Critique de concert Lydia Lunch & Philippe Petit + Odattee + Dalek

Rendez-vous au Cabaret aléatoire pour une soirée de musique pas spécialement joyeuse, plutôt oppressante en fait. Même si c'est pas l'émeute, la salle est correctement remplie, et vue le plateau assez exigeant, on aurait pu craindre pire. A croire qu'en période de "crise", le public préfère les rythmes funky et légers vu les sold-out fait par le Cabaret avec des groupes plus "joyeux".
Car de joie de vivre, il n'en est nulle par question avec Twist of Fate, projet qui réunit Lydia Lunch, l'égérie post-punk, féministe et radicale, & Philippe Petit, activiste sonore marseillais.
Devant un écran sur lequel sont projetés des photomontages très lynchéens (l'influence principale qui nous vient à l'esprit pour ce projet) se tient Lydia Lunch, papesse hallucinée, toute de noir vêtue, psalmodiant une ode au sexe et à l'autodestruction. enfin, ça c'est moi qui projette, vu que je comprends que dalle à l'anglais (ce que je regretterais toute la soirée d'ailleurs). Que ce soit sur un mode incantatoire, dans des feulements sensuels, nonchalante, éructante, Lydia Lunch accapare l'attention. Car, en plus du mythe vivant, elle dégage un charisme saisissant. Encore faut-il être sensible à ce genre d'ambiance, trois potes avec qui je suis venus ont quitté la salle, pas leur came. Dans son coin, Philippe Petit, triture, maltraite, s'amuse, expérimente avec diverses machines, objets, platines.
Sur une bande son indus angoissante (étonnant, non ?), il distille crissements, boucles répétitives, frottements métalliques, disques qui sautent, des sons qui sont tout sauf mélodiques. Limite irritant. Le genre de choses qui vous font grincer des dents, contracter vos muscles, vous oppresse. Encore une fois, on se sent dans un film de lynch, ce qui peut fasciner certes, mais ne détend pas. La tension ne relâchera à aucun moment. lydia Lunch quittera le plateau ans un mot, Philippe Petit avec un timide merci. Heureusement, car des remerciements chaleureux auraient brisés l'ambiance...
Lors de la pause, je débattrais avec mes potes qui ne comprennent pas que j'ai pu bloquer sur "ça"... Ce qui débouchera, forcement, sur une discussion passionnée entre pro-lynchéens (moi. j'ai même était scotché sur Inland Empire, c'est dire.) et les antis (eux).
De toutes façons, ils étaient pour Oddateee, qui fut notre claque musicale au Marsatac de cette année.
On repénètre dans la salle lorsque un Dj balance du bons gros vieux hip-hop old school. Derrière ses platines, il fait le pitre, danse, playbackise avec classe. Et vu que le son qu'il balance est carrément bon, on accroche. Au bout du 4e titre, je regarde quand même la copine à côté, une doctoresse es-hiphop et lui demande "Mais pourquoi il chante pas ?". et là, limite condescendante, elle me dit "Parce que c'est un Dj. On attend Oddatee.". "Mais c'est lui Oddatee !". Elle se rapproche alors et ne peut que constater que j'ai raison ! On avait raté le début du set en septembre, et donc on avait pas vu tout ce côté, où il installe son show.
Photo prise lors de Marsatac
Il balance ensuite un beat très indus et son gratteux vient prendre place et là, c'est là re-claque ! Un flow excellent, un son indus oppressant et rentre dedans, une pêche d'enfer ("look my cocaïne eyes"...). Il jongle entre les ambiances oppressantes, le flow ravageur et émeutier, des sons plus dansants, et des putains de murs soniques que tu te prends dans la gueule (hum, comment ça vous avez reconnu l'amateur de noise que je suis malgré mon déguisement ?).
Alors, juste pour bien marteler le truc, Oddatee, c'est une putain de révélation, à écouter d'urgence (le disque est aussi addictif) et à voir sur scène pour se prendre un revers musical en pleine face. Voilà, c'est dit.

Photo prise lors de Marsatac
Du coup j'accrocherais moins au set de Dälek qui m'avait pourtant bien scotché lors de son passage précédent.
Sombre, oppressant, viscéral, n’hésitant pas à faire des incursions du côté de la musique industrielle, son hip-hop me prend habituellement aux tripes. mais là, en l'absence du guitariste de la précédents tournée, je trouverais le son trop monolithique, contrastant avec la richesse du set d'Oddatee. Attention, Dalek garde un flow toujours fascinant, leur musique est largement au-dessus de la production actuelle. Mais il faut croire qu'après la claque Oddatee, j'étais devenu trop exigeant.
Et malgré toute cette musique pas spécialement guillerette, c'est satisfait que je rentre chez moi après cette très bonne soirée.
www.myspace.com/lunchp
www.myspace.com/1oddateee
www.myspace.com/dalek
Car de joie de vivre, il n'en est nulle par question avec Twist of Fate, projet qui réunit Lydia Lunch, l'égérie post-punk, féministe et radicale, & Philippe Petit, activiste sonore marseillais.
Devant un écran sur lequel sont projetés des photomontages très lynchéens (l'influence principale qui nous vient à l'esprit pour ce projet) se tient Lydia Lunch, papesse hallucinée, toute de noir vêtue, psalmodiant une ode au sexe et à l'autodestruction. enfin, ça c'est moi qui projette, vu que je comprends que dalle à l'anglais (ce que je regretterais toute la soirée d'ailleurs). Que ce soit sur un mode incantatoire, dans des feulements sensuels, nonchalante, éructante, Lydia Lunch accapare l'attention. Car, en plus du mythe vivant, elle dégage un charisme saisissant. Encore faut-il être sensible à ce genre d'ambiance, trois potes avec qui je suis venus ont quitté la salle, pas leur came. Dans son coin, Philippe Petit, triture, maltraite, s'amuse, expérimente avec diverses machines, objets, platines.
Sur une bande son indus angoissante (étonnant, non ?), il distille crissements, boucles répétitives, frottements métalliques, disques qui sautent, des sons qui sont tout sauf mélodiques. Limite irritant. Le genre de choses qui vous font grincer des dents, contracter vos muscles, vous oppresse. Encore une fois, on se sent dans un film de lynch, ce qui peut fasciner certes, mais ne détend pas. La tension ne relâchera à aucun moment. lydia Lunch quittera le plateau ans un mot, Philippe Petit avec un timide merci. Heureusement, car des remerciements chaleureux auraient brisés l'ambiance...
Lors de la pause, je débattrais avec mes potes qui ne comprennent pas que j'ai pu bloquer sur "ça"... Ce qui débouchera, forcement, sur une discussion passionnée entre pro-lynchéens (moi. j'ai même était scotché sur Inland Empire, c'est dire.) et les antis (eux).
De toutes façons, ils étaient pour Oddateee, qui fut notre claque musicale au Marsatac de cette année.
On repénètre dans la salle lorsque un Dj balance du bons gros vieux hip-hop old school. Derrière ses platines, il fait le pitre, danse, playbackise avec classe. Et vu que le son qu'il balance est carrément bon, on accroche. Au bout du 4e titre, je regarde quand même la copine à côté, une doctoresse es-hiphop et lui demande "Mais pourquoi il chante pas ?". et là, limite condescendante, elle me dit "Parce que c'est un Dj. On attend Oddatee.". "Mais c'est lui Oddatee !". Elle se rapproche alors et ne peut que constater que j'ai raison ! On avait raté le début du set en septembre, et donc on avait pas vu tout ce côté, où il installe son show.
Photo prise lors de Marsatac
Il balance ensuite un beat très indus et son gratteux vient prendre place et là, c'est là re-claque ! Un flow excellent, un son indus oppressant et rentre dedans, une pêche d'enfer ("look my cocaïne eyes"...). Il jongle entre les ambiances oppressantes, le flow ravageur et émeutier, des sons plus dansants, et des putains de murs soniques que tu te prends dans la gueule (hum, comment ça vous avez reconnu l'amateur de noise que je suis malgré mon déguisement ?).
Alors, juste pour bien marteler le truc, Oddatee, c'est une putain de révélation, à écouter d'urgence (le disque est aussi addictif) et à voir sur scène pour se prendre un revers musical en pleine face. Voilà, c'est dit.

Photo prise lors de Marsatac
Du coup j'accrocherais moins au set de Dälek qui m'avait pourtant bien scotché lors de son passage précédent.
Sombre, oppressant, viscéral, n’hésitant pas à faire des incursions du côté de la musique industrielle, son hip-hop me prend habituellement aux tripes. mais là, en l'absence du guitariste de la précédents tournée, je trouverais le son trop monolithique, contrastant avec la richesse du set d'Oddatee. Attention, Dalek garde un flow toujours fascinant, leur musique est largement au-dessus de la production actuelle. Mais il faut croire qu'après la claque Oddatee, j'étais devenu trop exigeant.
Et malgré toute cette musique pas spécialement guillerette, c'est satisfait que je rentre chez moi après cette très bonne soirée.
www.myspace.com/lunchp
www.myspace.com/1oddateee
www.myspace.com/dalek
Signature : mystic punk pinguinle 01/11/2009
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