Le Jas'rod : Petite salle perdue au fin fond d'une ville toute aussi perdue, mais accueillant une musique des plus entrainantes, de celles qui vous font fondre les quelques neurones qu'il vous reste, .../...
Le Jas'rod : Petite salle perdue au fin fond d'une ville toute aussi perdue, mais accueillant une musique des plus entrainantes, de celles qui vous font fondre les quelques neurones qu'il vous reste, et vous oblige à sauter en gueulant des paroles que vous ne comprenez sans doute pas.
Les responsables de ce grand chaos musical ? Trois groupes de Liverpool, venus pour je ne sais quelle occasion,
Dissonant Nation, des jeunes du coin, et les grands d'
Oaï Star, ces types frappadingues qui mélangent ska, reggae et punk pour votre plus grand plaisir.
Le concert commence avec
Aspen Grove, des Anglais qui envoient un rock basique, mais efficace, avec des voix très agréables à l'oreille. On se croirait dans un vieux pub irlandais.
La chose s'enchaine avec
The New Haze, eux aussi Anglais, mais envoyant cette fois un blues/rock du plus bel effet. On tape du pied, on profite, on boit des bières en hochant de la tête.
Hélas, je n'ai pas pu profiter de
System DMC, le troisième groupe de Liverpool, étant dehors pour prendre l'air lors de leurs morceaux. Néanmoins, j'entendais relativement bien à l'intérieur, et tout cela m'avait l'air bien sympathique.
Après les trois groupes "So British", on passait à
Dissonant Nation, qui commence son set avec des sons expérimentaux, dérangeants, mais qu'on redemandait à chaque seconde. Ces jeunes en slim ont barbouillé nos oreilles de power chords incisifs, de larsen déchirant et de voix criantes qui rappelaient la bonne époque du punk, alors qu'
Iggy Pop n'était pas un vieux pantin publicitaire pour des compagnies de téléphone. Un jeu de scène foudroyant, des sonorités dignes de
Sonic Youth. Un batteur qui n’hésite pas à taper sur les fûts, un guitariste/chanteur dont on se demande quand il pètera une corde, et un bassiste dont le talent n’est plus à prouver. Perturbant, gênant, crispant. Mais on en redemande.
Un groupe à suivre, donc.
Et puis, évidemment, sont arrivés les gars de
Oaï Star. L'ambiance a nettement augmenté, les gens se massant devant la scène, prêts à pogoter et à sauter dans tous les sens. Ce qu'ils firent par la suite.
Inutile de préciser à quel point les musiciens envoyaient la patate. Que ce soit sur le rythme syncopé du ska, ou sur des accords punks, les Marseillais ont su électriser la foule, et l'envoyer dans les confins de l'espace profond. Après une bonne demi-heure de pogos, la foule s'asseoit, le temps d'un discours... De très courte durée. Les pogos reprennent aussitôt, la température monte à une vitesse fulgurante.
Le concert finit dans un chaos indescriptible, une anarchie généralisée, les musiciens représentant les quatre Cavaliers de l'Apocalypse (même si ces cavaliers là sont six).
Oaï Star, c'est 75 L de Pastis ingurgités, et 150 litres par terre.
Oaï Star, c'est du son, du son, du son, et encore du son.
Oaï Star, c'est un contact extraordinaire avec le public.
Oaï Star, c'est la preuve que le rock français n'est pas si mort que ça.
Oaï Star, c'est de l'aïoli dans la face des gens.
Oaï Star, c'est bien.
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