Accueil Chronique album : Les Hatepinks - We Are The Fucks - Complete Recordings, par Philippe
Dimanche 23 janvier 2022 : 11352 concerts, 25885 chroniques de concert, 5284 critiques d'album.

Critique d'album

Les Hatepinks : "We Are The Fucks - Complete Recordings"

Les Hatepinks :

Pop - Rock

Critique écrite le 22 septembre 2006 par Philippe

Non seulement ils haïssent le monde (qui le leur rend bien) mais en plus, il faut absolument qu'ils aillent le dire à la planète entière. Les Hatepinks, groupe de punqueroque phocéen explosif, jouissif, parfois subversif (mais jamais discursif) et qu'on ne présente plus, s'apprête donc à envahir l'univers. Pour ce faire et comme avant eux leurs non moins pétaradants cousins scandinaves des Hives, ils ont enregistré ici et pour le Japon, non pas un résumé mais, excusez du peu, leurs Oeuvres Complètes. A coup de chansons de 90 secondes en moyenne, il est vrai qu'on peut en caser, des titres sur une galette (43 en tout, dont un exclusivement composé de Motherfuquer prononcés avec un accent atroce !)
Première question cependant, était-ce bien raisonnable ?... Les râleurs diront que la plus grande partie est déjà parue en vinyle, en split-single ou en CD. Et puis y'a-t-il encore quelqu'un qui n'ait jamais ouï l'un de leurs tubes multiplatinés, aux titres aussi évocateurs que Nous sommes les Haines Roses, Ennuyé sur les pilules, Parasites comme moi, Je téléphone aphone, Embrassant les policiers avec mon cul, Drogues micro-ondables ou encore Es-tu un congélateur en plastique ? En tout cas avoir tout ceci sur la même galette en fait une vraie somme, qui relègue les oeuvres complètes de Schopenhauer au rayon des aimables romans de gare. Qu'on en juge, toutes les disciplines ou presque y sont abordées : Sociologie (My friends are assholes), Sexologie (Girl Migraine), Musicologie (Philippe Manoeuvre is a piece of shit), Informatique (Fall in love with a jpeg file), Histoire et culture Phocéennes (My city is sick of pizzas) et j'en passe...
L'ineptie quasi-générale - voire revendiquée - des paroles est cependant sauvée en partie par un chant en anglais, même si à la fin de Sniffing Glass, le chanteur éclate en sanglots de leur stupidité, juste avant semble-t-il de ... vomir. Mais peu importe les lyriques, le plaisir est ailleurs... Riffs basiques et foudroyants, basse métronomique et batterie furax, chanteur s'exprimant et bougeant comme s'il avait un piment rouge quelque part, les Hatepinks c'est d'abord une expérience de scène !! Où derrière l'aspect soigneusement entretenu d'une bande de crétins toxicomanes sortant d'un mariage trop arrosé, se cache en réalité un quatuor de performers tout à fait surexcitant, abrasif, qui donne comme une envie de grimper au plafond, écraser des pieds et se faire fracasser le nez, bref de rigoler tous ensemble et de se défouler sur du bon punk-rock 77 régressif (ils sont probablement les meilleurs dans leur catégorie). D'ailleurs tout ceci est déjà archi-multichroniqué sur le site, comme par exemple au pif, ici ?
En tout cas leur tournée s'annonce belle et riche en rencontres ! Gageons en effet que leurs amis les allemands ('200 types bourrés et sympas dans une salle, qui ont tous de la drogue et veulent t'en donner' dixit Olivier Gasoil), sur ce disque de Sehr gut Rock'n'roll, les Teutons donc, goûteront en particulier la poésie subtile de Deine Mutter die Pute, tandis que les Suédois vibreront pour cet hommage à leur culture : Ikea Kitchen (is like a gas chamber). D'ailleurs tous leurs hôtes apprendront avec plaisir que les Haines Roses aiment à Uriner dans vos piscines. Les Japonais eux s'en tirent le mieux : la chanson We are the fucks semblant être une dédicace sincère d'amour au pays qui certes engendra Guitar Wolf et les 54 Nude Honeys... et qui saura certainement leur réserver le meilleur accueil ainsi qu'à ce disque !
Enfin à la 41e chanson, alors que la plupart des auditeurs auront soit perdu connaissance, soit fait une overdose, soit balancé leur hi-fi par la fenêtre, les batcaves et les curistes irrécupérables retrouveront avec surprise une reprise (extra) de Ich Möchte ein Eisbär sein de près de 4 minutes (un miracle que personne n'ait piqué du nez en studio). J'aurai au moins appris quelque chose, presque vingt ans que je pensais que c'était 'Iceberg'... Ah au fait, après les avoir menacés de diverses manières, LiveinMarseille.com a réussi à extorquer, juste à temps avant la célébrité et/ou une prison exotique, une interview aux Hatepinks !
PS : Et comme on dit chez Rebell Yell Records :↑クリックすると大きな画像が見られます。!
(Rebell Yell Records, 2006)
Vignette Philippe

 Critique écrite le 22 septembre 2006 par Philippe
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