6 ans (déjà !) après le lumineux Vulnerable à peine parcouru de quelques guitares metal, et voici enfin un nouveau disque assez formidable de notre bien-aimé Tricky, prophète irascible du (tr)hip-hop underground. Il est vrai qu'il n'a pas cessé de tourner depuis, dans des .../...

6 ans (déjà !) après le lumineux
Vulnerable à peine parcouru de quelques guitares metal, et voici enfin un nouveau disque assez formidable de notre bien-aimé
Tricky, prophète irascible du (tr)hip-hop underground. Il est vrai qu'il n'a pas cessé de tourner depuis, dans des concerts en dent de scie selon son humeur... Il se présente ici toujours avec la voix charmante et suave de
Costanza Francavilla, chanteuse avec qui il n'a curieusement pas réussi à se fâcher comme avec la plupart de ses collaborateurs passés (Björk, Massive Attack, sa précédente chanteuse, etc.). Sa voix n'est d'ailleurs plus à égalité avec celle de la chanteuse : c'est désormais le côté féminin qui s'impose, comme semble l'entériner cet énigmatique masque de couverture. Et quand un homme chante, c'est souvent un invité (
Joseph).
Comme le précédent comportait plusieurs tubes (citons de mémoire, la métalleuse
How high),
Knowle West Boy compte pas mal de morceaux de bravoure : le drum'n'bass à instruments
Bacative où il semble accompagné par
Ez3kiel, la pop-rock indus
C'mon baby et la
Saul Williamsesque
Council Estate, la groovy
Veronika qui prouve en passant qu'un R'n'B non putassier pourrait exister, la jolie et plus légère
Cross to bear. Et surtout
Past Mistakes : tout simplement, le plus beau titre de trip-hop entendu depuis des lustres. Une infrabasse, un violon synthétique, 5 notes de piano poignantes, un dialogue sensuel et songeur... un titre totalement sublime, niveau Archive ou Portishead du siècle dernier !
A signaler aussi - le précédent opus reprenait un tire des Cure - ce disque-ci reprend en duo l'incendiaire
Slow de
Kylie Minogue, et comporte un titre frustrant de rage retenue de la grande époque,
Coalition, mais aussi la très dansante
Baligaga qui rappelle son enthousiasmante contemporaine, la très punchy
Santo/Santigold... Il se termine enfin sur l'admirable duo western
School Gates où l'on jurerait entendre les
Bad Seeds ou
Wovenhand en backing band. Pour finir sur un album aussi fondamentalement bon, une conclusion s'impose : certes c'est toujours un pari risqué à tenter, mais voilà beaucoup trop longtemps qu'on a pas revu les naseaux fumants (ou ses oreilles, quand il boude) de l'animal sur
scène !
(2009)