Chronique de Concert
Marie Davidson + Bibi Club + Bryan Magic Tears + Reymour + Tessina + Alpha Maid + Rendez-Vous (Festival The Echo)
Espace Julien, Meson, Makeda, Theatre de l'oeuvre 20 au 24 Mai 2025
Critique écrite le 30 mai 2025 par Sami

Un public curieux et motivé a répondu présent sur pas mal de propositions, malgré une programmation plus ou moins pointue, c'est encourageant et on espère évidement d'autres affiches aussi enthousiasmantes à Marseille.
Seule déception me concernant, l'annulation frustrante d'une des soirées où je comptais aller (au Makeda) mais ce n'est que partie remise pour les groupes en question.

Alpha Maid - Theatre de l'oeuvre
Avant la soirée musclée à l'espace julien avec Osees que notre photographe a adoré (chronique à venir), l'equipe du festival nous convie après un apero pro au theatre de l'oeuvre à rester pour découvrir la Londonienne Alpha Maid, une ouverture programmée en début de soirée et qui s'avère très expérimentale, qui nous laisse une impression plutôt mitigée.

Court et bruitiste, sans aucun mot au public, le concert donne parfois plus l'impression d'une installation sonore qu'autre chose, un larsen répété à l'infini, une musique pas très aimable qui ne devient séduisante qu'au rappel avec une mélopée entre shoegaze et dream pop.

Malheureusement l'alchimie n'opère vraiment que sur ce morceau unique, c'est peu.
Bibi Club - Makeda
Soirée francophone avec deux formations épatantes sur disque et dont les concerts nous ont régalé, dans une salle pas pleine mais avec une très belle ambiance.
Bibi Club est un duo de Montréal (dont la scène indé continue d'émerveiller, comme le set renversant de Rau_Ze au festival Avec Le Temps) qui a sorti un très bel album l'an dernier très bien accueilli des deux cotés de l'Atlantique.
Et bonne nouvelle, c'est encore mieux en live, dès les premières secondes ça claque, le son du groupe est irrésistible et la tension constante, très éloignée de la candeur de leur pseudonyme.
Adèle Trottier-Rivard chante avec conviction et distille une ambiance prenante aux synthés pendant que le guitariste Nicolas Basque ne tient que rarement en place, avec une virtuosité et une énergie qui le fera sortir de la scène et fait onduler les premiers rangs dans la fosse.
On reconnait alors la frimousse de Nadine Khouri avec laquelle les Québécois ont une passion commune pour la regrettée Lhasa.
Le duo lui rend un vibrant hommage avec une belle version de "J'arrive à la Ville".
Les pépites du duo, de "Shloshlo" et "Le Feu" prennent sur scène une ampleur insoupçonnée et vu la claque, on est presque étonné de l'ordre de passage du soir.
Reymour - Makeda
La suite c'est avec le duo Suisse (mais basé à Bruxelles) Reymour qui a sorti deux albums remarqués et dont la chanteuse a un souvenir très anisé de la précédente venue à Marseille, à la Brasserie Communale.
Je n'y étais pas mais très content de les voir dans de meilleures conditions, imaginant difficilement écouter leur musique intimiste là bas.
Pour autant ce fut un peu moins facile de rentrer que pour la première partie, la chanteuse minaude de manière assez nonchalante, la mise en place étonne également avec les chassés croisés entre les deux musiciens.
Plus le concert avance et puis on est happé par ces mélodies simples et hautement mélancoliques, avec quelques morceaux assez tubesque comme ce "On a pulse" dont on aimerait que le plaisir se prolonge.
La chanteuse se lâche un peu vers la fin et descend également dans la fosse pour le bonheur des premiers rangs.
Tessina - La Meson
Gros Vendredi avec trois affiches, avec notamment l'énième concert sold out des Liminanas à l'espace julien, une soirée plus pointue au Makeda, et pour ma part ce sera à la Meson avec un duo Marseillais dont on a déjà parlé sur le site, mais que je vois pour la première fois.
Un peu de flottement au début puisque le concert était gratuit sur invitations affiche également complet ce qui m'étonnait un peu, et au final beaucoup moins de monde que prévu, dommage pour le groupe qui semble malgré tout très content nous dévoile son folk envoutant.
N'ayant écouté que les rares morceaux postés jusque là, c'est une découverte et un très bon moment pour notre photographe et moi, et les happy few présents semblent également avoir apprécié.
Avec sa robe et sa coupe de cheveux attise la curiosité et musicalement c'est délicat, avec des ambiances qui collent parfaitement avec le lieu.
La voix aussi surprend, très douce par moment, parfois beaucoup moins, accompagnée de sa guitare et d'un espèce de sampleur en forme d'accordéon qui ajoute au coté intemporel.
La batteuse qui fait parfois les choeurs captive tout autant, avec un jeu minimaliste, limite tribal.
Elles reviennent pour un rappel en s'excusant avoir déjà chanté ce morceau, et remercie l'attention bienveillante du public, avec une timidité très touchante, merci à elles.
Bryan's Magic Tears - Espace Julien
Dernière soirée pour clôturer cette semaine en apothéose avec un plateau où les BPM et les décibels sont un échappatoire à l'emballement difficilement compréhensible, même en étant le plus ouvert possible, de ce qui se passe au Velodrome ce weekend là.
J'ai un souvenir très diffus du premier passage des Bryan's Magic Tears, un des tout derniers concerts du genre au feu Poste à Galène en 2017.
Le temps file vu que les Parisiens ont depuis sorti trois albums chez Born Bad et écume salles et festivals, autant dire que l'on a affaire à un groupe confirmé, parfait pour galvaniser les festivaliers d'entrée, et ce fut le cas.

Pour ceux et celles qui ont grandi avec le rock indé des années 90 on est en plein revival avec des morceaux entre shoegaze et d'autres plus madchester, le look et la pose du chanteur font sourire mais musicalement c'est complètement crédible et efficace du début à la fin.
Un mur de guitares, des synthés affolés, et un batteur impressionnant, tout est là pour une fête de sons saturés et hypnotiques à souhait, un régal.
Rendez-Vous - Espace Julien
Unanimement auprès de mon entourage du soir, le concert suivant faisait un peu canard boiteux, même si votre chroniqueur n'a pas détesté.
La différence de style avec l'autre groupe est saisissante, le public aux premiers rangs n'est d'ailleurs pas forcément le même.
N'ayant écouté que quelques morceaux avant, qui sonnent plutôt post punk, ici surtout au rappel, le style du chanteur/hurleur (avec un t-shirt Slipknot, on comprend mieux) est plus proche du métal et du hardcore, et les autres musiciens ne font pas non plus dans la dentelle.
Après un mouvement de foule spectaculaire, c'est plus beaucoup plus loin que j'apprécie le coté jusqu'au boutiste de ce rock bien bourrin (doux euphémisme) tout en gardant des forces pour le redoutable dancefloor qui suit.
Marie Davidson - Espace Julien
Après la fureur de Rendez-Vous changement complet d'ambiance, il y avait d'ailleurs un tarif "dernière minute" pour les festifs venu(e)s uniquement pour la grande (autant par le talent que par la taille) Canadienne.
C'est l'artiste que j'attendais le plus, ayant raté plusieurs de ses lives à Marseille au Cabaret Aleatoire avec son groupe Essaie Pas, et plus récemment au festival Marsatac qui était une des rares qui m'intéressaient cette année là.
Très content d'enfin la voir et de danser sur les tubes de son dernier album "City of Clowns" sur le label de Soulwax (qu'on aimerait bien revoir à Marseille d'ailleurs) et également des plus anciens comme le furieux "Work it".
Pas de visuel ce soir mais un light show fortement déconseillé aux épileptiques.
On aurait pu le deviner et l'espérer, le son est massif et agressif, elle est à la fois sur ses machines et au micro sur le devant de la scène.
Elle est aussi sexy (clown) qu'intimidante avec ses mouvements très basic fit, sa voix autoritaire qui retourne la salle quasiment sans temps mort, rappelant parfois les fulgurances de Miss Kittin.
Le seul moment où elle ne scande pas c'est pour une pensée pour Gaza de manière inattendue et très bien amenée, un peu plus subtile que le "Free Palestine" hurlé à la fin du concert d'avant.
Une fin de soirée épuisante et souvent jouissive, autant sur scène que dans la fosse qu'elle rejoindra sur un morceau, ça valait de le coup de rester jusqu'au bout d'une prestation marquante à plus d'un titre.
D'autres photos de Julien Confalonierie :
Bibi Club + Reymour
Tessina
Marie Davidson + Rendez-Vous + Bryan's Magic Tears
Photos Alpha Maid : Laurent Bruguerolle
Critique écrite le 30 mai 2025 par Sami
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