Critique de concert Manuchello Duo

Lorsque Manuchello, groupe à géométrie variable, se produit au Roll’Studio, ce n’est évidemment pas en septet vu l’exiguïté du lieu. Ca aurait pu être en quartet mais c’est une inédite formule duo qui a été retenue.
Ce n’est en tout cas pas une frustration pour Emmanuel Cremer de jouer à deux des compos qu’il a écrites pour sept. Plutôt l’occasion de modifier ses propres sculptures musicales en leur donnant des coups de gouge. De continuer la création avec pour seuls outils son violoncelle et la contrebasse de Jules Bernable.
Il modifie d’emblée le format jusque là inamovible de cette salle : les deux sets habituels ne feront qu’un ce soir. Ne pas interrompre l’élan.
Les quelques spectateurs peuvent être circonspects après les premières mesures quelque peu expérimentales. Et puis le voyage commence avec Origenes, ses influences indiennes et espagnoles (j’y ai entendu aussi des bribes d’Extrême-Orient et de Russie), l’expression du violoncelle d’Emmanuel Cremer sur les sept notes de la contrebasse. Les expériences se poursuivent avec Neil, beaucoup plus accessible sur leur espace qu’ici où la formule duo pousse les deux instrumentistes à redoubler d’inventivité. Mais le contraste est saisissant sur le final où la contrebasse fait alors penser à Mission : Impossible.
La pièce qui suit, angoissante, évoque des images de films de Murnau. Les chemins du violoncelle et de la contrebasse divergent mais se rejoignent toujours. Trajectoire parallèle des deux archets, regards croisés des deux archers. Ce fut pour moi le point de départ de l’envoutement. Le climat s’apaise. L’enthousiasme (excessif ?) d’un spectateur (un rire gras et un tonitruant merci ! au milieu du titre) perturbe à peine la qualité d’écoute optimale de ce concert acoustique.
Cet envoutement ne me quittera plus. Entre Question Mark et Coma est insérée une création de Jules Bernable. Tout s’enchaîne à merveille : un début free, deux sculptures de sons créées sur le chevalet ou le cordier, les cordes ne suffisant pas, une ambiance océanique, une mouche, un compte-gouttes, une marche funèbre, une plage rock’n roll…
Deux autres pièces jouées par Méandres au Paradox voilà deux mois sont refaçonnées ici : Sentinelles, légende sur Mexico et les deux volcans qui protègent la ville, et Et Toi Dans Tout Ca ? juste avant de prendre congé.
Dessin Céline Gauthier
Il se passe quelque chose dans la salle voutée du Roll’Studio en ce premier mai. Les deux musiciens semblent habités par la musique. Cet état se propage dans le public. Chacun est hanté à sa manière : le spectateur déjà évoqué s’allonge sur le sol, applaudit à des instants inopportuns et réplique aux quelques "Shhht !" par "on a le droit de dire que c’est beau, non ?".

Dessin Céline Gauthier
Beaucoup plus inspirée, Céline Gauthier (vue à Musique Rebelle) a dessiné les deux créateurs de ce soir. Merci à elle d’avoir bien voulu partager ses croquis.
Bonus vidéo : Origenes
Ce n’est en tout cas pas une frustration pour Emmanuel Cremer de jouer à deux des compos qu’il a écrites pour sept. Plutôt l’occasion de modifier ses propres sculptures musicales en leur donnant des coups de gouge. De continuer la création avec pour seuls outils son violoncelle et la contrebasse de Jules Bernable.
Il modifie d’emblée le format jusque là inamovible de cette salle : les deux sets habituels ne feront qu’un ce soir. Ne pas interrompre l’élan.
Les quelques spectateurs peuvent être circonspects après les premières mesures quelque peu expérimentales. Et puis le voyage commence avec Origenes, ses influences indiennes et espagnoles (j’y ai entendu aussi des bribes d’Extrême-Orient et de Russie), l’expression du violoncelle d’Emmanuel Cremer sur les sept notes de la contrebasse. Les expériences se poursuivent avec Neil, beaucoup plus accessible sur leur espace qu’ici où la formule duo pousse les deux instrumentistes à redoubler d’inventivité. Mais le contraste est saisissant sur le final où la contrebasse fait alors penser à Mission : Impossible.
La pièce qui suit, angoissante, évoque des images de films de Murnau. Les chemins du violoncelle et de la contrebasse divergent mais se rejoignent toujours. Trajectoire parallèle des deux archets, regards croisés des deux archers. Ce fut pour moi le point de départ de l’envoutement. Le climat s’apaise. L’enthousiasme (excessif ?) d’un spectateur (un rire gras et un tonitruant merci ! au milieu du titre) perturbe à peine la qualité d’écoute optimale de ce concert acoustique.
Cet envoutement ne me quittera plus. Entre Question Mark et Coma est insérée une création de Jules Bernable. Tout s’enchaîne à merveille : un début free, deux sculptures de sons créées sur le chevalet ou le cordier, les cordes ne suffisant pas, une ambiance océanique, une mouche, un compte-gouttes, une marche funèbre, une plage rock’n roll…
Deux autres pièces jouées par Méandres au Paradox voilà deux mois sont refaçonnées ici : Sentinelles, légende sur Mexico et les deux volcans qui protègent la ville, et Et Toi Dans Tout Ca ? juste avant de prendre congé.
Dessin Céline Gauthier
Il se passe quelque chose dans la salle voutée du Roll’Studio en ce premier mai. Les deux musiciens semblent habités par la musique. Cet état se propage dans le public. Chacun est hanté à sa manière : le spectateur déjà évoqué s’allonge sur le sol, applaudit à des instants inopportuns et réplique aux quelques "Shhht !" par "on a le droit de dire que c’est beau, non ?".

Dessin Céline Gauthier
Beaucoup plus inspirée, Céline Gauthier (vue à Musique Rebelle) a dessiné les deux créateurs de ce soir. Merci à elle d’avoir bien voulu partager ses croquis.
Signature : mcyavellle 11/05/2010
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Photographe : mcyavell
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