En 2009, déconcertés par cette pop déviante, dissonante et addictive à la fois, on avait qualifié Nights Out, le premier LP de Metronomy de "positivement horripilant", tant il était rude à apprivoiser - depuis, c'est devenu un album cher à notre coeur. Et plus encore, depuis .../...

En 2009, déconcertés par cette pop déviante, dissonante et addictive à la fois, on avait qualifié
Nights Out, le premier LP de
Metronomy de "positivement horripilant", tant il était rude à apprivoiser - depuis, c'est devenu un album cher à notre coeur. Et plus encore, depuis qu'on a pu vérifier aux Eurockéennes que
Metronomy version 2011 était un groupe parfait en
live : ce nouvel album déjà magnifiquement défendu sur scène, arrive à point pour lancer sur une orbite supérieure, un groupe qui le mériterait, eu égard au magnifique voyage proposé !
La bal(l)ade commence sur la plage : se superposant sur quelques mouettes et bruits de vagues rappelant la riante
English Riviera, la basse de
We Broke Free démarre en groove pépère, qui se muscle petit à petit.
Everything goes my way est un ritournelle pop lo-fi entêtante où l'on découvre le nouveau pendant féminin du groupe, la charmante et très efficace batteuse/chanteuse
Anna Prior, vraie valeur ajoutée qui manquait à la formule originale.
Joseph Mount, cerveau et âme du groupe, charismatique sur scène et grand remixeur devant l'Eternel, a en effet remanié son line-up, mais pour le meilleur : reste le clavier
Oscar Cash, s'ajoute aussi l'excellent
Gbenga Adelekan, dont la basse a un son formidable.
The Look prouve par exemple qu'un synthétiseur intelligemment utilisé et associé à une telle basse, peuvent donner un résultat classieux, tandis que
She Wants (premier single de cet album) distille une insidieuse angoisse... Mais bien sûr, les véritables machines à danser sont cachées au coeur du disque : l'éclatante et funky
The Bay qui rend les gens dingues, jouée en vrai ;
Corinne qui rappelle le meilleur des années '80 de Madchester.
Et il n'y a rien, ou si peu, à jeter dans les autres morceaux de
The English Riviera, qui sait aussi prendre son temps dans la langueur : l'amusante
Some Written s'étire tranquillement, avant de se fondre dans la lancinante
Love Underlined finale, qui retrouve ce délicat assemblage d'électro-pop déglinguée/horripilante/irrésistible qui fait toute l'originalité de
Metronomy. Voilà qui devrait convaincre n'importe qui de censé de s'intéresser aux prochaines opportunités de voir le groupe en live. Ça tombe bien, puisqu'après avoir écumé les festivals européens,
Metronomy a prévu une belle
tournée automnale en France !
(2011)