Les 2-3-4 juillet 2010 - Belfort Les Eurockéennes de Belfort fêtent cette année leurs 22 ans ! Trois jours, cinq scènes et plus de 70 formations rock, pop, électro, folk et métal au programme ...
Dernière actu : Eclectique, alléchante et fabuleuse, telle sera l'édition 2010 des Eurockéennes de Belfort avec à L'affiche : The XX, Charlotte Gainsbourg, Jay-Z, Mika, The Specials, The Hives, Gallows, Converge, Empire of the Sun, BBBrunes, We are Enfant Terrible,LCD Soundsystem, Baroness, Sophie Hunger, Rox, Hindi Zahra & el Tanbura, Piers Faccini, Patrick Watson, & Orchestre, The Bloody Beetroots Death Crew 77, Two Door Cinema Club... D'autres noms viendront compléter la programmation qui accueillera au total 80 artistes sur 3 jours répartis sur 5 scènes. La programmation complète à découvrir le 21 avril.
The XX, Charlotte Gainsbourg, Jay-Z, Mika, The Specials, The Hives, Gallows, Converge, Empire of the Sun, BBBrunes, We are Enfant Terrible,LCD Soundsystem, Baroness,Sophie Hunger,Rox, Hindi Zahra & el Tanbura , Piers Faccini, Patrick Watson, & Orchestre, The Bloody Beetroots Death Crew 77, Two Door Cinema Club...
Jay-Z
L'un des rappeurs américains les plus talentueux et populaires... Avec son hip hop catchy et énervé, Jay-Z cartonne à la fois dans les charts et dans les salles de concerts du monde entier. www.jayzonline.com | Myspace
Mika
Mika surfe sur une pop tridimensionnelle et hybride qui fait penser aussi bien à Elton John, qu'à Freddy Mercury, à Scissor Sisters ou a Robbie Williams. www.mikalife.fr | www.myspace/mikamyspace
Charlotte Gainsbourg
La fille du génial Serge, Charlotte Gainsbourg sait s'entourer quand elle chante (suavement) : après Air, Neil Hannon et Jarvis Cocker pour son premier album solo sans son père, elle a enregistré son nouveau disque (paru en décembre 2009) - IRM - avec Beck. Des concerts sont prévus en 2010... www.charlottegainsbourg.com | Myspace
The Specials
Légendes vivantes du ska et du 2 Tone depuis 1979... Emmenés par Terry Hall et Jerry Dammers, les Specials enflamment toujours les salles de concerts avec leurs titres incandescents, enlevés et plus que jamais frais, trente ans après. Une délicieuse invitation au mélange des cultures et à l'ouverture d'esprit. www.thespecials.com | Myspace
The XX
Pop New Wave très classe... Influencé par The Cure, CocoRosie, The Kills, Pixies ou Rihanna, le groupe anglais The XX propose sa version - percutante et sexy - du post punk. La tournée mondiale du groupe anglais remplit les salles partout... Myspace
The Hives
Punk'n'roll supersonique scandinave en costard animé par un authentique barjo, Howlin'Pelle Almqcist. Terriblement jouissif sur album comme sur scène. "Si Dieu n'avait pas souhaité que le rock'n roll blanc naisse en Angleterre avec les Beatles et John Lennon, il serait forcément né en Suède avec les Hives" (Philippe B.) www.hives.nu/
BB Brunes
3 jeunes garçons qui redécouvrent le rock 'n roll. Le vrai, le rock avec des guitares vintage, des jeans moulants, des solos qui coupent et des amplis qui crachent l'énergie. Les BB Brunes reviennent avec un nouvel album fin 2009 (Nico Teen Love) et une tournée française en 2010 qui s'annonce très chaude ! Myspace | www.bbbrunes.fr
LES EUROCKEENNES DE BELFORT
Les 2,3 et 4 juillet 2010
Têtes d’affiches ou formations parmi les plus excitantes du moment, le festival français installé aux côtés des plus grands évènements européens offre, depuis plus de 20 ans, au cœur d’un espace naturel préservé, une programmation mêlant pop, rock, métal, hip hop, world… 3 jours de vacances musicales devant des concerts d’exception et sous les tentes d’un camping festif (gratuit pour tout porteur de billets) pour une édition 2010 qui s’annonce toujours plus ambitieuse et détonante.
La programmation sera communiquée ultérieurement.
Le tarif à 42.50 € est valable jusqu'au 15 mai 2010 inclus.
Ce billet vous donne accès gratuitement au camping .
The Black Keys Dan Auerbach (guitare acérée, voix rocailleuse) et Patrick Carney (batterie sauvage) sont tombés dans le bluuuues quand ils étaient petits, et ça s'entend dans leurs ébouriffantes aventures musicales. The Black Keys délivrent des hits punk n' blues mâtinés de country folk soul si vibrants et vivants qu'ils sont de nature à réveiller Robert Johnson, Muddy Waters, Bo Diddley, Skip James, Jimi Hendrix, Jimmy Page et Robert Plant ! www.theblackkeys.com | Myspace
LES EUROCKEENNES DE BELFORT
Les 2,3 et 4 juillet 2010
Têtes d’affiches ou formations parmi les plus excitantes du moment, le festival français installé aux côtés des plus grands évènements européens offre, depuis plus de 20 ans, au cœur d’un espace naturel préservé, une programmation mêlant pop, rock, métal, hip hop, world… 3 jours de vacances musicales devant des concerts d’exception et sous les tentes d’un camping festif (gratuit pour tout porteur de billets) pour une édition 2010 qui s’annonce toujours plus ambitieuse et détonante.
La programmation sera communiquée ultérieurement.
Le tarif à 42.50 € est valable jusqu'au 15 mai 2010 inclus.
Ce billet vous donne accès gratuitement au camping .
42.5 euros
LES EUROCKEENNES DE BELFORT
Les 2,3 et 4 juillet 2010
Têtes d’affiches ou formations parmi les plus excitantes du moment, le festival français installé aux côtés des plus grands évènements européens offre, depuis plus de 20 ans, au cœur d’un espace naturel préservé, une programmation mêlant pop, rock, métal, hip hop, world… 3 jours de vacances musicales devant des concerts d’exception et sous les tentes d’un camping festif (gratuit pour tout porteur de billets) pour une édition 2010 qui s’annonce toujours plus ambitieuse et détonante.
La programmation sera communiquée ultérieurement.
Le tarif à 42.50 € est valable jusqu'au 15 mai 2010 inclus.
Ce billet vous donne accès gratuitement au camping .
42.5 euros
Troisième et dernière journée sans grosse pression - l'essentiel de ce qu'on voulait voir cette année est déjà passé. Cela étant, l'an dernier déjà, le dimanche avait réservé son lot de confirmations et de bonnes surprises. Une fois écartée une vague menace d'orage, c'est sous un soleil de plomb qu'on gagne le site, hélas trop tard pour assister au set de Rodrigo y Gabriela, à notre désespoir : le couple mexicain de guitaristes diaboliques semble avoir fait sensation... Heureusement le volume sonore de la grande scène nous permettra d'entendre des extraits de leurs intros et reprises de Metallica, et leurs tubes Diablo Rojo et Tamacun, enflammés d'un duende irrésistible. Espérons qu'ils repassent un de ces jours faire saigner leurs doigts en France ...
En tout cas on est arrivé pile à l'heure pour découvrir ce que vaut Glasvegas sur scène, eux dont l'album n'a pas fait plus d'un tour complet sur notre platine... Il s'avère que sur scène, c'est pire encore : leur rock boursouflé et vain, est en outre assez mal interprété et lourdingue, à l'instar de la batteuse, qui joue debout avec la grâce d'un plantigrade. Nos oreilles en prennent pour leur grade avec ce groupe qui jouit d'une incroyable et presque suspecte indulgence dans les médias (PS : voir par exemple l'involontairement hilarant compte-rendu par la très bouchée Busty dans Rock'n'Folk d'août 2009).
Le chanteur - il faut bien appeler ça comme ça, puisqu'il a le micro principal - n'a à proposer qu'une vague ressemblance avec Joe Strummer, un débardeur atroce et une voix hors de rythme comme de tonalité : dans le genre, le groupe est encore nettement pire que les Killers, un exploit ! Les écossais semblent d'ailleurs faire largement chier leur maigre public - à oublier très vite donc, c'est d'ailleurs ce qu'a fait l'ensemble des médias objectifs qu'on a eu l'occasion de consulter. Bon, disons que cela fait 4 chômeurs de moins au Royaume-Uni, quoi...
Direction le bar de la grande scène donc, pour un Picon servi en terrasse, au son de l'ambiance afro/zouk/funky qui vient de la loggia. On va y retrouver les français metalleux engagés de Gojira, à peine aperçus avant Metallica à Arras. Très bien exécutée, leur musique aux accents "death" (tout le monde en noir et cheveux longs, Flying V et autres guitares pointues en bandoulière) est certes aussi légère qu'un champ de menhirs. Appuyée par un batteur qui semble avoir 3 ou peut-être même 4 pieds, elle tape en tout cas au fond du bide et sonne un peu comme par moments comme du Young Gods... en beaucoup plus méchant.
La voix plus ou moins vocodée selon les titres, le chanteur Joe Duplantier, son frère et ses potes, réussissent le prodige de mettre une ambiance plutôt festive, d'autant que le son est très bien réglé malgré le vent latéral. On remarque avec surprise que certains beats sont samplés - on se demande bien pourquoi. Et on finit par conclure que ce groupe, idéal pour échauffer les kids venus voir le "Noeud Coulant", sonne tout de même à la longue peu varié pour le prophane. On profitera donc de la fin de leur set pour retourner faire un tour au village pro, à la recherche des accréditeurs perdus.
L'occasion de goûter un burrito-frites plutôt sympa et de boire un coup à la fraîche, au bord de l'étang du Malsaucy. On comprend mieux pourquoi les journalistes "pros" (type Inrock'n'Folk) semblent parfois (souvent) n'avoir fait qu'une apparition aux concerts, tant l'endroit incite à la flânerie et au flirt... Toujours pas moyen d'attraper nos deux oiseaux des relations presse mais on assistera, en consolation, à un petit bout de conférence de presse détendue de Charlie Winston, le consensuel héros de ces dames et de France Inter. Il a beau avoir l'air d'un authentique hobo à la Seasick Steve autant que moi d'un fan de Michel Sardou, il faut avouer qu'il est très sympathique et souriant, et qu'il affiche un amour sincère pour la chanson française (époque Gainsbourg !) dont il revendique d'ailleurs l'influence.
Retour aux affaires sans tarder (hey, on ne s'appelle pas Basile Farkas, la chronique d'Eurockéenne est une chose sérieuse !), pour un rendez-vous sur le littoral avec le grand Sliimy, assez prometteur sur son premier disque. Pas encore grande bête de scène, où il semble toutefois déjà plutôt rodé et bien accompagné, il interprête un peu trop fidèlement à l'album ses chansons de pop rafraichissante comme I'm waiting for ou Magic Game...
Peu après, le grand zigue sautille et minaude sur Wake Up, cabotine sur sa britneyenne reprise de Womanizer au fil de chorégraphies rigolotes. Au bout d'un moment on finit toutefois par être déconcentrés, aussi bien par nos grands verres que par les jolies filles en soutien-gorge qui abondent sur la plage décidément torride - tout à fait l'image du festival de Roskilde au Danemark, tel que décrit par Pierre Andrieu ! On laissera le grand avatar stéphanois de Prince jusqu'à une prochaine fois, espérant qu'il arrivera à s'y lâcher encore un peu davantage.
C'est le moment de retrouver les Phoenix, pas révolutionnaires mais très plaisants en disque, qui vont jouer en premier Lisztomania avec le son le plus fort (donc le plus désagréable !) de la journée. Mauvais point, ils sont 6 en vrai et non pas 4 (détail furieusement horripilant qui permet généralement de séparer les groupes de poseurs avec le melon, des autres). On est pas fan non plus de leur look propret et leurs coupes de popeux londoniens - finalement c'est encore le batteur rebeu inconnu qui a l'air le plus normal.
Mais une fois passée ces premières mauvaises impressions, des bouchons dans les oreilles, le groupe s'avère agréable à écouter, dansant même, du moins quand ils ne s'égarent pas dans les titres moins efficaces de leurs anciens albums. Les titres du dernier, comme When the Lights are coming Out ou Die & Succeed pourraient vraiment être très efficaces avec un son mieux réglé et à la hauteur de leurs productions. On les quitte donc sans trop de regrets sur l'ancienne Love like a Sunset : au final, le groupe propose de la bonne came, mais rien de franchement révolutionnaire. Et puis il semble que la fin a été plus orientée vers les premiers albums, qu'on avoue ne pas tous connaître.
Pas de quoi en tout cas rater davantage de l'Angle Mort, projet rock-rap très sombre, puisqu'on est prêt à un nouveau coup de boule rotatif avec Zone Libre vs Casey & Hamé. En fait ce dernier est remplacé ici (sans dommages) par un certain B. James - Sarko aurait-il fini par réussir à le faire coffrer après tant d'années de harcèlement abusif ? En tout cas le groupe Zone Libre composé de vrais morceaux de Noir Désir, Yann Tiersen et Sloy, était déjà formidable tout seul - des concerts soniques instrumentaux, passionnants de la première à la dernière note.
Il assure donc idéalement la basse rythmique et électrique furieuse dont a besoin pour s'exprimer Casey-puisque-je-vous-dis-que-c'est-une-fille, la rappeuse la plus terrifiante de l'hexagone, une putain de gonzesse à côté de qui même Joeystarr a l'air d'un cowboy Playmobil. On ne voit objectivement qu'elle sur la scène, sa diction vociférante et féroce (Je sais, je traîne, je sens, je gêne !), ses dents quand elle gronde et ses spasmes - c'est à peine si l'on trouve le temps de regarder l'excellent Serge Teyssot-Gay faire des sauts de cabri en maltraitant sa gratte, Marc Sens jouer de la sienne avec des baguettes, et le très kraftwerkien (par le look) Cyril Bilbeaud tabasser ses futs avec constance.
On ne les connaît qu'en live et on redécouvre leurs textes noirs, groovy et fascinants (J'attends mon heure), scandés avec une rage puissante : le remplaçant est plus virulent encore que Hamé, et la hargne de la fille à elle toute seule aurait déjà de quoi faire fuire un bataillon de CRS en carapaces ! Le groupe termine sur un rap-metal qui ferait passer les Cypress Hill pour d'aimables crooners, et un instrumental assez mortel des rockeurs seuls. Au final, un projet très ambitieux et scotchant, autant en plein jour devant un public non fan que dans une salle pleine de supporters : assurément la claque de la journée !
Enième retour à la plage en passant au large de Charlie Winston, pour rejoindre les anciens guerriers et aujourd'hui bluesmen touaregs de Tinariwen, et leur musique qu'on écoute régulièrement depuis des années, en ayant toujours oublié de les chroniquer. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ils ne sont pas les seuls bluesmen du désert - on a découvert il y a un moment déjà leurs collègues non moins intéressants du duo Toumast. Dans leurs beaux costumes, les messieurs enturbannés s'avèrent aussi attachants que prévu, développant un son qui a repris l'hypnose du gnawa autant que l'essence du blues. Certains d'entre eux font des petites danses, et une sorte de transe exotique et douce s'empare des jambes du public, qui les accompagne en ondulant.
Certains morceaux plus punchy (enfin, tout est relatif !) feront même franchement danser et applaudir tout le monde en rythme, notamment quand ils s'aventurent à un morceau presque rap avec des parties en français. Au niveau des titres, impossibles à retenir d'ailleurs, je ne reconnais que la vibrante Ahimana - on reste en tout cas intrigué et conquis par la transe qu'arrivent à développer ces musiciens modestes et doués, par leurs chansons simples et répétitives.
C'est assis autour de quelques belles parts de vous-savez-très-bien-quoi-à-force qu'on écoutera ensuite d'une oreille la fin du concert de Charlie Winston, sans même rater le tube Like a Hobo, qui déclenche une tempête sous la grande tente où une foule compacte exulte. Sur scène, le garçon danse bien et fait le beau gosse, mais il ne se passe quand même rien de bien passionnant, tout comme dans sa musique finalement. Au risque de se faire des ami(e)s, on précisera qu'il ne semble pas toujours chanter très juste, et qu'on nous a cafté qu'il avait joué deux fois le même titre dans son set - la honte ! Un peu trop consensuel en somme, pour ne pas dire surestimé. Ca sent l'artiste qui va faire pschitt une fois disparu des écrans télé.
On en a pas tout à fait fini, puisqu'il nous reste à voir les grand-guignolesques Slipknot, dont on avait fait l'effort de chroniquer le premier LP paru il y a tout juste 10 ans, puisqu'ils avaient été très bons en concert ici-même il y a 5 ans. Leur set commence devant une foule survoltée (d'après les T-shirts, pas mal de jeunes gens sont là pour eux) par un atroce titre de hard FM (du Motley Crüe peut-être ?), selon la même technique que Tricky hier. Puis des lumières-poursuite illuminent joliment le public surexcité, avant que les 8 sinistres clowns masqués prennent possession des lieux, à la suite de leur batteur aux doigts crochus.
On remarque que pas mal de masques ont changé depuis la dernière fois, et globalement en moins sinistre, comme celui, lisse et interrogatif (très Pink Floyd the Wall) du chanteur. Musicalement, c'est toujours aussi furieux et barré, selon les moments plutôt thrash ou plutôt death metal, aux accents jungle/électro (ils ont un DJ), qui pourrait fatiguer à la longue s'ils n'étaient pas aussi sympas à regarder et avec un son vraiment génial (et moins casse-tronche que Phoenix, un comble !). Le tout est en effet assez ludique, les musiciens effectuant force pitreries et autres tabassages de futs à la batte de base-ball.
Et puis surtout, le groupe sonne vraiment bien, notamment grâce à l'apport périodique des deux percussionnistes en plus du batteur (enfin, quand ils ne sont pas occupés à se balancer comme des fous sur leurs instruments de travail), ou encore d'un guitariste (à Flying V évidemment) et d'un bassiste groovy : sales gueules ou pas, ça reste assez musical et certains titres sont même plutôt marquants, comme Dead Memories que je découvre. Dans la veine nu-metal, la construction des titres est souvent assez surprenante, il n'y a pas de trop long soli - en somme c'est tout à fait bien, punchy et dansant, comme dans notre souvenir de 2004, voilé à travers des nappes de poussière rouge !
Un point en amélioration tout de même : le chanteur a sans doute pris confiance et n'éprouve plus le besoin de faire aussi peur que LeatherFace, il est au contraire très sympa, nous insulte gentiment sur Psycho Social, nous remercie, nous fait hurler avec lui (un People = Shit ! repris en choeur) et nous félicite pour notre belle humeur... En somme un frontman tout à fait agréable, si on l'imagine sans son masque, et qui s'y entend pour mettre le feu et faire bondir 20 000 personnes - et encore, on n'ose imaginer comment ça doit vibrer et sonner dans les villages avoisinants, les dentiers doivent en sauter des tables de nuit !
On aura d'ailleurs droit à un rappel qui se finit en faisant accroupir tout le monde afin de mieux hurler la très excitante Jump da Fuck up !. Jump the fuck up ? Yes we can ! Et dire qu'on ne pensait pas forcément rester tout le concert, on a encore pris une bien belle gifle qui concluera idéalement ces trois jours ! On laissera en effet conclure monsieur Laurent Garnier sans nous, lui qui ne nous a guère passionnés la dernière fois sous l'ex-chapiteau de la Loggia. On suivra donc le mouvement massif de sortie de la foule, laissant les passionnés d'électro les plus hardcore écouter le set qui conclut cette édition.
Rideau sur cette 21ième édition des Eurockéennes (ah... 21 ans, quel bel âge, j'étais jeune et c...), à la programmation sur le papier plus modeste que la précédente, et qui a attiré pratiquement autant de monde (plus de 31 000 personnes par jour en moyenne). Il faut croire que les gens viennent aussi par simple fidélité pour les Eurockéennes en tant que tel : le site où l'on peut (selon les années) s'asseoir ou patauger presque partout, l'absence de police visible dans l'enceinte et une sécurité bon enfant, l'ambiance d'écoute plutôt respectueuse, l'accueil du public par les bénévoles, le professionnalisme et un très bon son offert aux petits, comme aux grands groupes... Tout ça, et puis...
Peut-être aussi que cette année, ils étaient quand même venus pour le fute rose à Wampas et le slip bleu à King Khan, l'oeil noir d'Allison Mosshart et la robe multicolore de Karen O, les piercings de Keith Flint et le torse chantant de Tricky, la coupe en pétard de Nneka et les mêches sur les yeux de la chanteuse de Kylesa, le costard de John Stargasm et celui de Sliimy, la chemisette de Yuksek et celles des Phoenix, les casquettes des Birdy Nam Nam et de Mlle Ting Ting, à moins que ce soit pour les biceps de Joe Duplantier et ceux de Casey... Autant de personnages souvent hauts en couleur qui ont encore une fois fait de ce week-end le plus beau du mois de juillet.
On concluera donc comme d'habitude, Longue Vie aux Eurockéennes ! Et à l'année prochaine...
Les vraies Photos sont par Andy Trax et les illustrations par Philippe !
Petites Vidéos du dimanche en ligne par ici !
----------------------------- Flashback : Chroniques des Eurockéennes 2008, 2007, 2006, 2005, 2004, 2003.... et plus anciennes encore (sans discontinuité, exigez la qualité !) à partir de 1994 !
Troisième et dernier jour ! le temps commencent à se couvrir... mais finalement il ne pleuvra pas non plus ce dimanche ! le temps de se lever, de manger, de se doucher et nous voilà partis pour la dernière ligne droite des Eurockéennes 2009 !
On arrive sur le site et là attention... tee-shirt Slipknot, ongles noirs, cheveux longs, habits noirs, moyenne d'age 16/17ans... voilà, le ton est donné pour cette dernière journée !
Stuck In The Sound
On va directement se poser sous le chapiteau pour écouter les Stuck In The Sound, plutôt pas mal avec leur bon rock bien péchu. Un public un peu timide au début mais qui se réveille avec leur tube Toy Boy. Sympathique pour commencer la journée.
Rodrigo Y Gabriela
On va s'assoir en haut de la butte pour regarder de loin Rodrigo Y Gabriela sur la grande scène. Un super concert ! une fille, un gars, deux guitares et ils mettent une super ambiance !
Staff Benda Bilili
mais je décolle avant la fin pour aller voir ce qui promettait d'être LE concert découverte du festival, à savoir le Staff Benda Bilili ! pour info, ils sont quasiment tous atteint de la polio et donc la moitié du collectif est en fauteuil roulant .. vous allez me dire ça va être chiant .. et bien comme dit un des membres du groupe au début du concert "ça va être chaud !" et ça a été totalement le cas ! en fauteuil ou pas, ils ont une patate de folie ! le public se prend au jeu et la Loggia se rempli a vu d'oeil, devant la scène c'est la fête ! tout le monde danse, saute sur de la bonne musique africaine bien rythmée. Sur scène, ils ont tous le sourire et ça fait vraiment plaisir de les voir aussi heureux. Ils partent sous une ovation du public, et je les remercie pour ce très bon moment !
Gojira
Je sors de la Loggia, alors que Gojira a déjà attaqué la Grande Scène. Pour les amateurs de métal, rien a dire ! ils ont tout d'un grand groupe mais pour les demi-amateurs de métal...
Sliimy
trop de double pédale, ça devient vite assez chiant, je m'efface donc avant la fin pour aller voir ce que donne Kool Shen sur scène, mais finalement nous préférons aller voir le magnifique Sliimy (ironique évidemment). Sans vous mentir, on reste deux chansons .. il commence à entonner sa reprise de Britney Spears et là ce fut trop ! on s'en va ! comme quoi, une chanson peu vous rendre célèbre mais c'est pas pour autant que vous avez du talent.
Phoenix
On file direction grande scène pour aller voir Phoenix, et ce fut un très agréable moment ; un public un peu mou au début, mais qui rentre vite dans le concert. A écouter sur disque je trouve ça un peu chiant, mais sur scène ça prend une toute autre ampleur ! ils entament Lisztomania, puis If I Ever Feel Better un peu plus tard qui fera reagir enfin le public pour de bon !
Slipknot
Après ce concert, je décide d'attendre devant la grande scène .. ma collègue file voir Tinariwen, apparemment c'était plutôt cool.
Moi j'attends les star de la soirée, Slipknot débarque au Malsaucy, 5 ans après leur dernier passage !
Pour information, j'ai été ultra fan de ce groupe a mes 18 ans, autant dire que j'étais plutôt excité et super content de les voir ! l'intro 742617000027 retentit .. Joey Jordison apparait derrière ces futs avec des doigts en forme de branche (ou je n'sais quoi), le reste du groupe arrive et enfin Corey Taylor, la tension est a son maximum ! le public est limite en transe, et la ils nous balancent (SIC) .. ça fait mal ! ça pogote sévèrement ! mais putain que c'est bon ! 7 ans que j'attendais ça ! ils enchainent avec Eyeless et Wait and Bleed que le public chante comme un seul homme. Les chansons du dernier album sont un peu moins efficaces, mais le grand moment arrive .. dernier morceau du concert, Spit it Out ! tout le monde saute dès les premiers rythmes, jusqu'au fameux "jump da fuck up". Ils nous demandent de nous assoir, tout le monde s'assoit sans aucun souci en 5 secondes ! et le fameux Jump da fuck Up sort de la bouche de Taylor et là c'est l'apothéose ! pogo général devant, derrière le public répond aussi en sautant , ils partent sous une très grosse ovation du public. Je ressors content et ravi d'avoir enfin pu voir ce groupe !
Laurent Garnier
On finit ces Eurocks 2009 avec le set de Mr Laurent Garnier sous le chapiteau .. quand nous sommes arrivés, lui et son orchestre nous jouaient un morceau assez jazzy, mais très vite ils corrigent ça en nous balançant un petit Crispy Bacon d'enfer ! le chapiteau s'enflamme et ils nous achèvent avec The Man with the Red Face qui clôturera ces Eurockéennes 2009 ! super content également d'avoir pu voir ce grand monsieur de l'electro.
Et voila c'est déjà fini .. personnellement je retiendrai évidemment Slipknot et Cypress Hill qui sont des groupes que je rêvais de voir en live, mais également l'exceptionnelle prestation de Tricky. Sinon Oxmo Puccino, Emiliana Torrini, Pete Doherty et les Yeah Yeah Yeahs m'ont agréablement surpris et le Staff Benda Bilili et Schwefelgelb ont été mes deux super découvertes du week-end.
Encore des nuages lourds de menace et un cul bordé de nouilles pour cette deuxième journée des Eurockéennes. Dans la série festival engagé, l'organisation a cette année installé avec la Communauté de Communes un stand incitant au tri des déchets, une boisson à bulles américaine bien connue ayant fait don de plusieurs milliers de sacs à base de bouteilles en PET.
On passe un moment à discuter de la sensibilisation du public à la protection de l'environnement (c'est un peu notre métier, dans la vraie vie !) avec l'accueil très sympathique de ce stand - après les gobelets consignés, il ne reste plus qu'à réfléchir aux emballages de la nourriture (notamment les sandwiches "Cora" qui ont beaucoup perdu depuis que ce sont devenus des simples "Daunat") et on pourrait bien arriver au premier festival sans déchets plastique du monde !
Quoi qu'il en soit, on aura pas réussi à arriver avant (ou après !) The Answer, écossais bruyants et rustauds avant AC/DC aussi bien à Bercy qu'au Vélodrôme. Installés cette fois-ci sur la grande scène, ils jouissent pour une fois d'un très bon son, ce qui ne parviendra pas à faire oublier leur médiocrité de sous-sous imitateurs de Led Zeppelin, dont ils reprennent jusqu'au look, en toutefois nettement moins gracieux que les aristocratiques Robert Plant et Jimmy Page en 1968. L'assistance est d'ailleurs clairsemée et peu concentrée en ce bel après-midi ensoleillé.
A la recherche de nos sympathiques accréditeurs au village pro, on passe très, très près d'une conférence de presse qui aurait certainement été fort amusante, celle de Tricky - mais le bonhomme a disparu à l'heure dite avec, nous dit-on, une assiette de poisson. Dommage, d'autant qu'on ne trouvera jamais les gens qu'on était venus chercher ici. Direction le chapiteau par dépit donc, pour les suédois Peter, Bjorn & John. Le groupe joue une pop sucrée mais pas particulièrement passionnante, qui s'écoute très bien assis sous les arbres du fond. On constate à l'occasion de leur tube Young Folks et son sifflement horripilant, que celui-ci n'est même pas effectué en direct ! Quoi qu'il en soit, les gens dansent les bras levés et semblent apprécier - décidément, le soleil brille pour tout le monde aujourd'hui.
On s'en va à la recherche d'autres expériences, pour découvrir les danois au nom très modeste et légèrement hors-sujet de The Asteroids Galaxy Tour sur la plage, curieusement étiquetés électro-pop alors que le groupe joue plutôt de la musique funk-soul (un copié-collé raté sans doute ?), par ailleurs assez plaisante. 5 sbires emmenés par une pétillante petite blonde à la robe très courte (va t'on devoir reprendre le compte des bombes atomiques d'hier ?!).
La plage et son bar sont décidément bien agréables cette année, où tout le monde s'estrasse sur le sable sous un soleil opportunément de retour. Il s'avère qu'on connaissait sans le savoir leur tube carrément groovy Around the Bend (un syndrôme pub quelconque sans doute ?) - en tout cas un premier concert bien agréable écouté en sirotant une grande bière - hey, c'est qu'on se déshydrate, avec tout ce soleil pas prévu...
C'est par contre peu après que va se tenir un concert assez fabuleux de Tricky, dont la constance aux Eurocks est admirable puisqu'on l'a déjà vu ici en 2003, 2001 et 1999... et qui sort en outre d'excellents disques à peu près à la même fréquence. Le fantasque Adrian Thaws ne trouve pas mieux en introduction que de passer une horreur de Genesis, déclenchant des sifflements rageurs de l'ensemble du chapiteau.
Bien joué, tout le monde est donc déjà échauffé pour une entrée sur You Don't Wanna remixant en version plombée les Sweet Dreams d'Eurythmics ! Ceci pour enchaîner, accroché au même micro que la timide Francesca Belmonte (qui a hélas remplacé la nettement plus troublante Costanza Francavilla), un Puppy toy groovy et lourd. Le personnage est toujours physiquement affuté à mort (si j'étais une fille, il m'inspirerait beaucoup, je pense...)
La chair de poule vient instantanément à l'écoute de l'entame du fabuleux titre trip-hop murmuré Past Mistakes, dont le beat lent tape au fond du ventre - c'est d'ores et déjà fascinant, avec une fin hurlée inédite - le tout dure au moins huit minutes mais, on va vite s'en apercevoir, conférence de presse ou concert, le bonhomme se fout pas mal des horaires ! Les vrilles de Black Steel retentissent ensuite, un son grandiose pour mettre le feu aux poudres sous la grande tente. Suit une très jolie chanson calme du dernier album (Joseph ?), où il chante, comme à plusieurs reprises ensuite, "par le torse", ce qui est plutôt déconcertant. En tout cas le morceau est dramatique et hypnotique... avant qu'on soit chopés au colback par une furieuse Council Estate, puis par la très noire Girls où il s'en prend à la batterie (ouch, difficile à retrouver, ce titre-là !).
Quand elle ne chante pas, la jeune fille nous tourne le dos devant des machines, comme si elle était au coin... Elle et tout le groupe obéissent au doigt et à l'oeil de l'artiste, qui laisse durer les titres autant qu'il en a envie avant de donner le signal de fin d'un moulinet du bras. Comme par exemple sur un titre rappé où Tricky offre à la foule une magnifique séance de natation sur bras - décidément, même s'il ne s'est pas laissé filmer par l'organisation pour les grands écrans, le gaillard est de meilleur humeur que par le passé, où certains jours on ne voyait que ses oreilles dans une pénombre enfumée... Passage obligé, Karmacoma et, pour mon grand bonheur, sa splendide reprise de Cure : The Love Cats. Puis un titre très sombre, zombifiant, époque Pré-Millenium Tension sans doute, qu'il fait durer de nombreuses minutes.
Et enfin, dans un morceau d'anthologie de plus de vingt minutes répétant la même boucle au fil de montées et de chutes de tension successives, il danse comme un possédé et se prosterne longuement, et il explose totalement son timing (20 minutes de bonus !), au grand désespoir des organisateurs qui lui font des signes désespérés depuis le bord de la scène - il va même en bousculer un, finissant par un nouveau circuit dans les bras du public. On finit par se demander si le son va être coupé ou la sécurité s'emparer de l'incontrôlable "Gremlin" (dixit son amie Beatrice Dalle). Enfin arrêté, il laisse une audience subjuguée et K.O. debout, pour ce qui restera probablement comme LE concert d'anthologie de cette édition !
Devant l'impossibilité de rater un moment pareil, on devra faire une cruelle impasse sur la délicieuse Olivia Ruiz, également bonne cliente aux Eurockéennes (par exemple ici en 2007), et dont le dernier disque nous a toutefois moins plu que le précédent. Quelques minutes seulement passées en sa compagnie, le temps de découvrir en scène mais de très loin ses nouveaux titres comme Belle à en crever et l'un peu anecdotique Elle Panique. Comme on pouvait l'imaginer, les spectateurs qui sont restés ont paraît-il eu droit à un duo avec Matthias Malzieu, héros eurockéen bien connu et à n'en pas douter inspirateur de la plus réussie du disque, la très chouette Mon petit à petit...
On a toutefois un rafraichissement à boire et tout le site à traverser pour retrouver la nigériane et splendide Nneka, enthousiasmante sur disque et en concert, qu'on se réjouit donc de revoir. La belle ébouriffée est déjà en train de scander Kangpe, aidée par son bassiste qui finit en scat, avec un groupe en configuration plus reggae que sur disque. Elle interprète ensuite un très joli slow parmi deux ou trois (où sa voix rocailleuse et chaude rappelle à chaque fois celle de Neneh Cherry), ainsi qu'un titre appelé VIP (comprenez, Vagabonds In Power).
Suffri, trip-hop sur album, sera ici revue en version dance hall, les mains en avant, où le public danse avec plaisir sous les jolies plantes lumineuses. Un début calme et trompeur débouche ensuite sur le titre HeartBeat, où les plagistes se transforment carrément en kangourous joyeux. Le concert se finit sur l'espérée Focus, moins percutante que sur disque en raison d'une guitare plus effacée et néanmoins très énergique - la musique de cette fille vous file décidément une sacrée pêche !
Une nouvelle traversée du site encore plus terrifiante (plage->loggia) nous attend, et cette fois-ci au pas de course - quelle vie atroce que celle de chroniqueur... On adressera un petit coucou à Pete Doherty en passant, puisqu'on commence à l'avoir vu un peu trop souvent à notre goût, et notamment ici-même l'an passé - il faut croire qu'à défaut d'être devenu génial, il a été assez aimable (et sobre) pour avoir été ré-invité un an après ! Le but de notre course est de voir le court set sludge metal de Kylesa, dont on est fan de la monstrueuse galette Static Tensions.
La bande composée d'un bassiste, de deux batteries (!) et d'un guitariste puissant, est emmenée par une jeune femme ressemblant à la Laura Palmer de Twin Peaks (ils chantent chacun à leur tour, avec quasiment la même voix d'outre-tombe), et il ne va pas tarder à déchaîner les enfers, avec fort opportunément pour nous, quelques minutes de retard... Les deux batteurs cognants comme des sourds sur l'introductive Scapegoat, un mosh-pit plutôt brutal se forme instantanément : pendant le concert, un gros abruti apparemment ami du groupe sautera même de la scène avec élan et les pieds devant, laissant deux personnes au tapis.
Brrr... quel contraste avec l'ambiance peace & love du concert d'avant ! Le groupe enchaîne les morceaux de bravoure trois par trois, avec notamment les ponts en plomb de la mortelle Running Red ou la fabuleuse Unknown Awareness, jouée dans un enfer rouge méphitique. Une partie du public passe le concert à travailler des cervicales, sur ce qui sonne à n'en pas douter comme le timbre le plus sinistre du festival, mais aussi une vraie performance maîtrisée, concise et classieuse - voir à ce sujet les vidéos jointes en fin de chronique...
Quant à la tête d'affiche du festival (entendez en terme de cachet), elle nous en touche une sans bouger l'autre : On ne consacrera pas plus de quelques minutes à Kanye West (alias Gay Fish), au hip hop extrêmement main-stream, beaucoup trop synthétique et même, horreur et indignité suprême, autotuné à mort... A vrai dire, la sensation hype du moment, les Passion Pit, nous intéresseront à peine davantage. Assez anecdotiques et suiveurs en disque, ils le sont également sur scène de la Plage (qu'on ne quitte décidement plus). De toutes façons un groupe qui aligne trois synthétiseurs sur scène n'a forcément pas la conscience tranquille, pas vrai ?
On a la flemme de détailler ici les titres écoutés du bar, à savoir une grosse partie de l'album, épuisante litanie de niaiseries guillerettes (To Kingdom Come, Moth's Wings etc), voire très agaçantes (cf les chinoiseries de Sleepy head). Difficile d'arriver après The Arcade Fire ou TV on the Radio, le talent en moins et la prétention en plus, sans que cela se remarque... Leur passage sur scène confirme une intuition à l'écoute de leur disque : le feu de paille ne durera pas longtemps, avec un peu de chance, ces gars-là et leurs tronches de cake auront disparu des radars dès les premiers frimas revenus, rejoignant The Music, Clap Your Hands Say Yeah et autres Wombats au rayon "Don't believe the hype"...
La soirée prend alors un virage électro définitif sous le chapiteau avec Yuksek, qui avait joué en fin de soirée il y a deux ans sur la petite scène proche de la sortie (déclenchant un bouchon monstre et sautillant), et se voit ce soir offrir le chapiteau comme écrin. Son set tout seul aux machines, avec parties chantées en live, a tout pour rendre dingo l'ensemble du public à partir du moment où il monte en puissance et en bpm, c'est-à-dire très rapidement. Pour un peu, même les parts du flammekueche que j'ai encore acheté (un peu d'indulgence, ça me rappelle le bled !) se mettraient à danser sur leur cartonnette ronde...
Dans la veine Daft Punk/Digitalism, Yuksek joue donc un électro-rock archi putassier - mais au sens positif du terme : irrésistible et assez jouissif, à l'image de son tube Take my Hand. Un poil moins doué que les autres sur disque, et même s'il n'y a pas grand chose à voir sur scène - quoiqu'il assure lui-même, et très bien, les parties vocales, il se rattrape allègement en excellant dans sa science des descentes et des montées, déclenchant régulièrement des hurlements hystériques. Il fait donc logiquement un carton plein et un triomphe, d'autant que pratiquement tous les spectateurs sont concentrés là en l'absence d'autre gros concert à la même heure.
Reste à voir la prestation des turntablists fous de Birdy Nam Nam, à qui l'on doit un très excitant Manuel pour une émeute réussie et un souvenir enthousiasmant en live aux Artefacts 2008. Les gredins joueront notre titre préféré, Transboulogne Express, avant qu'on ait dépassé la buvette située à mi-pente de la grande scène - dommage. Certes leur électro est plus tournée vers le hip hop (leur terreau d'origine), et un peu plus cérébrale que celle de Yuksek (cf l'excellente War Paint). L'ambiance tarde donc un peu plus à monter.
Elle décollera pour de bon quand leur light show, une illumination totale et multicolore de leur set, démarre enfin après quelques chansons. Leurs basses archi-travaillées (Manual for Successful Rioting) et un set bien construit en ascension finissent par emporter l'adhésion générale, au moment où nous déclarons forfait pour cause de jambes coupées (oui, je sais, ce n'est pas une excuse, mais je ne peux quand même pas avouer ici que nous n'avions plus soif !), à l'issue d'un samedi somme toute assez bien garni lui aussi. C'est donc en longeant le bord du plan d'eau qu'on entendra, ainsi que toutes les mamies d'Evette-Salbert je le crains, la montée assez fabuleuse de The Parachute Ending. Au dodo !