A l'instar de sa couverture bizarre et bien moins belle que celle-ci, le premier album Antidotes des jeunes anglais de Foals nous avait laissé totalement de marbre. Classé dans la rubrique math-rock (comprenez, rock avec rythmiques destructurées et mélodies dissonantes à tendance .../...

A l'instar de sa couverture bizarre et bien moins belle que celle-ci, le premier album
Antidotes des jeunes anglais de
Foals nous avait laissé totalement de marbre. Classé dans la rubrique math-rock (comprenez, rock avec rythmiques destructurées et mélodies dissonantes à tendance potentiellement chiante, disons du Mike Patton sans humour), il excluait toute possibilité de prendre un plaisir simple - ou même raffiné - à écouter les chevelus du gang des frères
Philippakis.
Tout le contraire du présent disque, qui nous accompagne très régulièrement depuis le printemps 2010. Avec une belle production, des mélodies assurées quoiqu'originales, agrémentées de saillies afro à la
Vampire Weekend et de guitares vrillantes à la
Editors, dans un mélange idéal assurant légèreté et intensité tout à la fois : tout est déjà dans
Blue Blood, premier titre, mais aussi dans
Black Gold, un peu plus loin. Le titre éponyme
Total Life Forever est une belle décharge pop dans l'esprit des
Talking Heads (influence assumée et revendiquée), sans putasserie aucune et qui reste pourtant dans la tête, tandis que
Miami a l'évidence tranquille des tubes radiophoniques réussis (pronostic : le refrain sera utilisé en pub de téléphone portable dans les 6 mois, dès qu'un des primitifs en costard qui vendent ces saloperies en entendra parler).
Une mini-symphonie superbe inattendue ponctue le milieu du disque,
Spanish Sahara : Une jolie relecture mi-
Radiohead (Hail to the Thief), mi-
Bloc Party (Intimacy), qui monte doucement en puissance pour finir en chevauchée flamboyante, magnifique en live ! Celle-ci se poursuit avec la roborative
This Orient, un petit interlude en
Fugue aérienne, avant un
After Glow à la fin punk/funk ultra-dansante, une
Alabaster nostalgique et prenante. Tout comme
2 Trees qui sonne comme du
Thom Yorke solo (une putain de référence !), avec en bonus une fin en mode post-rock stratosphérique, la conclusion revenant à un
What Remains tribal et habité.
Ce qui dev(r)ait (toujours) arriver suite à un tel album arriva donc : fort de ce deuxième LP racé et abouti, imparable aussi bien du critique rock pointu de chez Magic R.P.M. que du simple fluokid hédoniste décérébré à coup de Facebook, le groupe
Foals délivre désormais sur scène des
concerts ultra-pro, dansants et supersoniques tout à la fois, qui mettent tout le monde d'accord et de bonne humeur. Une réussite majeure, en somme, ce qu'on appelle (passez-nous l'expression pour cette fois encore), l'album de la maturité !
(2010)