Cabaret folk déglingué tissé autour de la voix profonde de cette diva sortie d'un autre temps. Cette musique est peuplée par des présences lointaines : folk américaine et irlandaise donc, blues rural du sud des Etats-Unis, country hantée et élégamment poussiéreuse, et peut-être même le revenant d'un exilé allemand ressemblant étrangement à Kurt Weill. Et surtout, elle raconte des histoires...
Petra Magoni et Ferruccio Spinetti + Moriarty - 1er avril 2008 - Festival chorus - la Défense Les midis du Magic Mirror sont des concerts entre 12h et 14h gratuits et avec des artistes qui ne sont déjà plus des découvertes.
Aujourd'hui il y a foule sous le chapiteau car deux pointures se .../...
Les midis du Magic Mirror sont des concerts entre 12h et 14h gratuits et avec des artistes qui ne sont déjà plus des découvertes.
Aujourd’hui il y a foule sous le chapiteau car deux pointures se partagent la scène.
On commence par Petra Magoni et Ferruccio Spinetti.
Un duo italien, contrebasse et voix, des plus étonnant puisqu’on ne peut pas vraiment leur attribuer de répertoire. Entre leurs propres compositions et les reprises lyriques, pop ou soul qu’ils s’approprient admirablement on ne sait plus où donner des oreilles.
Elle, est vraiment déroutante avec cette voix irréelle. Le premier morceau, reprise des Beatles, Come together, met déjà la barre très haut.
Un jeu acoustique avec cette voix seule, alors qu’ elle chante complètement recroquevillée dans I wanna be ready, vous transporte. Elle est tellement charmante avec ses petites interventions franco-italiennes. Couleur café en français en France forcément c’est moins facile qu’en Italie, mais non c’est encore mieux que ça ! Et le Ne me quittes pas en italien vraiment grandiose.
Ils seront au grand rex le 7 avril si je vous ai donné l’eau à la bouche.
2 ème plateau avec la famille Moriarty.
La diva Rosemary, ses quatre frères et une batterie pour l’occasion, nous jouent une musique folk américaine teintée d’Irlande.
Toute l’ambiance est respectée au moindre détail. La panoplie d’harmonicas, les décors, les costumes, comme si nous étions dans le « Moriarty limited ».
Sans oublier leur cerf empaillé préféré, Gilbert, qui restera dans les bras de Rosemary sur la reprise d’ Enjoy the silence (original quand les paroles sont « all i nedd is here in my arms » !).
Private Lily nous introduit bien dans leur univers et Jimmy restera mon préféré indéniablement.
Moriarty + Don Nino - 13 mars 2008 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand
Concert complet dans le club de la Coopé pour Moriarty et Don Nino ; rien d'anormal puisque le mélange de country folk bluegrass de Moriarty fait recette actuellement... Et pour une fois, le .../...
Concert complet dans le club de la Coopé pour Moriarty et Don Nino ; rien d'anormal puisque le mélange de country folk bluegrass de Moriarty fait recette actuellement... Et pour une fois, le succès semble mérité et n'aboutit pas à une déception quand on se rend au concert. Ce joli moment était en plus précédé par un très beau set de Don Nino, dans un style moins fédérateur, mais très convaincant.
Don Nino :
Jeune vétéran de la scène alternative, Don Nino est là pour présenter son remarquable album de reprises intitulé Mentors Menteurs. Accompagné par un batteur parfait pour le rôle, notre homme (à la guitare électrique légèrement dissonante, aux claviers acides et au chant parfaitement assuré) délivre un set en tous points remarquable : des reprises bien choisies, prises sous un angle personnel et original, avec un son parfait. Bela Lugosi's Dead de Bauhaus, There Is A war de Leonard Cohen, Dominoes de Syd Barrett, A Day in The Life des Beatles et Kiss de Prince (entre autres) subissent un authentique traitement de faveur. L'hommage rendu à ces mémorables chansons n'est pas scolaire pour un sou ; les mélodies de voix, les arrangements sont intelligemment bousculés, ce qui fait encore plus ressortir les qualités intrinsèques des titres et le talent des musiciens. Quand cette première partie (saluée par le public venu pour Moriarty) se termine, un seul regret se profile à l'horizon : on reste un peu sur sa faim à cause de la faible durée du spectacle...
Moriarty :
Les vedettes de la soirée, les franco Américains de Moriarty ont enchanté leur public avec un concert entre mise en scène superbement théâtralisée et country folk blues fortement imprégné de musique américaine des années 30. Le show – acclamé par un public conquis d'avance – que propose Moriarty est tout simplement ébouriffant : les morceaux sont bien écrits, arrangés avec classe et interprétés avec ferveur. Le charisme de la chanteuse et de ses acolytes (guitares électrique et acoustique, harmonica, batterie, contrebasse) emporte tout sur son passage, la petite touche d'humour et de simplicité qui vient avec étant le petit plus qui tue. La voix veloutée et marquante de Rosemary, les chœurs graves de ses camarades de jeu et le choix des orchestrations (entre country blues ancestral et folk n' jazz authentique), tout contribue à donner un grand sourire à la fin des morceaux. Les tubes de l'excellent premier album du groupe Gee Whiz But This Is A Lonesome Town (Jimmy, Private Lily, Lovelynesse... ), les morceaux plus difficiles d'accès de prime abord, les nouveaux titres et la reprise joyeusement massacrée d'Enjoy the Silence de Depeche Mode s'enchainent imparablement pour le plus grand bonheur de l'assistance, qui sort de la Coopé ravie de sa soirée, après de réjouissants rappels accordés en toute simplicité par Moriarty.
La Maison Tellier + Moriarty - 1er Mars 2008 - Lyon Ninkazy Kao Bien plus qu'une première partie, La Maison Tellier est un vrai phénomène !
Des morceaux variés qui ne sont pas sans rappeler l'univers d'Ennio Morricone, de Kill Bill en passant par Bertrand .../...
Moriarty & Amélie - 15 Février 2008 - Espace Doun - Rognes Ce n'est jamais sans une pointe d'excitation qu'un habitué de l'Espace Doun comme moi prend la route de Rognes. La programmation quasiment irréprochable de l'association Bouche à Oreille qui a en .../...
Ce n'est jamais sans une pointe d'excitation qu'un habitué de l'Espace Doun comme moi prend la route de Rognes. La programmation quasiment irréprochable de l'association Bouche à Oreille qui a en charge les concerts dans cette salle laisse en effet toujours présager une excellente soirée musicale en récompense du trajet fait pour rejoindre ce village. Et ce vendredi 15 Février, l'excitation est peut-être encore plus grande que de coutume, parce qu'un des deux groupes qui est présent ce soir fait l'unanimité sur scène, parce que la venue de ce groupe fait que la soirée est affichée complète depuis plusieurs semaines, et parce que dés la sortie de leur album, avant même d'entendre parler de leur talent scénique, on avait envie de voir les cinq Moriarty en chair et en os. Mais aussi, parce que comme on ne fait pas les choses à moitié à Doun, la première partie était assurée (le mot est important, parce qu'avant Moriarty, il faut assurer si on veut laisser un souvenir) par Amélie.
La frétillante et impeccable Amélie, souriante, accompagnée de Jérome Lapierre à la guitare (et à la voix) arrive avec ses chansons fraîches (et "relookées" pour les concerts). Son ton est juste, sa guitare tendre et rageuse à la fois, et son style rappelle celui d'une Lisa Li Lund (en blonde), vue ici même quelques mois plus tôt, ou celui d'une Scout Niblett sage. Elle enchaîne des comptines à la Cocorosie avec des folksongs torturées à la Bright Eyes, échangeant sa guitare contre un Glockenspiel ou une Autoharp (façon June Carter) en fonction des besoins et des ambiances désirées. Le courant passe, le charme agit, et le public (venu principalement ce soir pour le groupe d'après, n'en doutons pas) en redemande, si bien qu'après un rappel bissé, et une reprise de Bjork, Amélie et Jérôme se retirent en nous rappelant : "C'est quand même Moriarty après !"
Et en effet, Amélie quitte la scène, et s'ensuit une courte pause pendant laquelle le décor de Moriarty est minutieusement et chaotiquement installé (la mise en place millimétrée des micros est ensuite modifiée de façon aléatoire par l'un ou l'autre des Moriarty). Il est, pendant cette pause, très difficile de bouger : les places devant la scène sont chères et ceux qui partent se désaltérer au bar sont condamnés à voir LE groupe du soir du fond de la salle.
Le "gosse à l'harmonica" (Tom), et les trois autres musiciens (Arthur, Charles et Zim) font une entrée (étonnement) ordinaire, entamant un morceau à eux quatre. Ils obéissent ensuite à l'unisson et rapidement à l'appel du fond de la salle "assis devant !" en continuant leur morceau assis, ménageant la place à l'entrée théâtrale de Rosemary. La chanteuse à la voix de diva rétro, qui évoque à la fois Billie Holliday, Joan Baez, Paula Frazer (de Tarnation) ou… June Carter (encore elle) descend l'escalier des loges, et se positionne au milieu de ses quatre partenaires à la façon d'une boxeuse descendant sur un ring, jaugeant l'assistance (tout acquise) avant de la charmer en chantant.
Ce mélange de spontanéité et de mise en scène réglée comme une horloge sera présent tout au long de la soirée. Les cinq de Moriarty semble en effet être le genre à faire de la musique n'importe où, n'importe quand, dés qu'ils en ont le temps, et pourquoi pas sur scène, devant 200 ou 2000 personnes venues les écouter. En même temps, beaucoup de choses, des costumes à leurs déplacements sur cette scène sont indéniablement préparés avec soin, et ce mélange d'improvisation et de mise en scène théâtrale fait indiscutablement beaucoup pour la qualité et le succès de leurs shows. Car du succès, ils en ont (attention, comme pour cette soirée à l'Espace Doun, beaucoup des nombreuses dates programmées d'ici la fin 2008 sont déjà complètes), et un succès mérité : l'album " Gee Whiz but this is a lonesome town" sorti il y a quelques mois est magnifique, et le concert donné ce soir là est majestueux (comme apparemment tous leurs concerts).
Dés les premières notes du tubesque Jimmy, une bonne partie du public (venu apparemment pour CETTE chanson) s'envole… le splendide Motel, la douce et sublime Private Lily, l'asiatique Tagone-Ura, le nerveux Whiteman's Ballad, et même la reprise décalée d'Enjoy the silence de Depeche mode m'emporteront encore plus haut. Les musiciens, à part l'omniprésent et excellent Tom l'harmonica-kid, échangent leurs instruments pendant le set (des guitares, une contre basse, une valise-batterie, un xylophone et un piano-jouet).
Sur Cottonflower, Rosemary chante "You've seen a thousand like me, I'm not the first one, the only one, the best one…", et pourtant ce soir-là, pendant ce concert, nous avions l'impression d'être des privilégiés qui entendaient pour la première fois un aussi bon groupe dans un registre mélangeant folk bouseux, klezmer et cabaret. Une sensation hautement agréable accrue par des frissons provoqués pendant la dernière chanson exécutée sans sono. Le succès de Moriarty tient donc, sans aucun doute à la création de leurs personnages, à la mise en scène de leurs performances et à leur présence (ils ont un calendrier de concerts à faire pâlir les plus grands)… Mais il n'y a pas que cela, cela ne suffirait pas. Les compositions sont magnifiques et originales, et derrière les artifices visuels, ce groupe respire le talent et la joie de jouer.
Tout comme Amélie qui a eu la dure tâche de faire la première partie ce soir là, Moriarty fait donc partie des groupes qu'il faut voir sur scène, de ceux dont on a le sentiment qu'on pourra dire avec fierté dans quelques années : "je les ai vus pour leur premier album". Alors s'ils passent près de chez vous, et s'il reste des places courrez les voir ! Réagir à cette critique
Moriarty - 27 octobre 2007 - La Nef - Angouleme Groupe extraordinaire. Spectacle magnifique : une voix extra, des musiciens qui assurent, une ambiance hors du commun. Le public a été conquis rapidement. Groupe à ne surtout pas rater !!! C'était .../...
Groupe extraordinaire. Spectacle magnifique : une voix extra, des musiciens qui assurent, une ambiance hors du commun. Le public a été conquis rapidement. Groupe à ne surtout pas rater !!! C'était tout simplement EXTRA ! Réagir à cette critique