La nouvelle formation de Sam le chanteur de Dupain, avec son compère Nielo (mandole) et de Thomas Bourgeois (percussions). Rencontre improbable entre les troubadours occitan, l'intensité rock et une violence contenue à la Silver Mt Zion. Les textes écrits, chantés en français, en Occitan, voire en anglais, parlent d'amour, de voyages, de liberté et s'inscrivent dans la tradition poétique des troubadours du sud de la France.
Karpienia - 8 Mai 2008 - L'Intermédiaire - Marseille L'Intermédiaire a lancé il y a peu une formule d'apéro-concert, ça se passe avant les concerts de 22h, sur les environs de 20h, à l'étage. Ça tombe bien, juste à traverser du repaire du Bar de la .../...
L'Intermédiaire a lancé il y a peu une formule d'apéro-concert, ça se passe avant les concerts de 22h, sur les environs de 20h, à l'étage. Ça tombe bien, juste à traverser du repaire du Bar de la Plaine, pour s'y rendre.
Bon, à force vous savez que Karpienia a été un de mes coups de coeur de l'année dernière. C'était la première fois que je les revoyais depuis que Thomas Bourgeois avait remplacé Bijan aux percus.
Ben, ce fut encore une fois une claque !
Après des expérimentations avec diverses expérimentations (orchestre symphonique, groupe métal, etc...) la formation s'est fixée en trio. Musicalement, elle a évolué ce soir vers un son très rock. Enfin plutôt une énergie rock. Ce qui a fait dire à pas mal d'entre nous que les punks ce soir étaient à l'Inter.
Les nouveaux morceaux comme Morgiu sont assez nerveux, joués assez tendus. Ce soir les morceaux prendront le temps de de durer, souvent sur un long instrumental qui monte en tension, jusqu'à une explosion. La conquista sera fabuleuse à ce niveau. Bien scotché par cette orientation, une parenté avec God speed you black emperor et Silver Mt Zion, non pas dans le son mais dans cette tension progressive et carrément obsessionnelle.
Que les puristes ne s'inquiètent guère, les racines méditerranéennes n'ont pas disparu, bien au contraire. Mais elles ont rencontré, encore plus qu'avec Dupain, l'héritage rock. Thomas Bourgeois aux percussions n'a pas à rougir, il est dans la droite ligne de son prof Bijan, Daniel à la mandole a été aussi exemplaire, tendu dans les montées, martyrisant ses cordes. Quand à Sam, jamais son chant ne m'avait semblé aussi posé, aussi en adéquation avec la musique. Un camarade de zinc lâchera un "Quand Sam chante comme ça, il craint degun à Marseille." et c'est vrai que ce soir, on s'est tous pris une putain de claque !
Plus de photos par Pirlouiiiit (prise au même endroit une semaine plus tard) en cliquant ici
Rodolphe Burger … un nom que j’ai beaucoup entendu mais que je ne connaissais pas, même si je dois avoir son premier album solo quelque part. Je sais que c’est l’ancien chanteur de Kat Onoma mais ça ne m’aide pas plus car eux non plus je ne les connaissais pas (et ce n’est pas le disque que j’ai d’eux mi live / mi interview je crois qui m’a donné envie de creuser la chose).
Et ce soir si il n’avait pas été accompagné de Usthiax je n’aurais sûrement pas fait le déplacement. Usthiax un des quelques « beaux gosses » soutenus par le Moulin, dont le premier album me plait beaucoup (même si je n’ai toujours pas réussi à la chroniquer) et que je rate régulièrement … ce soir ne fera malheureusement pas exception.
Lorsque j’arriverai du Moulin après m’être régalé du set de Cap’tain Carnasse et sa Momie et moins du début de celui des Wriggles, non seulement usthiax a fini mais même Karpienia amorce la fin de sont set. Je les ai déjà vu quelques fois (dont au début quand ils s’appelait trio Carpienia), mais c’est la première que je les vois avec le nouveau percussionniste Thomas Bourgeois qui vient donc compléter le duo composé de Samuel Karpienia et de Daniel Gaglione tous deux à la mandole et au chant.
J’ai cru déceler une certaine tension pendant le concert entre les deux d’ailleurs qui a exploser à la fin d’un long instrumental bien rock de façon positive puisque les deux se sont jetés l’un sur l’autre ! Musicalement c’est toujours aussi passionnel. Soit on rentre dedans, soit pas du tout (désolé pour cette lapalissade). Personnellement je rentre plus facilement lors de leurs instrumentaux endiablés, où ils s’excitent vraiment sur leurs mandoles. Ils quitteront la scène quelques morceaux après que je sois arrivé.
Puis on attendra un bon moment que les ingénieurs de Rodlphe Burger installent tout le matériel et se débarrasse d’un espèce de larsen tenace … et il fera son entrée en scène, accompagné de deux musiciens. Un batteur et un clavier/basse/guitare selon les morceaux. Je dois avouer que quand j’ai vu cet immense gaillard (qui morphologiquement a un petit côté de Bertrand Cantat) avec ses yeux bleus, son pantalon gris métallisé, et son côté un peu dans la lune ça m’a intrigué.
Je mettrai cependant un moment a rentrer dans son univers. Il fera tout le début du concert assis sur son tabouret, à osciller, se pencher à droite à gauche, se retourner, remuer les jambes lentement … genre pas tranquille (ou pas bien assis). Les morceaux sont longs, prennent leur temps pour avancer, les paroles sont minimalistement poétiques … surréalistes …
“ma Toyota est fantastique, elle roule, elle chante, elle … ” répété en boucle, ou encore « Billy the Kid … I love you » a moitié chanté et samplé … les paroles ne semblent être qu’un prétexte pour poser un peu plus explicitement une ambiance mi torturée mi flottante …Je me rends bien compte que je ce j’écris là n’a pas beaucoup de sens, mais c’est à l’image de ce que j’ia vu / ressenti.
Assis pendant tout le début du concert il se servira pas mal de ses pédales et des guitares qu’on lui amènera ainsi que d’une machine posée sur la table à côté de lui permettant de lancer tout un tas de samples vocaux, qui utilisera avec ou à la place de sa voix. La façon dont il jonglera avec (entre sa guitare et la machine), demandant une précision et une rapidité qui contraste avec l’apparente nonchalance / lenteur de ses mouvements montrera une très grande maîtrise.
Si pendant tout le début je serai un peu perplexe, comme on peut l’être devant une peinture d’art contemporain … me demandant si je ne devrais pas rentrer chez moi pour me coucher, je en regretterai pas d’être resté car au bout d’un moment (en gros à partir du moment où il s’est mis debout) ça a vraiment commencé à me plaire.
Sourire en coin entre les morceaux, quelques échanges avec le public pour notamment rappeler qu’on lui avait rappelé qu’il avait inauguré le Cabaret Aléatoire il y a quelques années (mais qu’il avait oublié). Quelques mots sur Sam aussi …
Je profiterai du début du (premier) rappel pour m’éclipser, complètement emballé et conquis par ce chanteur dont j’aurais certainement eu beaucoup plus de mal à apprécier la musique si je m’étais arrêté à sa simple discographie, que je me sens prête maintenant à redécouvrir. En tout cas une fois de plus je suis bien content de m’être un peu forcé et d’avoir dépassé ma première impression …
Trois jours de résidence du père Karpienia dans une petite salle sympa (et trop peu fréquentée de nous, même si on y avait vu le joli Didebeuliou en concert), voilà qui ne se refuse pas. Bon, dommage, on était là que dimanche, mais l'homme que l'on appelle Mystic Punk Pinguin a assisté au premier soir - il ne manquera donc que le concert apparemment furieux du samedi.
Et puis coup de bol, c'est dimanche que joue le Sam dans sa configuration la plus historique : Gacha Empega, avec Lo Manu dau Pais Marselhes ! Qu'es Aquo un Gacha Empega me direz-vous ? Comment dire, un gacha empeg'... ce serait... eh, je cherche putaing ! s'esclamait un célèbre barman de la Plaine sur le disque. En tout cas c'est un nom qui rappelle beaucoup de choses à beaucoup de gens, des soirées et des bons moments d'il y a peut-être une décennie, quand leur disque sous-titré Polyphonies marseillaises était sorti.
Un truc qui nous accompagne donc, bien caché quelque part, qu'on ne pensait pas voir un jour en concert, et qui du coup vous remplit une salle un dimanche soir glacial, comme qui rigole. Alors pour une fois on s'épargnera le mal de dire en plus tout le bien qu'on pense de tous les groupes et groupuscules, historiques ou d'un soir, quatuors de percu ou quarteron de chanteuses apprêtées de rouge, qu'on pu lancer ces deux individus depuis, fiers défenseurs qu'ils sont les bougres, du chant occitan, qui fait danser les filles et rend fadòlis les garçons...
Pour reconstituer les Gach'Empeg', les deux amis sont accompagnés ce soir par un excellent et excentrique percussionniste, Gildas Etevenard, qui prend des mines pas possibles en brassant dans d'amples gestes et néanmoins avec délicatesse, des appareils plus ou moins bruyants, plus ou moins déconcertants (dont un étrange bâtard entre un violoncelle et une percussion).
On reconnaît avec un peu d'émotion les titres "historiques" comme Engambi, Le Polit Mes de Mai, toutes ces chansons de moi incompréhensibles n'ayant pas les racines provençales ni même occitanes (et qui me parlent malgré tout, sur un autre plan sans doute...). Mon interprète personnel (que j'ai heureusement amenée et qui elle est bien née au bled) m'explique vaguement de quoi il retourne - car les traductions apportées par les deux tambourinaïres, mélangeant allègrement catéchisme, baston et sodomie, ne semblent pas toujours très fiables...
Je me rends vite compte que plusieurs de leurs chansons ont été reprises depuis par, pour ne pas les nommer, les cagoles rouges des Original Occitana, dont plusieurs sont ici incognitas ce soir, comme L'arromic et lo Pinsar (nettement moins dansante ici et du coup, plus tragique). L'alternance entre les passages de détente, puis les moments de recueillement et d'écoute, et ceux où tout le monde commence à trépigner et à tapoter du pied et des mains, est idéalement dosée (souvent dans la même chansons d'ailleurs). Qui a vu chanter ces types sait qu'ils ont de la transe dans les cordes vocales et les tambourins, et qu'une envie d'envoyer valdinguer les chaises et les tables peut toujours vous prendre.
Et puis les deux chanteurs, au plaisir évident de (re)chanter ensemble, ajoutent comme je l'ai dit un ensemble de pitreries, commentaires grivois et moqueurs pour introduire les chants religieux (histoire d'être sûr de bien finir chez Satan). Mais aussi pour dédramatiser les chansons tristes contant les fameuses "turpitudes de la femme occitane" (Mau Marideia), plus généralement se moquer des héros des chansons occitanes qui sont bien souvent des losers magnifiques : des mousses qu'on va bouffer, et peut-être même les saillir d'abord (Lo Mossi), des nains et difformes promis grosso modo au même sort (Pitit'Ome), j'en passe et des plus cocus encore ...
Bien souvent ce soir, les chansons tournent dès le troisième couplet à l'improvisation vocale qui tourne en boucle ou part en sucette (vers le chuchotement ou même vers le slogan de manif !), quand ce n'est pas Gildas Etevenard qui les détourne lui-même par des intempestives interventions presque free jazz, au milieu d'un passage a capella, de gesticulations à contre-temps et autres borborygmes joués à la trompette. C'est donc à la fois beau et ludique, le public est complètement sous le charme, par moments sous l'hypnose presque. Bref, c'est aussi bien que ce qu'on avait imaginé même si c'est largement plus loufoque.
Le groupe finit dans un éclat de rire, par (à mon goût) les plus belles a capella : Adieu Paure Carnavas et Lo Miserere. Et non d'un chien des quais, ce coup-ci c'est fait ! Voir Dupain, les Occitana et Lo Cor de la Plana un moulon de fois (eh oui tout ça est chroniqué bien sûr, mais j'ai la flemme, cherchez un peu si le coeur vous en dit!) c'était rien, enfin si c'était énorme mais il manquait toujours la source : et là on a vu les Gacha Empega en personne ! Alors grand merci à l'Oustau de la Carrer Consolàt, qu'on appelle la Meson !
Et quant à vous messieurs, espérons-le, à toujours pour de nouvelles expériences...
Liste ramassée des chansons (sous réserve déchiffrage et titre complet)
Romança
Quand Auseriam
Satan
Engambi
Mau Marideia
Lo Boier
L'Arromic (j'ajoute, et lo Pinsar)
Le Mossi
Marrit Riche
Polit Mes de Mai
Pitit'Ome
Margoton
Miserere
---
Entorna ti
Adieu Paure Carnavas Réagir à cette critique
>> Réponse (le 22/11/2007 par Zeu Western Manooch) Oh la la !!! mais mon Philoo là t'as mis la dose mon poto !
Du fond de mon exil humide et breton j'ai comme un strobo .../...La suite
Karpienia - 16 Novembre 2007 - La Meson - Marseille Premier des 3 jours de la carte blanche à Sam Karpienia, le chanteur des ex-Dupain, comme à la Meson titrera un journaliste joueur. Et effectivement c'est ce que l'on sent en arrivant. On connaît Sam .../...
Premier des 3 jours de la carte blanche à Sam Karpienia, le chanteur des ex-Dupain, comme à la Meson titrera un journaliste joueur. Et effectivement c'est ce que l'on sent en arrivant. On connaît Sam pour son côté chaleureux et c'est vrai que La Meson se prête bien à des rencontres à dimension humaine. Il fait (très) froid dehors, la salle se remplit petit à petit.
Le groupe débarque. Il y a donc là Sam Karpienia, au chant et à la mandole, Bijan Chemirani, envoûtant joueur de zarb iranien qui nous avait déjà foutu une claque lors d'une rencontre avec Frederic Nevchehirlian et Serge Teyssot-Gay, et Daniel Gaglione, lead mandole de Dupain et donc aussi de Karpienia. Sont invités ce soir Sam de Agostini, batteur de Dupain et aux multiples projets (dont les Original Occitana) et Kevin Seddiki, jeune guitariste éclectique, ami de Bijan.
Le groupe débarque donc et la complicité est évidente avec la salle. Après un des légendaires "Chaaaaa !" de Sam, on entre dans le vif du sujet. On se promènera ce soir entre rythmes lancinants et d'autres plus énervés, limite rock (dark métal dira Sam...).
Rencontre de sonorités méditerranéennes où on ne distingue pas les diverses origines mais qui forme un tout cohérent, avec un chant en français qui unifie le tout.
Les textes tournent autour du voyage, de la liberté, de l'ouverture à l'autre, de l'amour, de la nécessité de se bouger pour changer les choses... Sam Karpienia est de cette race de poète, ancrée dans la tradition populaire. Des textes émouvants, compréhensibles, avec un phrasé souvent lent, des phrases hachées, un ton se rapprochant des voix gitanes et corses.
Niveau musical, on a affaire à des magiciens, mais pas de ceux à l'attitude professorale, ce soir la complicité est motrice. On se répond sans cesse, on joue, on rigole, on se plante parfois. Souvent la mandole de Daniel Gaglione donne le ton, des rythmes hypnotiques (aaah putain cet instrumental sur "Celle" ...), les autres l'enrichissant tour à tour. On est encore une fois subjugué par les mains de Bijan à la chorégraphie envoûtante sur le zarb. Sam de Agostini jouera le rôle du trublion, entraînant les autres dans un jeu instrumental. Kevin Seddiki introduit, ou plutôt renforce, le côté rock.
Alors ce soir, on s'est régalé. Les ambiances se succèdent, que ce soit des moment où l'on demeure contemplatif, sur des chansons mystico-païennes qui célèbrent le soleil et le voyage, à d'autres où on tape des mains, entraînes par un rythme gitan, voire où l'on remue furieusement de la tête sur un morceau limite techno-rock !
Ce qui est sûr, c'est qu'une fois encore, Sam Karpienia, nous invite dans son projet, forcement humain, généreux. Qu'il a su y intégrer des très grands, qui, comme lui, ne peuvent renier le côté organique, physique, chaleureux, de la musique. Une fois encore, on ressort de là avec une impression de sérénité, la certitude d'avoir vécu un beau moment.
Karpienia + Lansly - 07 mai 2007 - Exodus – Marseille Bon ce soir j'ai l'impression que c'est vendredi ... peut être parce que demain c'est férié et que cette après midi il n'y avait plus grand monde là où je bosse ... en tout cas je me rends à l'Exodus .../...
Bon ce soir j'ai l'impression que c'est vendredi … peut être parce que demain c'est férié et que cette après midi il n'y avait plus grand monde là où je bosse … en tout cas je me rends à l'Exodus à 20h30 pétante … ici ça commence à l'heure … pour découvrir le nouveau groupe de Sam le chanteur de Dupain. Comme ca risque de finir tôt, après j’irai surement faire un tour au Poste (concert metalo-gothique) et à l'Intermédiaire (house) …
En arrivant devant l'Exodus du beau monde … Hakim Hamadouche (apparemment plus là pour prendre des photos que jouer du luth), le trombone des Kanjar'Oc (dont d'ailleurs Sam porte un t-shirt), Manu du Cor de la Plana, Thierry de l'Escale St Michel … bref des potes qui sont venus voir des potes jouer. Tant mieux ça fait du monde à l'Exodus. En fait Carpienia (c'est le nom du groupe) ne jouera qu'une vingtaine de minute en ouverture d'un groupe réunionnais à propos duquel je connais encore moins de choses …
Les trois de Carpienia se mettent donc en place. 2 aux luths ou mandoles (je ne connais pas la différence) et un aux percussions. Il y a donc Sam et Nielo aux mandoles et au chant et de Bijan (Chemirani) aux percussions. En fait c'est déjà ce dernier que j'avais vu à la soirée Slam et souffle à Martigues en compagnie entre autres de Serge Teyssot-Gay et Frédéric Nevchehirlian .
Je me demande un peu ce que je suis venu faire ici, en effet je ne suis pas très fan de la voix de Sam et je savais très bien en venant que c'était lui qui chantait … mais c'est pas grave, j'essaie encore. Et j'ai bien fait, car je ne sais pas si je m'habitue à son timbre un peu nasillard, je ne sais pas si je m'habitue à son accent marseillais qui avait du me paraître exagéré les premières fois mais là ça ne me choque pas …
Je dirais même que ça me plait sur la plupart des morceaux. Le chant est en français (sauf sur un des morceaux), on comprend donc mieux de quoi il s'agit. Je ne me souviens plus très bien de quoi cela parlait, mais je sais que j'avais trouvé les textes assez jolis. Un des morceaux m'a fait pensé à Les Vivants.
Le chant de Sam toujours assez plaintif est soutenu par celui de Nielo (choeurs et refrains). Au milieu, Bijan, imperturbable joue sans broncher de sa « derbouka » ou de sa caisse. Ses doigts vont vite, très vite … il module les sons qui sortent de la caisse avec son pied. J'imagine que c'est classique mais je n'avais jamais fait attention avant.
Les deux autres s'excitent sur leur mandoles. Par moment ils ont l'air de gratter tellement fort que je me demande si ils ne vont pas finir par péter un corde ou deux. Elles tiennent ; tant mieux. En tout cas j'aime bien ce côté rock n' roll et les grimaces qui vont avec.
C'est déjà (après 5 morceaux ?) la fin de leur set, on arrive à les faire prolonger d'un morceau. En tout cas je suis conquis. Encore un bien chouette groupe ! ps : à noter que Sam et Bijan font aussi partie de La Troba Nova, avec Hafid Douli et Manu Théron (décidemment !) que je me ferai un plaisir de découvrir un peu plus tard dans la semaine …
Après une pause pour les fumeurs, pendant lequel on évacue les instruments de Carpienia et installe ceux de Lansly(et pendant laquelle je me caille un peu) … c'est au tour de duo réunionnais de faire son entrée sur la petite scène de l'Exodus. Je suis tout de suite saisi par leur coté mystique.
Un grand blanc cheveux tirés en arrière, se tenant très droit, habillé en noir avec une guitare blanche, et un indien habillé en noir lui aussi, avec turban, équipé d'un tambourin. Les deux ont l'air de flotter. Ils sourient et ont l'air apaisés … j'avoue : je pense à une secte.
Et ce n’est pas le premier morceau qui va m’enlever cette impression … au contraire. Le grand reste très droit, il est complètement absorbé par ce qu’il chante (et auquel je ne comprends rien) ; l’autre joue du tambourin de façon très sérieuse aussi, levant régulièrement une de ses jambes tel un flamand rose.
Que disait la petit bio sur le programme de l'Exodus : « Lansly est un duo originaire de l'île de la Réunion installé depuis quatre ans dans le sud de la France. Les deux musiciens étant eux même issus d'un métissage entre Asie, Afrique et Europe, leur musique emprunte naturellement aux différentes cultures. […] Leur goût pour les sonorités ethniques les conduit à utiliser tout un arsenal d'instruments allant des percussions (tablas, tavil, calebasses, pandero…) aux instruments à cordes (guitare, sarod, dan tranh…). »
C'est vrai que leur musique est assez mélangée. Selon les morceaux et les moments on pense à différents trucs, avec toujours ce côté mystique très présent. Les influences indiennes sont très palpables. A plusieurs moment ça m'a évoqué Susheela Raman.
La deuxième caractéristique de leur musique (et dont certains auraient fait leur arguments commercial) c'est la langue imaginaire qu'ils utilisent. Très honnêtement j'ai bien du passer la moitié du concert à me demander si c'était un dialecte peu connu ou si c'était le fruit de leur imagination.
Et bien comme chez l'ami Nosfell ce qu'ils chantent (et qui sonne très bien) ne veut rien dire. Ce n'est pas gênant du tout, c'est même amusant et d'une certaine façon impressionnant. Je serais bien incapable de dire une phrase dans un langage imaginaire sans retomber sur quelque chose que je connais déjà.
Mais contrairement à Nosfell (et c'est ce qui m'énerve prodigieusement chez lui et me fais complètement sortir de son univers) pas de blah blah sur un pseudo monde imaginaire entre les morceaux. Juste quelques explications sur ce qui les a éventuellement inspiré.
Vers la fin - je ne me souviens plus combien de temps ça a duré mais ça m'a paru très long - ils ont échangé leurs positions. Le percussionniste a pris la guitare, dont il a fait un usage un peu plus funky que le précédent, et c'est le chanteur qui s'est tout doucement installé derrière les percus.
Même si ils sont meilleurs dans leur rôles originaux ça apportait un peu de diversité ce qui n'était pas pour me déplaire. Je resterai patiemment jusqu’au bout, même si j’ai été tenté de partir un peu plus tot …
Après ce long concert, et n'étant pas en vélo (mal au genou) j'ai eu la flemme de pousser jusqu'au Poste à Galène j'ai donc juste fait un petit tour à l'Intermédiaire où Blondinaman s'excité derrière ses platines et machines, pendant que Raptus encourageait le public à danser un peu plus proche de la scène.
Je profiterai de passage de DJ Raptus derrière les platines pour m’éclipser sournoisement et ne gouterai donc pas au mix de Fred Mato qui a parait il « tout pété » à la suite de nos deux marseillais.
>> Réponse (le 15/05/2007 par Claire) Carpiena : apprécciable.
Lansly : saisissant, authentique, un vrai coup de coeur...j'adoreLa suite
>> Réponse (le 15/05/2007 par sylvie) Authentique, vrai, étrange, attirant...La suite
>> Réponse (le 15/05/2007 par Caro) Je pense qu'il y avait de l'authenticité, avec Lansly, le monde etait autrement, duo mytique, ont les vois déja trés .../...La suite