Cette année encore l’affiche du Festival de Jazz des Cinq Continents, qui se déroule dans les jardins du Palais Lonchamps, faisait envie. Plein de genres différents avec seulement pour moi deux noms connus : Jamie Cullum (vu en 2006 au Dôme) et MC Solaar incité du groupe de Roy Hargrove). En raison de la forte concurrence des autres concerts la même semaine et assuré que d’autres personnes allaient couvrir l’événement je ne suis finalement allé qu’à cette soirée, la tête encore pleine des bons souvenirs des deux soirées de l’année passée où j’avais vu Archie Shepp, Richard Galliano, Eric Le Lann / Jannick Top quartet et un petit bout de Stacey Kent.
Lorsque j’arrive les pelouses sont déjà couvertes de gens… et Aronas a déjà commencé. Il s’agit d’un pianiste néo zélandais, accompagné d’un percussionniste, d’un batteur et d’un guitariste. Look enfant terrible du jazz. Presque une crête, t-shirt bob l’éponge jaune, veste rose, chaussures très colorées, caleçon qui dépasse du pantalon, lunettes noires …
Je rentre assez vite dans son univers… electro jazz. Pas mal de morceaux assez speed avec lui qui gigote, se lève parfois de son piano pour danser ou simplement marcher. Chacun est mis en avant (comme souvent dans le jazz) … je vous encouragerais à aller faire un tour sur son myspace pour vous faire une idée plus précise de sa musique, mais ce qui es sûr c’est que le bonhomme est attachant.
Même quand il est nous a fait la pub de son album "ce morceau que je viens de jouer n’est pas sur cet album – qu’il sort de son piano comme par magie – mais si vous l’acheter ça me permettra d’en enregistrer un nouveau sur lequel il sera", en ayant enlevé ses lunettes noirs qui dévoilent des yeux extrêmement bleus. Vers la fin de son set, il sera un peu plus loquace (notamment pendant le rappel) nous expliquant avec humour le thème des chansons. Une très bonne première partie de soirée.
Puis après une pause un peu longue (et comme cette année il n’y avait pas de dessinateurs qui dédicaçaient leur BD/CD jazz je m’en suis rendu compte) ce fut le tour du RH Factor c'est-à-dire le groupe de Roy Hargrove que beaucoup étaient venu voir (comme moi) en raison de son guest prestigieux : MC Solaar … le groupe composé de 8 musiciens fait son entrée : un bassiste, deux saxos, deux clavier, un batteur, un guitariste et de Roy Hargrove à la trompette …
Ça joue, les choses se mettent en place, les musiciens se défient et se répondent … un morceau … puis au deuxième la choriste au clavier se lève et vient chanter un morceau. Waw ! Sa présence au micro contraste fortement avec sa discrétion 5 minutes plus tôt (discrétion qu’elle retrouvera sitôt sa tache accomplie). Au troisième je commence à m’inquiéter et me demander si Solaar va attendre la fin pour pointer le bout de son nez et le voilà enfin tout de blanc vêtu…
C’est une bonne idée cette collaboration mais de la part d’un artiste américain c’est aussi prendre le risque de se faire voler la vedette. Mais cela n’a pas l’air d’être le souci de Roy Hargrove qui est finalement assez effacé, caché derrière ses lunettes, intervenant assez peu au micro. Solaar arrive donc avec un cahier à la main sur lequel j’imagine il vient de poser des textes. A vrai dire ça se sent un peu … je suis frappé par plusieurs choses en le voyant et en l’écoutant. Je le trouve assez mal à l’aise, on dirait qu’il ne sait pas où se mettre ni quand intervenir.
Alors certes c’est surement un peu improvisé, mais tellement que là ça m’a presque mis mal à l’aise. Mais le truc qui m’a le plus gêné ce fut plutôt les dits textes… pas très originaux ni très percutants. A force de voir des groupes hip hop comme HHP, RPZ ou de slam comme Vibrion je me suis habitué à autre chose et des phrases du genre "pour aller de A à B ou de B à A c’est le B-A BA" me paraissent un peu faciles. Après il reprendra des morceaux que je connaissais déjà (donc de ses disques) dont les couplets sont entrecoupés de parties instrumentales … mélange sympa mais là encore les parties rappées ne m’emballeront pas du tout.
Tellement que j’ai commencé à m’éloigner du devant de la scène et en faisant part de ma déception à un pote celui-ci (qui l’avait déjà vu) m’a dit qu’il était toujours comme ça et que là comme il n’y avait pas de show avec danseurs et tout … bref. Il quittera la scène après quelques morceaux chaleureusement applaudi et le RH Factor reprendra le concert là où il l’avait laissé avant, avec la clavier au chant … le concert a pris une orientation plus soul / groove, plutôt sympathique. Je ne suis pas resté assez longtemps pour savoir si MC Solaar est revenu ou pas mais je dois (au risque de me répéter) avouer que j’ai été plutôt déçu de la rencontre qui n’en était pourtant pas à sa première performance.
D’accord, c’était pas le concert du siècle, non, mais lire un tel concentré d’erreurs, d’approximations et fautes d’orthographe, qui s’achève par le départ avoué et précipité de l’auteur de ces pauvres lignes avant la fin (sans autre raison majeure que son ennui), ça fait mal. La prochaine fois, paye ta place ou reste chez-toi. Ça nous évitera de lire ce genre de truc vide. À la place de l’organisation, j’aurais les boules d’avoir " invité " un mec comme ça, moi. Ça n’engage que moi je sais! Mais si je viens souvent sur concertandco, c’est pour y lire quelque chose… Un coup pour rien!
http://www.concertandco.com/critique/concert-aronas-roy-hargrove-rh-factor-continents/palais-longchamp-marseille-1er/29675.htmAronas: Plein de bonnes idées mais un groupe encore un peu jeune peut être. En tout cas il a été très bien accueilli et la ferveur de leur rappel les a même un peu étonné.
RH Factor: Je ne suis pas du tout du même avis que Pirlouit concernant cette prestation. Certes, le groupe d'Hargrove a mis un peu de temps à trouver ses marques. Certes le père solaar n'était pas à son aise mais ne s'agit il pas d'une timidité somme toute assez commune chez lui? En outre les textes du rappeur étaient en fait de vieux écrits posés sur des instrus de RH Factor. Il n'y avait pas à proprement parler du nouveau ni pour l'un ni pour l'autre. Il n'empêche que la combinaison de ces deux talents était particulièrement intéressante tant les deux cherchaient visiblement à ne pas étouffer l'autre. Pas de .../... >> La suite