Après une après midi folk à l’église de Montferrand et un apéro rock ‘n roll au bar le Bikini, la fête de la Musique à Clermont-Ferrand se poursuivait avec une soirée pop/rock/soul sur deux grandes scènes situées Place de Jaude et Place de la Victoire. Au menu : les infatigables surf rockers d’Araban, le trio yéyé rockab ‘n roll Mustang, la pop classieuse des Glums, la funk ‘ soul de Buttshakers et la rhythm & soul jazz funk d’Anthony Joseph And the Spasm Band… Pas vraiment de quoi s’endormir sur place après une overdose de bière tiède, de merguez pas encore décongelées et de groupes de néo métal rap grunge avec textes engagés en français (quelle plaie universelle, ça) !
La grande scène traditionnellement érigée Place de Jaude à l’initiative de la Mairie de Clermont et de la Coopérative de Mai pour la fête de la Musique est faite pour permettre aux groupes locaux les plus prometteurs de faire leurs débuts devant un très nombreux public. Malgré la - relative - désaffection dudit public cette année (les rangs sont plus clairsemés que les années précédentes, peut être à cause de la fraîcheur amiante ou du fait que, cette année, le 21 juin tombe le jour du seigneur), les trois groupes locaux que nous avons pu voir à l’œuvre ont parfaitement tenu leur rang, malgré quelques soucis techniques, une (trop) grande scène pas exactement conviviale et la pression inhérente à ce genre d’exercice.
Araban
Après des problèmes de son en début de set, les quatre Araban font leur set habituel, semblant se soucier de la pression comme de leur première planche de long board fracassée sur le bitume clermontois. On l’a déjà écrit à maintes reprises, et on le redit ici à l'attention des sourdingues ou des distraits : leurs morceaux sont de véritables tueries, leurs interprétations scéniques sont imparables et leur énergie rock ‘n roll est de nature à botter le cul de n’importe quel fan de surf, de rock et de musique gitane. Certes, on préfèrera toujours les voir sur de plus petites scènes mais cette occasion qui leur était fournie de faire découvrir aux badauds en goguette le remarquable potentiel de leurs compositions a été saisie… et bien saisie !
The Buttshakers
Direction la Place de la Victoire (où se trouve une scène mise en place par la mairie) pour assister à la chaude prestation des Buttshakers, un groupe lyonnais de soul funk rock capable de provoquer la surchauffe des corps et des esprits en quelques poignées de secondes. Sans chercher à se prendre la tête à inventer quoi que ce soit, la très énergique troupe – un groupe de killers et une chanteuse qui tue la mort pour de vrai – fait montre d’une classe, d’une envie de jouer et d’une versatilité franchement réjouissantes. Inspirés par Ike And Tina Turner, Aretha Franklin, Otis Redding et Janis Joplin, les "Remueurs de Cul" justifient leur nom à chaque titre en mettant en contact la soul vintage cuivrée, la funk music groovy et le rock ‘n roll sixties. La voix gorgée d’âme et de vécu, la guitare qui claque, les rythmiques remuantes et les cuivres impeccables contribuent à la création d’un mix ultra épicé. Un mélange de nature à faire bouger n’importe quel être humain normalement constitué à l’insu de son plein gré.
Mustang
Lancés à fond sur l’autoroute du succès (l'A71, celle qui permet aux ploucs de province de Clermont-Fd de relier la capitale des gens qui se croient supérieurs en tout, Paris), le groupe Mustang prouve encore une fois que son surf rockabilly stoogien en français posséde un putain de potentiel pour cartonner. A force de tourner, le trio a progressé de manière remarquable, rendant ses titres toujours plus percutants (même si c’est un peu tôt pour les jouer sur une scène aussi immense), qu’ils soient d’obédience "rock ‘n roll in french" chanté à la Elvis, surf ‘n roll à la Shadows, électro rock façon Suicide, slow langoureux à la Roy Orbison/Nino Ferrer ou Diddley beat rencontrant Ron Asheton des Stooges… En alternant de manière inspirée et énergique leurs propres titres en français (bientôt réunis sur l’album intitulé A71) et leurs jolies reprises (Don Cavalli, instrumentaux surf rock etc), Mustang montre qu’il en a dans la pantalon et n’a cure des critiques de ses détracteurs (qui les traitent de nouveaux Forbans ou Jesse Garon). Les titres de Mustang électrisent ou émeuvent immanquablement, ce qui n’est pas donné à tout le monde, et particulièrement aux deux "artistes" cités à l’instant… Malgré la très dommageable coupure de son en plein milieu de son set, le trio clermontois a fait ce qu’il fallait pour marquer son auditoire.
The Glums
Jeunes, beaux, doués, influencés par des groupes classieux, soutenus par la Coopérative de Mai, les Glums ont, comme Mustang, tous les atouts en main pour réussir… et énerver. Sur la scène de la Place de Jaude, le groupe basé à Clermont-Fd et Aurillac a franchi une nouvelle étape dans son ascension pour devenir les Oasis français (avec, on l’espère, moins de problème d’égo, de drogues, de cervicales broyées à cause d’un micro placé trop haut et de chant alcoolisé faux). Même remarque que pour les autres groupes : il aurait été plus agréable de le voir jouer sur une scène plus intimiste, mais force est de constater que les chansons à la Beatles des Glums ont le potentiel pour séduire les foules. Ces morceaux-là ont tout pour emporter l’adhésion : des mélodies catchy, des structures imparables, un chant joliment arrogant, des chœurs célestes, des rythmiques en place et un orgue entraînant. N’en jetez plus, la coupe est pleine - à ras bord - de qualités ! Devant un telle démonstration de forme musicale olympique (et dans des conditions pas forcément idéales), on aurait presque envie de faire comme les jeunes fans du groupe : jeter ses sous vêtements sur scène pour marquer son approbation ! Mais la température, peu clémente pour un 21 juin, nous empêche fort heureusement de commettre l’irréparable…
Anthony Joseph And the Spasm Band
Fin de soirée maxi groovy avec l’ébouriffante revue soul jazz d’Anthony Joseph And the Spasm Band sur la scène de la Place de Victoire, avec en fond visuel la très gothique cathédrale de Clermont-Ferrand. L’ambiance est à la transe purificatrice, avec une flopée de titres entre jazz classieux, soul blaxploitation et funk vintage, des morceaux donnant envie de danser jusqu’au bout de la nuit. Dans un seul et unique but : atteindre une communion entre les corps et les âmes, faisant passer au second plan les pensées négatives, les énervements quotidiens et les sinistres comportements que peut avoir la race humaine sur Terre… Avec sa "positive attitude", ses "good vibrations", sa bonne humeur, sa voix en or, ses compositions étourdissantes et son groupe de professionnels aguerris à toutes les joutes scéniques, Anthony Joseph réussit à faire monter la température de quelques précieux degrés. Une très agréable façon de dire "au revoir" à la Fête de la Musique…
(ma) Fête de la Musique : Kabbalah + Lizzie Gayle - 21 juin 2009 - 2ème arrondissement - Marseille Cette année, la Fête de la Musique tombe un dimanche et le week-end de la Fête du Panier. J’ai décidé de m’y promener au gré du vent (Place des Moulins, il est toujours présent). C’est justement là que je croise Philippe devant Gli Ermafroditi. J’ai adoré un de leurs chants et beaucoup moins le .../...
Cette année, la Fête de la Musique tombe un dimanche et le week-end de la Fête du Panier. J’ai décidé de m’y promener au gré du vent (Place des Moulins, il est toujours présent). C’est justement là que je croise Philippe devant Gli Ermafroditi. J’ai adoré un de leurs chants et beaucoup moins le suivant. Le troisième a fait pencher la balance du mauvais côté et j’ai cherché un autre point de chute. Philippe vous a de toute façon raconté tout ça avec passion ici.
En attendant Kabbalah prévu Place des Pistoles à 22h00, je déambule et tombe sur A La Via par La Petite Flambe, fanfare de rue qui fait une pause Place de Lenche. Cornemuse et chalémies (j’adore leur son) jouent des airs médiévaux très entraînants au milieu d’une population décidée à faire la fête.
Place de Lenche, l’attrait du Vieux-Port est trop fort et je me retrouve derrière la Mairie, Place Jules Verne, où je vais rester une bonne demi-heure envoûté par le chant de Lizzie Gayle qui interprète des on-ne-peut-plus standards du rhythm and blues. De mémoire Mustang Sally, Route 66, Honky Tonk Woman, Dock Of The Bay, Knockin’ On Heaven’s Door…
Elle est accompagnée de musiciens locaux : Fredéric Bert à la guitare et au chant, Robert Lanfranca à la guitare, à la basse et au chant, Doumé Garrido à la batterie et un bassiste dont j’ignore le nom. Un petit solo de Freddy agrémente chaque titre et l’orchestration est en règle générale très fidèle à l’original. Le timbre de Lizzie, josplinesque, reçoit l’appui de la voix aiguë de Freddy et de celle de Bobby, plus grave. C’est ce dernier qui chante sur Back In USSR pendant que Lizzie repose ses cordes vocales malmenées sur une reprise de U2.
Je serais bien resté davantage mais l’heure de Kabbalah approche et je remonte vers le Panier. Sur l’Esplanade Bargemont, l’Orchestre Philharmonique de Marseille devant une affluence bien fournie entame un titre de Charles Aznavour qui ne me freine pas dans mon élan.
Le set est déjà commencé Place des Pistoles (rebaptisée Rue Sex Pistoles par un petit malin depuis des années sur la pancarte du bas) et quelques mesures suffisent pour que je m’approche de la scène. J’étais déjà alléché par les toujours élogieuses critiques du groupe sur ce site. L’osmose entre la mandole et le chant "Vavavaï" de Stéphane Galeski, le saxo de UliUliphant 2000Wolters et le violon d’Anna Startseva expliquent un tel engouement. Patrick Ferne (basse) et Gérard Gatto (batterie) donnent au quintet une rythmique propre à la musique klezmer.
C’est ma troisième expérience de ce type de l’année après le merveilleux Yom - qui passe le 25 juin à Aix dans le cadre du Festival Musique dans la Rue, ne le ratez pas – et Nomadeus et ce style de musique n’est pas loin de devenir mon préféré. Toujours très entraînant, autant pour les musiciens toujours en mouvement que pour les spectateurs, instrumentalement fouillé, mélodiquement impeccable, il est on ne peut plus festif et à sa place ici, Fête du Panier, Fête de la Musique.
Le format (une heure pile et on change de set) m’a frustré et je me prépare à revoir Kabbalah sous peu.
Selon le programme, j’avais encore droit à 30 minutes de Rit Place de Lenche. Mais j’ai trop flâné et suis arrivé sur son dernier titre.
Beaucoup d’animation en remontant la Canebière, mais rien qui me fasse ralentir. Kabbalah a placé la barre beaucoup trop haut.
The Elderberries, The Barbed Wire Brothers, Araban (Fête de la Musique 2009) - 21 juin 2009 - Le Bikini, Clermont-Ferrand Juste après la communion angélique avec la folk music dans l’église de Montferrand, place à la musique du diable, le rock ‘n roll, sur la terrasse du bar Le Bikini pour la fête de la Musique. Au menu : le surf ‘n roll bohême d’Araban, le country ‘n roll jouissif des Barbed Wire Brothers et le heavy .../...
Juste après la communion angélique avec la folk music dans l’église de Montferrand, place à la musique du diable, le rock ‘n roll, sur la terrasse du bar Le Bikini pour la fête de la Musique. Au menu : le surf ‘n roll bohême d’Araban, le country ‘n roll jouissif des Barbed Wire Brothers et le heavy rock infernal des Elderberries… De quoi passer une fin d’après-midi absolument réjouissante dans une ambiance sympa, conviviale et franchement rock.
Araban : rythmé, sauvage et enthousiasmant !
Il y a beaucoup de monde sur la terrasse du Bikini, la grande famille du rock ‘n roll s’est réunie à la bonne franquette pour vouer un culte à sa musique préférée… Le but avoué des groupes est d'essayer de couvrir les bruits de techno de supermarché émanant des deux bars d’à côté, lieux sans âme fréquentés par de sinistres étudiants en école de commerce (beurk !). Ceux là mêmes – qui, non contents d’accueillir l’infect Brice Hortefeux à bras ouverts pour des conférences où l’on apprend à entuber le bas peuple – écoutent de la musique de m… à longueur d’année. Chacun ses goûts, mais y’ des limites quand même ! Fin de la parenthèse. Sur ce, Araban déboule et peine à atteindre immédiatement son rythme habituel de croisière. Normal, il est tôt, il fait jour, la température est relativement élevée (on est à Clermont-Ferrand, hein !), la plupart des gens sont assis et les musiciens ne sont pas des machines. Et puis rapidement, l’atmosphère festive aidant, Araban muscle son jeu et commence à dérouler avec classe et virulence son set de surf rock ‘n roll gitan. C’est rythmé, sauvage et enthousiasmant, entraînant le désir de hurler des onomatopées hystériques à la cantonade ; en tout cas, c'est vraiment l’idéal pour commencer à se mettre dans l’ambiance et envoyer valser les clichés nauséabonds sur la fête de la saucisse, sortie annuelle des gros beaufs fans de Johnny. Ici, au Bikini sous le patronage bienveillant d’Olivier (un charmant fan des Cramps et de… Rammstein slammant plus vite que son ombre et sachant accueillir les groupes et les clients comme il se doit, ce qui n’est pas si fréquent… ), la musique tiédasse et chiante n’est pas acceptée… Et c’est pour ça qu’on y vient si souvent avec grand plaisir !
The Barbed Wire Brothers, "Yeepah !"
On enchaîne juste après avec un autre excellent groupe, The Barbed Wire Brothers, un combo de country rock foutrement doué avec deux Araban dedans, mais aussi un Stetson, un membre du Bikini Crew et un Didier Veillauts pour l’occasion. Bloqué par un démarreur récalcitrant, le contrebassiste est en effet remplacé aujourd’hui au pied levé (et haut la main) par le batteur, Matt "Dead Brides" Veillaults se chargeant quant à lui de battre le rythme avec sa classe coutumière. Avec une caisse claire, un banjo, deux guitares électriques, une basse et un micro, ces gars-là arrivent à faire croire au public qu’il est aux Etats-Unis à une fête Country & Western. Mais la troupe admirablement branque a également pris soin de mettre une bonne louche de rock ‘n roll dans sa country, provoquant une belle envie de pousser des "Yeepah !" de joie et des achats de panoplies complètes de poor lonesome french cowboy. Avec les excellents morceaux de leur propre répertoire – plus quelques reprises (Johnny Cash) – chantées avec un accent de bouseux américain à couper au couteau, les Barbed Wire Brothers donnent envie d’enfourcher illico presto un canasson pour sillonner le far West du Puy de Dôme : le Parc Régional des Volcans d’Auvergne. L’énergie, la joie de vivre et l’humour qui se dégagent de la musique de ce groupe sont un véritable bonheur. Un bonheur disponible dans votre salon avec leur excellent premier "neuf titres" désormais en vente libre (et bientôt chroniqué ici-même)…
The Elderberries au Bikini
La fête de la musique au Bikini se termine par un concert tonitruant, décontracté et hyper rock ‘n roll des Elderberries… Le houblon a coulé à flots dans les rang du public (les vieux rockers commencent à gueuler comme des maniaques, c’est bon signe) et des musiciens, ce qui permet à tout le monde de se lâcher franchement. Les titres des deux albums des Elder sont joués façon blitzrieg heavy rock avec moult cris de Bon Scott/Josh Homme, riffs servis bien saignants, rythmiques teigneuses et solo de guitare dégoulinants de distorsion. Pour être concis, ça rend tout simplement super heureux de voir les Elder s’éclater comme des gamins à ferrailler un bon vieux hard rock ‘n roll des familles. Le public, aux anges et arborant une maxi et unanime banane, apprécie la déferlante de titres supersoniques entre heavy rock et rock stoner : I wanna Bit, Lost My Way, It Doesn’t Really Matters, Hellphone, White Heat, Little House… Le groupe se sentant comme à la maison, les sourires arborés et la joie de jouer font réellement plaisir à avoir ! Fête de la musique oblige, l’assistance a même droit à deux reprises jubilatoires et improvisées (car plus interprétées sur scène depuis longtemps) d’AC/DC : Let There Be Rock et Whole Lotta Rosie. Encore de belles occasions de vociférer comme un beau diable et de faire rugir les instruments. Le concert se termine par l’excellent et tant attendu titre Au Bikini, dédié de manière sincère et enthousiaste au tenancier de cet estanco, qui se fend en retour d’un "Thank you" de circonstance. Merci aux groupes pour les concerts aussi gratuits que généreux et longue vie au Bikini, définitivement le meilleur bar de Clermont-Ferrand !