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Chronique de Concert

We Used to Have a Band

We Used to Have a Band en concert

La Meson - Marseille 4 Décembre 2010

Critique écrite le par

We Used to Have a Band, je comptais les jours en attendant ce rendez-vous avec Marion Rampal> et François Richez à la Meson à Marseille. Ce sont de retrouvailles totales car, soyons honnête, je ne connais pas leurs chansons par cœur, ni même à peine. C'est la première fois que je les vois sur scène. Retrouvés par hasard sur la toile après de nombreuses années, voilà l'occasion de compléter les pointillés.



Enfin arrivés et garés, presque pas en retard, nous parvenons par chance à rejoindre la salle déjà comble, grâce aux rares invités qui ne sont pas présents. Souze (François) réattribue les dernières places disponibles à tout ce petit monde. Allez, entrons nous mettre vite au chaud.
De la chaleur il y en a eu dans cette salle aux poutres blanches et portes rouges.
Certains sont déjà à table, en famille, avec les enfants, entre amis, d'autres comme nous se casent en arrivant. Rares sont les personnes debout, sur le côté. Notre poste de vigie stratégique : à mi-chemin entre scène et bar.



Chut, Marion et Souze entrent en scène entourée de guirlandes, éclairés par une lumière chaude.
"Bonjour !". Comme le détail Marion le calendrier est chargé pour ces deux passionnés : dimanche 5 décembre en avant-première de The Divine Comedy, de l'irlandais Neil Hannon, à l'Espace Julien. Vendredi 17 décembre à l'Affranchi pour l'audition des découvertes 2011 du Printemps de Bourges FNAC parmi 8 groupes régionaux. Rien que ça.

C'est parti. This side up, va resituer tout le monde. Ce calendrier n'est pas le fruit du hasard. Les yeux se tendent, les oreilles se précisent. Cette entrée en matière laisse le public presque essoufflé. Jusqu'à son dernier son le public reste suspendu. Je pense à Norah Jones avec des pépites de chocolat en plus.

Quelques réglages et Sweet fifteen vient nous rappeler les souvenirs musicaux de nos 15 ans (les miens aussi). Loin d'un simple medley cette chanson est faite de ponts d'un souvenir à l'autre. Certains passages à la Rodrigo et Gabriela, laissent place à la montée en puissance de leurs voix entremêlées. Elle finit dans un murmure et le public reste très silencieux. Le respect, les souvenirs se bousculent.

Marion> explique après des applaudissements nourris le thème de Letter from my deads pets. "On a tous eus des animaux de compagnie qui sont morts. C'est une lettre du paradis des animaux morts". Clair. Ce morceau est doux et tendre et au moment ou elle siffle doucement je m'imagine, à cet appel, voir accourir mes compagnons d'enfance.

Well oh well. Théâtrale, Marion nous taquine du bout de son kazoo. Enfantine et magistrale dans sa robe argentée, drapée. Nous suivons ses gestes, les traits de son visage tantôt graves tantôt légers.




Here it Goes arrive. Souze s'accorde consciencieusement, calmement. Marion taquine, fait mine de s'impatienter. Cette chanson avait ravi le public de Belfort le 23/05/10 (https://www.youtube.com/watch?v=PSYpMlMUOUI)
Les corps se détendent, certains spectateurs commencent à se trémousser. Les sens encore sous le choc de l'intensité du démarrage, se délient avec cette chanson. On ose bouger. Un couple à ma gauche hoche la tête en cadence aux répétitions "So you go, go, go, to the telephone...".
Irrésistible. Ça y est je tape du pied.
Le kazoo se fait jazzy et la complicité des 2 voix sur le refrain fait plaisir. Applaudissements toniques et sifflets d'agrément.

En coutant Shadows gone je suis impressionnée par la technique de , par sa voix vibrante, frémissante. Juste devant elle un ange blond est allongé par terre comme au coin du feu, assoupi, la tête sur les genoux de sa maman qui lui caresse lentement de cheveux. La rengaine de la guitare et les variations de voix me font penser à Jeff Buclkey. Je voudrais m'endormir tous les soirs dans cette ambiance. [Ok faut que je réaménage la chambre d'amis et que je les choppe à la sortie].
Easy Susy, tout en nuances, je me balance.



Juices and Battlefields nous annonce Marion. Ce morceau a passionné mon voisin de frère. Les envolées de voix, les breaks aux accents funk et le travail flamenco à la Paco de Lucia l'ont fait planer. Et c'est contagieux, je m'accroche à sa voix saccadée. Souze impose son talent. Et sa voix doucement cassée.

Puppets dreams a été écrit il y a 2 ans quand ils ont "recommencé à bosser, hein Souze ?" Il ne s'en rappelle plus....Déjà... si jeune....
Un petit côté années 60, des accents à la Keziah Jones.
Voici By the window. Marion nous explique qu'une petite fille regarde la pluie tomber par la fenêtre et les dessins à la craie qu'elle a fait en bas s'effacer lentement. La petite fille est devant nous. Ambiance Chill Out, d'un dimanche de pluie. Les couleurs bavent. La tête en arrière je regarde les arbres danser dans le vent. Elle siffle son souffle, je remonte mon col.

Les gens calmes, reviennent au présent doucement et accueillent avec entrain l'avant dernier morceau Beyond beyond. C'est une de mes préférées. Taquine Marion mime avec tendresse "you don't have to fake to look brave" l'air amusé, sourire en coin. La guitare nous fait penser à Léonard Cohen mais plus jazzy. Une chanson vraiment féminine et envoutante.



Le dernier titre The new life est nouveau. Comment ça dernier ?!
Les basses raisonnent et se tordent, je pense à la musique du film Twin Peaks, Fire walks with me d'Angelo Badalament. Il est vraiment original. La montée crescendo en milieu de morceau et la montée des voix apportent de la gaité. "Le dernier" ? Hors de question de s'en aller !

Une autre, une autre !

Il ne faut pas les prier bien longtemps. "C'était il y a 12 ans, on avait un autre groupe de rock (...we used to have a band...) et à l'époque j'habitais dans le 12ème à Marseille. Je passais souvent devant un magasin d'escaliers. C'est con les magasins d'escaliers qui ne mènent nulle part".
Dans Stairway shop la petite fille monte tous ces escaliers et se cogne au plafond. Et la petite voix nous raconte, On grimpe les escaliers les uns après les autres. Un slide up, une glissade, on remonte avec elle pour essayer de trouver un passage, je suis Alice au pays des merveilles. Emportés par un titre qui tire sur le jazz manouche, façon Marcel Dadi me souffle mon voisin. L'accélération allegro fait notre plus grande joie. Le final au kazoo est joyeux et espiègle.

La salle est ravie et petits et grands battent des mains et sourient à pleines dents.
Bien sûr Marion est une interprète de jazz reconnue et courtisée, mais pas uniquement. François passe d'un registre à l'autre avec virtuosité et une facilité apparente. Plutôt que de travailler l'évidence, la liberté dans leur choix d'influences, d'écriture et de jeu qu'ils bichonnent, est précieuse.
Rendez-vous est pris le 17 décembre où nous apporterons tous nos encouragements pour cette audition.



Set list:
This side up
Sweet fifteen
Letter from my dead pets
Well oh well
Here it goes
Shadows gone
Easy Suzy
Juices & Battlefields
Puppet dreams
By the window
Beyond beyond
The new life
------------------
Stairway shop
.

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