Cette soirée attaque dès 19h30 dans des arènes ensoleillées avec les anglais d'Editors, sympathiques revivalistes coldwave, lorgnant volontiers de manière décomplexée du côté de Joy Division et autres mythes mancuniens. L'entrée en matière est puissante, leurs riffs tendus mettent rapidement tout le monde d'accord, tandis que le son agressif et .../...
...agressif et froid de la batterie imprime de belle manière la cadence : les festivités ont bel et bien débuté.
S'en suivent quelques plages d'avantage électroniques en arrière plan, ce qui flirtait précédemment avec le post-punk destiné aux caves sombres deBirmingham se transforme en une synthpop efficace qui avec des vocaux à la
Paul Banks est désormais capable de faire se mouvoir des foules entières. Même si le chanteur pousse parfois un peu trop loin son jeu de scène, le spectacle est au rendez-vous, les tubes comme
Munich ou
All Sparks achevant de convaincre les sceptiques.
Certes, ces gens-là n'amènent rien de nouveau, ils ne font que tripatouiller un passé dont chacun est bien sûr nostalgique, mais ils le font de belle manière, sans jamais saccager leurs classiques, leur répertoiredemeure tout de même imposant et diablement efficace, la faute à de très bonnes influences sans doute.
Editors relève donc avec brio le défi d'ouvrir cette soirée aux nombreuses promesses.
Aujourd'hui, plus personne ne croit aux utopies où tout vapour le mieux dans le meilleur des mondes, et à vrai dire nous avons raison, aucune histoire n'est parfaite, il y a toujours un bémol à noter et ce soir là le bémol fut notre remixeur national attitré
Yuksek. Certes le faire passer à 20h30 alors qu'il faisait encore jour n'était pas forcément la meilleure idée qu'eurent dans leur vie lesprogrammateurs nîmois, bien sûr on pourra dire que c'était sympa à une époque où toutes ces feignasses de DJs se cachent derrières leurs ordinateurs de faire un set analogique mais tout de même le bilan reste dur.
Son set démarra pourtant de manière rythmée, avec des beats tranchants et ces voix robotiques qui lui sont caractéristiques, legarçon n'était visiblement pas venu ici pour rire mais rapidement ses effets peu variés lassent et l'alchimie ne prend pas, le public hoche poussivement la tête.
Soudain l'espoir renait, l'imparable
Tonight, hymne électronique au refrain ravageur,retourne littéralement la fosse tandis que le garçon s'acharne de plus belle suivi par le leitmotiv
TAKE MY HAND qui clignote en arrière plan. On pourrait alors songer à une suite sympathique et bien non cet hurluberlu a la charmante idée de critiquer les spectateurs pour leur manque d'implication, congratulant au passage sa propreproduction : une grande leçon d'humilité signée
Yuksek. Alors que le chenapan cache encore ses brillants remixes dans sa besace, il juge préférable de longuement nous bassiner avec ses idioties tentant de réveiller en vain le spectre du sublime album
Discovery de
Daft Punk avant de virer à une grande boucherie techno.
L'inconstance de ce set est frustrante, car c'est seulement dans les dernières minutes que l'ambiance semble enfin décoller avec des vocaux effrénés proches de ceux du terrible
Danger, alternant avec des sonorités d'avantage imprégnées de la culturehip-hop, le public s'agite enfin. Mais une question reste sur toutes les lèvres ou tout au moins sur les miennes, pourquoi ne méritions nous pas ses splendides remixes de
M83, Booba et consorts ou encore ses productions nées de sa collaboration avec l'intéressant
Brodinsky, mon interrogation demeure entière, ma rancœur également,
Pierre-Alexandre Busson, je t'en veux.
C'est alors que le groupe le plus bichon de New-York s'apprête à faire son apparition, derrière cette périphrase se cache bien entendu
Vampire Weekend, qui cherche de nouveau à convaincre aveccet opus réfléchi et abouti réitérant l'alchimie miraculeuse du premier et ultra médiatisé album, véritable boîte à hits. Sans la moindre présentation superflue et hypocrite, le chanteur jaillit des coulisses et démarre un set dynamique et joyeux aux sons d'arpèges rebondissant sur les arrières fonds de flûte traditionnelle. Dès le second morceau,les influences africaines de leur pop ressortent pour créer une certaine communion du groupe avec la foule charmée.
N'hésitant pas à distiller des envolées vocales aigues dignes de chants tyrolliensperdus dans la jungle éthiopienne, le groupe nous subjugue par ses percussions détendues mais sûres inspirées des lignes du reggae, le tout pour mieux rebondir sur des arrières fonds de flûte traditionnelle classique. Viennent ensuite des morceaux du premier album comme le très bon
I stand corrected, qui ne laisse personne indifférent dansle public tant l'harmonie sonore des plus improbables est superbe. Le tour du monde musical se poursuit en beauté, on se retrouve propulsé au milieu des
Cornouailles dans une de ces fêtes de village euphoriques et éthyliques avant de retourner vers une fragilité tout simplement jolie avec
Taxi Cab.
L'ambiance demeure étonnamment, les new-yorkais deviennent pour quelques instants texans avec quelques riffs tendus enniomorriconesques, un pur truc de cowboys. Ils ne restent plus à ces gentils génies, véritables équilibristes entre pop et world music, qu'à enfiler lestubes tels des perles lançant les célèbres
Oxford Coma ou encore
A-Punk, alors que toutes les collégiennes gesticulent, s'écrasent et s'époumonent dans la fosse. Et pour une fois je dois bien le reconnaitre, la collégienne lambda a raison, car ces musiciens là méritent vraiment que l'on hurle leur nom à s'arracher les cordes vocales.Une leçon magistrale de maîtrise, d'originalité mais aussi de courage.
Et c'est enfin au tour de
Gossip de s'aventurer dans des arènes pleines à craquer, afin de clôturer cette chouette soirée, et c'est après une longue attente qu'apparaissent lesmusiciens et en particulier la tant attendue
Beth Ditto, véritable icône de cette fin des années 2000. Fidèle à sa réputation de guerrière sur scène, elle joue d'entrée de jeu la pièce maîtresse de son répertoire, le génial
Standing in the way of control, ravageant dès les premières notes un public hystérique, le ton est donné. Lasuite se révèle plus périlleuse, le quartet choisit de nous proposer quelques chansons plus intimistes du second album comme
Pop goes to world ou
Four letter word, aux plages électroniques tant décriées par la critique et pourtant cela prend de belle manière, l'ambiance ne retombe pas un instant.
Chacun est rapidement séduit par la voix envoutante de la chanteuse, capable d'envolées puissantes et miraculeuses tout en sachant par moments se faire fragile et douce. Leur prestation se poursuit avec vigueur et application, on notera d'ailleurs un jeu de batterieintelligent et des plus justes, tandis que
Beth Ditto en véritable gladiateur n'a de cesse d'haranguer une foule émerveillée, l'énergie déployée est simplement incroyable. Ils parviennent continuellement à nous surprendre avec des covers inattendues comme celle du splendide
Psycho Killer des
Talking Heads ou encore de
BadRomance de
Lady GaGa avant de virer vers le pendant plus soul du groupe qui n'en est pas moins intéressant. S'en suit le très apprécié
Heavy Cross, single issu du second album, qui ne manque pas d'enflammer un public resté debout depuis le premier morceau. Encore quelques morceaux puis les héros du jour se retirent sous lesacclamations avant de revenir pour un rappel des plus incroyables débutant par une parfaite reprise jubilatoire du mythique
What's love got to with de
Tina Turner, chacun crie de plus belle au son de ce refrain universel. La surprise est encore plus grande lorsque
Beth choisit de revisiter a cappella
One more time de
Daft Punk, ou encore
We are the champions de
Queen. Leur prestation s'achève avec
Love long distance, ballade sensible et troublante, concluant de la meilleure des manières un concert tout bonnement incroyable, qui aura marqué les esprits. Qu'on se le dise,
Gossip est une incroyable machine de guerre sur scène!
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