En première partie nous avons eu Yaron Herman & Ambrose Akinmusire, une très belle découverte. Un beau mélange d'influences et de sonorités. Un batteur (Cédric Beck) dont Manu Katché devrait s'inspirer... passons à la tête d'affiche !
Si il en est qui croient encore que le jazz a une chance de se démocratiser, je suis dans l'obligation de leurs donner tort.
La preuve en est, hier soir, j'ai assisté a un concert de M. Manu Katché. Il est remarquable de voir à quel point la "nouvelle star" du jazz Français a réussit a nous ensuquer des les trois premières secondes... Manu Katché n'est pas un jazzman. Car il n'y a pas d'autre mot pour qualifier ce show d'une heure et demi que celui, excusez moi l'emploi qui peut sembler rude, de MERDE. Le métier de critique musical auquel je m'attèle occasionnellement n'est pas une simple tâche... Par où commencer ?
D'autant que la visibilité fut très réduite, la tête de Manu Katché occupant les trois quarts de l'espace scénique. Mais je préfère garder les ébats de cette brute pour la fin.
Commençons par le bassiste, je l'imagine volontiers hypocrite, si son rêve était d'être contrebassiste, le mien aurait été qu'il rejoigne un groupe a sa basseur, je suggèrerais U2 ou Céline Dion... Le groove ne faisant pas partie de son "style de jeu". Son son n'égalant même pas celui d'une contre-bassine. Le fait est qu'il n'est pas bassiste de jazz.
Le pianiste n'était pas plus brillant, d'autant plus que je ne l'ai pas entendu, pas remarqué, pas applaudit. Il se contentait sans doute de jouer du "jazz" ambiant d'ascenseur.
Passons au saxophoniste, je l'imagine très bien sortir tout droit d'un film érotique des années 80. Un son sans vie, pas de nuances, aucun groove, en un mot: PLAT !
Mais la palme d'or de la nullité revient très certainement a Monseigneur Manu Katché, batteur star et avant tout businessman. J'en ai encore mal a la tête, il tape FORT ! Les ingénieurs du son avaient, bien entendu, respecté la consigne de la vedette de M6, je cite: "Montez le volume de la batterie, je veux faire du bruit et qu'on m'entende !".
Ainsi nous avons vu pour la première fois de l'histoire du jazz, un batteur au devant de la scène et de la musique. Un son et un jeu de rockeur. Pourquoi n'a-t-il pas arrêté au moins un instant de frapper ses cymbales ? Un Manu Katché trop présent, un concert de démonstration technique... mais la technique n'est qu'un outil, il ne faut pas s'en contenter.
Heureusement, Sylvain Luc est apparu à de rares occasions pour enfin nous offrir un peut de MUSIQUE ! J'étais en larmes quand il est sorti de la scène: "Sylvain ! ne nous laisse pas tout seul avec ces quatre hommes douteux", me suis je dit en mon fort intérieur. Sylvain Luc est un très bon musicien qui a, contrairement à Manu KaKa, comprit ce qu'était la musique.
Je passe sur l'intervention inutile du flutiste Arménien qui est resté plat, inaperçu, oubliable. J'applaudis la chanteuse (ndP : Marion Rampal) qui a réussit à faire de la musique sur une telle soupe.
Si l'en est qui croient encore que le jazz a une chance de se démocratiser, force est d'accepter que ce n'est pas Manu Katché qui portera le flambeau. Ce qu'il fait n'est pas du jazz, à la limite acceptable dans un supermarché...
L'ensemble m'a donc laissé déçu, ca n'apporte rien à la musique. Pour un "artiste" de cette envergure, le constat est regrettable.
Signature : EJ le 26/07/2010 |
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