Jolie soirée filles pour l'édition 2008 du festival itinérant Les Femmes S'en Mêlent, de passage à Clermont-Ferrand... Malgré l'assistance confidentielle (c'est dimanche soir... ) réunie dans la grande salle de la Coopérative de Mai, le public qui s'était déplacé n'a pas eu à le regretter...
Les France Cartigny :
Malgré quelques bons morceaux (et une joie de jouer visible à l'œil nu), Les France Cartigny ont un peu pris à froid le public. Il faut dire qu'il est 19h et que les gens arrivent dans la salle, ce n'est pas forcément le moment idéal pour les morceaux entre chanson FM et punk rock strident... Si certains morceaux fonctionnent grâce à des textes bien troussés et des guitares en fusion, d'autres provoquent bâillements et ennui (le single Merde en particulier), la faute à une voix un peu énervante à la longue et à des compositions pas toujours marquantes.
Los Campesinos :
Belle prestation pour le groupe écossais Los Campesinos, qui a réussi à faire décoller la soirée avec ses titres de pop euphorisante. Evoluant dans un monde délicieusement pop entre Arcade Fire, The Spinto Band, Clap Your Hands Say Yeah, We Are From Barcelona et Architecture In Helksinki, la troupe bigarrée propose un set remuant à base de guitares énervées, de chants hystérico aériens, de claviers vrillants et de violon envoutant. Quand tout le monde se déride enfin, et que des sourires apparaissent sur les visages des musiciens, la partie est gagnée : c'était le seul petit détail qui manquait au début du concert de Los Campesinos, un groupe qui a le mérite de rendre euphorique quand il joue ses chansons...
The Go! Team :
Le concert le plus réussi de la soirée fut celui du groupe anglais The Go! Team... Les chansons remuantes - entre rock bruitiste à la Sonic Youth, hip hop façon Beastie Boys, pop groovy, BO cuivrées de de films Blaxploitation (on pense à Isaac Hayes) et funk n' soul - de ce groupe emmené par une chanteuse bête de scène ultra sexy sont LA cure de jouvence ultime ! Que la salle soit pleine ou pas, l'enthousiasme de The Go! Team est le même, et il emporte tout sur son passage... Le mélange ultra épicé servi très chaud (et très fort !) par la troupe bigarrée donne envie de profiter de la vie de toutes les manières possibles : en dansant, en faisant la fête sans penser au lendemain (voire plus si affinités... ). Merci messieurs dames pour la fraicheur !
Lesbians On Ecstasy :
Casquettes en cuir, coupes garçonnes, électro rock défoncé, il n'y a pas eu tromperie sur la marchandise avec les Montréalaises de Lesbians On Ecstasy. Vociférations tétanisantes, batterie qui claque, basse vrombissante, claviers maltraités, attitude rock 'n roll, c'est pas exactement de la musique électronique pour les grands mères ! C'est le genre de truc idéal pour finir une chaude soirée sur un dance floor rock. A revoir un samedi soir dans un petit club bondé...
Interview avec French Cowboy mars 2008- La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand
Auteurs d'un très bon retour discographique sous le nom de French Cowboy, les ex Little Rabbits méritaient qu'on se penche sur leur (passionnant) cas... Leur passage à Clermont-Ferrand pour deux concerts classieux et un enregistrement d'album .../...
Auteurs d'un très bon retour discographique sous le nom de French Cowboy, les ex Little Rabbits méritaient qu'on se penche sur leur (passionnant) cas... Leur passage à Clermont-Ferrand pour deux concerts classieux et un enregistrement d'album était l'occasion idéale. Réalisé en février 2008 lors de la résidence de French Cowboy à la Coopérative de Mai, cet entretien avec Federico Pellegrini nous a permis de revenir sur la fin des Little Rabbits, les débuts de French Cowboy, la composition de l'album Baby Face Nelson was A French Cowboy, l'enregistrement et le mixage à Tucson avec Jim Waters à Tucson, la création du label Havalina Records, les multiples projets du groupe et la résidence avec Lisa Li-Lund... Beaucoup de sujets abordés de manière simple et décontractée par un artiste qui fait de la musique pour les bonnes raisons. Si vous voulez en savoir plus au sujet de French Cowboy, lisez ce qui suit...
Peux-tu revenir sur la conception de l'album de French Cowboy ? Federico Pellegrini : « Alors ça date un peu : j'ai écrit la plupart des morceaux à la fin des Little Rabbits, le groupe qu'on avait avant... Pour plus de la moitié, ce sont des chansons que j'ai écrites pendant un mois (j'en ai enregistré une partie avec Helena Noguerra pour notre album en duo) et l'autre moitié, des chansons ont été faites avec les French Cowboy. Comme les gars étaient souvent en tournée en tant que backing band de Philippe Katerine, l'album a un peu tardé à sortir. Au départ, on voulait continuer chez Barclay puis l'idée a germé de monter notre label ; tout ça a un peu retardé la sortie, si bien qu'au bout d'un moment j'avais envie de mettre des chansons plus récentes dedans, donc tout ça s'est fait bout par bout, mais on a quand même fini par sortir l'album.
Comment en êtes-vous venus à créer votre propre maison de disques, Havalina Records ? Federico Pellegrini : « Au départ de French Cowboy, on était encore sous contrat chez Barclay avec les Rabbits, au début ils étaient ok pour continuer avec le nouveau projet puis le temps a passé, on a parlementé et comme ça n'avançait pas j'ai appelé Jim Waters à Tucson, je lui ai dit " ça n'avance pas, combien tu me fais pour tant de jours studios". Comme c'était moi, il m'a fait un cadeau par rapport à une maison de disques donc j'ai pris mon billet, je suis allé là-bas, j'ai dormi chez quelqu'un qui me prêtait son appart donc ça ne m'a pas conté très cher... Et quand je suis revenu, le disque était fini. Au bout d'un moment, on a eu un déclic, un pote nous a conseillé de faire notre label ; nous quatre, plus des amis on a monté le label et deux mois après on sortait le disque. On a envie de sortir des disques d'autres artistes mais on a un petit budget donc on verra...
Est-ce que c'était prévu au départ de faire le disque avec Helena et après de réutiliser certaines chansons pour l'album de French Cowboy ? Federico Pellegrini : Non, au départ il n'y avait rien de prévu. Quand j'ai arrêté les Little Rabbits, assez vite j'ai commencé à écrire des chansons et à vouloir les faire avec les Little Rabbits, pas tous : guitare, basse et batterie. Parallèlement, j'avais filé les mêmes morceaux à Helena qui devait en prendre un ou deux, et puis elle a tellement aimé les démos qu'elle en a pris huit (et après j'en ai écrit deux en plus pour faire les 10 de son album). Les deux choses se sont donc faites parallèlement, sans les prévoir...
Est-ce que tu peux revenir sur les raisons de la fin des Little Rabbits ? Vous vous êtes engueulés ? Federico Pellegrini : Non, non, pas du tout, il était même prévu qu'on fasse un autre album ensemble. Mais on était un groupe qui durait depuis longtemps, les motivations étaient un peu dispersées, on était tous un peu paumés. C'est moi qui est arrêté le truc ; je n'arrivais plus à me projeter dans l'avenir, c'est à dire passer trois ans ou deux ans à réécrire un disque, je ne savais pas quoi mettre dedans. Dès que j'ai arrêté le groupe, j'ai su quoi faire puisque je le faisais tout seul, c'était plus pareil. Je crois que j'avais besoin de ça et peut être que tout le monde avait besoin de ça, on était peut-être à bout de souffle dans ce projet là...
Comment s'est passé l'enregistrement de l'album à Nantes entre 2006 et 2007 ? Federico Pellegrini : On a enregistré dans un local prêté par la municipalité où on avait installé notre studio, un 8 pistes digital sur ordinateur. C'était notre matériel à nous, notre studio, on était un peu chez nous, mais on vient de se faire jeter de cet endroit...
Et en ce qui concerne le mixage ? Federico Pellegrini : On l'a fait à Tucson avec Jim Waters... La moitié de l'album a été mixée par Jim chez lui (il nous envoyait les MP3 et on rebondissait dessus) et l'autre moitié j'y suis allé pour recoller tout ça puisqu'il y a des morceaux de différents acabits et aussi pour rajouter quelques bricoles avec des amis qu'on a là-bas.
En particulier les cuivres avec le groupe The Jons... Federico Pellegrini : Oui, c'est ça. On a vu les Jons en concert chaque fois qu'on est allés à Tucson. Il y a une quinzaine de groupes qu'on connait là-bas, qu'on a rencontrés petit à petit et qui font des musiques assez différentes, pas mal déglinguées. Les Jons, c'est un peu différent, c'est un groupe mexicain qui habite à Tucson (qui est à une heure du Mexique), ils font une musique plutôt à tendance pop rock américain mais ça reste des Mexicains et quand ils se mettent à faire des cuivres y'a pas photo.
A Tucson, vous avez également rencontré Al Foul qui a fait votre première partie à la Coopérative de Mai et sur d'autre dates... Federico Pellegrini : Oui, lui c'est pareil : on le voit depuis le début... Les premières fois, il nous invitait chez lui en fin de soirée à boire du vin et puis petit à petit il a commencé à venir en France (c'est plus facile pour lui, comme il est seul sur scène il a juste un billet d'avion à payer). Il fait quelques dates avec nous sur cette tournée.
Al Foul
Vous avez beaucoup enregistré à Tucson et les USA semblent toujours autant vous attirer... Qu'est ce qui vous séduit dans ce pays ? Federico Pellegrini : C'est surtout Jim Waters qui nous plait : au départ, ça m'était égal d'aller en Finlande ou aux Etats-Unis. On avait vu son nom sur un disque de Jon Spencer qu'on aimait bien, à cette époque avec les Little Rabbits on voulait arrêter de sonner trop produit comme sur nos deux premiers albums : on voulait avoir un son live. On cherchait un ingénieur du son qui sache cerner le son du groupe et le retranscrire sur l'album. On a fait plein d'albums avec lui... Et comme à chaque fois qu'on lui propose des morceaux la musique a bougé, on a chaque fois un travail assez drôle à faire. Ce n'est pas donc pas du tout répétitif, et en plus, on s'entend vraiment bien avec lui !
On parlait à l'instant de Jon Spencer, as-tu écouté son nouveau projet, Heavy Trash ? Federico Pellegrini : Oui, ça me plait bien ! J'aime bien la manière dont il a rebondi. Après son album Orange, ça commençait à moins m'intéresser mais là j'aime vraiment bien ce qu'il fait...
Sur l'album de French Cowboy, il y a beaucoup de styles différents (pop, folk, country rock), c'était voulu au départ ? Federico Pellegrini : Non, pas du tout : j'ai pris ma guitare et c'est venu comme ça sans me dire ceci ou cela... Ce spectre là, c'est un peu toute la musique que j'aime...
Il y a trois titres avec des grosses guitares (Supermarket en particulier), c'est arrivé avec les ex Little Rabbits ? Federico Pellegrini : Non, la démo de Supermarket par exemple est déjà très saturée... J'ai écrit cette chanson deux jours après avoir vu les Buzzcocks qui jouaient après 20 ans d'arrêt. Je prends à droite à gauche juste pour m'amuser, et après ça devient des chansons, je ne me pose pas la question. Et je crois qu'on aime bien passer du coq à l'âne, sans se forcer : on enregistre un maximum de titres et après on regarde ce qu'on a. Pour ce disque là, on avait 20 morceaux, et il en reste une quinzaine ; on a enlevé tous ceux qui n'étaient pas assez aboutis ou qui n'allaient pas jusqu'où on voulait.
La première fois que j'ai assisté à un concert de French Cowboy (qui s'appelait alors The French Cowboy et The German Dudes), vous aviez projeté un film avant votre concert (c'était en première partie de Katerine à Rennes)... Pourquoi ne le faites vous plus ? Federico Pellegrini : Le nom du groupe, c'était un délire, on a viré "German Dudes" pour que le nom soit plus facile à retenir... J'avais réalisé le petit film dans mon salon à Nantes. Et pour tout ce qui suivait, j'avais mis bout à bout tout ce que j'avais comme images des Little Rabbits, c'était un peu le deuil de ce groupe là... Le court métrage du début, le plan fixe de moi, j'avais fait ça à l'occasion d'un concert qu'on devait faire avant un truc de surf. On a parfois réutilisé ce film pour la tournée, mais on ne le fait pas toujours...
Sur le disque de French Cowboy, il y a beaucoup de titres chantés en anglais mais il y a également des morceaux où le français est utilisé... Comment choisis-tu la langue ? Federico Pellegrini : Tous les morceaux en français sont venus après... J'ai eu envie d'en faire un peu en français aussi. En général, je ne choisis pas la langue au départ, cela dépend plus de la chanson que j'ai à faire... J'essaye et après quand ça me plait je le prends tel quel. Au tout départ, c'était uniquement en anglais et puis après le temps a passé, j'ai essayé d'autres choses.
As-tu voulu faire passer quelque chose de particulier dans tes textes ? Federico Pellegrini : C'est comme pour la musique, je ne réfléchissais pas mais il y a quand même quelque chose d'assez plombant, qui tourne autour de la mort, suite à la mort des Little Rabbits. C'est une période où je pensais pas mal à une copine qui est décédée depuis pas mal d'années. J'étais un peu dans ce mélange de tout ça et j'ai papillonné à droite à gauche.
Est-ce que vous avez rajouté des titres en français parce que c'est sensé mieux marcher commercialement parlant ? Federico Pellegrini : Non, absolument pas, sinon on aurait fait des tubes... ça fait longtemps que j'ai dépassé ce truc ; en plus on a sorti l'album nous mêmes donc on n'a aucune obligation. On n'est pas du tout dans cette logique-là : les morceaux sont en français parce qu'ils sont en français.
Peux-tu parler de la pochette signée Barbara Pissere, qui fait également des chœurs sur le disque ? Federico Pellegrini : Je la connais de très longue date - on a même un enfant ensemble (rires) -, elle est graphiste, je lui fais toute confiance pour les visuels. Elle me connait bien, on a fait les choses tous les deux : je lui montrais des choses que j'aimais bien, elle s'est inspiré des photos qu'on avait prises pour la pochette intérieure.
Ton nom French Cowboy est venu comment ? Federico Pellegrini : On doit ça à Jim Waters... Chaque fois qu'on va à Tucson on y va avec peu de vêtements parce là bas il y a beaucoup de magasins type armée du salut. J'avais acheté un chapeau très gros et chaque fois que je rentrais, ça faisait marrer Jim - tellement c'était grotesque - et il m'appelait le "French Cowboy"... Le nom allait bien avec la musique à mon avis : ce n'est pas de la folk pure et dure, on voit bien que ça passe par la France...
Lisa Li-Lund
Vous êtes actuellement en résidence à la Coopérative de Mai avec Lisa Li-Lund... Comment la rencontre entre vous s'est produite et qui vous a proposé la résidence ? Federico Pellegrini : On avait un concert à la Coopé samedi et la direction de la salle nous avait proposé de faire une résidence si ça nous disait... On a dit pourquoi pas, puis on a réfléchi à ce qu'on pourrait faire (en général une résidence ça sert à préparer une tournée, mais là on était déjà en tournée... ) et on a décidé d'emmener notre matériel d'enregistrement et de faire un disque à la Coopé. On a croisé Lisa il y a quelques temps lors d'un concert à Rognes près de Marseille, on s'est bien entendu et on a l'a donc invitée à venir à la Coopé, elle est venue avec 5 ou 6 chansons à elle, moi également, personne ne les connaissait... On les a fait, on les a montées, et voilà.. On a fait 10 morceaux ensemble en trois jours. On verra ce qu'on en fait...
Au niveau de votre public, vous repartez de zéro avec French Cowboy ou vous avez gardé une base de fans ? Federico Pellegrini : Un peu les deux je crois... Il y a des gens qui aimait bien les Rabbits et qui aiment French Cowboy. On était pas non plus un groupe mastodonte, on avait du public mais ça variait suivant les endroits. Avec French Cowboy, je n'ai plus envie d'écumer toutes les salles de France ; je veux vraiment jouer à l'étranger, c'est une musique qui peut parler autant à des Allemands qu'à des gens de Mâcon. On va jouer partout où on peut... On va faire une tournée de 10 ou 15 dates sur la côte ouest des USA avec des amis .
Peux-tu évoquer les deux reprises que vous faites en ce moment sur scène : Back to Black d'Amy Winehouse et Little 15 de Depeche Mode ? Federico Pellegrini : Quand j'écoute la radio, je chante tout le temps en même temps, j'adore ça ! Quand j'aime bien un disque, j'aime bien piquer les accords, voir comment ça marche... J'ai beaucoup aimé l'album d'Amy Winehouse quand il est sorti, je me suis donc amusé à reprendre trois ou quatre titres. Depeche Mode, ça m'est venu il y a peu quand je jouais tout seul dans un bar, c'était facile de jouer cette chanson avec des boucles et de rajouter des voix dessus ; ça a plu aux autres, donc on la fait sur scène, voilà...
Est-ce que tu suis ce que font les autres French Cowboy avec Philippe Katerine et Les Vedettes ? Federico Pellegrini : Oui, un peu au début, ils me font écouter ce qu'ils font, mais je ne sais pas si je suis très fan de cette musique là. Mais l'important c'est qu'ils s'éclatent dans ce qu'ils font !
French Cowboy, c'est un vrai groupe ou c'est seulement toi ? A l'avenir les autres vont composer ? Federico Pellegrini : C'est un vrai groupe, oui ! Mais surtout ce qui est important c'est qu'on ne soit jamais prisonnier de ce groupe, c'est bien de participer à des choses qui nous font envie, d'être à l'aise et de pouvoir faire des choses en dehors du groupe, pour ne pas mettre trop de pathos dans la seule chose qu'on fait, c'est peut être ce qui nous a perdu avec les Little Rabbits. Avec French Cowboy, il y a de grandes chances que je continue à composer parce que Stéphane ne veux plus composer et comme je suis dans un format chanson, ce n'est pas évident pour un batteur et un bassiste de composer des mélodies sur des chansons déjà faites.
Et une dernière question : lors des concerts, tu descends souvent de scène pour danser avec une jeune fille, pourquoi ? Federico Pellegrini : Je le faisais déjà avec les Little Rabbits, ça me manquait donc j'ai recommencé ! J'aime bien faire ça. Je ne suis pas très loquace lors des concerts, c'est un moment où il se passe quelque chose d'un peu particulier et qui met souvent les gens à l'aise (sauf la personne avec laquelle je danse !) : ça met une espèce de bonne humeur et ça ramène le concert sur Terre. C'est un moment que j'aime beaucoup, j'aime danser des slows, c'est un moment très doux et les jeunes filles me remercient après... Je le fais presque toujours, mais c'est pas grave, y'a des choses comme ça qu'il faut faire souvent ! »
French Cowboy est actuellement en tournée pour promouvoir son excellent premier disque ; si vous êtes tentés par une bonne rasade de country folk pop rock, vous pouvez consulter les (nombreuses) dates de concerts du groupe juste en dessous...
Moriarty + Don Nino 13 mars 2008- La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand
Concert complet dans le club de la Coopé pour Moriarty et Don Nino ; rien d'anormal puisque le mélange de country folk bluegrass de Moriarty fait recette actuellement... Et pour une fois, le succès semble mérité et n'aboutit pas à une déception .../...
Concert complet dans le club de la Coopé pour Moriarty et Don Nino ; rien d'anormal puisque le mélange de country folk bluegrass de Moriarty fait recette actuellement... Et pour une fois, le succès semble mérité et n'aboutit pas à une déception quand on se rend au concert. Ce joli moment était en plus précédé par un très beau set de Don Nino, dans un style moins fédérateur, mais très convaincant.
Don Nino :
Jeune vétéran de la scène alternative, Don Nino est là pour présenter son remarquable album de reprises intitulé Mentors Menteurs. Accompagné par un batteur parfait pour le rôle, notre homme (à la guitare électrique légèrement dissonante, aux claviers acides et au chant parfaitement assuré) délivre un set en tous points remarquable : des reprises bien choisies, prises sous un angle personnel et original, avec un son parfait. Bela Lugosi's Dead de Bauhaus, There Is A war de Leonard Cohen, Dominoes de Syd Barrett, A Day in The Life des Beatles et Kiss de Prince (entre autres) subissent un authentique traitement de faveur. L'hommage rendu à ces mémorables chansons n'est pas scolaire pour un sou ; les mélodies de voix, les arrangements sont intelligemment bousculés, ce qui fait encore plus ressortir les qualités intrinsèques des titres et le talent des musiciens. Quand cette première partie (saluée par le public venu pour Moriarty) se termine, un seul regret se profile à l'horizon : on reste un peu sur sa faim à cause de la faible durée du spectacle...
Moriarty :
Les vedettes de la soirée, les franco Américains de Moriarty ont enchanté leur public avec un concert entre mise en scène superbement théâtralisée et country folk blues fortement imprégné de musique américaine des années 30. Le show – acclamé par un public conquis d'avance – que propose Moriarty est tout simplement ébouriffant : les morceaux sont bien écrits, arrangés avec classe et interprétés avec ferveur. Le charisme de la chanteuse et de ses acolytes (guitares électrique et acoustique, harmonica, batterie, contrebasse) emporte tout sur son passage, la petite touche d'humour et de simplicité qui vient avec étant le petit plus qui tue. La voix veloutée et marquante de Rosemary, les chœurs graves de ses camarades de jeu et le choix des orchestrations (entre country blues ancestral et folk n' jazz authentique), tout contribue à donner un grand sourire à la fin des morceaux. Les tubes de l'excellent premier album du groupe Gee Whiz But This Is A Lonesome Town (Jimmy, Private Lily, Lovelynesse... ), les morceaux plus difficiles d'accès de prime abord, les nouveaux titres et la reprise joyeusement massacrée d'Enjoy the Silence de Depeche Mode s'enchainent imparablement pour le plus grand bonheur de l'assistance, qui sort de la Coopé ravie de sa soirée, après de réjouissants rappels accordés en toute simplicité par Moriarty.
Rodolphe Burger + Marcel Kanche 5 mars 2008- La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand Soirée classieuse à la Coopé avec Marcel Kanche et Rodolphe Burger, deux artistes français aux univers singuliers : jamais très loin de Serge Gainsbourg mais toujours à mille lieux des sentiers battus...
Marcel Kanche :
Le spectacle .../...
Soirée classieuse à la Coopé avec Marcel Kanche et Rodolphe Burger, deux artistes français aux univers singuliers : jamais très loin de Serge Gainsbourg mais toujours à mille lieux des sentiers battus...
Marcel Kanche :
Le spectacle commence avec une heure de concert de Marcel Kanche et de ses excellents musiciens (chœurs, violon, violoncelle, guitare électrique... ). La noirceur du premier morceau – interprété au piano par Monsieur Kanche – a de quoi donner le tournis... L'auditeur hésite un instant à plonger dans l'océan de noirceur que les musiciens et leur leader créent de toutes pièces avec talent, avant de se laisser aller corps et âme dans cette musique étrangement rock, violemment sombre et ces textes sacrément bien écrits. La voix grave (qui évoque parfois Alain Bashung), les textes ultra désespérés et les arrangements minimalistes et originaux (entre rock et chanson habitée par des chœurs féminins envoutants) tranchent avec la chanson française d'aujourd'hui : c'est véritablement enivrant de se laisser submerger par les morceaux pleins d'aspérités et de vécu de Marcel Kanche. Et même si le chanteur fait mine de se pendre avec sa corde de guitare cassée, ça ne donne pas du tout envie d'en finir avec la vie. Au contraire ! C'est le désir de connaitre un peu mieux le monde poétique de cet auteur unique et intransigeant qui prévaut à la fin de ce concert très marquant.
Rodolphe Burger :
Quand Rodolphe Burger apparaît avec ses deux précieux musiciens (basse/machines et batterie), la soirée prend tout à coup une direction world/blues/rock. Armé de ses guitares délivrant des sons blues, noise ou planants, et de son micro, l'ex Kat Onoma démontre en un clin d'œil l'étendue de ses talents de guitariste et de chanteur. Les textes parlés - aussi corrosifs et philosophiques - évoquent d'une voix Gainsbourienne des sujets poétiquement ancrés dans le réel. Le road movie musical que propose Rodolphe Burger permet au public d'embarquer à destination d'un univers entre blues aride à la Ali Farka Touré, rock planant à la Kat Onoma et électro world stupéfiant... Au fil des morceaux, l'effet se révèle saisissant : impossible de décrocher une seule seconde, tant l'intensité des titres (majoritairement extraits du troublant album No Sport) ne se dément pas. Jusqu'à la fin du concert, avec en point d'orgue des rappels très réussis, le public reste délicieusement bloqué dans les atmosphères cultivées par un artiste en pleine possession de ses moyens de storyteller/chaman musical. C'est avec des étoiles plein les yeux, des rêves éveillés plein la tête et le sentiment prégnant d'avoir voyagé autour du globe que Rodolphe Burger laisse son public, aux anges.
The Heavy 29 février 2008- La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand
Furieusement The Heavy !!!!!!!
Comme prévu après son concert de feu aux Transmusicales de Rennes 2007, le groupe anglais The Heavy a donné un concert classieux, furieux et enthousiasmant à la Coopérative de Mai : une heure de rock 'n soul .../...
Comme prévu après son concert de feu aux Transmusicales de Rennes 2007, le groupe anglais The Heavy a donné un concert classieux, furieux et enthousiasmant à la Coopérative de Mai : une heure de rock 'n soul épicé, servi très chaud et avec le sourire s'il vous plaît ! Malgré la faible durée du set (à sa décharge, The Heavy n'a qu'un – excellent – album au compteur : Great Vengeance And Furious Fire), le public est reparti majoritairement conquis par la qualité des compositions et la tenue du combo sur scène.
Emmené par un super chanteur aussi charismatique que showman et de bonne humeur, The Heavy alterne avec une facilité à peine croyable rock furieux façon Led Zeppellin/Black Sabbath, country folk façon Rolling Stones et soul à la Screaming Jay Hawkins/James Brown/Curtis Mayfield... C'est méchamment varié, extrêmement sexy, ultra frais et intensément dansant. Les guitares se font tour à tour agressives ou caressantes, la basse et la batterie groovent à mort, les samples de cuivres et les chœurs transportent dans la dimension sixties soul... Quant au chant principal, c'est un ravissement renouvelé !
On pourrait rester là jusqu'au bout de la nuit à bouger son corps avec ce groupe impeccable, mais au bout d'une heure (trois rappels compris) c'est déjà fini. Dommage, quelques reprises et des titres rares n'auraient pas fait de mal. Mais subsiste l'impression d'avoir vu un groupe d'exception promis à un avenir radieux : The Heavy !
BB Brunes + Les Shades 28 février 2008- La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand
Nouvelles Stars réservées aux jeunes (et moins jeunes) de 7 à... 17 ans.
Après la « formidable » prestation des ultra prometteurs Naast à la Coopérative de Mai en novembre 2006, tout le monde attendait avec grande impatience la venue des .../...
Nouvelles Stars réservées aux jeunes (et moins jeunes) de 7 à... 17 ans.
Après la « formidable » prestation des ultra prometteurs Naast à la Coopérative de Mai en novembre 2006, tout le monde attendait avec grande impatience la venue des nouvelles stars hexagonales BB Brunes et Les Shades, deux fers de lance du réjouissant renouveau du rock en France défendu par Rock 'n Folk et M6... Pauvres provinciaux que nous sommes, nous devons patienter des mois entiers avant de découvrir les dernières merveilles saluées par Philippe Manoeuvre, Patrick Eudeline, Busty et Bertrand Burgalat à l'occasion de concerts mémorables au Gibus ou à l'Olympia. Mais rien ne sert de se lamenter, il vaut mieux écouter assidument les disques des Naast, des Shades et des BB Brunes, trois albums exceptionnellement bons (les Anglais et les Américains peuvent trembler à l'écoute de ces tubes admirablement chantés et composés finement) en attendant le grand rendez-vous... Enfin, il est là ce fameux jeudi 28 février 2008. La grande salle de la Coopé affiche complet : 1500 jeunes de 7 à 17 ans (plus les parents) se pressent dans la salle de la Rue Serge Gainsbourg (qui serait sans aucun doute fier des bébés rockers... ) pour assister à un concert de feu en deux parties, The Shades tout d'abord puis BB Brunes, les méga vedettes du jour.
Les Shades : Merci Monsieur Burgalat, vous avez l'oreille !
On ne remerciera jamais assez le génial et avisé Bertrand Burgalat (qui a l'oreille !) d'avoir signé sur son label Tricatel Les Shades, un jeune groupe vraiment prometteur, dans la lignée des flamboyants Naast. Même look que Gustave pour le chanteur, même voix cassée ultra rock 'n roll parfaitement maitrisée, mêmes compositions admirables et même univers aussi passionnant que rafraichissant... Il aurait été vraiment dommage que Les Shades (tout de blanc vêtus) moisissent dans une cave de répétitions jusqu'à leurs 19 ans : un tel talent à l'état pur méritait d'être accaparé par le grand public. La prestation météorique du groupe à la Coopé (30 minutes pied au plancher) permet de nourrir les plus grands espoirs pour cette formation bien née et douée ; le public, positivement hystérique, ne s'y est pas trompé ! Et ce n'est que le début : le sémillant et toujours à la page Philippe Manoeuvre, l'ultra pointu Sinclair et l'excellent jury de la Nouvelle Star devraient faire éclore d'autres artistes du même acabit sous peu, soyez en sûr ! Les vieux cons et les censeurs peuvent aller se rhabiller, les bébés rockeurs emportent tout sur leur passage.
BB Brunes : « C'est ça le rock 'n roll, on casse des cordes ! »
Oui, c'est bien le cas de le dire, les BB Brunes emportent tout : après un Olympia complet en tête d'affiche (avec les Plasticines, les Naast et les Shades, déjà en premières parties), le gang sacrément rock 'n roll de Paris, non content de vendre des disques par camions entiers (comme une autre précieuse nouvelle star, Christophe Willem) est également à la tête d'une série de dates complètes partout en France ! Un succès vraiment mérité si l'on en croit la furieuse prestation du quatuor emmené par le très craquant Adrieeeeeeeennn à la Coopé. Les BB Brunes jouent tellement fort et vite que le guitariste en casse une corde (vite réparée par l'omniprésent roadie/nounou du groupe) ! Comme le dit fort à propos Félix, le guitariste très sexy : « C'est ça le rock 'n roll, on casse des cordes ! » Tubes rock sur tubes rock, attitude impressionnante, sono puissante et lights vrillantes, il est normal que le public ultra jeune réagisse au quart de tour à ce show impeccable. On n'avait pas vu de scènes d'hystéries collectives similaires dans des salles françaises pour un artiste du cru depuis un certain Patrick Bruel (le musicien, pas le joueur de poker) ! Merci encore à Rock 'n Folk et à sa brillante équipe d'avoir mis un coup de projecteur sur les BB Brunes et sur toute cette superbe scène. Et ce sans opportunisme aucun, sans favoritisme, sans parisianisme et sans la moindre arrière pensée ! Chapeau messieurs dames ! Sans vous, on serait sans doute passé à côté de hits singles comme Dis moi, Le gang, J'écoute les Cramps, Blonde comme moi ou Perdus cette nuit. Avouez que cela aurait été vraiment dommageable de continuer à écouter les Libertines ou les Kooks alors qu'on avait en France de telles perles dépassant les maîtres anglais !
>> Réponse (le 11/03/2008 par The Killer) Moi j'ai 18 ans et j'ai adoré ce concert, ambiance d'enfer, musiciens au top, on avait pas entendu un truc aussi .../...La suite