sans The, qui s'avère vieillir mieux, au rayon "enfants de Ian Curtis", que les épuisants Interpol ou les infects Bloc Party. Découverts pour moi en petit comité à Rock en Seine l'été dernier, la pop racée et volontiers discoïde, les guitares vrillantes typiques des éditeurs, font merveille en festival, au point que c'en est un plaisir d'assister à l'ensemble du concert.

Notre ami popaguitaropathe prend donc un pied énorme (comme nous) en enchaînant air drums, puis air guitar, sur les superbes titres que sont les déjà classiques Munich, Blood, Lights... Ainsi que sur The Racing Rats issue du récent et très prometteur nouvel album (acheté dès notre retour !). Pour ne rien gâcher le chanteur est pêchu, charismatique et terriblement efficace : il emballe définitivement l'assistance sur un Fingers in the Factories final de haute volée. Décidément, ces mecs ont la classe et vous tiennent une grande scène aussi bien qu'une petite...

On rate donc l'arrivée sur scène d'Abd Al Malik, slammeur talentueux qui a en plus le bon goût d'être accompagné d'un groupe de jazz, et l'un des objectifs majeurs du jour. Plus jeune que ce qu'on pensait, et plutôt petit dans son survet', la scène paraît d'abord trop grande pour lui. Sauf qu'à la force de son flow et grâce à son groupe de cadors (on pense au regretté St Germain), Soldat de Plomb et 12 septembre 2001 lui suffiront déjà pour tenir le chapiteau dans le creux de sa main - on avait pas du tout soupçonné sa formidable popularité ! Suit le trip-hop de Rentrer chez moi (rentrer, déjà, t'es sûr ?) et sa sublime ré-interprétation des Autres - le chapiteau prend officiellement feu sur le terrifiant afro-beat de Gibraltar.

Après avoir raconté la très déprimante bavure Saigne, il remet le couvert afro avec le Grand Frère ; il n'a plus qu'à présenter ses musiciens et recueillir un triomphe, qui semble l'étonner et le bouleverser lui-même. Je ne sais pas si un public de rappeurs (souvent dûrs avec le slam) lui ferait un tel accueil, en tout cas les Eurockéens sont en parfait délire. On savait déjà ses textes conscients et matures, moins gentils que ceux du sympathique Grand Corps Malade - il s'avère que la prestance scénique du strasbourgeois le place d'entrée dans la cour des grands. Sûr qu'il s'en souviendra, le petit black du Neuhof, de ses Eurockéennes, à tournoyer comme un derviche sous des acclamations assourdissantes... Labellisé confirmation du jour !

Après ça, et après les excellents Editors, dûr de s'intéresser à ce qu'on pourrait appeler (sans méchanceté) de la division 2 de pop-rock : les Maxïmo Park qui jouent sur la Plage ne déméritent pourtant pas. Compositions carrées et plaisantes comme Book from Boxes ou Graffiti, le groupe a un leader sympathique et enjoué, à défaut d'être flamboyant, en la personne de Paul Smith. "What a nice festival !" sera hélas une des seules choses comprises dans ce qu'il raconte à longueur de temps avec un accent horrible. Une fin plus entraînante nous laissera finalement convaincus. Plus en tout cas que par les Phoenix entendus de loin, et qui eux semblent sonner tout pourri, on dirait du U2...

Mais voici venue l'heure de la tête d'affiche, enfin pour les moins eurockéens du public, et qui justifie sans doute la présence de ces tous petits auditeurs sur le site aujourd'hui : la délicieuse Olivia Ruiz, bizarrement programmée sous un chapiteau trop petit et qui dégueule littéralement (le chapiteau, pas Olivia !). Perdant un peu le côté intimiste et impudique de ses concerts en salle, reste son rock français efficace et consensuel : qu'elle joue Quixote, le twist pogo J'aime pas l'amour, et la très rock Goutez-moi, et le public tout acquis à sa cause est déjà aux anges.

Alors évidemment, connaissant les auteurs de ses chansons, on est guère surpris par ses guests : le grand Christian Olivier pour Non-dits (on le revoit hurlant ici même unplugged avec ses Têtes Raides dans un tempête déchaînée, lors de la fameuse journée annulée de 2001), puis le formidable Mathias Malzieu (la seule personne au monde à avoir parcouru 2 fois le public entier de la grande scène en crowd-surfing) pour I Need a child. Plus étonnante, Adrienne Pauly (et non Catherine Ringer comme l'ont cru pas mal de gens, le journaliste de Libé y compris - il faut dire qu'elle l'imite bien) viendra interpréter un chouette Marcia Baïla. On écoute avec plaisir Thérapie de groupe et la jolie J'traîne des pieds, mais il semble que nous ayons une suffisamment bonne excuse pour nous éloigner pendant qu'elle triomphe sur son hit radiophonique La Femme chocolat.

Parce que bon, ok, Queens of the Stone Age, on les a déjà vus 2 fois dans d'excellents prestations, dont ici même en 2005 (pour l'anecdote, on nous voit même sur plusieurs plans de la vidéo, hi hi !), mais leur dernier opus Era Vulgaris est quand même venu nous rappeler, s'il le fallait, qu'ils étaient toujours (et j'assume cette affirmation) le meilleur groupe de rock sur scène du monde actuellement ! En plus cette fois-ci, c'est la nuit et c'est notre première nuit avec eux... Et ceci même si le groupe a toujours une géométrie très (trop) variable.

Exit le guitariste à tête de tueur à gages, exit la claviériste (dont la plastique nous manquera, snif...). Sans même parler du gotha qui a défilé par le passé dans ce groupe (et qu'on a même pas vus sur scène) : Dave Grohl, Nick Oliveri, Mark Lanegan... Reste donc le cerveau, le beau bébé rouquin Josh Homme, ainsi que ses acolytes Troy van Leuwen et Joey Castillo, comme seuls rescapés du line-up précédent. Et qui donnent le ton en commençant avec Burn the Witch : fini de rire, ça va être moins pop que sur la tournée Lullabies to paralyse ! T'en veux pour ton argent, du rock qui tabasse grave, et sans aucune facilité métal - pas trace de power-chord, encore moins de vulgaires doubles batteries, et même pas besoin de crier ?

Eh bien prends-ça, quelques titres en vrac et à peu près dans l'ordre, envoyés à une foule hébétée et en transe (on ajoutera pas d'adjectifs cette fois-ci aux chansons, disons que c'est juste une série de tueries) : Little Sister, Battery Acid (oumphhh) ,Turning on the Screw, In my Head, Go with the Flow (gargllll), I think I Lost my Headache (jamais entendu en live auparavant), Sick Sick Sick (arghhhhh), Mexico (une vieille ?), 3's & 7's (pitié, Maître) , No one Knows, Misfit Love (...couic !). Rien à signaler : les QOTSA nous laissent K.O. debout. "Comme d'hab". Vite, vite, un rafraichissement ! Temporairement saoûlé de musique, on passe un bon moment à blaguer avec Pierre Andrieu et ses compères - pour une fois qu'on ne se croise pas en coup de vent au début d'un concert ! On évite donc les sujets qui fâchent : Nosfell et les Pixies...

Le problème est qu'on est pas complètement tiré d'affaires en matière de violence gratuite : restent The Hives, le meilleur groupe de punk'n'roll du monde et qu'on attend de voir depuis des années ! Sans pitié et comme si on venait pas déjà d'en prendre plein la tronche, voilà donc que Pelle Almqvist et sa bande en noir et blanc en chemises, moustaches, bretelles et autres cravates classieuses, au mépris le plus élémentaire des règles de courtoisie, nous resservent de force un plâtrée de grenades dégoupillées, et qui plus est en les jouant exactement comme se joue ce style de musique : avec tous les potards à 11...

Le très agité chanteur a en plus plein de choses à nous raconter : il profitera par exemple de l'extraordinaire A.K.A. Idiot pour nous rappeler qu'elle fut composée en 1997 (mais quel âge pouvait bien avoir ce petit con à l'époque ?). Il se moquera aussi de notre "typically french disorganization" pour nous faire traduire Two-timing touch and broken bones (comme si qui que ce soit comprenait, ou voulait comprendre ce que ça signifie...). Il baragouine même parfois dans un franglais déconcertant et drôle ("La moon est full, we are le Hives and vous êtes le Rockéennes !"), quand il n'est pas trop occupé à grimper sur le premier rang ou à escalader les piliers de la grande scène.

Que peut-faire un tel groupe d'autre, je pose la question, que d'aligner sans coup férir ses petits bijoux, que des générations de punk-rockers vont vraisemblablement copier ensuite pendant 20 ans ? Il est à peine croyable qu'un seul groupe ait pu composer des singles aussi évidents et jouissifs que Walk Idiot Walk, Main offender, Outsmarted, Die ! Allright, Supply & Demand, Here We Go Again, Hate to Say i told you So... Et toutes sont jouées de façon absolument pétaradante, servies chaudes comme de la braise à un public exsangue... La banquise menace de fondre et les Hives habitent en Suède ? Je dis que ce n'est pas une coincidence, il faut éloigner ces barjos d'urgence, leur leader taré en tête. Encore une claque donc, nous repartons mourants de bonheur et de fatigue.

Et évidemment dans ces cas-là et à 2 heures du matin, seul un truc comme Digitalism peut encore vous arracher de l'énergie. Le duo allemand, moins flamboyant que Justice, est aussi moins flambeur et met une ambiance parfaite avec un son irréprochable, avec ses tubes électro-rock en devenir : In Cairo, Zdarlight, The Pulse, ou plus encore la phénoménale Anything New, d'autant plus relevée et légitime aux Eurockéennes qu'elle comporte du chant et de la batterie jouée en live ! Les enchaînements ne sont pas toujours terribles mais au moins ils permettent de respirer entre la vrillante Idealistic et le single Pogo. Soit un deuxième concert d'électro rock qui nous a tué au moins autant que le premier !
Alors après un tel enchaînement d'excellents concerts, force est de constater que ce samedi fut sans doute la meilleure journée et la plus dense de l'édition 2007 des Eurockéennes. Qu'on aime le rap, la pop, le rock stoner, la country, le slam, la chanson français, le punk-rock ou l'électro, il y a eu à boire et à manger... Y'a pas à tortiller, les programmateurs de ce festival sont décidément des génies.
Illustrations par Philippe
Toujours des petites vidéos de tous ces concerts, c'est par ici !
A lire aussi sur Concertanco : la même journée, version Pierre Andrieu !
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