Une des dernières légendes vivantes du reggae, toujours là à 60 ans ! Un des premiers deejay. On doit à U-Roy la popularisation de ce style qui consiste à animer la salle en tchatchant sur des riddims.
Retour à Rennes, pour les 29e trans. Et cette fois-ci, j’ai vraiment envie de dire Rain plutôt que Rennes. Non pas pour la programmation, mais évidemment la si douce pluie rennaise quasi omniprésente…tant pis, la nuit je sors le jour je dors…
Démarrage à « la Cité » sous les effluves orientales junglisées et patchoulisées de l’habitué de la maison Big Buddha. Ambiance…
Faisons un rêve : voir ici même à la Cité, dont les murs sont chargés d’histoires, Mahmoud Ahmed ou Mulatu Astatke, ces deux légendes de la soul éthiopienne…
Hélas, avec les bretons ( !) Badume’s band nous n’avons droit qu’à une sorte de tribute…
Rien à dire, ce sont de très bons musiciens (hélas tous bien blancs, pas la moindre pigmentation éthiopienne…) mais il manque l’essentiel : les racines et l’authenticité.
Résultat : comme devant n’importe quel groupe de reprises, je m’ennuie ferme. Désolé.
La suite sera heureusement beaucoup plus authentique et même originale, grâce à Bibi Tanga et le professeur inlassable.
Cette fois-ci, il y a du noir, il y a du blanc et le mélange des couleurs donnent un cocktail surprenant fait de grooves de basse méchamment funky, de guitares bien planantes, et de samples originaux qui sont des invitations à décoller du sol.
Malgré le groove, on sent parfois une tristesse diffuse et ça m’a bien séduit…
Décrit comme ça, on pourrait penser à une sorte de trip-hop, mais ce n’est pas tout à fait ça car les racines africaines de Bibi Tanga et son guitariste sont très présentes.
Le propos est appuyé par des images et des vidéos projetées dans les coins de la scène.
Bibi (rien à voir avec « tout doucement », hum…) a une très belle voix, aussi agréable dans les graves que dans des tonalités proches de Keziah Jones.
Il se permet le luxe de jouer en même temps des groove de basse que ne renierait pas Bootsy Collins.
Un très très bon moment, avec en point d’orgue au fil du temps (unique chanson en français) dont les paroles évoquent avec simplicité et force le déracinement, l’exil…
Allez, ça me persuade d’acheter leur disque dès ce soir…Merci pour ce moment.
Direction le Donner Kebab (les nourritures spirituelles ne suffisant pas) puis le parc des expositions pour cette première soirée de festival…
Après la bonne surprise Bibi Tanga, les affaires reprennent dans le hall 4 du parc des expos avec MF (tel qu’il est écrit sur la batterie)…Motherfuckers ?...Non, My Federation : groupe pop rock grand-briton mené par un chanteur/guitariste iranien.
En extraits, j’avais trouvé ça sympa, mais force est de constater que nous avons affaire à un pétard mouillé.
C’est pas mauvais, plutôt orienté 70s psychédélique, avec de gros sons d’orgues.
Mais à plusieurs reprises, les influences sont beaucoup trop évidentes (The Who, Queen ( ?),…) du coup ça m’ennuie un peu.
S’inspirer de groupes du passé c’est bien, mais j’ai jamais eu de vraies sympathies pour les perroquets…Bref, pas grave…
Direction, le grand hall pour Love Trio in Dub featuring U-Roy qui va être finalement une des bonnes surprises de cette soirée!
Pour tout dire, je suis totalement séduit par les pantalons à carreaux arborés par le clavier/saxo et le bassiste. Mais surtout, le son du clavier est monstrueux (un Fender Rhodes), les lignes du bassiste sont énormes et assez expérimentales, quant au batteur (habituellement batteur de Tom Waits) il n’est pas en reste question rythmes inhabituels et cerise sur le gateux Papi U-Roy part au quart de tour sur (visiblement) la moindre des improvisations.
Le public est légèrement clairsemé, pourtant l’ambiance « on marche tous sur du coton » est carrément bonne. Bilan : très bon moment.
Mais le meilleur est à venir avec LE concert de la soirée : Galactic featuring Chali2Na, Lyrics Born et Boots Riley.
Galactic est un quintet américain de funk instrumental qui emporte tout sur son passage. A eux seuls ça aurait déjà été bien. C’est du gros gros son à l’ancienne (ambiance Meters, Funkadelic…) mais à certains moments on peut penser à des trucs plus récents : Red Hot période Blood Sugar ou même à RATM sur les passages les plus puissants !
Au niveau instrumental c’est donc déjà la grosse claque : le top niveau, bravo les gars !
Mais ils ont eu la très bonne idée d’inviter sur leur dernier album et donc ici ce soir 3 Mcs issus de la crème du hiphop U.S. actuel (non, pas 50cent ou Lil’ Kim…hum).
Se sont donc succédés au mic : Lyrics Born (de Quannum), Boots Riley (de The Coup) et Chali2Na (de Jurassic 5).
L’esprit de compétition a dû jouer à fond entre les Mcs, car on a droit à une débauche d’énergie au niveau du flow et du bougeage de corps.
A ce petit jeu, Boots Riley en fait des tonnes, mais c’est pour notre plus grand plaisir : il a même fini par se jeter par terre comme un psychopathe.
Chali2Na, au timbre reconnaissable entre tous, est accompagné d’un pote Mc visiblement porté sur la bouffe (voir photo). Ils ont interprété une très bonne version de What’s Golden.
Pour le final, le groupe par dans une version instrumentale titanesque d’Immigrant Song de Led Zep. C’est le saxo qui joue la mélodie dissonante hurlé à l’époque par Robert Plant : putaing ! trippant !
Les zicos de Galactic sont alors rejoints par les 4 Mcs au grand complet pour une tuerie en règle : pas de quartier !!!
Meilleur concert funk de l’année (du siècle ?), meilleur concert hiphop de l’année (du siècle ?) [enfin, The Procussions à la dernière Marsatac c’était du même tonneau…]
Ouf, je pars boire un coup bien mérité, j’ai terminé en brandissant mon appareil photo dans les airs…Yo man !
Bon après ça, on peut aller se coucher ? Mais non ; il est à peine minuit : la soirée démarre. Et c’est l’heure du groupe dont j’avais peut-être le plus envie ce soir. Peut-être trop envie… ?
The Heavy : jeune combo anglais (au son pourtant plutôt U.S.) mené par un black sexy qui me fait penser à William Gallas (amis du foot et de la beaufitude, bonsoir !)
The Heavy me fait penser à un improbable accouplement entre Black Sabbath (certaines rythmique de guitare) et Screamin Jay Hawkins (certains grooves et certaines intonations du chanteur).
Le problème c’est qu’au fur et à mesure du concert, je suis devenu de moins en moins captivé…A un moment, je me dis « putain ce riff, c’est Freddie’s dead (Curtis Mayfield)…mais non, c’est une « compo »…puis « Ofan (en marseillais), ils reprennent I put a spell on you…encore manqué : une « compo »…
Bref, des influences pas suffisamment digérées à mon goût, en plus je les trouve un peu suffisants au niveau de l’engagement (certes, ils bénéficient actuellement d’une certaine hype outre-Manche)…et il me semble qu’il y avait des cuivres sur les extraits écoutés, mais ils sont absents ce soir.
Conclusion : à revoir une autre fois certainement, mais pas en 2e partie de Galactic !
La soirée continue avec les grecs Imam Baildi qui mixent musique traditionnelle grecque (avec de vrais instruments grecs sur scène) et balkanique avec des sonorités hiphop/big beat. Le résultat est ma foi assez convainquant (malgré des apartés au micro un brin mollassonnes). Le public ne s’y trompe pas…Bien.
Je pars me terminer avec les ricains chevelus de The Willowz, qui seront finalement une déception. Bon, allez je met ça sur le compte de la fatigue et de l’after (impossible) Galactic…Dodo, demain on remet ça…
Junior Murvin + Daddy U. Roy - 2 Mars 2007 - Théâtre du moulin, Marseille Une affiche rare ce soir au Moulin avec la présence de Junior Murvin en première partie du vétéran des sound systems, daddy U.Roy.
Junior Murvin, l'auteur du phénoménal Hit planétaire "Police .../...
Une affiche rare ce soir au Moulin avec la présence de Junior Murvin en première partie du vétéran des sound systems, daddy U.Roy.
Junior Murvin, l’auteur du phénoménal Hit planétaire «Police & Thieves » produit par le plus mystique et impénétrable producteur jamaican, Mr Lee Perry. Junior Murvin, si son nom ne parle pas à grand monde, les premières paroles de «Police & Thieves » suffisent pour que « tout le monde » justement s’accorde à dire « ah ouais! c’est lui ?! ». Cette voix venue de nulle part, cette douceur qui vous emmène vers les cimes est inoubliable et vous marque à jamais. Cet Album produit en 1976 apporta gloire et succès à son auteur, le propulsa en Angleterre d’où il ne traversa que très très rarement la Manche pour venir en France. Dés les premières notes, la salle est enveloppée, Junior fait résonner sa voix de falsetto et déclenche l’hystérie toute controllée des massives : Sifflets, hurlements, à grand renfort de PULL UP. Heureux de l’accueil, l'artiste s‘exécute et reprend son hit au début selon la tradition jamaïcaine…avec la même réaction de la salle.
C’est ce que provoque l’effet de la voix de Murvin depuis… 1976. Le son est lourd et puissant, la voix est présente, l’artiste déroule les hits de l’Album qui fit sa gloire : Roots Train, I was appointement, False Teachin…. Salomon lui donne l’occasion de faire jouer sa voix sur des tons beaucoup plus graves.
Tous les fans de reggae venus ce soir vérifier que cette voix hallucinante existe vraiment sont comblés. 1 heure de show très sobre et l’artiste s’éclipse pour laisser la place au vétéran Daddy U. Roy. Le deejay jamaïcain inventeur de ce style si particulier entre chant et rap est un habitué des scènes françaises. Il est en route vers ses 61 printemps et reste un showman de première. Le sound system à la sono surdimensionner de son quartier où il posait sa voix sur les faces B (instrumentale) à laisser la place à un backing band au grand complet, cuivres compris accompagnés de deux choristes.
U. Roy au milieu de la scène dans son costume rouge couvert d’un chapeau assorti danse comme aux premières heures de sa longue carrière, toujours frais et souriant. Lui aussi déroule ses hits les plus connus, Dread in a Babylone dont Chalice in tha palace, Natty Rebel….
Une soirée purement Roots & culture au Moulin avec un plateau très alléchant qui a tenu toutes ses promesses.
U Roy - 7 février 2007 - La vapeur Dijon Merci, merci U Roy pour ce super concert ! Longtemps qu'un reggae man ne s'était pas laisser aller à Dijon. Feeling partagé, ça fait plaisir. Heureuse d'avoir partagé ce moment d'envolée...
U Roy + Gwolo - 8 décembre 2003 - La Vapeur, Dijon U Roy en forme, ça déménage. Il a mis le feu à La Vapeur avec les titres de son dernier album. Du bon reggae, avec peut-être quelques accents ragga en trop à mon goût, mais il en faut pour tout le .../...
U Roy en forme, ça déménage. Il a mis le feu à La Vapeur avec les titres de son dernier album. Du bon reggae, avec peut-être quelques accents ragga en trop à mon goût, mais il en faut pour tout le monde. Du vrai bon son, avec de vrais instruments (trombone, saxo, guitare, basse, batterie, synthé/orgue). Un feu d'artifice final avec quelques vieux tubes dont la fameuse reprise de Bob 'Soul Rebel'.
Gwolo de son côté est plutôt dans la lignée électronique, à la Massive Attack d'Horace Andy. Constitué d'un ordinateur et de 2 percus, ça manque de jeu de scène et de mouvement. Mais une bonne créativité musicale malgré tout. Réagir à cette critique
Kaophonic tribu + LKJ + U Roy - 22 novembre 2003 - Salle de la moutète, Orthez Une bien bonne soirée, ma foi !
Chapeau à l'organisation, impeccable !
Il devait y avoir, a vista de nas, 1500 ou 2000 personnes, peut-être plus...
Les groupes, maintenant :
Kaophonic Tribu : ce .../...
Une bien bonne soirée, ma foi !
Chapeau à l'organisation, impeccable !
Il devait y avoir, a vista de nas, 1500 ou 2000 personnes, peut-être plus...
Les groupes, maintenant :
Kaophonic Tribu : ce n'est pas mon truc, mais je dois reconnaître qu'ils sont énormes, avec leurs percus, leur didgeridoo (1000 excuses pour l'orthographe), et ils créent une ambiance très particulière, tribale, dirons-nous. Puissant.
LKJ : j'étais surtout venu pour lui... l'artiste, comme U roy, n'étant arrivé que juste avant le concert, les deux premiers morceau, joué par le band qui l'accompagnait, servaient à faire la balance, et à nous mettre dans l'ambiance... Puis Il est arrivé, avec son chapeau, ses lunettes, sa chemise à carreaux et son pull sans manche, sobre. Et pas souriant. Un anglais très accessible, on comprenait tout ce qu'il disait, et comme il est très engagé, il expliquait, entre chaque chanson, le pourquoi du comment, très intéressant. Le gars est énorme, sur scène... Conscient de ma chance, je pris des photos, à 15 mètres de la scène, peut-être un peu trop, c'est vrai.
C'est alors que le gars s'est arrêté en plein milieu de la chanson, et a sorti un truc du genre :"hey, la personne qui prend des photos ou des vidéos, arrête maintenant, tu dois avoir au moins 20 portraits de moi!"; puis il a recommencé la chanson. Auatnt dire que j'ai été un peu refroidi. Pas un sourire du concert. Pas un. Mais une présence... et un set court, peut-être à peine plus d'une heure, je sais plus.
U Roy : yeah, là c'était plus festif, plus cool, on n'était plus avec la messe de LKJ, "daddy" U roy, la classe, longues locks, chapeau pas discret du tout et chemise rouge pétard, le roi des DJ était là. très très bon... Et un orchestre qui a bien assuré, deux choristes à la voix de miel, de vrais cuivres (LKJ avait trompette et trombone sur synthé), pour un final époustouflant, U Roy aime son public, lui dit, et heureux ; bref, je connaissais pas, j'ai adoré!
En résumé, très bonne soirée, malgré le sérieux de LKJ.
Les autres groupes, dont les DJ du peuple de l'herbe, m'excuseront de ne pas avoir assisté à leur prestation... Il faut dire que ça commençait à 18h, pour finir... Bref, gros plateau à Orthez, excellent !!! Réagir à cette critique