Marseille - du 16 au 25 mars 2012 Cette manifestation se caractérise par son ouverture dans la chanson française et francophone : créations, prestations scéniques, spectacles d'artistes reconnus, découvertes, émergence et promotion des jeunes talents.
Présentation complète : L'édition 2012 du Festival Avec le Temps, véritable printemps de la chanson sur Marseille se déroulera du 16 au 25 mars prochain.
A l'affiche, 30 artistes pour une vingtaine de concerts programmés dans différents lieux de la ville dont l'Espace Julien, principal partenaire du Festival, mais aussi, la Machine à Coudre, le Nomad Café, l'Eolienne, le Théâtre des 3 Actes, le Cri du Port, le Théâtre de Lenche et le Poste à Galène.
Fidèle à une programmation mêlant nouveaux talents, découvertes et têtes d'affiches, cette nouvelle édition accueillera Paul Personne et son nouveau double album très blues-rock, Cali en duo et en acoustique, les premiers pas de Brigitte, d'Alex Beaupain et de Julien Doré, dans le cadre du Festival, les retours de La Grande Sophie, d'Aldebert et d’Yves Jamait avec leurs nouveaux albums... des découvertes et des nouveaux talents comme Lisa Portelli, Juliette Katz, Nevchehirlian, Aurélie Cabrel, Arman Méliès, BATpointG ou encore Thibaud Couturier.
Une nouvelle édition très "florissante" en attendant celle de 2013 dans le cadre de Marseille-Provence, Capitale européenne de la Culture où il est déjà prévu un hommage à Léo Ferré, pour les 20 ans de sa disparition… "Avec le Temps"… Source : Dossier de presse
Vendredi 16 Mars 2012
Paul Personne + Lisa Portelli + Monsieur Clouseau & Lord Library
Paul Personne
Fameux guitariste chanteur de blues rock, Paul Personne délivre du blues électrique et des ballades country-folk-blues. Il a joué de la guitare sur scène pour Johnny Hallyday... Nouvel album, A l'Ouest, et concerts en 2011.
Monsieur Clouseau
Dj pop française 60, yéyés, rare groove, exotica, Musiques de films érotiques, electro pop, rétro pop, bossa nova, jazz, soul and .....
Lisa Portelli
Toujours guidée par le sensible et par une détermination à tarabiscoter l'image de la jeune fille ingénue, Lisa Portelli n'hésite pas à murmurer ou à déclamer le charme des "mochetés" de la vie... Nouvel album, Le Régal, et concerts en 2011 et 2012 !
Cali
Chanson rock cruelle mais non sans humour, sur des musiques simples et accrocheuses. Cali excelle sur scène où il donne tout ce qu'il a chaque soir... La légendaire énergie scénique de Cali fait des ravages à chaque nouvelle tournée !
Monsieur Clouseau
Dj pop française 60, yéyés, rare groove, exotica, Musiques de films érotiques, electro pop, rétro pop, bossa nova, jazz, soul and .....
5 avenues Sur des textes écrits en français parlant d'amour, de la vie en général avec une pointe d'ironie et de mélancolie, un petit monde fait de charme, de poésie, de mélodies légères et de rythmes variés (Valse, Rock, Tango, Swing, Tsigane, reggae.. ).
Yves Jamait Yves Jamait possède un univers couleur sépia, fait des clins d'oeil à la java, au jazz musette. Des rengaines réalistes et populaires, écloses sur les pavés des cités sombres, qui racontent l’amour perdu, les adieux merdeux, la fraternité, la vie des zincs, des cirques, les déboires d’une vie de dézingué avec cette pudeur qui sied aux poulbots de culture ouvrière. Nouvel album, Saison 4 (lire la chronique du disque ici), en 2011 et concerts partout en France en 2011 et 2012 !
Monsieur Clouseau
Dj pop française 60, yéyés, rare groove, exotica, Musiques de films érotiques, electro pop, rétro pop, bossa nova, jazz, soul and .....
BATpointG
Avec onze kilos qui bousillent son dos et un troisième poumon greffé sur le thorax, BATpointG est l’homme à l’accordéon. Armé du plus rétro des instruments, il surprend par ses chansons plus hip-hop que musette.
Aurélie Cabrel
La fille du grand Francis Cabrel, Aurélie Cabrel se lance, elle aussi, dans la chanson... Son premier album s'intitule Oserai-je ? (sortie le 17 octobre 2011) et comporte le single J'ai cherché. En concert en 2011 puis en 2012.
Juliette Katz
Chanson impertinente avec une pointe de jazz et de soul.
Syncopera
La rencontre improbable du blues et du hip hop! Une voix torturée et sa guitare excentrique, une platine dans une valise et son joueur de rap, un duo basse-batterie dégoulinant de groove...
Peau
Une voix délicate et sensible sur une musique teintée d'électro.
Brigitte Brigitte, c'est une brune et une blonde. Elles aiment le rétro, elles sont folles de hip-hop, des hippies qui raffolent de Abba et Marilyn Monroe. Leur savoureuse et décalée reprise de "Ma benz" (NTM) a fait beaucoup parler d'elles sur le net. En concert partout en France en 2011 et 2012 !
Bernard Lavilliers + Balbino Medellin (festival Avec le Temps) - 22 mars 2011 - Dock des Suds - Marseille (critique écrite le 03/04/2011 par Pirlouiiiit)
Bernard Lavilliers fait partie de ces quelques noms qui reviennent assez souvent au festival Avec le Temps (comme Thiéfaine, Murat, Miossec, A et quelques autres), pourtant je ne l'avais encore jamais vu. Le chroniqueur a un empêchement, j'y vais donc avec mon père qui est ravi. Lorsque nous .../...
Bernard Lavilliers fait partie de ces quelques noms qui reviennent assez souvent au festival Avec le Temps (comme Thiéfaine, Murat, Miossec, A et quelques autres), pourtant je ne l'avais encore jamais vu. Le chroniqueur a un empêchement, j'y vais donc avec mon père qui est ravi. Lorsque nous arrivons sur place moins de monde que pour Ben l'Oncle Soul (qui a dit Soupe ?) mais quand même un peu de queue à l'extérieur. Le public est très différent, plus mûr, plus masculin en apparence, plus baroudeur, bref à l'image de celui qui au fil des années et des courants a su fidéliser un public qui répond toujours présent.
En première partie il s'agir de Balbino Medellin. Je l'avais déjà vu deux fois, ici la première fois en ouverture de Mano Solo et la deuxième fois du plateau de je ne sais plus quelle radio avec Dionysos et Katerine ! J'en gardais plutôt un bon souvenir mais cette fois je dois avouer que j'ai été assez déçu.
Seul sur scène il n'arrivait pas à donner le rythme nécessaire à ses chansons enlevés (même à Gitan d'Paname). De plus cette fois j'ai du coup bien écouté les textes et je ne les ai pas trouvé très riches (peut être pas le bon qualificatif, mais ce que je veux dire c'est qu'elles ne m'ont pas vraiment plus). Tout comme j'aimais bien le personnage de Grand Corps Malade mais pas du son concert, ici j'aimerai bien le côté grande gueule / mauvais garçon repenti (le fond), mais pas forcement les textes (la forme).
Lorsque les lumières s'allument pour la deuxième fois c'est sur des tonneaux, (genre Tabours du Bronx) sur lesquels les musiciens de Bernard Lavilliers frappent avec un jeu de lumière approprié. J'avais vu ces images sur la chronique de Bertrand et était impatient de voir cela. Je m'attendait à un truc hypnotique qui allait monter en puissance jusqu'à l'arrivée de Bernard et puis finalement ça ne durera pas très longtemps et musicalement n'apportera pas grand chose non plus …
Autre détail qui m'a un peu inquiété à ce stade, la présence d'un pupitre au beau milieu de a scène avec toutes les paroles des chansons … Je sais bien qu'il ne soit pas tout jeune (65 ans) et qu'il ait écrit beaucoup de chansons (près de 20 albums studios), il n'empêche que ça m'inquiète toujours un peu les chanteurs qui connaissent moins bien leurs morceaux que leurs musiciens ou leur fans.
A cause de cela et du côté statique de Bernard je mettrai un moment à rentrer dedans. A cause des coups points qu'il donnait régulièrement dans le vide genre " I'm bad ". A cause du fait aussi qu'encore plus qu'à ses débuts il parle plus qu'il ne chante vraiment. A Aussi un peu parce que je ne suis pas forcement fan de la musique brésilienne aux autres musiques du monde, surtout lorsque c'est un gringo qui se les re approprie.
Passé les 4 premiers morceaux où j'avais accès à l'espace entre l public et là scène, je me calerai au fond pour commencer à trier mes photos et prendrai quelques notes au passage, dont certaines je ne me souviens plus pourquoi je les ai notées ... La grande marée … chant/voix à la Red Cardell surtout sur le morceau qui part en disco electro Traffic (celui où le refrain fait " que veux tu que je sois ") … moins dansant que ce que je pensais … certains morceaux très lent comme Betty …
Forcement à l'écoute de la chanson de n'importe quel pays ... ça me fera un petit quelque chose … Sur Identité Nationale je penserai à Fantazio. Sinon il fera la part belle à ses musiciens notamment le joueur de pot, le trompettiste, le saxophoniste/flutiste, le contrebassiste qui finira même par passer au chant pendant le rappel, façon Joey Starr. Une fois mes photos triées et un petit tour à discuter avec Bibi au bar (d'où on entendait très bien la musique), je retournerai dans la salle où j'aurais la surprise de voir que pas mal de gens dansait … que ce soir de la salsa, de la samba, du reggae, … qu'importe, sur scène comme dans la salle, pas une tête n'était immobile.
D'ailleurs au loin Bernard magnifiquement éclairé et bien plus décontracté qu'au début semblait s'éloigner de plus en plus de son pupitre. Quelques " bons mots " contre les politiques, quelques anecdotes par ci par là (comme sur telle chanson inspirée par une femme rencontrée à Marseille), … On aura le droit à la fin une reprise/réarrangée de Bob Marley et quelques autres morceaux bien dansants … au final un set de deux bonnes heures qui aura ravi les fans ne fera pas mentir sa réputation d'artiste généreux. J'ai vu ce que je voulais voir : Bernard Lavilliers et sur la fin ça m'a même plu !
Usthiax + Charlélie Couture (Festival Avec Le Temps) - 19 mars 2011 - Espace Julien - Marseille (critique écrite le 20/03/2011 par Cabask)
Deuxième soirée du festival Avec le temps à laquelle j’assiste et une nouvelle fois, elle m’amène à l’Espace Julien. Beaucoup moins de monde à mon arrivée que la semaine passée, sans doute suis je également présent un poil plus tôt sur place. Nous prenons donc place avec mon compère de chronique .../...
Deuxième soirée du festival Avec le temps à laquelle j’assiste et une nouvelle fois, elle m’amène à l’Espace Julien. Beaucoup moins de monde à mon arrivée que la semaine passée, sans doute suis je également présent un poil plus tôt sur place. Nous prenons donc place avec mon compère de chronique au premier rang.
Un jeune homme de 24 ans (c’est lui qui le dit) fait son entrée sur scène à l’heure prévue. Il entame sa prestation par une reprise de Steven Stills, après une longue introduction, constituée notamment de la traduction des paroles qu’il va chanter. A l’exception de ce premier titre, son set se composera de morceaux chantés en français. Ils sont précédés de belles explications à destination du public.
C’est très aéré et très rythmé en même temps. Avec son simple pied, Usthiax battra la mesure sans faillir d’un bout à l’autre de ses chansons. Elles parlent essentiellement d’amour et sont accompagnées de parties de dobro particulièrement réussies.
Le tout est en open tuning, avec pas mal de slide. C’est calme, beau, et ces petites tranches de vie sont très agréables, tout comme leur auteur du reste. L’album électronique (rien à voir du coup avec ce qui a été joué ce soir) en préparation méritera une attention particulière, au vu du plaisir ressenti à écouter cette demie heure de folk/blues aérien.
A 21h30, Monsieur Charlélie et ses 4 musiciens prennent possession de la scène. C’est très (trop) fort et le mix est mauvais, la voix étant noyée dans l’ensemble. Je ne sais pas si c’est le fait de vivre à New York, mais notre Charlélie national a sortie l’artillerie lourde. Ses musiciens sont tous excellents, mais versent bien trop souvent dans la caricature niveau jeu de scène. Le bassiste, prend son instrument pour un fusil et le frappe souvent au lieu de le jouer.
Ca n’influe pas sur le son qui en ressort, mais ça a le don de m’énerver. Pour un concert de Kool & the Gang c’est sans doute parfait, cela dit. Le guitariste nous propose des postures à la Slash armé de sa Les Paul. Le clavier quant à lui, sorte de Richard Anconina sous amphets, mâche rageusement son chewing gum tout le long du concert. Le batteur, enfin très doué, souffre d’après mes oreilles, d’un kit de batterie plutôt jazz qui l’oblige à frapper très fort pour soutenir le volume de ses compères, donnant à ses fûts un son de casserole.
Oui, je suis dur, mais j’ai oublié de préciser que Charlélie Couture a bercé mon enfance, mon père écoutant ses albums en boucle. Il m’a d’ailleurs donné goût au bonhomme, à tel point que j’ai acheté et aime beaucoup son dernier album dont il assure justement la promo ce soir.
Je châtie donc parce que j’ai un immense respect pour l’artiste. J’avoue que suis déçu du trop de tout qui nous a parfois été servi. C’est fort, plein de plans, soli et fins à l’américaine. Un titre reprendra d’ailleurs de longue le fameux riff des Blues Brothers. Le début du spectacle est donc de qualité, mais juste pas ce que je suis venu voir.
La fin de la performance se révèlera plus mémorable. L’énervement voire l’ennui passent progressivement. Le tout est plus supportable niveau volume (les protections auditives ayant sans doute aidé). J’avoue aussi que lorsqu’il se met au piano, les morceaux de Charlélie sont souvent plus nuancés (ses musiciens sont bien obligés de jouer moins fort si l’on veut l’entendre…). Le blues, le boogie et les paroles tantôt chantées, tantôt parlées sont très agréables.
Le phénix morceau épique de Fort Rêveur de 10 minutes se révèle en effet encore plus réussi dans cette version live, malgré la difficulté de garder l’attention si longtemps. Il sera suivi de La balade du mois d’août 75 qui ravit l’auditoire. Je m’habitue au très gros son sur les deux titres suivants, avant un 58th street bluesy à souhait qui m’emplira de plaisir. Les choses les plus simples sont parfois les meilleures.
3 rappels successifs clôtureront les 2 bonnes heures de concert de fort belle manière. Le très joli Jacobi marchait précède LE tube introduit par "Il y en a une, je n’y couperai pas et sans elle, je ne serai probablement pas là ce soir". Comme un avion sans ailes reste en effet le morceau le plus connu et une putain de belle chanson. Le loup dans la bergerie sera marqué par un final démentiel très jazz/rock, où la batterie sera particulièrement adaptée. Enfin, l’excellent La vie facile montera progressivement en puissance, d’abord avec 2 guitares acoustiques, puis avec le bassiste à la batterie, le batteur au trombone et le clavier à l’accordéon.
Le public applaudit à tour de bras et Charlélie remet ses lunettes d’aviateur et son chapeau melon, en route sans doute pour de nouvelles aventures. Je repars content de l’avoir enfin vu en concert, mais déçu d’artifices et de ficelles parfois trop lourdes nuisant à l’excellent fond qui caractérise cette musique.
Batlik et Thomas Pitiot + Gaïo (Festival Avec Le Temps) - 18 Mars 2011 - Nomad Café - Marseille (critique écrite le 21/03/2011 par Jul) Le Nomad Café a encore une fois une jolie programmation ce soir. Gaïo puis Batlik et Thomas Pitiot pour leur nouvel album fait en duo.
Gaïo était ici même en 1ère partie de JP Nataf il y a peu.
Il n'est pas accompagné des chanteuses Caroline et Jessica (du groupe ISAYA) et n'a ni .../...
Le Nomad Café a encore une fois une jolie programmation ce soir. Gaïo puis Batlik et Thomas Pitiot pour leur nouvel album fait en duo.
Gaïo était ici même en 1ère partie de JP Nataf il y a peu.
Il n'est pas accompagné des chanteuses Caroline et Jessica (du groupe ISAYA) et n'a ni sarouel ni clochettes aux pieds. C'est dans un style plus sobre, moins troubadour du monde, qu'il est seul en scène avec sa bonne humeur légendaire. Cet inspiré optimiste, viendrait bout d'une hargne d'embouteillage de mois d'août.
Il passe d'une douce folk à un reggae bondissant, il mélange les styles avec beaucoup d'aisance, comme autant d'épices dans un plat indien. Ses airs parfois enfantins, entêtants et ses encouragements font frapper des mains, des pieds et tanguer les têtes. Il joue de la guitare et du ukulélé et me fait parfois penser Jerho, un type jovial, né sous le soleil.
Ses airs souls où il apparaît plus mûr ont ma préférence.
En ce jour d'anniversaire, le public ne résiste pas à pousser la chansonnette : happy birthday pour tes 28 ans ! Il nous offre un petit cadeau et s'amuse en reprenant Libertine de Mylène Farmer, en version plus chaloupée.
J'ai oublié de bondir sur la setlist donc je vous encourage simplement venir le voir sur scène pour constater de son dynamisme et partager son plaisir d'être avec vous.
J'écarquille. Batlik et Thomas Pitiot entrent en scène devant un public sage comme une image. La moitié est assis par terre et l'autre est debout au fond et sur les côtés. Comme à la maison, on s'est mis à l'aise.
Pour cet album en duo ils prennent La place de l'autre et vice versa.
Ces deux auteurs compositeurs interprètes, bosseurs, ont mûri ce projet dans une ambiance studieuse et sérieuse comme vous le constaterez en fouinant leur vidéo sur leur page Facebook :
http://www.facebook.com/pages/BATLIK/10150119104435323
C'est Thomas Pitiot qui ouvre le bal. Dans la lignée des chansonniers, sa diction et son timbre me rappellent Maxime Le Forestier , en version acide. Avec sa belle gueule d'acteur il a des textes bien trempés. Il a écrit de notre Occident Clinique , critique acerbe.
Baltik, sa musique et moi sommes colocataires depuis quelques temps, enfin surtout moi. On se lève ensemble, parfois avec l'envie de rien foutre (657 kilomètres). C'est difficile de le partager ce soir avec cet " autre ". Ils me font marrer, je vais faire un effort. Jalouse comme une belle mère, je me résous à l'évidence, c'est une Symbiose. Minute biologie : n.f. la symbiose est une association intime et durable entre deux organismes hétérospécifiques (espèces différentes)"
Thomas se décrit comme " Le grouillot de Batlik pendant cette tournée " - oui je t'appelle Thomas et je te tutoie – mais il n'est pas venu les mains vides. Ce solide compère, a rapporté des accents d'Afrique et sa délicatesse. Stephane - oui je t'appelle Stephane et je te tutoie aussi – passe quelques minutes entre chaque chanson à s'accorder, se désaccorder, voire chercher ses paroles. Thomas le charrie, nous raconte des bouts de leur vie, ou des passages des Précieuses Ridicules . Faut bien meubler. Batlik en balance une de temps à autre en levant à peine le nez, amusé, souriant en coin.
Chacun à son tour, " pour ne vexer personne ", ils chantent et l'un fait le choeur de l'autre.
Tiens t'as qu'a t'accorder pour la Nième fois, on va en profiter pour discuter ensemble.
Le plus jeune spectateur, un petit garçon d'environ 6 ans, se demande bien ce qu'il trafique encore avec sa guitare.
" Je m'accorde."
" C'est quoi s'accorder ? "
" S'accorder ? Bein, c'est ça. T'as compris ? ".
" Non "
" Bon, sors".
" Ce qui compte c'est pas la taille de la Production " comme le dit Thomas et on s'en fout que t'aies pas 15 guitares prêtes à jouer, pendant ce temps, on gagne du temps.
L'air de rien, au détour de quelques blagues, d'une chanson qui a changé 3 fois de titre, ça frappe, ça grince, c'est précis et vient interpeller chacun dans son petit confort. D'une ex-sous-ministre perdue dans ses ambitions à notre belle Histoire glorieuse, Le Camp Thiaroye et son coucher de soleil..., je retrouve la patte de Batlik, qui a mis environ 10 ans à venir en terres de Voyoucratie.
Depuis l'eau a coulé sous les ponts. Les paroles soignent les maux, tu auras pris le temps, on a patienté sagement.
Un sentiment de déjà vu. Un sentiment de déjà vécu.
Tonton Marcel avait raison, " la morale est à la vie ce que le ver est au fruit, elle t'empêche de mordre dedans ".
Pause bricolage, Thomas le magicien, transforme à l'aide d'une feuille de papier toilette sa fidèle gratte japonaise en instrument aux sonorités d'Afrique de l'Ouest.
Et comme les autres, j'ai regardé mes pieds quand il a généreusement cherché un(e) guitariste pour lui offrir cet accessoire.
Tout le spectacle est généreux. Batlik s'accorde grâce à Simon qui répétait justement là et qui lui a prêté son accordeur. Jérôme lui, a fourni des piles. Et profitant de l'intimité de la salle Batlik saisit l'occasion de donner à Xavier , éleveur de cochons dans l'Ardèche chez qui ils ont bossé l'été dernier (bossé leur album, pas l'art du boudin), une statuette de cochon rapportée du Vietnam. Dans leur élan généreux ils ont même laissé leurs pieds de guitare dans le TGV, voiture 5 place 33. La Classe.
Parvenus à descendre de scène, ils ont eu la gentillesse d'y remonter pour improviser en musique et en rimes le récit de leur journée, talentueux Thomas, et interpréter Ces 5 mots là qui me tord le ventre.
Je profite de la présence de Raoul , leur frétillant directeur artistique, pour lui flatter le flanc et lui grattouiller les oreilles. On sait ce qui est bon.
On vous laisse partir, parce que 657 (tous petits) kilomètres (de rien du tout) c'est à peu près la distance entre Aubervilliers et ici. On remet ça. Vite.
Si vous avez la chance d'avoir une date près de chez vous, allez les voir sur scène. ALLEZ-Y : http://www.abrulepourpoint.com/
http://www.myspace.com/batlik/
http://www.thomaspitiot.net/ et écoutez cette pépite d'album .
Setlist : ordre pas garanti. Occident Clinique
657 kilomètres
Distinctement
Aubervilliers, Arthur Rimbaud
Tentatives ratées (dite Ne deviens pas ce que tu es, dite La Mouche)
Ramatoulaye
Les moutons de poussière
Si tu t'en vas l'ami
Le village de ton grand-père
Quelques pas en arrière
Ces cinq mots là
Petite craquette
Un bon français
Ma môme.
Découvrez aussi Gaïo sur scène :
http://www.myspace.com/gaio777