13-25 Mars 2009 - Marseille Cette manifestation se caractérise par son ouverture dans la chanson française et francophone : créations, prestations scéniques, spectacles d'artistes reconnus, découvertes, émergence et promotion des jeunes talents.
Thomas Fersen (Festival avec le Temps) - 25 mars 2009 - Espace Julien - Marseille Les lumières s'éteignent et voilà le personnage qui apparaît, vêtu d'une robe 18ème et coiffé d'un chapeau noir avec quelques plumes. Accompagné par trois musiciens, M.Fersen enchaîne ses textes et personnages où se mêlent cynisme, humour noir, humour, naïveté, désinvolture, rire.
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Les lumières s'éteignent et voilà le personnage qui apparaît, vêtu d'une robe 18ème et coiffé d'un chapeau noir avec quelques plumes. Accompagné par trois musiciens, M.Fersen enchaîne ses textes et personnages où se mêlent cynisme, humour noir, humour, naïveté, désinvolture, rire.
Avec un plaisir manifeste et partagé avec le public (inter-générationnel: de la vingtaine à la soixantaine) nous sommes invités à découvrir de nouveaux textes, poèmes crées un jour de mistral marseillais... Et lorsque le public, suite à quelques notes, chante avant qu'il ne commence, un peu flatté, le Monsieur nous lance "mais quel accent !", il est vrai...
Fersen reprend alors mais différemment, avec d'autres effets de voix et c'est à nouveau là que le Monsieur a du talent, ne pas copier mais s'adapter, improviser, créer, jouer avec le public.
A trois reprises, rappelé par un public qui ne veut plus partir, Fersen reviendra sur scène un demi sourire aux lèvres et le désir de partager un certain talent, un certain humour... Puis quel plaisir d'entendre aussi des chansons plus anciennes (la chauve-souris, le lion).
Et un merci aux intermittents du spectacle qui dirigé par certains gestes,regards du personnage, participent à la theâtralisation de la scène, par des effets lumières, une qualité du son...
Après plus de deux heures de concert nous ne pouvons qu'être détendus, souriants... A la prochaine!
Abd al Malik + Ysae (Festival Avec Le Temps) - 24 mars 2009 - Espace Julien, Marseille
Troisième soirée pour nous en moins d'une semaine dans ce bien bel événement (jusqu'à mon lit de mort je refuserai le nom de Festival à tout ce qui n'offre pas de tarif "pass") qu'est la concentration de chanson française appelée "Avec le Temps". On conclut donc cette édition avec l'admirable Abd .../...
Troisième soirée pour nous en moins d'une semaine dans ce bien bel événement (jusqu'à mon lit de mort je refuserai le nom de Festival à tout ce qui n'offre pas de tarif "pass") qu'est la concentration de chanson française appelée "Avec le Temps". On conclut donc cette édition avec l'admirable Abd al Malik à qui nous vouons une admiration sincère depuis sa prestation en terrain conquis aux 5 Continents , et plus encore celle en terrain inconnu aux Eurockéennes, en plus de sa discographie impeccable.
Mais avant ça, il va falloir en passer par une première partie que l'immense queue à réaliser dehors (et en partie coupée grâce à un certain Pirlouiiiit) n'a pas réussi à nous faire rater en entier : Ysae. Finalement le mode d'entrée toujours aussi minablement géré de l'Espace Julien (et à qui on doit pas mal de minutes de concert ratées par le passé - à force ça doit même se compter en heures maintenant)... a parfois du bon. Réglons tout de suite le compte aux musiciens d'Ysae : ils sont très bons, notamment Cyril Benhamou, talentueux requin de salles et de studios, bien connu de nos services. L'habillage sonore est donc très correct quoi qu'en partie samplé (une guitare qui sort de nulle part).
Par contre s'agissant du chanteur/slammeur/rappeur (il ne nous a convaincu dans aucun de ses 3 registres..), aïe aïe aïe. Pas du tout charismatique, textes et rimes indigentes ("J'ai crié may day mais personne n'est venu m'aider", ouf, fallait oser), à la tonalité chelou voire putassière - qu'est-ce qu'il nous veut au juste avec son Socialement correct ? Et pourtant faisant l'objet d'un vigoureuse campagne d'affichage (bien la peine de saloper tous les murs du quartiers avec ses grandes affiches noires !)... Mais désolé, ça ne prend pas. Il ne m'a d'ailleurs pas semble que le public ait manifesté un grand enthousiasme. Zap. Son groupe Karkan a d'ailleurs l'air de sonner beaucoup mieux.
Un peu plus tard, après une introduction intriguante (ou le pianiste joue directement dans son piano), la clameur est cette fois sincère pour l'entrée en scène d'Abd al Malik qui, pas fou, a bien pensé à mettre un survet' floqué OM... Et commence avec son terrible Soldat de Plomb, avec un son plus rock que rap. Il est vrai que le groupe est ce soir composé d'une contrebasse, un accordéon, un tambourin, un piano, un MC (son frère Bilal) et une guitare (ndP : celle de Thibault Frisoni échappé notamment du David Lafore Cinq Têtes et de Melc) - pas franchement un big band donc !
Lorsqu'ils essayèrent de réanimer Malik, évocation d'un épisode qu'aucun trentenaire n'a oublié, 1986 et la bavure Malik Houssekine, toute une époque qu'il évoque admirablement (Touche pas mon pote, etc...) Puis Gilles écoute un disque de rap et son refrain déconcertant et énigmatique (c'est bon, ca cogne dans la tête, ça fait du bien d'être destabilisé un peu !) - c'est là que le slammeur nous rappelle qu'il affectionne les chorégraphies étranges et très rapides, qui nous entraînent avec lui - il restera très tonique tout le concert, notamment sur les refrains de Paris mais....
Autant était inévitable, ce qu'on pourrait appeler son single :C'est du lourd, qui agace certaines personnes - pas nous, par son côté soit moralisateur, soit motivant... question de point de vue, mais il faut savoir qu'il vient d'un quartier franchement merdique, parole de strasbourgeois d'origine... Autant je n'aurais pas parié qu'il jouerait "mon" Conte Alsacien qui, pour des raisons de racines personnelles déjà évoquées, m'a profondément ému lors de la première écoute (j'avais du me moucher au troisième refrain...). Même si elle ne sonne pas aussi "bal du village" que sur le disque, je suis à nouveau charmé et enchanté d'entendre, pour la première et probablement la dernière fois ici, de l'alsacien en version originale ! Eh non, ce n'est pas une des dizaines de langues qu'on parle au Congo...
Pour se remettre, petit interlude rock'n'roll et une furieuse 12 septembre 2001, texte bavard et florissant qui m'avait conquis dès la première écoute - même sans identifier toutes les références. Autre passage attendu, Romeo et Juliette (sans Juliette bien sûr et hélas), où l'on remarque un vrai travail sur la lumière - ce qu'il qualifiera lui-même d'effets spéciaux extraordinaires. Au fait, j'ai oublié de dire qu'il était sympa et plutôt drôle. Passage assez intense ensuite avec la vraie-fausse lecture du Marseillais (ou l'essence de Marseille captée depuis Strasbourg...), seul avec son frérot.
Curieusement, la plutôt calme Rentrer chez moi est traitée en mode rock, il la finit en hurlant dans le micro, vraiment habité. Après tous ces titres assez intense, l'interlude jazz où il présente les musiciens est donc bienvenu - chacun y va de son petit solo même s'il n'est pas très inspiré pour les introduire. La tonalité jazz est idéale pour partir sur son premier tube historique, Les Autres, qui cartonne bien sur scène - il est bon comédien pour jouer le petit con ! Mais c'est déjà la fin, dans une longue ovation de toute la salle, rallumée pour l'occasion.
Le groupe revient donc interpréter la très fumante Gibraltar, nous défiant de mettre le feu. Il continue à nous haranguer, ce mec est accro à la clameur et à l'applaudissement décidément ! Pourtant, alors qu'il a bien fait monter la sauce, il enchaîne sur un titre mélancolique et apaisé du premier album, L'alchimiste seul au micro - l'ambiance retombe aussi sec. Et le concert se finit, après moins d'une heure et demi, abruptement à notre goût, même après un long salut du groupe... Il a donc manqué un ou deux titres au rappel pour que notre bonheur de revoir Abd al Malik soit complet.
Allez, pour conclure on met trois étoiles, pour tenir compte de la première partie et inciter M'sieu Malik à jouer plus longtemps encore la prochaine fois. Mach's geut, schatzele !
Debout Sur Le Zinc (Festival Avec Le Temps ) - 21 mars 2009 - Fnac Centre Bourse - Marseille Parmi les groupes qui viennent à Marseille dans le cadre du festival Avec Le Temps, quelques-uns se produisent en showcase quelques heures avant le concert du soir. Bonne idée. Ils peuvent drainer une poignée de spectateurs supplémentaires qui ne les connaissaient pas et vendre quelques disques. .../...
Parmi les groupes qui viennent à Marseille dans le cadre du festival Avec Le Temps, quelques-uns se produisent en showcase quelques heures avant le concert du soir. Bonne idée. Ils peuvent drainer une poignée de spectateurs supplémentaires qui ne les connaissaient pas et vendre quelques disques. Justement, Debout Sur Le Zinc en a un tout neuf, De Charybde En Scylla.
Ils en jouent trois extraits, le très poétique Scylla et deux titres plus légers. J'Ai et Sport 2 000. Ce dernier a ma préférence avec son texte plein d'humour : Putain, ça y est, je fais du sport ! / Mais J'vot'rai jamais à droite ! / Ah non, c'est vrai, j'ai d'jà voté Chirac...
Ils jouent également deux titres plus anciens, Elle et Anita.
On apprécie le rythme endiablé des compositions, la diversité des instruments (violon, clarinette, accordéon, guitare, percussions), la bonne humeur générale, la variété des chanteurs (trois différents, le violoniste Simon Mimoun, le clarinettiste Romain Sassigneux et le guitariste Christophe Bastien), la pêche communicative qu'ils dégagent...
Les instruments utilisés ne sont pas les mêmes que sur scène. C'est ainsi que sur J'Ai, Simon nous fait un "solo de guitare improvisé au violon". Puis, il rappelle qu'ils jouent en première partie des Garçons Bouchers et se fait chambrer par ses camarades : "Ils existent plus depuis 20 ans ! C'est Pigalle !"