La Ruda 08 Mai 2008- Poste à Galène - Marseille Et c'est parti pour La Ruda au Poste à Galène.
Un petit rappel quand même pour les retardataires, la Ruda, anciennement la Ruda Salska,est un groupe qui mélange habituellement Rock, Ska, Salsa, qui cartonne depuis 13 ans. La formation est réputé .../...
Et c'est parti pour La Ruda au Poste à Galène.
Un petit rappel quand même pour les retardataires, la Ruda, anciennement la Ruda Salska,est un groupe qui mélange habituellement Rock, Ska, Salsa, qui cartonne depuis 13 ans. La formation est réputé pour l'ambiance déchaînée de leurs concerts...
Ils nous proposent pour cette tournée un son un peu différent, avec des versions en acoustique de leurs morceaux les plus connus, une sorte de best of swing, sans électriques donc ..
Et d'ailleurs le ton est donné a mon arrivée,sur la scène : basse acoustique, deux guitares sèches, micro style années 50, et affiche lumineuse rétro. Sans oublier les ampoules suspendues qui serviront d'éclairage pendant le concert.
La composition du groupe reste la même, Pierrot (chant), Fred et Ritchoune ( guitares), Xavier (basse), Manu(batterie), Daddy (trompette), Roro (trombonne) et Philly (saxophone).
Le groupe se pointe sur scène, Pierrot tout rétro, avec son béret, nous déblatère a une vitesse hallucinante son discours explicatif, survolté le monsieur.
Et c'est parti pour 1 heure et demi de concert.
Le but est clair, faire chanter,danser,sauter le public.
Acoustique ou pas La Ruda nous offre un rythme toujours aussi soutenu, Pierrot se déhanche, s'éclate avec son micro, se la joue un peu Elvis (en béret? Elvis?hum).
Les cuivres s'en donnent a coeur joie,les guitares grattent énergiquement, batterie et basse donnent le tempo, l'ambiance est bonne d'entrée de concert.
La salle reprend les textes a chaque chanson, et pas seulement les refrains, le groupe est assidûment suivis par ses fans et ça s'entend.
Tous le monde est visiblement ravis de les voir, de redécouvrir tous les titres.
Les arrangements sont bons, preuve en est, ils ne choquent pas leur public, c'est différent mais la base reste la même, c'est festif, ça bouge, ça envoie de l'énergie positive partout dans le Poste a Galène.
Entre les morceaux, Pierrot ne nous laisse pas de répit, un mot, une citation jetée avant de vite reprendre la musique. On a pas le temps de reprendre notre souffle, du coup le public ne lâche pas, et du coup surchauffe de plus en plus.
Chaque chanson est retravaillée, ré orchestrée, les cuivres sont mis en avant, et prennent d'assaut le public,l'absence d'électrique laisse plus de place a Pierrot qui décidément se la joue plutôt Dick Rivers. Beau jeu de jambes monsieur !
1h de concert plus tard, les slamer volent partout dans la salle.
La Ruda nous remercie et se retirent de la scène.
Déjà ?
Quoique vu la vitesse a laquelle tout s'enchaîne, ils ont du nous faire au moins 1 million de titres !!
De toute façon vu le bruit qui envahit la salle, ils ont pas le choix, le rappel est imposé.
Le groupe reparaît, 45 minutes de morceaux plus tard on se dit que c'était pas un rappel, plutôt un faux départ, a peine un entracte.
On a droit a un hommage a la Mano Negra (a qui j'ai pensé pendant tous le concert, la logique est donc sauve), dernier morceau, dernière occasion de se défouler, on en profite au maximum, même si après un concert pareil, le souffle commence a manquer...
Pari réussi pour La Ruda, qui prouve qu'il n'y a pas besoin de gros sons pour faire bouger une salle.
La tracklist pour les puristes : (les titres sont en abrégé) 1+1
Sam
Bon
TXT
Unis
Rien
THC
Paris
Mémo
Barton
Histoires
Trianon
Fumée
Monde
Roots
Prix
Instinct
Art
SiGT
Comédie
TVB
Ronde
Jonathan Richman 3 Mai 2008- Poste à Galène - Marseille Parce que sa beauté est brute et sauvage
57, c'est le nombre d'années que Jonathan Richman a passé sur cette terre. 57, c'est approximativement le nombre de personnes qu'il y avait au Poste à Galène samedi 3 mai pendant la première partie de .../...
57, c'est le nombre d'années que Jonathan Richman a passé sur cette terre. 57, c'est approximativement le nombre de personnes qu'il y avait au Poste à Galène samedi 3 mai pendant la première partie de Suzanne (Suzanne Piesker, qui a commencé son set vers 20h, alors que la soirée était sensée débuter à 20h30).
57, c'est aussi, sans doute à peu près le nombre de minutes que Jonathan Richman avait prévu de passer sur cette scène. Mais c'était sans compter que la salle allait se remplir pendant les dernières minutes avant son set, c'était avant de savoir que ce public attentif (et apparemment composé, au moins en partie, de fans de la première heure) allait applaudir l'énergumène et hurler jusqu'à ce qu'il revienne chercher sa guitare. Sans avoir imaginé que cet auditoire chauffé à blanc allaient l'accompagner de ses bravos jusqu'à ce qu'il quitte la salle (pas juste la scène, la salle !) et que la lumière revienne…
57, c'est enfin la température qu'il faisait au Poste à Galène à la fin du show de "Jojo", puisque, ne "pouvant pas chanter avec le froid", il avait demandé à ce que la "trop puissante" climatisation de la salle soit tout simplement coupée.
On a beau lire partout depuis quelques années que voir Jonathan Richman en concert est une expérience étonnante, que ses larges yeux grand ouverts et ses élans vers le public donnent l'impression d'une grande communion entre lui et l'assistance, il n'en reste pas moins, qu'on se laisse surprendre et charmer par ce monstre de la pop.
Techniquement, l'installation sur scène de Jonathan Richman est très simple. Il y a lui, avec deux micros sur le même pied (un pour chanter, et un autre un peu plus bas pour prendre le son de sa guitare classique), et un batteur (Tommy Larkins, son collègue de longue date). Il ne faut pas s'attendre à un show carré, ni espérer une playlist préétablie : Richman chante ce qu'il a envie de chanter sur le moment, enchaîne (et mélange) plusieurs titres sans attendre d'applaudissements, tente d'expliquer les textes de ses chansons (dans un français plus que correct) quand il lui semble que c'est nécessaire, et fait des rappels sur simple demande (sans sortir de scène) : "vous en voulez encore une ?". Il chante en anglais, parfois, en espagnol de temps en temps, en italien un peu, et même en français (le magnifique "Printemps des Amoureux Est Venu"). Il chante et joue près des micros mentionnés précédemment, ou s'en éloigne, soit pour modifier le son de sa guitare, pour montrer qu'il est avec nous, se rapprochant du bord de la scène, ou alors pour danser et nous regarder un par un dans les yeux.
My baby Love Love Loves Me + "you can have a cell phone" (?)
Si l'on peut, par certains côtés, être déçu par le penchant bricolé d'un tel concert, on ne peut par contre qu'être charmé par le bonhomme, ses textes, ses superbes mélodies et sa présence bienveillante et déjantées. Jonathan Richman offre, en concert ce que l'on voit (trop) rarement ailleurs (surtout de la part de légendes comme lui) : de la chaleur humaine et de la spontanéité. Ses chansons sont parfois sérieuses, d'autres fois amusantes, et toujours touchantes. Il m'est arrivé, pendant ce concert, de penser à Daniel Johnston, à Adam Green ou à Jens Lekman…
57, c'est, pour finir, presque le nombre d'albums enregistré par ce zinzin de la scène (il n'en a en réalité fait "QUE" 21 !)… Mais "Les amoureux, [qui] n’ont pas d’interest dans le monde du bizness" chante-t-il, et la plupart des albums de cet ex leader des Modern Lovers sont malheureusement difficile à trouver, même le dernier intitulé "Because Her Beauty Is Raw And Wild". Alors si vous en avez l'occasion, si il passe près de chez vous, courrez le voir !
Jonathan Richman 3 mai 2008- Poste à Galène, Marseille J'aurais bien aimé vous parler en long et en large de la prestation de l'ex Modern Lovers mais j'en ai hélas raté une bonne moitié, avec ce paradoxe tout marseillais de commencer un concert très tôt un samedi alors qu'en semaine ils commencent .../...
J'aurais bien aimé vous parler en long et en large de la prestation de l'ex Modern Lovers mais j'en ai hélas raté une bonne moitié, avec ce paradoxe tout marseillais de commencer un concert très tôt un samedi alors qu'en semaine ils commencent généralement trop tard.
Si l'on ajoute la chaleur insoutenable de la salle (pleine en plein pont du 1er Mai, ça fait plaisir) transformée pour l'occasion en vraie étuve, les conditions n'étaient pas forcément réunies pour apprécier ce court moment (guère plus d'une heure) que nous a proposé le songwriter mais ses chansons, sa présence et son sourire l'ont quand même emporté.
Car Jonathan Richman est un génie méconnu du grand public (malgré son apparition gag dans le film "Mary à tout prix") qui a depuis les 70's sa place au panthéon des Beautiful losers, il est autant considéré par les amateurs de punk grace au tube "Roadrunner" (repris par les Pistols) que chez les indie/poppeux/folkeux de la terre entière qui l'ont pillé, Beck en tête.
Un vrai plaisir de voir enfin ce personnage attachant pour de vrai, avec ses textes déchirants mais jamais larmoyants, cette voix tremblotante si chaleureuse, cet humour omniprésent.
Ses chansons qui ont l'air de toutes se ressembler dissimulent souvent une richesse mélodique étonnante, une combinaison guitare accoustique/batterie pleine de nuances.
La partie du concert vu faisait la part belle à son dernier disque "Because Her Beauty Is Raw and Wild" avec quelques titres croquignolesques en Espagnol et en Français, des moments accapela et sans micro qui ajoutaient encore plus complicité, d'où la surprise et la frustration de le voir partir si tôt, après un rappel un peu cheap.
Bravo toutefois à l'équipe du Moulin d'avoir permis ce petit évènement en espérant que ce premier passage à Marseille ne soit pas le dernier. Réagir à cette critique
Daniel Darc (+ Ludéal) 25 avril 2008- Le Poste à Galène, Marseille
Avis de gros week-end de rock à Marseille : Daniel Darc et Nick Cave, deux soirs, deux légendes vivantes. On s'était amusé à l'avance entre collègues et amis à constater que "tout le monde allait aux deux", ou peu s'en faut. En première partie .../...
Avis de gros week-end de rock à Marseille : Daniel Darc et Nick Cave, deux soirs, deux légendes vivantes. On s'était amusé à l'avance entre collègues et amis à constater que "tout le monde allait aux deux", ou peu s'en faut. En première partie de Daniel Darc donc, un certain Ludéal, chanteur à guitare de facture classique, accompagné d'un autre guitariste-choriste. Probablement de jolis textes mais un voix assez banale pour les défendre et pas franchement de conviction - pas envie de les écouter, donc. En outre la gageure de se découvrir devant un public de fanatiques impatients, et un petit côté frimeur cynique (C'est la dernière, vous êtes contents hein ?) qui achève cette première partie, courageuse mais pas vraiment inoubliable.
Daniel Darc, outre un 45 tours cultissime, c'est une poignée de disques formidables dont deux dans ce siècle, qui nous accompagnent et nous tiennent chaud. De Darc sur scène, on n'avait par contre qu'une vague expérience en plein soleil (pas vraiment son écosystème préféré a priori...) ainsi qu'un ratage dû à un mauvais timing (à la même heure que les White Stripes à Rock en Seine...). Nul doute que c'est sur une petite scène comme celle du Poste que l'animal trouvera sa juste valeur...
Il arrive toutefois avec un air "fatigué", T-shirt sombre et croix huguenotte ostensible, semblant se cogner partout sur scène, chantant relativement faux sur La Main au Coeur... Une petite inquiétude pointe quand à son état de forme, heureusement il est soutenu par un quarteron de musiciens impeccables et tout à son service : mention spéciale au guitariste grisonnant et follement classieux, Alice Botté - l'incarnation de la rock star, le seul visuellement à la hauteur du mythe qu'il accompagne, les autres ayant l'air un peu trop verts et trop sages... Une collègue nous reparlera d'ailleurs en fin de soirée de ce très stylé musicien, avec des étoiles plein les yeux...
En attendant, les réparties assez cinglantes du chanteur aux vannes venues de la salle montrent en tout cas qu'il est bien là et en éveil - nous voilà rassurés. Enchaînement sur Les Remords qui passe un peu mieux, puis après avoir cherché en vain un électeur de Sarko, une très jolie La Pluie qui tombe - une fois acquis le principe qu'il allait plus parler que chanter, on s'habitue et on apprécie la façon dont il habite ses textes malgré tout - ses regrets nous iront aussi droit au coeur que sur le disque... 1 an et 1 jour, intro qui rappelle Bashung et où s'illustre le clavier (un type qui fume et joue des soli au piano en même temps... très technique donc) : la déclaration d'amour fait merveille et ce coup-ci, on a décollé pour de bon !
J'irai au Paradis, naïve et finalement touchante de sincérité, mais carrément pas autant que Je me souviens, je me rappelle qui nous a de toutes façons toujours bouleversé - une bonne minute de chair de poule à la clé - on avancera l'hypothèse hasardeuse que ceci pourrait être la plus belle chanson de Daniel Darc, même s'il fait un peu le pitre vers la fin, comme pour dédramatiser. L.U.V. sans Alain mais avec Alice Botté ça le fera très bien ! Le titre est joué sâlement groovy, on y reconnait des citations des Stooges qui nous avaient échappé - c'est génial, Gainsbourg aurait adoré.
Puis une chanson qui démarre comme un HeartBreak Hotel déglingué et s'avère être Nijinsky... à notre décharge le disque relativement introuvable de Nijinsky emprunté un jour à la bibliothèque de Marseille était tellement usé qu'on a jamais pu l'écouter... Bref très chouette chanson au son carrément garage - ça le fait. La vie est mortelle, plus apaisée, poème parlé sur une jolie balade. Un peu c'est tout, nettement plus sombre, lancinante ; pardonnons à ceux qui nous ont ENFANTES, répète-t-il avec hargne... et en chantant finalement de mieux en mieux.
Eclaircie passagère avec les plus optimistes (toutes proportions gardées) Environ, puis La seule fille sur terre qu'il nous présente comme la plus belle qu'il ait jamais vue, créature rebelle à ses assauts et couverte de tatouages... Heureusement qu'il n'a pas repéré l'ancienne/nouvelle barmaid du Poste (à moins que ce soit une dédicace ?). Un titre ancien très pêchu, pas reconnu, avec de l'harmonica (où il n'est vraiment pas manchot !), et le voilà sorti de scène après une grosse heure. Bien entendu le public le fera revenir bien vite - il commence en interprétant tout seul et presque juste, une jolie Redemption Song (mais oui, c'est bien cette vieille scie de Bob Marley, devrai-je me convaincre). Tout seul, il continue avec la déchirante Jamais, jamais, et là c'est juste ... presque sublime.
Le piano l'accompagne encore sur une chanson, Il y a des moments, avant que la grosse artillerie ne revienne pour un Cherchez le Garçon, comme à l'accoutumée électrique, bringuebalant, plutôt chic même s'il est manifeste que Daniel Darc n'a pas une folle envie de chanter son tube insubmersible. On songe à notre 45 tours qu'on aurait pu amener pour une petite signature - enfin il n'est pas sûr qu'on aurait osé déranger la bête pour une chose aussi triviale... A propos message privé à celles et ceux qui ont cette vieille chose quelque part - la face B, soit le chanteur tout seul avec un orgue, est magnifique, à redécouvrir !
En tout cas il semble plus inspiré à la lecture du fameux Psaume 23 : tel Johnny Cash qui profitait d'une salle entière de taulards subjugués pour donner à entendre la parole de son dieu, Daniel Darc n'a pas peur d'exposer sa foi à une salle entièrement pendue à ses lèvres, dans un très joli moment. Il sort de scène après une heure et demi de bonheur presque intégral... et à la demande générale reviendra une fois encore pour finir sur un grand classique de jazz, My funny Valentine, magnifiquement illustré au piano.
Pour conclure, s'il est arrivé en ayant manifestement un peu trop chargé la mule, peut-être pour se donner du courage, le chanteur a peu à peu repris ses esprits en même temps que possession de la scène, parsemant sa performance de petites vannes sympas (par exemple, se présenter comme étant le tragique Renan Luce), pour donner au final un concert d'une grande intensité, qui a répondu à toutes les attentes et toutes les espérances. Gageons qu'on retrouvera Daniel Darc dans les mêmes dispositions la prochaine fois qu'on va le croiser, et bonne route à vous, Monsieur. Et pour vous le dire simplement : nous vous aimons.
Photos à venir... by Emmy Etié and/or Pirlouiiiit ! (Image empruntée à myspace.com/danieldarc)
A lire par ailleurs, une interview toute fraîche de Daniel Darc sur le site !
>> Réponse (le 28/04/2008 par Chloro Phil) Juste deux petites précisions pour compléter cette excellente chronique :
le "titre ancien très pêchu, pas reconnu, .../...La suite
Gravenhurst 14 avril 2008- Poste à Galène - Marseille Précédée d’une réputation flatteuse ourdie par des médias aussi bien nationaux que locaux (dont LiveinMarseille), le poste à Galène était assez fourni pour un lundi soir pour découvrir les 4 anglais de Gravenhurst. Ce n’était pas leur premier passage .../...
Précédée d’une réputation flatteuse ourdie par des médias aussi bien nationaux que locaux (dont LiveinMarseille), le poste à Galène était assez fourni pour un lundi soir pour découvrir les 4 anglais de Gravenhurst. Ce n’était pas leur premier passage dans la région puisque le festival aixois Territoires électroniques les avait programmé à la toute fin de leur édition voici 2 ans. Pourquoi Gravenhurst chez les électro ? Parce que le groupe de Nick Talbot, originaire de Bristol, est signé chez Warp, le label anglais le pointu en la matière.
L’intérêt donc du concert d’hier soir était donc le suivant : qu’est qu’on fait comme rock chez Warp ? Réponse : on fait comme dans l’électro, du cérébral avant tout.
Après la sympathique prestation solo du leader de Nation All Dust, les quatre anglais montent sur scène dans la discrétion la plus totale. Batterie, basse, 2 guitares, un petit korg pour les effets et c’est tout. On leur donne 25 ans à tout cassés avec leur uniforme d’étudiants, jean, tee-shirt ou chemise et surtout, pour Talbot, une paire de lunette attaché avec un cordon comme ma grand-mère. Pas charismatique, pas sexy, passe-partout. Mais 3 albums au compteur. Certains qui ont la totale dégaine ne peuvent pas en dire autant…
Premier morceau éponyme tiré de leur dernier album, The western lands, et c’est parti comme Calexico il y a 10 ans en plein revival Mariachi… Nous voilà donc prévenu, pour ces anglais, le territoire qui compte est de l’autre côté de l’Atlantique. Un rapide coup d’œil sur la carte et on comprend vite : Bristol, dont ils sont originaires, se situent sur la côte ouest anglaise. En face, t’as le choix entre Cardiff et… les USA… Alors, à défaut de faire du trip hop comme tout le monde là bas (de Massive Attack à Portishead), Gravenhurst fait du rock pensé, retenu, organisé. Pas de chant, plus de 5 minutes au moins, une maîtrise parfaite de leur instrument, bon tempo, l’assistance commence à se mettre dedans.
Second morceau, Hollow Men, là on se croirait chez My bloody Valentine, guitares à fond, mélodie qui surnage et voix éthérée. Ça commence doucement, ça éclate, ça revient, la mélodie bifurque, ça repart et puis ça éclate, etc. Là, on pense à Tortoise, Gastr del Sol ou encore Godspeed You ! Black Emperor, tous ces groupes nés dans les années 90 sur le continent américain, paresseusement qualifiés de post rock, tout ça parce qu’ils ne respectent pas les structures classiques couplets refrains et s’aventurent dans des contrées bruitistes.
Puis arrivera The Saints, She dance, Song among the pine, enfin presque tout le dernier album. Sur scène, c’est forcément plus nerveux que sur disque, .Il y a aura encore Trust, gentille chanson pop parasité par des larsens savamment distillée. Là, on pense un peu à Sonic Youth et beaucoup à Broadcast, un autre groupe anglais à mi chemin entre pop et posture arty. C’est pas mal, c’est vrai, mais comment dire… on s’emmerde. On comprend vite le principe des morceaux, ça ne surprend plus vraiment la pédale qu’on enclenche pour créer l’orage électrique et qu’on relâche pour retrouver la ligne claire de la mélodie.
Le reste du set, qui ne durera qu’une heure (y compris le rappel) répètera à l’envie la structure finira par fatiguer certains. On avait perdu l’habitude de regarder ses godasses dans un concert de rock depuis quelques années. Mais avec le retour programmé de My Bloody Valentine cet été, il va peut être falloir ressortir sa panoplie de contemplateur béat, parler art entre deux gorgées de vin tout en jetant une oreille discrète à cet obscur groupe qui s’échine à faire un peu de bruit blanc.
>> Réponse (le 16/04/2008 par Mystic Punk Pingouin) Quelle déception !
Attention hier c'était un bon concert. Mais je m'attendais à beaucoup plus de la part de Gravenhurst .../...La suite
>> Réponse (le 18/04/2008 par Geff) Ouais... Pas vraiment d'accord. Le groupe était loin d'être décevant même si la prestation live est (trop) proche de .../...La suite
>> Réponse (le 23/04/2008 par RnFrmLMrs) Nick Talbot et ses trois acolytes ? Croisés dans la rue, ils vous évoqueront une bande d’étudiants en science. Austères .../...La suite
French Cowboy + Heidi 11 Avril 2008- Poste à Galène - Marseille
Quelle bonne surprise que ces French Cowboy ! J'ai toujours eu un réflexe (à la con) qui me fait me méfier des groupes dont un buzz trop et, même vieux fan des Little Rabbits, je n'avais pas écouté ce nouveau projet, sans doute un relent .../...
Quelle bonne surprise que ces French Cowboy ! J'ai toujours eu un réflexe (à la con) qui me fait me méfier des groupes dont un buzz trop et, même vieux fan des Little Rabbits, je n'avais pas écouté ce nouveau projet, sans doute un relent d'anti-Katerinisme primaire.
J'avais peur aussi d'un côté countrysant trop marqué, pas forcement ma tasse de thé. Au final, je suis sorti emballé. Folk mais pas trop, une énergie rock indéniable, un sens de la mélodie imparable, des zicos qui assurent leur race, des choeurs bien trouvés et cette putain de voix bien ravagée et absolument fascinante.
On se balade donc entre folk qui lorgne vers les étendue US, avec toujours un côté mélancolique, voire torturé, et des morceaux plus rock'n'roll (ah cet excellentissime Shake) qui me font penser aux (fabuleux) Violent Femmes (à priori je suis le seul à faire le rapprochement mais je maintiens !).
Moins intimiste que sur disque (que je me suis procuré rapidement après le concert !), le set est carrément rock'n'roll par moment. Notamment un morceau ou après un slow langoureux avec une spectatrice, le chanteur se jettera à ses genoux pour lui déclamer je ne sais quoi de cette voix écorchée et inimitable.
Même s'il est fascinant, cela ne lève en rien la classe du reste du band qui assurent comme des bêtes. Que ce soit sur ces mélodies accrocheuses, ou sur des choeurs assez bloquant, le groupe délivre une musique dans laquelle je suis entré immédiatement, que ce soit pour bouger mon corps ou bien dans des phases plus introspectives. Encore une fois une bien belle découverte !
Un mot sur Heidi en première partie. J'avoue que j'avais pas particulièrement accroché quand je les avais vu lors de sets précédent mais là j'arrive sur le dernier morceau qui finit sur un long instrumental bien bloquant, entre pop et noise. A revoir donc.