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pour Katerine |
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Artiste :
Katerine
Titre :
Philippe Katerine
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Style :
Pop - Rock
A 40 ans allégrement passés, Katerine fait une énième crise d'adolescence, en choisissant de retomber en enfance sur son nouvel album de chansons pop minimalistes, auquel il a donné son nom, sur la pochette duquel il pose avec ses parents (qui chantent un morceau jubilatoire avec leur fils) et truffé de courtes chansons régressives interprétées avec une voix de fausset et du point de vue de l'enfant... Cela va en irriter certains car Katerine a connu un succès foudroyant il y a cinq ans avec son précédent opus Robots après tout et va de ce fait bénéficier d'un énorme promo façon matraquage. Mais il serait dommage de passer à côté de cet album rafraichissant, régénérant, vraiment très divertissant et pas si idiot et irritant qu'il pourrait en avoir l'air au premier abord.
Les 24 chansons - très légères en apparence - peuvent parfois se révéler presque profondes si l'on se donne la peine de se questionner un minimum sur les traditionnelles histoires existentielles qui travaillent tout un chacun. Oui, cette œuvre magistralement décontractée de l'intelligence peut s'écouter avec des enfants comme on regarderait avec eux un épisode de South Park ou des Simpsons : à la manière d'un gamin en culotte courte avide d'apprendre des gros mots pour impressionner ses amis à la récré, on rigole de bon cœur aux facéties (« Bonjour, je suis la reine d'Angleterre et je vous chie à la raie. », l'alphabet récité sur Les Derniers Seront Toujours Les Premiers), on se tient les côtes devant la série de grossièretés et autres provocations bien senties (« C'est affreux, j'ai rêvé que je suçais... Johnny ! », « Liberté, mon cul ! Égalité, mon cul ! Fraternité, mon cul ! », « Non, je ne veux plus travailler ! Non mais laissez moi manger ma banane ! »), on dit aux « chiards » de ne pas répéter les insultes ou de ne pas se trimballer le zizi à l'air comme Katerine dans le clip, déjà culte, de La banane... Et pendant que sa progéniture ricane niaisement, ce que toute personne dotée de sens de l'humour fera aussi, l'adulte s'aperçoit de la portée de certains morceaux faisant s'interroger sur l'amour, le sexe, la mort, l'artiste, la reproduction, le mal être, la politique, le travail etc etc. Liberté, où la devise de notre beau pays est suivie de tonitruants et aigus « Mon cul », peut en effet se lire en creux comme un brillant résumé des dramatiques présidences cumulées de Mitterrand, Chirac et Sarkozy : de pire en pire, on s'enfonce dans la merde peopleisante, la France devient une république bananière. Le single La Banane - l'hymne ultime des chômeurs décroissants – donne quant à lui envie de se balader à oilpé sur les plages en mangeant des fruits mûrs et en oubliant d'aller travailler plus pour gagner toujours moins... Té-lé-phone, lui, brocarde les travers des utilisateurs de smartphones qui font tout, même des choses qui ne servent à rien, avec leurs appareils si sophistiqués... Plus loin, l'œcuménique Juifs Arabes, propose de chanter le refrain final « Ensemble », tel un We Are The World moins niais. Et, enfin, Bien Mal se fout royalement de ceux qui s'écoutent trop : « Je me sens bien, je me sens mal, je me sens bien, je me sens mal, je me sens bien bien bien, mal mal mal, bien mal, bien mal, bien mal... » Ce n'est certes ni du Jean-Paul Sartre ni du Karl Marx mais c'est quand même moins chiant, plus intelligent et moins prétentieux que du Bernard-Henri Lévy, non ?
En compagnie de Gregori Czerkinsky (homme-orchestre), Sébastien Moreau (basse), Philippe Eveno (guitare), de ses parents (répliques drolatiques sur Il Veut Faire Un Film) et de Jeanne Balibar (chœurs, sur le très jouissif J'aime tes fesses), Philippe Katerine arrive à surprendre encore une fois son public avec son personnage de chanteur multicartes à la fois arty, populaire, engagé et clownesque. Capable d'émouvoir tout en faisant rire jaune en reprenant du Pierre Bachelet (Elle est d'ailleurs) ou du Johnny (L'idole des jeunes) avec son projet Katerine, Francis et ses peintres ou de citer Chet Baker, la Motown, Pet Sounds, Picasso, Marcel Duchamp, Francis Picabia, Marguerite Duras, Daniel Johnston ou Pina Baush dans ses dernières compositions, Katerine ajoute avec son album Philippe Katerine une très brillante nouvelle pierre à sa carrière de trublion poétique et décalé. Merci d'exister et de rendre 2010 moins sinistre avec votre très bienvenu Bla Bla Bla, Monsieur !
A lire également, des chroniques de concerts signés Katerine à la Gaîté Lyrique (Paris), le 25 octobre 2011 avec Francis et ses Peintres, au Festival des Inrocks 2010, à La Route du Rock à St Malo en août 2006, aux Eurockéennes de Belfort en juillet 2006, à la Coopérative de Mai en mai 2006, au Printemps de Bourges en avril 2006 et aux Transmusicales de Rennes en décembre 2005.
Liens : http://katerine.artistes.universalmusic.fr, http://katerine.free.fr, www.facebook.com/philippekaterine, www.myspace.com/katerinekaterine, www.katerinefrancisetsespeintres.com.
20 septembre 2010 (Barclay - Universal)
Signature : pierre andrieu
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Artiste :
Katerine
Titre :
Border Live + Studio Live 2006 2007
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Style :
Pop - Rock
Sorti à point nommé pour les fêtes, Border Live, le dvd live 2006/2007 de Katerine est un jouissif retour en arrière sur une tournée extravagante, groovy et rock 'n roll... Maintenant qu'il est désormais une superstar nationale accueillie à la Star Ac comme une vedette américaine, l'impayable Philippe Katerine peut se produire partout en France et faire un triomphe avec son groupe de scène débridé, La Secte Humaine. Ce n'est que justice... Le film de la tournée - très bien monté et filmé par Gaëtan Chataigner - permet de le voir rendre complètement dingue les publics du Zénith et de l'Olympia à Paris, de la Route du Rock à St Malo, des Vieilles Charrues à Carhaix, de la Coopérative de Mai à Clermont-Fd ou encore du Moulin à Marseille (entre autres). Le montage permet d'avoir un panorama quasi complet sur toutes les tenues de scène débiles enfilées par les musiciens, sur les réparties savoureuses de Mr Katerine, sur ses facéties drôlissimes et sur les réactions enthousiastes du public... Joués façon rock 'n roll avec les ex Little Rabbits (Gaëtan Chataigner, Stéphane Louvain, Eric Pifeteau, plus Philippe Eveno), les titres de Robots après tout crèvent littéralement l'écran ; ils sont en plus agrémentés par des morceaux joués seul à la guitare et par quelques surprises... Border Live permet par exemple de décrouvrir Katerine interprétant 100% VIP seul à la batterrie sur un podium au milieu d'un champs, avec pour public des enfants déguisés en perruques égyptiennes et t-shirts roses. Saluons la présence au générique des inénarrables Vedettes et de Valérie Lopez (sur Je vous emmerde), qui viennent faire le show sur scène lors de quelques titres... En regardant ce dvd, on ne s'ennuie donc pas une seule seconde – c'est le moins que l'on puisse dire –, on rit à gorge déployée, en ressentant une sacrée envie de communier à nouveau scéniquement avec la fine équipe... En plus des clips hilarants de Katerine et des prestations bien gratinées de Général Fifrelin et Boulette, on trouvera également en bonus sur un cd à part, Robots après tout joué dans l'ordre en studio toutes guitares dehors avec La Secte Humaine, les fans du son – très rock – de la tournée apprécieront... Un bien bel objet recommandé comme remède contre la morosité !
Sites Internet : www.katerine-website.com, www.katerine.net.
2007 (Barclay - Universal)
Signature : pierre andrieu
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Artiste :
Katerine
Titre :
Robots Après Tout
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Style :
Rock
« Bonne année pov’conne ! Bonne année pov’con ! » Qui n’a pas un jour eu envie d’ajouter une petite touche grossière à la traditionnelle litanie des voeux, une habitude aussi hypocrite qu’ennuyeuse ? Oui, tout le monde aimerait oser cela le 1er janvier de chaque nouvelle année, mais personne ne le fait… sauf Katerine dans son savoureux et vengeur morceau Patati patata !.
Jeune homme à mèche se présentant en short moule burnes/sous pull rose entouré de jeunes femmes blondes à fortes poitrines sur la pochette de Robots après tout, Philippe Katerine ne respecte rien ; il est cynique, il est méchant, il est arrogant, il est impertinent, il est maniaque, il est obsédé par le sexe et les chiffres... Il est surtout extrêmement drôle et notoirement audacieux. Et ça tranche dans notre beau pays ! Car ce n’est pas exactement la bonne méthode pour vendre des disques par palettes entières… Certains ont, eux, bien compris comment il fallait faire : avoir un belle gueule, tirer sur la corde sensible (Pourquoi es-tu partie ? Et avec mon enfant, en plus ? snif, snif.), parler de ses fêlures et chanter pour les femmes – qui sont l’avenir de l’homme, c’est bien connu, enfin sauf la nouvelle présidente du MEDEF, cela va de soi – et se rebeller de manière consensuelle. En résumé, Cali, a tout bon, ou presque : il est riche, certes, mais il nous exaspère chaque jour un peu plus quand on a le malheur (C’est quand le bonheur ? Plus tard, plus tard… ) de tomber sur ses « œuvres » à la radio ou à la télé.
Au premier abord, Katerine a, lui aussi, tout pour énerver : il est signé chez Barclay/Universal, son disque a été réalisé par l'excellent Gonzales et par Renaud Létang, comme ceux de toute la variété française voulant séduire le jeune branché, il a écrit une chanson anti Le Pen – comme tous les rebelles à la petite semaine –, sa compagne est l’ultra sexy Helena Noguerra – et en plus elle vient pousser sensuellement la chansonnette sur un morceau – et il passe à la radio avec ses tubes Louxor j’adore et 100% V.I.P. (dont la musique est composée par le trop méconnu Pierre Bondu). Mais voilà, il y a un hic : ce gars détestable a un talent inouï pour tout dynamiter de l’intérieur, et dans de grands éclats de rires (jaunes), ce qui est assez classe, non ? Jugez plutôt : en pleine période psyché pop/folk et rock ‘n roll, son disque sonne électro kitsch minimaliste (la groovebox est l'instrument principal et certains titres sont quasiment a capella), ses tubes radiophoniques sont d’une drôlerie pas entendue depuis son Je vous emmerde (c’est dire), sa chanson sur Marine Le Pen est aussi humoristique que terrifiante et les textes de la plupart de ses chansons sont plus osés que ceux de bien des disques dits underground.
Cet homme est dramatiquement borderline, et semble tout faire pour le rester, ce qui nous réjouit, bien évidemment. Pour enfoncer le clou, et dérouter encore plus, le vilain petit canard de la chanson française a décidé de prendre le contre-pied sur scène des sonorités électroniques présentes sur son disque ; acoquiné avec les ex Little Rabbits, plutôt doués eux aussi pour pisser joyeusement sur le politiquement correct, il délivre un set diaboliquement rock. Si Katerine en a parfois marre de lui et particulièrement de sa bouche qui dit « Bonne année pov’conne ! Bonne année pov’con ! », de son nez, de ses mains, de son ventre, de ses poils et de ses couilles qui le suivent partout où il va, ses facéties n’ont aucune chance de nous lasser cette année encore.
Sites Internet : www.katerine-website.com, www.katerine.net.
Octobre 2005 (Barclay / Universal)
Signature : pierre andrieu
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Artiste :
Katerine
Titre :
Robots Après Tout
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Style :
Pop - Rock
On ne sais jamais à quoi s’attendre avec Philippe Katerine, et c’est tant mieux. « Robots après tout » (un clin d’œil au titre du dernier album controversé de Daft Punk) n’est peut-être pas son meilleur disque, mais sans doute le plus fou, le plus drôle, le plus inventif, le plus atypique.
Une collection de chansons assez inclassables, ou l’inénarrable auteur du déjà remarqué « Je vous emmerde » se lâche en compagnie du trublion Gonzalez qui lui propose un écrin électro hip pop très éloigné de son précèdent "8ème ciel" que d’aucuns avaient trouvé joli mais trop sage.
Ne surtout pas s’arrêter au single officiel « 100% VIP », un des morceaux les plus faibles et les plus caricaturaux, c’est du coté du « 21 Avril 2005 » qu’il faut chercher le tube improbable qui, testé en soirée, provoque l’hystérie et l’hilarité. Un trip forcément halluciné où il nous narre sa rencontre cauchemar avec l’horreur absolue Marine Le Pen, un morceau défouloir qui humilie toute les tentatives de rock engagé de ces 30 dernières années avec un refrain impossible et mille idées de production. On exige le clip, « Excuse moi » est aussi un bon exemple de pétage de plomb, avec des expressions très crues, alors que les presque dansants « Borderline » et « Après moi » réduisent le grand écart artistique et sémantique qu’il existe entre TTC et Gotainer. Le phrasé, les punchlines, les instrus futuristes, on a vraiment pas l’habitude d’entendre cette posture dans la pop Française post-11 Septembre, fut-elle de qualité.
Parenthèse dans sa discographie ou nouveau départ, ce nouvel opus est en tout cas une proposition de chanson nouvelle, un truc bizarre à la fois hors mode et complètement dans l’air du temps, et patati patata. A quand la tournée ?
Signature : Sami
Page Web Conseillée : http://katerine.free.fr |
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