Critique de concert Movie Star Junkies +Ty Segall


Mes premiers pas à l’Heretic pour une très bonne raison. Les Movie Star Junkies. Un peu blasée cependant de les retrouver en première partie ; à voir ce que nous réserve la tête d’affiche, les Ty Segall.
Inconcevable, l’idée de louper ne serait ce qu’un morceau des Movie Stars, on se pointe en pleine digestion, en mode bière comptoir sur fond d’Horrorpops. Ah oui c’est vrai, ici l’ambiance est plus au psycho/ hardcore. Va falloir s’y faire.

En bas, jolie cave, peu à peu bondée. On se cale devant, on s’enracine, patiemment. La batterie lancinante se met en scène, nous projetant dans le panorama des cinq ritals du Voodoo Rythm. Le chanteur, crucifix sur chemise ouverte et geste désarticulé, plante sa voix criarde ou plaintive sur une guitare doucement psyché ; les ballades ici sont tortueuses, et les morceaux aussi imprévisibles qu’un ciel d’automne.

Les Movie Star Junkies portent leur nom à la perfection ; devant nous, c’est grand écran flouté en technicolor ; le bassiste et le chanteur, yeux fermés, nous invitent au voyage, mouvementé of course. Juste le temps de s’en jeter un petit au saloon que la cavalerie débarque. Et au chanteur d’enfoncer le clou en martelant sur un bidon métallique, quand le tambourin ne suffit plus à sa catharsis. À genoux, l’œil à des milliers de kilomètres, bidon ou clavier histoire de rajouter de l’hypnotique. Le guitariste à sa gauche double la voix, parachute des chœurs lointains, enveloppant le folk psyché hybride qui s’anime en vagues de fureur presque noise pour retomber, éreinté, sur des boucles vaporeuses.

Les Movie Star Junkies , ça pourrait être un western de Jim Jarmush , noueux, saccadé, insolite et terriblement fébrile. Le public apprécie mais ne dégaine pas. Dommage. D’autant que les Ty Segall , dans la série ‘je me contente de peu et j’en ai rien à branler’, carton plein. Surfant sur la mode du garage, les quatre Californiens envoient du ‘dis le en trois accords’ avec la bonne voix distordue qui va bien sur une énergie grungy efficace.

Avec deux jolies gonzesses histoire de. Sauf que voilà, les morceaux durent deux minutes à tout casser; entre chaque, gros blancs ou anecdotes longuettes et décalées. "Oh vous avez du bon fromage ici, hein ? C’est pas comme en Californie où les vaches sont sur l’autoroute !" ; et voilà qu’il nous raconte sa life, le chanteur, qu’il vit avec la bassiste, tout ça, et vas-y que je vous donne mon adresse, dès fois qu’en rentrant chez nous, on se fasse un petit crochet par Frisco… blablablabla et hop un petit Alabama song massacré, et hop un Black Sabbath des familles, re-blanc, re-trois accords garage histoire que ça remue un peu du cul dans la cave voûtée, allez un peu de branlette de manche et merci bonsoir. Et ça joue en tête d’affiche, merde alors. On dirait une répet de teenageurs un peu trop allumé à la bière bon marché. Ou les Hanson animant un bal de promo.

Bon, on remonte s’en jeter un petit dernier au bar avant de constater que le bar lui-même commençait à remballer, c’est vrai putain on est que mardi soir ; tant pis, on réouvre le saloon at home_
Signature : odlizle 22/11/2010
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Photographe : matthieu
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le 18 Février 2010 - Machine à Coudre - Marseille (par Mystic Punk Pinguin)
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