Deux ans et quelque après l'explosif album Standing in the Way of Control dont la chanson titre était LE tube soul-punk ultime, et un très bon live (à peu près notre vinyle le moins ragoûtant visuellement), on retrouve avec plaisir le trio Gossip, qui met pour cette fois en .../...

Deux ans et quelque après l'explosif
album Standing in the Way of Control dont la chanson titre était LE tube soul-punk ultime, et un très bon
live (à peu près notre vinyle le moins ragoûtant visuellement), on retrouve avec plaisir le trio
Gossip, qui met pour cette fois en avant, non pas sa superbe et Boteromorphe diva
Beth Ditto, mais sa plus discrète et androgyne batteuse
Hanna Blilie - il est vrai qu'à force, on a vu la chanteuse, outre ses mémorables effeuillages en fin de
concerts haletants, jusque dans son plus simple appareil en photo !
Le gang un brin plus sage cette fois-ci, nous emmène d'abord gentiment (mais avec une production par moments énorme, car signée
Rick Rubin et avec beaucoup plus de moyens) sur la soul tranquille de
Dimestore Diamonds. Les choses redeviennent un peu plus/moins sérieuses avec
Heavy Cross, au refrain disco-punk plus affirmé - on se retrouve en terre connue. Typiquement aussi sur
8th Wonder : déjà écrite presque à l'identique par
Gossip, mais aussi enthousiasmant que précédemment !
Et à partir de là, selon l'humeur, on pourra donc porter deux jugements différents sur
Music for Men, plutôt proche du précédent par son inspiration pour moitié, et s'aventurant vers des terres parfois très éloignées du terreau soul ou rock, pour le reste. On pourra ainsi adhérer moins, ou plus selon ses goûts, à des titres qui s'éloignent résolument du son garage rock précédent, comme la presque trop dance
Love Long distance à la batterie manifestement électronique, malgré ses clins d'oeil à
Marvin Gaye - il n'empêche que la voix terriblement groovy et chaleureuse de
Beth reste un baume pour le coeur et les oreilles, et que la tête bouge toute seule assez rapidement. Tout comme le pied d'ailleurs, sur une
2012 assez enthousiasmante, à l'orchestration clairement joydivisionesque (voire newmodelarmique au refrain), avec un gros clin d'oeil à
Kiss au passage : la surprise et peut-être la réussite majeure de cet album, en fin de compte !
Plus embarrassantes,
Vertical Rhythm et son riff rebattu sonne du rock US peu inspiré,
For Keeps n'est pas formidable non plus, et
Four Letter Word ressemble quasiment à un truc électro tout droit exhumé des années 80.
Pop Goes the World ou
Men in Love sonnent pour leur part comme des resucées, en à peine plus rock des
Pointer Sisters ou d'
Aretha Franklin, pour un résultat indéniablement dansant, mais pas transcendant. En lorgnant trop sur le dance floor ou les radios mainstream, le trio risque bien de perdre quelques fans de guitare, de fûts martyrisés et d'échange de sueurs... Heureusement, il leur reste leurs textes militants, leur personnalité et un abattage énorme sur scène, et même en bonus, quelques brulôts punk, comme le
Spare me from the Mold final, qui justifient amplement que les petits veinards qui ne les auraient encore jamais vus se précipitent à leur
poursuite cet été !
(2009)