Critique de concert Chokebore + David Merlo (Festival Chhhhhut)


Nouvelle date pour Chhhhhut, la première édition d'un festival noise sur Marseille, à la prog' qui affole les sens de tout amateur de musiques obsessionnelles. Et la reformation du combo d'Hawaï en a titillé plus d'un, même si le public ce soir est un poil plus vieux, moins représentatifs de la scène noise que les autres soirées. En fait, il s'agit du public qui était déjà présent il y a 10 ans pour Chokebore et qui s'était déjà pris une claque à cette époque.

David Merlo ouvre ce soir. Déjà vu pour un set bloquant à la Machine à Coudre, ce soir il part dans de toutes autres directions. Discrétion des machines, il sera concentré sur son instrument. Que ce soit pour le faire résonner dans des teintes sourdes et métalliques, ou bien dans des chemins de traverses plus improvisés à base de doigts atteints de spasmes sur les cordes.

Encore une fois, malgré ma réticences envers la musique improvisée, j'accrocherais à son concert ce soir car le monsieur sait garder un minimum de sens mélodique et n'est pas que dans la performance. Que sa basse soit dorlotée ou maltraitée, "à la main", ou via un archer, il navigue entre ambient, larsens, free et autres dissonances. David étant friand d'expérimentations, n'hésitez pas à le découvrir en solo ou lors de multiples collaborations.

Chokebore prend la suite. Vite classé grunge car ils ont ouvert pour Nirvana à la grande époque, le groupe tire de ce mouvement violence et profonde mélancolie. Mais voilà, cela fait plus de quinze ans, et après une séparation, le combo revient avec l'intelligence de ne pas faire comme si les années n'étaient pas passées.

Physiquement tout d'abord, les tempes ont grisées. Mais musicalement aussi. Les explosion de rage ont fait place à de la violence contenue. Pas de cinéma, mais une putain de musique viscérale. Classieux, sans conteste. Le groupe n'a absolument pas trahi son esprit, mais il a évolué et la plupart des anciens titres ont droit à une orchestration moins agressive mais à la tension permanente, soulignant leur côté obsessionnel omniprésent.

A taste for bitters nous saisit aux tripes encore une fois, morceau au tempo lent qui te laisse groggy, résumant à lui seul l'intensité de la soirée. Ils n'oublieront pas de délivrer des belles déflagrations soniques, concluant d'angoissantes montées, le tout porté par cette putain de voix écorchée.

Passant leur discographie en revue, avec des morceaux du dernier album, ils ont livré un set intense qui a marqué sans conteste les présents, rappelant l’intégrité sans faille du groupe.
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Signature : mystic punk pinguinle 20/11/2011
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Photographe : pirlouiiiit
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