Les 4-5-6 juillet 2008 - Belfort Les Eurockéennes de Belfort fêtent cette année leurs 20 ans !
Trois jours, Cinq Scènes et plus de 70 formations rock, pop, électro, folk et métal au programme de cet anniversaire : Moby, Massive Attack, The Offspring, Ben Harper, N*E*R*D, Cali, The Gossip, Cavalera Conspiracy, C.S.S., Babyshambles, Camille, Calvin Harris, The Do, Cat Power, The Wombats, Band of Horses, Comets on Fire...
Dernière actu : Pour sa 20ème édition, les Eurockéennes de Belfort reçoivent sur trois jours 75 concerts répartis sur 5 scènes. Au menu : Moby, The Offspring, Massive Attack, Ben Harper & The Innocent Criminals, Grinderman, Cali, Babyshambles, Cavalera Conspiracy, N*E*R*D, Gossip, Sinik, Gnarls Barkley, La Bande Originale (avec Olivia Ruiz, Camille, Grand Corps Malade, Oxmo Puccino, Arno, Amadou & Mariam, Didier Wampas, An Pierlé, Daniel Darc, Nosfell...) et aussi...
Arno
Chanteur déglingué et parolier iconoclaste, avec plus de 40 ans de scène derrière lui. Qu’il soit debout derrière son micro ou assis sur une chaise, qu’il chante en anglais ou en français, qu’il évolue avec une formation rock complète ou en configuration réduite, qu’il joue ses propres morceaux ou reprennent ceux des autres en « changeant tout le bazar », Arno est un monument. www.arno.be | Myspace
Biffy Clyro
Biffy Clyro est un groupe de rock alternatif écossais, composé de trois musiciens : le guitariste et chanteur Simon Neil, ainsi que les jumeaux James (basse) et Ben (batterie) Johnston www.biffyclyro.com
Dj Missill Graphiste, graffeuse, DJ, Missill torture tous les sons et délivre des perles sonores explosives, mélangeant ragga, hip hop, breakbeat et électro qui la font vibrer.
www.missill.com
Calvin Harris
Originaire de Dumfries, ce jeune écossais s’est imposé comme une des révélations 2007 sur la scène électro. Il est auteur de remix pour de nombreux artistes et à même composé des titres pour Kylie Minogue. Son premier album "I Created Disco", est sorti en juin 2007. Cet opus à dominante electroclash et inspiré des sonorités 80’s laisse présager un bel avenir à Calvin Harris www.calvinharris.fr
Gossip Gossip est un trio américain de punk n' soul emmené par l'impressionnante chanteuse Beth Ditto... Attention, sa musique ultra énergique est de nature à rendre n'importe quel public complètement hystérique. Myspace | www.killrockstars.com/
Moby, The Offspring, Massive Attack, Ben Harper & The Innocent Criminals, Grinderman, Cali, Babyshambles, Cavalera Conspiracy, N*E*R*D, Cat Power, Gossip, Sinik, Gnarls Barkley, La Bande Originale (avec Olivia Ruiz, Camille, Grand Corps Malade, Oxmo Puccino, Arno, Amadou & Mariam, Didier Wampas, An Pierlé, Daniel Darc, Nosfell...)
et aussi... Keny Arkana, Camille, CSS, Daniel Darc, dEUS, The Do, Arno, The Wombats, Moriarty, Alborosie, Band Of Horses, MGMT, Ezekiel, Calvin Harris, Battles, Danko Jones, Vampire Weekend, Biffy Clyro, Sharon Jones & The Dap Kings, Sébastien Tellier, Tunng, French Cowboy, Dan Le Sac vs Scroobius Pip, Lady Saw, Missill, Galactic, Yeasayer, Comets On Fire, Lykke Li, Xavier Rudd, A Place to Bury Strangers, Holy fuck, The Blakes, Seasick Steve, Kasai Allstars, Faso Kombat, Red Sparowes, Nortec Collective, Future Of the Left, Genghis Tron, Santogold, Shape of Broad Minds, Fucked Up, Soko, Cadence Weapon, Nash, Girl Talk, Midnight Juggernauts, Love Motel, Yules, The Mondrians, Generic, Raspect, The Seducers, T, Pulpalicious, Electric Electric
90.00
Cat Power
La chanteuse américaine Chan Marshall alias Cat Power, originaire d'Atlanta, est considérée comme l'une des plus grandes voix du folk actuel.
dEUS
Le groupe indie rock belge Deus se forme en 1991 à Anvers. C'est un des tout premiers groupes de rock belges à avoir connu une certaine popularité au niveau international Deus est notamment réputé pour ses prestations scéniques fortes en rock'n roll.
Daniel Darc L'ancien Taxi Girl est devenu le dernier des grands poètes maudits - sous le cuir, les tatouages et la voix cassée, se cache un survivant, qui défie quotidiennement la Camarde à coups de chansons rock torturées, intimistes et viscérales. www.danieldarc.com/ | Myspace
La journée débute pour nous avec les Français de Bikini Machine qui se démènent pour faire bouger le public sous le chapiteau. Une jolie prestation, avec des morceaux électro rock bien funky et groovy, chantés tour à tour en français ou en anglais… A signaler : deux très bonnes reprises de Jacques Dutronc et des Sonics, exécutées par un groupe en perpétuel mouvement (les instruments passent de mains en mains… ). Tout n’est pas génial, mais l’ensemble est plutôt percutant ; Bikini Machine dégage une énergie communicative qui permet de partir du bon pied dans un marathon musical des Eurockéennes en ce début d’après midi.
Loney, Dear :
Quelques instants plus tard, le Suédois Loney, Dear a l’opportunité de présenter sa musique au festivaliers agglutinés sur la scène placée sur la Plage ensoleillée. Un club intimiste aurait été plus approprié pour la musique délicatement folk pop de ce songwriter plutôt doué, mais un peu timoré en live. Si la mayonnaise a un peu de mal à prendre dans l’ambiance festive et décontractée qui règne sur le sable belfortain, on remarque néanmoins une très belle voix et des morceaux qui tiennent la route. On pense furtivement à Sufjan Stevens, l’on se dit que notre homme et ses musiciens devraient plus se lâcher pour véritablement convaincre, avant de se dire que le lieu n’est tout simplement pas adapté. A revoir dans un autre cadre…
TV On The Radio :
Véritables bêtes de scène habituées à se produire sur de grandes scènes, les New-Yorkais de TV On The Radio ont une nouvelle fois impressionné par leur puissance de feu quasi surnaturelle sous le chapiteau des Eurocks. Ah, se laisser transporter par les guitares tournoyantes, le chant possédé et les rythmiques impérieuses de TV On The Radio… C’est vraiment le trip total, qui fait tout oublier et planer à 4000 mètres sans l’aide du moindre produit licite ou illicite… L’équilibre parfait a été trouvé entre la soul, le groove, le rock bruitiste et la pop sidérale par ces alchimistes diaboliquement doués ; dans ces conditions, avec un son puissamment évocateur, TV On The Radio n’a aucun problème pour emmener une foule entière dans son univers passionnant. Et comme à chaque fois, à la fin du set, on reste comme orphelin.
The Good The Bad and The Queen :
Heureusement, pas le temps de se laisser aller à des états d’âme, le super groupe The Good The Bad and The Queen a déboulé sur la grande scène pour accompagner paisiblement le début de soirée ensoleillé et engourdi de festivaliers avachis, mais souriants. « C’est bizarre, c’est la même voix que Gorillaz ! » dit une jeune fille à son amie, qui lui répond du tac au tac : « C’est normal, je crois que c’est le même chanteur… » Oui, le nouveau projet de Damon Albarn (Blur, Gorillaz, donc… ) réunit Paul Simonon, le mythique bassiste du Clash, Tony Allen, le batteur de Fela Kuti et Simon Tong, le guitariste de The Verve, pour un résultat plutôt sympathique sur disque et sur scène. La pop teintée de soul prodiguée par The Good The Bad and The Queen est une invitation au rêve éveillé et à la relaxation : le chant boudeur, les mélodies cotonneuses et les rythmes alanguis produisent un délicieux effet décontractant. On se croirait presque à Woodstock ou à l’île de Wight pour un festival de hippies… Sans forcer son talent, et en s’enquillant une bouteille de Whisky avec le toujours excellent et flegmatique Paul Simonon, Damon Albarn fait le strict minimum au chant et au piano, avant de lâcher quelques « Thank you very much » endormis. Le super groupe est un peu sous utilisé mais tout cela sonne finalement bien, sans être renversant.
Klaxons :
Renversant, le show des très hype Klaxons l’a, lui, été à Belfort… La foule hystérique qui se presse sous le chapiteau devient dingue dès les premières minutes du show des fluokids anglais, devenus des héros à a fois rock ‘n roll et dancefloor. Leurs titres méchamment vrillants donnent immanquablement envie de se jeter partout ; le chapiteau devient donc une immense piste de danse bien rock. Le rêve quoi… Tous les publics (branchés, pas branchés), les sexes (hommes, femmes) et les âges (jeunes et un peu plus vieux… ) sont réconciliés en un clin d’œil pour participer à la fiesta. Et les Klaxons apprécient cette ambiance de feu. Ce qui les poussent encore à appuyer sur le champignon pour donner tout ce qu’ils ont. Le résultat est un concert de rêve où chaque titre est un tube imparable (Goldskans, It’s not over yet etc etc). Ah, que c’était bon !
Tryo :
Juste après les très risibles Tryo font un triomphe sur la grande scène avec leur chanson reggae démago et ultra facile. Ils représentent l’archétype du groupe détestable ayant cartonné après avoir bien étudié le comportement du jeune qui aime fumer des joints, kiffer le bon son entre potes au coin du feu quoi hein et se ressourcer en dehors des villes polluées (c’est méchant la pollution, hou la la !). Les chansons soi disant engagées (pour la légalisation du cannabis, contre la télé réalité, le racisme etc etc) et drôles (je raconte mon lendemain de cuite, ce genre de choses passionnantes… ) sont une véritable insulte à l’intelligence. Que ce genre de groupe ramasse la caillasse comme les autres lors de lucratives tournées des Zéniths devant un public de trentenaires nostalgiques et beaufs passe encore, mais qu’il soit programmé aux Eurockéennes, on se demande vraiment pourquoi. Oui pouquouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ?????
Air :
Fort heureusement, pour oublier ce (court, on n’est pas maso… ) mauvais moment le groupe Air se charge de nous faire évoluer en apesanteur pendant le durée de son set classieux et bien mené. Les morceaux du nouvel album du duo versaillais – Pocket symphony – sonnent beaucoup mieux en live que sur disque et s’intègrent parfaitement à une set list mélangeant les différentes époques… Jean-Benoît Dunkel et Nicolas Godin sont accompagnés par un groupe de pros discrets et sachant parfaitement ce qu’il doit faire… Les voix vocodérisées, les synthés analogiques, les guitares sèches, les basses rondes n’ont donc aucun mal à créer des atmosphères entre rock planant et pop lumineuse… C’est du grand art. Le public, très chaud (certains slamment carrément, ce qui fait sourire les musiciens) respectent les moments calmes et se déchaînent sur les passages plus enlevés. Et l’on passe un moment de rêve, qui nous place idéalement sur la rampe de lancement pour le décollage final avec les Montréalais volants, Arcade Fire.
Arcade Fire :
Deux ans après avoir été enchanté par leur set en plein jour au festival Rock en Seine, Arcade Fire nous a à nouveau emmené loin, très loin, dans la nuit pluvieuse de Belfort. Le set titanesque des Canadiens a enchanté le public présent devant la grande scène, malgré les trombes d’eau qui s’abattaient sur la presqu’île du Malsaucy. La très craquante et émouvante Régine Chassagne (chant, batterie, accordéon etc), l'inquiétant et intense Win Butler (guitare, mandoline etc) et leur virevoltants acolytes nous ont plongé dans un océan de bruits divins, du genre de ceux qu’on aimerait entendre lors du repos éternel au paradis (s’il existe !). Présenté avec un son magistral et dans une scénographie réussie (de multiples néons rouges et de petits écrans ronds disséminés partout sur scène), les morceaux des deux albums - Funeral et Neon Bible - de l’ultra talentueux combo ont - comme à chaque fois qu’on les écoute – fait passer du rire aux larmes en un instant (magique). C’est donc le cœur battant, les yeux pétillants (ou humides) et dans un état d’esprit euphorico mélancolique qu’on a reçu In the backseat, No Cars Go, Wake up, Neighborhood, Ocean of noise et Keep the car running (entre autres) lors du show mémorable d’Arcade Fire à Belfort. Un show qui met un point final à un week-end très réussi. On reviendra donc avec grand plaisir l’année prochaine !
Comme souvent aux Eurockéennes, on aborde le troisième jour avec sérénité, ayant déjà vu autant de bons concerts en 2 jours qu'en une année entière à Marseille, Strasbourg ou même Paris. On l'aborde aussi avec du retard, notamment à cause de la vilaine petite pluie dégueu qui est tombée en début d'après-midi et à découragé nos velléités. Dommage pour Stuck in The sound ou Bikini Machine que quelqu'un pourra peut-être raconter à notre place. En tout cas on a bien entendu en arrivant (et les mamies d'Evette-Salbert aussi ...) le metal très méchant de Hatebreed, qui avait l'air pas mal du tout - petit regret d'autant qu'on a pas vu Sick of it All non plus. Et qu'on ne peut décemment pas considérer le show de Marylin Manson comme un vrai concert de metal.
On atteind donc le chapiteau au moment de l'entrée en scène des toujours énervés TV on the Radio, coupables de deux des albums de rock les plus déconcertants des 5 dernières années. On constate que Kyp Malone (le guitariste barbu) et le hurleur Tunde Adebimpe (j'adore ces noms !) sont allés chez le coiffeur - il était temps... Leur stoner-funk rock n'en reste pas moins hirsute, malpoli et revêche, avec des titres délicieusement horripilants comme Dirty Whirlwind Ou Let the Devil In, ou les formidables murs de guitare de Dreams...
Le groupe, emmené par le sorcier blanc David Sitek est toujours adepte des "ouh ouh ouh" comme sur le titre Province, des "oh oh oh" comme sur Tonight, et de toutes formes de hurlements en général, souvent proférés au mégaphone. On écoute avec bonheur la très excitante Playhouses (où Tunde hurle les basses) et I was a Lover (où Kyp miaule les aigüs). Difficile de dire si on aime ce groupe plus qu'il ne nous agace, en tout cas il nous tient en haleine. Par contre et comme à l'accoutumée pour les concerts de post-rock, la moitié du public s'en est allée avant la fin, ratant un terrible pogo noisy non identifié (Wash the day away ?), dans un tonnerre de stroboscopes. Un peu hermétique, mais sacrément recherché !
Ce qui est sûr c'est qu'on sera moins secoués par The Good, the Bad & the Queen, à la performance très reposante, très agréable... et presque soporifique. Impeccablement costumés et dans un décor qui évoque le Londres du 19ième, c'est d'abord un quatuor de violonistes qui prend place, rejoint par la bande réunie par Damon Albarn dont deux membres nous impressionnent vraiment par ce qu'ils représentent : Tony Allen et l'afro-beat furieux de la famille Kuti, Paul Simonon et l'énorme héritage du Clash... On aura d'ailleurs d'yeux que pour lui, nettement plus charismatique que l'ex-chanteur de Blur, qui passera d'ailleurs la majorité du concert assis au piano. Damon Albarn a la classe ? Paul Simonon EST la classe. Ce genre de choses ne s'explique pas, petit.
Il attaquent par le très kitsch slow 80's Life, puis la balade Northern Whale. A peine plus pop, Kingdom of Doom ou Three changes, pas suffisantes pour que Simonon, qu'on sent piaffer un peu, puisse vraiment s'exprimer, pas plus qu'Allen qui se retrouve à un moment, c'est le comble, avec pour toute percu un simple oeuf en plastique à agiter... Les chansons se suivent néanmoins agréablement : Behind the Sun, The Bunting Song, The Good the Bad & the Queen ou encore, la très belle Green Fields (ne pas rater par ailleurs la version "The Last Song" par Marianne Faithfull). On oubliera avec indulgence la prestation de l'espèce de gros rappeur repoussant qui est venu nous gonfler vers la fin.
Incontestablement le groupe a su créer une atmosphère, aussi mélancolique que les poches sous les yeux de son chanteur à la mine droopyesque. Et un vrai moment de chanson en anglais, mélancolique, qui nous aura permis de nous reposer un peu les oreilles. Réunir de grands musiciens est très louable et la sauce a même plutôt bien pris - ils ont pondu un agréable disque à écouter les dimanches pluvieux - ou le dimanche aux Eurocks. Le projet donne quand même l'impression d'être un assemblage de chevaux de course, retenus au petit trot par un jockey dépressif, voire un peu sadique... Dommage.
Le réveil va en tout cas être vigoureux avec les pétaradants Klaxons, qu'on attend au tournant pour voir s'ils vont se sortir en live de leurs phénoménales compositions (un titre paru aux Inrocks laissait un peu sceptique). L'explosif Bouncer nous cueille à froid et nous rassure sur leurs capacités, comme leurs titres tous plus fulgurants les uns que les autres : l'énorme Atlantis to Interzone, les tubesque Golden Skanks ou Two Receivers sont parfaitement expédiés, et à toute berzingue encore. On décollera définitivement du sol sur notre préférée, Magick, dont la descente-remontée sera diaboliquement menée avec un énorme blanc au milieu, déclenchant des rugissements de la foule.
Certes les gamins sont 4 au lieu de 3 mais on veut bien leur pardonner, d'autant que tous participent au chant sur Gravity's Rainbow ou Totems, non moins impressionnantes. Même les chansons qui ont le don de nous énerver sur disque (Isle of Her qui sonne d'ailleurs très TVOTR, ou It's not over yet) sont si impeccables qu'il est dûr d'y résister. Revers de la médaille quand on joue si vite : le groupe se tient aux 50 minute qui lui étaient initialement allouées, et finit donc 10 minutes plus tôt que prévu ! En tout cas on peut bien appeler leur style innovant de la "nu-rave" ou autres patronymes stupides, les Klaxons sont d'abord un immense groupe de rock en devenir ! Confirmation du jour.
On s'aventure à présent dans un grand blanc sur la programmation puisque rien ne nous tente vraiment et surtout pas Tryo (qui ne remplit pas sa scène d'ailleurs). Or on garde un bon souvenir d'une prestation ancienne à l'époque d'Unreasonable Behaviour : allons-y donc pour Laurent Garnier et son électro jazzy-cérébrale dans la loggia transformée en sauna. Certes l'homme a le chic pour mettre son public sous tension avec des montées interminables, épaulées au saxophone, au clavier ou par un chanteur black...
Mais les deux minutes de boum-boum libérateur finales sont rares, on se fatigue un peu de les attendre d'autant que ses visuels sont très répétitifs et pas réellement magnifiques. C'est donc du bar qu'on profitera de ses titres plus anciens, comme Crispy Bacon, et d'un autre hit final, étiré sur dix minutes (titre oublié). On se demande quand même quel sadisme ou masochisme le pousse à ne pas jouer The sound of Big Babou, son plus grand tube et le plus entraînant. Bref une prestation solide et sérieuse, mais pas délirante quand même. On passera aussi quelques instants au sound-system voir les Fluokids, paraît-il collectif arty et créatif - en l'occurence on n'a vu qu'un simple pousseur de disques d'électro, sans intérêt même quand ils remixent Justice...
Ca ne fait rien si on s'emmerde un peu, puisqu'on sait qu'on ira bientôt se consoler dans les bras d'Air, nos chouchous depuis toujours, qui nous attendent sous le chapiteau. Ayant peu révisé leur discographie (qui fait déjà partie de notre ADN musical), on identifie quand même dans cette heure de plaisir à l'état pur, des "vieilleries" comme La Femme d'Argent, les très rock et inévitables Kelly Watch the Stars, Don't be Light (et la sublime Sexy Boy évidemment, qui n'a sur scène pas grand rapport avec sa version album).
Tout de blanc vêtus et appuyés par un percussionniste black qui nous avait déjà impressionné par le passé, messieurs Dunkel et Godin se partagent comme d'habitude la voix de robot et la voix de fillette, dont le duo fait toujours des merveilles. Quelques petits mots de temps en temps nous rappellent qu'ils ne sont pas que de grands sorciers du son mais aussi des gars sympathiques. Laissons les goujats et les imbéciles (qui ne les ont jamais vus en live et ne sont pas là ce soir) traiter leur oeuvre de "musique d'ascenseur" : si les gens dansaient tous avec un grand sourire dans les ascenseurs, ça se saurait...
Pas mal, mais pas trop, de titres du dernier album Pocket Symphony, une très rock Mer du Japon, une emballante Redhead Girl ou encore Somewhere between waking et Once Upon a Time. Un bon retour aussi sur Talkie Walkie avec notamment Cherry Blossom Girl et l'énigmatique Run. On constate qu'on avait oublié à quel point ils sont bons sur scène ! Un petit regret pour finir : qu'ils n'aient pas amené Charlotte Gainsbourg dans leurs bagages pour défendre leur excellent projet avec elle. Ne boudons pas notre plaisir, ils nous ont quand même largement envoyés en l'Air (hum)...
C'est à ce moment précis, après avoir été félicité deux foix en cinq minutes pour mon T-shirt Wolfmother, quand on croyait s'en être tirés, que la bascule météo s'est faite (peut-être à cause d'un ami que je ne citerai pas et qui a cru bon de dire qu'on avait eu vraiment de la chance de ce point de vue) : une divinité farceuse a décidé - et on ne peut pas lui donner complètement tort - que la grand-messe païenne finale des extravagants The Arcade Fire aurait plus de gueule sous la pluie. Et en effet c'est heureux comme des enfants qu'on s'est rués une dernière fois à l'assaut de la grande colline embouée, à l'entame de Keep the Car Running. No Cars Go achève de nous remonter le moral et l'énergie, sur le pressentiment que ce concert va être, forcément, formidable.
The Arcade Fire ... Quel autre groupe, inconnu il y a deux ans, jouerait déjà en clôture du plus grand festival de rock de France ? Comment expliquer la vague de bonheur et l'envie irrépressible d'embrasser des inconnus en voyant la belle Régine Chassagne chanter Haïti ou reprendre l'émouvante In the Backseat ? C'est peut-être simplement parce que le groupe a énormément tourné et gagné en maturité depuis leur premier passage français à Rock en Seine en 2005 : ils étaient bons, mais un poil trop foutraques et bordéliques, et là ils sont juste devenus extraordinaires... Richard Parry, l'arrangeur en chef, ne passe par exemple plus son temps à taper sur tout ce qui bouge et se contente juste...de faire vibrer 10 000 personnes.
Même les nouveaux titres sonnent déjà comme des classiques : Ocean of Noise ou Black Waves - Bad Vibrations nous emportent très loin, on en oublie la pluie qui tombe et ce festival qui s'achève déjà... Personne ne pensait pouvoir y échapper et en effet, c'est un intense frisson de communion qui parcourt la foule quand retentit l'orgue magnifique d'Intervention, et l'enchaînement des Neigborhoods 1 & Neighborhood 3 où la pluie redouble (et une larme naît même au coin de l'oeil). L'émotion est à son comble quand le grand Win Butler et sa voix cabossée dégainent l'époustouflante Rebellion (Lies).
Conscients de l'effet électrisant de leurs chansons, le groupe n'en rajoute pas dans les paroles, mais Régine et Win expriment à plusieurs reprises une compassion sincère pour les êtres épuisés, trempés (et néanmoins euphoriques) que nous sommes. Il est vrai que ceux qui sont encore là un dimanche soir à 0 h 30 sous la pluie ne le sont pas par hasard. En rappel, le groupe nous donne Black Mirror et laisse éclater sa joie sur un Wake Up triomphal. Ils finiront le concert en nous disant que nous sommes le meilleur public qu'ils aient jamais eu et, pour une fois, on aura envie d'y croire. Rideau.
On concluera ces chroniques sur une image qui nous a marqué : 3 très jeunes gens émus, qui se tenaient par les épaules sous la pluie en écoutant la fin du concert, et semblaient se demander s'ils pourraient revenir un jour aux Eurockéennes. Qu'ils se rassurent : cette question, je me la suis posé déjà 13 fois, et ça m'a toujours porté chance ... Pour notre part, en vieux briscards, nous nous sommes fixés entre amis le but d'être présents, non seulement pour les 20 ans des Eurock's qui ne vont pas tarder, mais aussi pour leurs 50 ans, nom de Zeus ! Alors ... Longue vie aux Eurockéennes et au Eurockéens !!
PS : le seul salaire reçu pour ce minutieux travail de chronique, c'est les commentaires (même les pas contents) qui montrent qu'il a suscité de l'intérêt. On a raté selon vous le meilleur concert de l'édition 2007 ? Vous avez adoré Phoenix et détesté les Hives ? Vous pensez qu'Amy WineHouse est une pouf' et Josh Homme un poseur, bref, vous n'êtes pas d'accord avec nos jugements ? N'hésitez pas, surtout, réagissez !
Illustrations par Philippe
Des petites vidéos à tous ces concerts, c'est par ici !
A lire aussi sur Concertanco : la même journée, version Pierre Andrieu !
Deuxième soirée riche en bons moments aux Eurockéennes de Belfort 2007. Avec une succession de groupes intéressants avant les têtes d’affiche classieuses et furieusement rock ‘n roll prévues en fin de soirée. Avant la pluie, qui est annoncée pour le dimanche, la journée du samedi se déroule sous un beau soleil pour une foule un peu moins nombreuse que les années précédentes, mais toujours enthousiaste, chaleureuse et prompte à faire un triomphe à un artiste qui mouille sa chemise…
Blanche :
Les Américains de Blanche ont par exemple l’occasion de jouer sous un « petit » chapiteau – la Loggia – qui répond au quart de tour à leur country rock authentique, épicée et marquante. Les petits protégés de Jack White avaient déjà fait très bonne impression à Rock en Seine il y a de cela trois ans avec leur morceaux inspirés, à la fois délicieusement pop et outrageusement country folk ; et bien, à Belfort, ils confirment parfaitement leur statut d’excellent groupe de scène. Le couple Dan John/Tracee Mae Mille, qui chante admirablement en duo, joue de la guitare stridente et de la basse souple est, en plus, soutenu de belle manière par un joueur de pedal steel guitar, un batteur parfait mais également par le bassiste des Greenhornes et des Raconteurs au banjo. Cet orchestre égaré dans l’espace spatio temporel semble tout droit sorti de Nashville en 1954 avec sa musique rustique et son look gothico country. Le public est bien loin d’être insensible à la belle démonstration de ferveur effectuée par Blanche. Et il y a fort à parier qu’il n’oubliera pas de sitôt leur concert belfortain !
Editors :
A peine quelques mètres à faire et nous découvrons Editors à l’oeuvre sur la grande scène, un lieu sans doute un peu trop grand pour le jeune groupe anglais. Qui s’acquitte toutefois parfaitement de ses obligations en proposant un set énergique et puissant. Pour convaincre le festivalier, Editors a trois obstacles à surmonter : tout d’abord, le fait d’évoluer dans un créneau très encombré – pop rock avec chant à la Ian Curtis et ambiances à la Joy Division/Echo And The Bunnymen –, ensuite des morceaux corrects mais pas aussi intenses que ceux d’Interpol ou The National, et enfin la belle gueule de play boy du chanteur, qui arbore le genre de visage qu’on croise plus souvent dans une série américaine que sur une scène de rock. Au début du set, on observe les gens s’amuser à déconcentrer le groupe en portant un de leur petit camarade au dessus de la foule pendant quelques secondes (ça marche : le guitariste ne peut s’empêcher de rire de bon coeur… ) avec la bande son « Editors » en fond sonore. Puis peu à peu, l’abattage du chanteur/guitariste, qui se démène comme un beau diable, et la puissance de feu de combo font leur effet : on vit littéralement les morceaux et l’on se laisse pénétrer par les atmosphères troubles des Anglais. Comme le reste du public, d’ailleurs… Mission accomplie pour Editors donc.
Bassekou Kouyaté :
Changement radical de style juste après, avec le blues rock malien Bassekou Kouyaté, qui transforme immédiatement la Loggia en fournaise… Les voix féminines et masculines, les guitares africaines et les rythmes entêtants entraînent irrémédiablement dans une sorte de transe jubilatoire. Le public est à fond, ce qui galvanise encore plus le groupe, qui étire les morceaux avec des solos basiques et des sortes de jam sessions imparables. Sorte de Tinariwen sans guitares électriques, Bassekou Kouyaté puise son hallucinante force dans les racines du blues, pour en tirer le meilleur : des morceaux remuants, colorés, envoûtants et ultra dansants. Une véritable cure de jouvence aux vertus rafraîchissantes, dont on ressort tout chamboulé comme après une prestation scénique des bluesmen du désert de Tinariwen. Une très belle découverte !
Maxïmo Park :
Comme son peu intéressant deuxième album le laissait présager, Maxïmo Park a décidé de passer à la « vitesse supérieure » et de viser le grand public. Mauvais choix, car la folie et l’excentricité des morceaux du premier album manquent cruellement à l’écoute du second opus des Anglais ! Et l’on se retrouve devant un groupe de tacherons jouant des morceaux sans saveur avec une sorte de conviction forcée. Le chanteur et son chapeau ridicule a beau faire le clown et dépenser une incroyable énergie pour faire bouger le public (à force, il y arrive… ), un sentiment de vague ennui s’installe, seulement bousculé par quelques morceaux plus nerveux et moins passe-partout. Dommage !
Deerhoof :
Comme au Printemps de Bourges en avril 2007, les Américains de Deerhoof ont réussi à emmener le public dans les méandres de leur inspiration tortueuse et surprenante. Deerhoof, c’est un peu comme si Yoko Ono jouait avec Sonic Youth dans un uivers parallèle... La Japonaise Satomi Matsuzaki (basse vrombissante, chant haut perché) et ses acolytes, respectivement guitariste et batteur, semblent improviser des morceaux diaboliquement structurés. La pop, le rock bruitiste, le jazz sont passés dans la centrifugeuse Deerhoof pour obtenir un résultat complètement vrillant, joué avec un sourire au lèvres et en toute simplicité. La prétention ne fait en effet pas partie de l’attirail de ce groupe d’extra terrestres, qui se contente de jouer sa musique barrée avec une sincérité plus que touchante…
Queens Of The Stone Age :
Revoir les Queens Of The Stone Agedeux ans après aux Eurockéennes ne pose aucun problème tant ce groupe surpuissant est une véritable usine à tubes heavy pop rock. Josh Homme est toujours le frontman le plus cool de la Terre ; normal, il sait qu’il a un singulier talent pour écrire des morceaux percutants, un don pour le chant et la guitare, sans oublier un charme vénéneux qui opère immanquablement sur la gent féminine. Porté par un son divin et un groupe impeccable, les Queens Of The Stone Age de Mr Homme ont encore une fois dégagé une énorme impression de force et de classe. La présentation des meilleurs morceaux d’Era Vulgaris, le dernier opus du combo, agrémentée de titres plus anciens a propulsé au paradis le public réuni devant la grande scène des Eurocks. Chaque titre est mieux joué, mieux interprété que le précédent, déjà incroyablement bon… ça ressemble au bonheur ! Cerise sur le gâteau, les musiciens et leur leader semblent prendre un pied incroyable à se produire sur les planches. Contrairement à Marilyn Manson (aperçu ici même la veille pour un show au rabais), les Queens Of The Stone Age ont le rock ‘n roll viscéralement ancré en eux, et ça se sent, ça se voit… et ça s’entend. Vivement le prochain rendez-vous avec les QOTSA !
The Hives :
Juste après, les Hives, leurs hits punk rock/pop et l’humour bravache de leur leader insaisissable ont fait un triomphe sur la presqu’île du Malsaucy. Hate to say I Told you so, Main Offender, Aka IDIOT, et tous leurs tubes s’enchaînent admirablement, entrecoupés des discours volontairement débiles et arrogants du chanteur/cascadeur (il escalade plusieurs fois les murs d'enceintes, et descend souvent chanter pour les premiers rangs)/humoriste… Le seul « petit » hic, c’est le son - beaucoup trop fort - qui a gâché de nombreux morceaux, la basse couvrant les guitares et le chant. C’est bien dommage de ne pas avoir gardé le même volume et la même balance entre les instruments que les Queens Of The Stone Age, qui sonnaient puissants mais pas assourdissants… Est-ce le traditionnel péché d’orgueil ou complexe d’infériorité du groupe voulant impressionner la galerie par un fort volume, pour compenser un manque de puissance ? Sans doute que non, car les morceaux des Hives sont excellents, et les titres inédits à paraître sur leur nouvel opus sont, eux aussi, imparables. Nous sommes là probablement en présence de l’incompétence crasse d’un ingénieur du son. Pour nous avoir en partie gâché ce formidable concert, on proposerait volontiers qu’il soit pendu par les couilles sur une place publique ou obligé de travailler avec un groupe français annoncé le lendemain, Tryo (ce qui doit être aussi douloureux)… Mais, plus sérieusement, on se contentera d’attendre des jours meilleurs (à Rock en Seine, fin août ?) et de partir se coucher pour profiter pleinement de la dernière journée des Eurocks 2007, en pensant au superbe concert des Hives au Zénith en 2005.