La seule et unique fois où nous avons eu le privilège de voir Gonzales, c'était à la télévision sur le plateau live de Nulle Part Ailleurs : notre MC clownesque gesticulait comme un forcené en hurlant des inepties, il était accompagné par la très vulgaire (c'est pour ça qu'on .../...

La seule et unique fois où nous avons eu le privilège de voir
Gonzales, c’était à la télévision sur le plateau live de Nulle Part Ailleurs : notre MC clownesque gesticulait comme un forcené en hurlant des inepties, il était accompagné par la très vulgaire (c’est pour ça qu’on l’aime)
Peaches, parfaitement à l’aise dans son numéro de strip teaseuse harangueuse de foule… On savait que
Gonzales officiait désormais en tant qu’arrangeur doué (et classieux) sur les disques de son amie canadienne
Feist, mais aussi sur ceux de
Jane Birkin et de
Dani. Mais de là à sortir un disque d’instrumentaux interprétés au piano en solo ! Peut être, est-ce dû au syndrome du clown désireux de prouver ses qualités dans un rôle plus grave? Sans doute un peu, mais il semble surtout que l’exubérant showman sans complexes ait une personnalité musicale protéiforme : il aime faire le con en public en jouant les MC (c’est tout à son honneur) mais il est avant tout pianiste. Ce qui explique sa dernière frasque : seize morceaux sobres et mélodiques joués avec application au piano. Il sera difficile de péter les plombs sur ce disque (c’était un peu attendu… ),
Solo piano est par contre idéal pour un calme dimanche matin. Dans ces instants débarrassés du stress, les compositions de
Gonzales ont d’indéniables qualités cinématographiques ; on pense à des bandes originales jazzy légèrement désuètes de films muets en noir et blanc ou aux musiques de chefs d’œuvre du septième art signés
Sergio Leone… Une autre qualité de
Solo Piano est de provoquer des émotions contrastées : une joie teintée de mélancolie et de recueillement, ce qui n’est pas rien.
Sites Internet :
www.noformat.net,
www.gonzalespiano.com.
Octobre 2004 (No format / Universal Music Jazz France)