A part avoir servi de locomotive au rock indépendant depuis 15 ans, en dynamitant son propre style tous les deux albums - mettant à terre toute concurrence possible ; à part qu'il abrite au moins un bijoutier de la composition/interprétation en la personne de Thom Yorke ; à part qu'il contient en outre un guitariste et arrangeur de génie en celle de Jonny Greenwood... Radiohead fait accessoirement les plus beaux concerts du monde.
Dernière actu : Après leurs concerts déjà complets à Paris Bercy et aux Arênes de Nîmes en juin 2008, Radiohead sera l'une des têtes d'affiche du Main Square festival d'Arras le 6 juillet.
Les ventes sont ouvertes !
Radiohead (Rock en Seine 2006) - 26 août 2006 - Domaine National de Saint-Cloud
Un concert mémorable...
C'est Radiohead, la vedette planétaire dont tout festival rêve, qui était chargé de clôturer le festival Rock en Seine, devant 30 000 personnes. Malgré la .../...
C’est Radiohead, la vedette planétaire dont tout festival rêve, qui était chargé de clôturer le festival Rock en Seine, devant 30 000 personnes. Malgré la qualité du programme du samedi (Broken Social Scene, The Dead 60’s, The Rakes et Beck), le groupe d’Oxford a parfaitement justifié son statut de tête d’affiche.
Si la dévotion de son public peut irriter, il faut avouer que passer 1H45 au milieu d’une assistance en totale communion avec ses favoris, cela fait son petit effet. Car Radiohead ne semble pas être revenu sur scène pour renflouer les caisses, mais plutôt pour retrouver l’énergie créatrice, nécessaire pour se lancer dans un nouvel album. Le public, véritablement aux anges, plane à 4000 mètres d’altitude en découvrant une set list faisant la part belle aux albums OK Computer et Kid A, avant de proposer une poignée de titres inédits renversants. Déjà en apesanteur sur de nombreux morceaux admirablement interprétés et chantés (décidément, quelle voix ce Thom Yorke !), on ferme plusieurs fois les yeux, pour mieux se laisser pénétrer par le flot d’émotions charrié par les compositions les plus mélancoliques et planantes. Cela ressemble au septième ciel : le son, l’alternance de titres orientés guitare, piano ou électronique, les lumières, l’ambiance, tout est parfait pour un concert devant une foule aussi nombreuse… Bien sûr, on aurait aimé assister au même spectacle dans une salle à taille humaine, mais c’est impossible avec le niveau de popularité de Radiohead.
La pause juste avant les rappels nous permet d’avancer un peu, avant d’apprécier à leur juste valeur There There (et ses percussions marquantes) et Karma Police, LE tube par excellence - quand Creep n’est pas interprété. Juste après avoir été longuement salué par un groupe resté incroyablement humble, le public quittant le Domaine National de Saint-Cloud parait encore perché sur le petit nuage sur lequel Radiohead l’a invité, le temps d’un concert mémorable.
Radiohead, Beck, The Dead 60's - 26 août 2006 - Saint-Cloud J'essaie d'arriver assez tôt (14h) pour pouvoir bien profiter de ma journée: 1 ptite mousse et en piste ! Je me place donc le plus près possible de la grand scène de telle façon à pouvoir bien .../...
J'essaie d'arriver assez tôt (14h) pour pouvoir bien profiter de ma journée: 1 ptite mousse et en piste ! Je me place donc le plus près possible de la grand scène de telle façon à pouvoir bien profiter du spectacle... et quel spectacle !
Revoir beck (qui m'avait vraiment laissé sur ma faim le 16 juin l'an passé avec un concert que j'avais trouvé bien moyen en comparaison de l'invraisemblable show auquel j'avais assisté aux vieilles charrues il y a quelques années au moment de la sortie de Midnite Vultures), et découvrir les Dead 60s (auteurs d'un excellent premier album l'an passé) et surtout Radiohead sur scène. Seul bémol : ne pas avoir pu voir tous les concerts : j'aurais beaucoup aimé voir les editors et les rakes...Pour conserver cette bonne place ce ne fut pas possible.
Début du festival sur la grand scène avec 1 groupe dont j'aurai la bonté de taire le nom et de ne pas faire de commentaires.
2ème groupe: Phoenix pas mal... pas mal du tout même.
Vrai début du festival à mes yeux avec l'entrée des Dead 60s qui nous en ont mis plein les yeux et les oreilles avec 1 show survolté digne (je sais j'exagère 1 peu) des Clash (vivement le prochain album !)
On arrive à Beck, monstre sacré à mes yeux. Une performance que je qualifierais de plutôt bonne, avec 1 mélange de bonnes idées avec des moins bonnes. Le spectacle a débuté par 1 spectacle de marionettes représentant Beck et ses musiciens (ces marionettes les ont accompagnés pendant tout le concert) la sono passant loser, le groupe arrivant en milieu de chanson. Franchement je n'ai pas vraiment trop apprécié cette entrée... Par contre au mileu du concert, alors que le groupe s'était retiré ces marionettes nous ont montré la découverte par le groupe de paris : tour eiffel, bouffe, nanas, à court de picole massacre des loges pour récupérer quelques bières dans la loge de radiohead ! Franchement, c'était vraiment rigolo! Autant que le retour de beck déguisé en ours ! Un concert qui nous aura également permis de découvrir le futur album qui s'annonce assez bon et varié, mélange de funk, hip hop avec des morceaux beaucoup plus posés. Je signalerai également un des grands moments du concert: dans une ambiance mexicaine, le groupe étant à table, 1 étonnant concert de bruit de verres, d'assiettes et de couvert s'entrechoquant.
Arrive enfin LE grand moment: entrée sur scéne de Radiohead et d'emblée je comprends pourquoi tant de personnes affirment que Radiohead est LE plus grand groupe à l'heure actuelle. Une entrée qui s'effectue avec Airbag puis 2+2=5 ; les morceaux s'enchainent, reprenant pendant 1h45 différents titres de leurs 5 derniers albums.
1h45 de pur bonheur. Féérique, fabuleux, extraordinaire, magnifique, magique... Les personnes qui étaient présentes ce soir là utiliseront toutes les mêmes superlatifs, que dire de plus ? Que certaines personnes autour de moi affirmaient à la fin que c'était le meilleur concert auquel ils avaient jamais assisté, tout simplement... Réagir à cette critique
Radiohead, Xavier Rudd, Beck... - 26 août 2006 - Saint-Cloud Je suis assez d'accord avec la critique de XOF , mais ce qui m'étonne dans sa critique, c'est qu'il n'a pas du tout mis en avant le son anormalement bidon qu'à eu Radiohead pour son unique concert en .../...
Je suis assez d'accord avec la critique de XOF , mais ce qui m'étonne dans sa critique, c'est qu'il n'a pas du tout mis en avant le son anormalement bidon qu'à eu Radiohead pour son unique concert en france en tête d'affiche de ce festival.
J'ai été vraiment deçue, c'est la troisième fois que je les vois sur scène et ce concert gagne la dernière place à mes oreilles.
Surtout quand je le compare au fabuleux concert aux eurocks en 2003, rien à voir; ils étaient beaucoup plus enthousiates et le son était vraiment parfait.
j'ai pas senti un super feeling sur la scène de st cloud.
Oui, je suis d'accord, rien à commenter sur la set list, mais le son bordel ! le son ! quelle honte ! beaucoup trop de basse, trop saturé, des balances baclées. "everything in its right place" et "there there" qui ne sonnent pas correctement. J'ai généralement la larme à l'oeil et les poils qui se hérrissent à leurs concerts, là j'ai eu un peu de peine et de déception. Mais tout de même beaucoup de respect à ce grand groupe qui me fait vibrer depuis plus de 10 ans.
Pour beck, terrible, grand show, un régal.
Grande découverte: Xavier Rudd. Comme il assure ce type ! Avec une caisse clair et un didgeridoo, il fait de la techno ! Un homme orchestre à découvrir absolument. Juste un peu trop de ressemblances avec Ben Harper. Réagir à cette critique
C’est donc aujourd’hui le grand jour, l’évènement musical mondial (au moins du point de vue français) : l’unique concert de Radiohead dans notre pays cette année. Côté ciel, c’est pas le pied, mais ç’aurait pu être pire. Côté public, le T-shirt Rock en Seine se porte moulant, le "taille basse" se porte vraiment bas (on devrait même plutôt parler d’un "haut des jambes" que d’un "taille basse"), les lunettes de la nana sur l’affiche ont fait de nombreux émules (un genre de vieilles RayBan que n’aurait pas renié notre ami Poncherello de la police motorisée de Los Angeles), et on a même vu un chasseur d’oursins, avec ses sandales plastique, s’étant certainement égaré… Mais Rock en Seine, ce n’est pas qu’un concours de beauté, c’est avant tout un festival, avec donc de nombreux groupes (et pas seulement un groupe, aussi important soit-il).
Nos oreilles ont donc eu l’occasion d’ouïr Broken Social Scene : un collectif canadien d’une dizaine de garçons et filles multi-instrumentistes. Pas facile de commencer la journée (par définition, en plein jour), alors même qu’une pluie fine commence à tomber sur les parapluies et les capuches (et même sur les flyers Mademoiselle K, format A3, impeccable pour se protéger). Cependant, leur mélange de pop symphonique, de jolies petites mélodies et de rock enlevé a contribué à mettre l’après-midi sur de bons rails. L’intervention de Feist sur quelques titres n’a fait qu’améliorer les choses. Alors même que l’on songe au vivier de groupes inventifs que constitue le Canada (Broken Social Scene, Arcade Fire, Bran Van 3000…), les gouttes cessent de tomber, pour ne jamais réapparaître de la soirée. Cool.
Direction la grande scène et Phoenix : s’appuyant essentiellement sur un intéressant dernier album, mais aussi sur quelques titres qui les avaient fait connaître il y a 6 ans, les six musiciens ont égrené une douzaine de chansons, ce qui fait un set assez court de 45 minutes (à moins qu’ils aient prévu de la place pour un éventuel rappel).
Un saut vers une autre scène pour voir Skin, l’ancienne chanteuse de Skunk Anansie et qui à ce titre, en reprend quelques titres. Son énergie est restée la même après deux albums solo. Malheureusement, elle a du mal à communiquer cette énergie au public qui vit ses derniers instants de repos avant une soirée en apnée.
La suite, c’est sur la grande scène avec The Dead 60’s : du rock mâtiné de dub, de ska, et qui rappelle pas mal The clash. C’est bien fichu, porté par le tube "riot radio" mais c’est pas très original.
Vient ensuite Beck. D’emblée, l’américain expédie les affaires courantes en commençant par son hit international "Loser". Mais pas n’importe comment : alors que la sono diffuse le tube dans sa version originale, des marionnettes, de type "fabulous thunderbirds" et à l’effigie de chacun des musiciens, font leur apparition devant un mini-rideau en fond de scène. Relayées par les écrans géants, les marionnettes font le show, jusqu’à l’apparition des musiciens qui, à mi-chanson, prennent le relais pile-poil, et terminent en ayant d’ores et déjà mis la plupart du public dans leur poche. Se succèdent alors des chansons très éclectiques, à l’image du chanteur, qui ce soir arbore sa panoplie de cow-boy (jean, gilet en velours, stetson), mais qui, le temps d’une chanson, se glissera dans la peau d’un ours en peluche ! Pour lui laisser le temps de s’accoutrer ainsi, un petit court métrage nous narre la découverte de Paris par les marionnettes : la tour Eiffel, les pigeons, les filles, et les chambres de palace mises à sac par ces petits personnages survoltés. Une fois terminé son numéro de hip-hop plantigrade, Beck revêt de nouveau sa tenue du Far West pour entonner quelques chansons folk correspondant davantage à son costume. Seul à la guitare et à l’harmonica, il laisse ses acolytes se rassembler autour d’une table pour boire un coup. Ceux-ci bonifient leur situation en faisant tourner leur doigt sur ces verres de cristal, en tapant sur les verres plus ou moins pleins, sur les plats, sur la table, pour fournir à Beck une section rythmique venue de nulle part. Un concert de musique créative riche d’idées, d’inventions, un vrai spectacle, bref, une heure de totale éclatche.
C’est donc vers 21h45 qu’arrivent sur scène ceux que tout le monde attend : Radiohead. Et quand on dit tout le monde, c’est vraiment tout le monde : plus une place de libre, serrés comme les bulles dans la mousse d’une Guinness, avec des brancards de la Croix Rouge ayant les pires difficultés à se frayer un chemin pour secourir quelques évanoui(e)s. On commence avec Airbag, titre inaugural de OK Computer, et on enchaîne avec des chansons piochées dans leurs cinq derniers albums, de The Bends jusqu’à Hail To The Thief, ce qui donne l’impression d’assister à une sorte de grand best of live. Thom Yorke a toujours cette dégaine d’ado tourmenté, et vit ses chansons au point de paraître possédé par des forces obscures. Il est peu dissert, même s’il se permet une ou deux blagounettes en français (exemple : je crois que vous connaissez la prochaine, avant d’entonner Paranoïd Androïd, et toute cette sorte de choses…). Ces potes sont très discrets, font leur taf sans grand éclat. Ils ont quand même gratifié leurs fans de trois ou quatre nouvelles bonnes chansons, ce qui est de bon augure, non seulement pour l’existence d’un prochain album, mais aussi pour sa qualité. Bref, pendant 1h45, Radiohead a enfilé les tubes, fournissant au public ce pourquoi il s’était déplacé en masse.
La pluie a bien fait mine de venir taquiner Paname, qui ne s'en est pas laissé compter. Certains des provinciaux (merde, déjà un gros mot) que nous sommes ont profité des nuages matinaux pour se ruer au paradis du vinyle, chez Gibert... Tout ça pour en repartir atrocement frustrés avec 2 à 3 galettes à peine, après en avoir amoureusement tripoté une cinquantaine. Retour sur le site donc, assurés quoi qu'il en soit d'avoir déjà fait une excellente journée la veille !
Nettement moins à l'heure qu'hier, on retrouve la sculpturale panthère Skin, ex-chanteuse du groupe Skunk Anansie et auteure de l'un des plus beaux stage-diving de l'histoire des Eurockéennes, il y a dix ans déjà : un jump sacrément culotté, avec élan et toutes dents blanches en avant, dans une mer de k-ways mâles trempés et rêvant de lui palper les formes. La belle ne semble pas avoir vieilli depuis, hélas son rock US standard, malgré une belle énergie, ne nous passionne pas. Elle reprendra une ou deux chansons de son ex-combo de power pop, mais pas les meilleures, pendant qu'on s'éloigne déja pour ne pas rater l'un des objectifs majeurs du festival.
Car The Dead 60's sont dans la place ! L'explosif quatuor ska-punk de Liverpool dont l'album éponyme est la meilleure surprise de l'année. Après une sirène de chantier destinée à avertir les personnes sensibles, les 4 gueules de petites frappes, sapées cintré, attaquent avec Loaded Gun (battez-vous autant que vous voudrez à la sortie des pubs mais à la maison... méfiez-vous des filles qui ont un pistolet chargé) puis A Different Age où le fuzz commente à monter en flèche...
Suivent deux nouveautés (une très chouette, une un peu faiblarde). Puis We get High où des fumées clandestines commencent évidemment à envahir la scène. Et puis sans crier gare retentit le meilleur riff de l'année 2006, Riot Radio qui transforme instantanément la fosse de la grande scène en parc à kangourous ! D'autant plus qu'elle est enchaînée avec une chanson inédite très proche du punk des Clash (à l'usage des ronchons, oui ils leur ressemblent ainsi qu'à Madness, oui c'est fait exprès et c'est pour ça qu'on les aime !!). Le concert alterne judicieusement les plages sautillantes comme Red Light et les dubs lancinants genre Control this.
Le casse du siècle (soit le braquage de tout le best-of de la scène liverpuldienne des années 80) se termine par la phénoménale The Return of the Ghost Faced Killer, ses bruits de série Z et ses orgues apoplectiques et morbides dignes de rameuter toute la famille Addams. La partouze ska se continuera d'ailleurs plus tard avec le Tokyo Ska Paradise Orchestra (pas vu pour cause de Radioheadomanie mais raconté par Céline).
Pour les avoir chroniqués au Moulin de Marseille il y a peu, on sait que The Rakes donne mieux sur album que sur scène où leur charisme de palourdes (mention spéciale au bassiste) refroidit un peu... Cela étant le jeu de scène a (un peu) progressé puisque le chanteur gesticule frénétiquement pour pousser l'ambiance et pense désormais à s'adresser au public dans un français de vache espagnole. Le guitariste (une sorte de Milouse devenu grand) envoie ses riffs imparables sur les bombinettes que sont Strasbourg, We are all animals ou encore The Guilt, et ça le fait pas mal même si ça ne vaut pas leurs grand frères Franz Ferdinand.
L'excitante Open Book est aimablement (sarcastiquement ?) dédicacée à l'équipe de France via la pub zidanesque qui l'avait reprise, tandis que Binary Love, pourtant l'une des plus recherchées, sera un peu gâchée par une guitare inaudible. Le concert continue judicieusement sur la très plaisante reprise du Poinçonneur des Lilas (enregistrée pour Monsieur Gainsbourg revisited), avec en exclu le refrain chanté in french (Déptitwou, déptitwou, toujou'déptitwou' !) puis Retreat sont le punk/funk radical transforme la fosse en dance floor. Une très longue nouveauté (sympa sur la fin, comme nous en a averti le chanteur) et 22 Grand Job finissent un concert fort bien troussé !
Après ces deux concerts dûrs pour les genoux, un rafraîchissement houblonné sera le bienvenu tandis que les trois-quart du public du festival s'en vont, l'air de rien, faire semblant de connaître tout Beck pour pouvoir se placer tout devant... Pas stressé à ce point par l'enjeu, et pas fan de lui après ses deux premiers albums, on n'en entendra que Loser de loin mais, pour faire une digression, un certain XOF a fort bien raconté ce concert à marionnettes apparemment hilarant par ici (ainsi qu'a peu près tous les shows du samedi non relatés ici) !
On rejoint donc une scène clairsemée mais motivée venue applaudir le slammeur Grand Corps Malade dont l'album Midi 20 (surtout après le buzz l'entourant) nous avait pas mal déçu. Quoi qu'il en soit à la fin de Saint Denis a capella, l'oreille est déjà intéressée par cette grosse voix grave qui berce et son humour ravageur ('Ici on est fier d'être dionysiens, j'espère que j't'ai convaincu. Et si tu m'traites de parisien, j't'enfonce ma béquille dans l'c...').
On rit de bon coeur aux jeux de mots néo-Devos de Ma Tête, mon Coeur et mes Couilles. Midi 20 est même assez bouleversante, et plus encore Chercheur de Phase où le grand escogriffe, désormais flanqué d'un très classieux orchestre de chambre, arrivera même, le salaud, à nous filer le frisson ! Qui l'eut crû, même Les voyages en train dont on croyait être saoûlé, gagne à être réécoutée dans un silence religieux et ému. Retour à plus de légèreté avec la très bien vue Le Célibataire qui déclenchera l'hilarité, et fin avec piano sur Rencontres sacrément belle aussi.
Ce fut donc un bonheur de redécouvrir ces textes dans un contexte idéal : 90 % du public étant à la grande scène, Fabien arrive même à reconnaître ses postes slammeurs dans une audience qui, au moins, est vraiment là pour lui. C'est incontestablement la grosse claque du festival. Le public fait une juste ovation à ce ... Grand Artiste en Devenir, qui confesse lui aussi avoir aimé ce concert improbable dans un festival de rock !
Alors que s'approche l'heure du concert tant attendu, les happy few qui ont déjà vu Grand Corps Malade et quelques centaines de popeux hardcore font un tour à Editors. Groupe de nous à peu près inconnu, il distille une pop glaçante de très haute tenue. On pense à Morrissey (en plus speed), mais aussi à Interpol (en moins statique et en plus chaleureux). Tenues de poseurs classe, son réglé au cordeau, lumières chiadées, les chansons lentes ennuient un peu mais les chansons rock (voire disco-rock pour celle annoncée en nouveauté) sonnent sacrément bien ! (Encore une) excellente surprise, et album à creuser sans tarder !
Bon, on a traîné tant qu'on a pu mais quand faut y aller... jetons-nous sans retenue dans le moulon énorme qui s'est formé pour Radiohead. La pression monte, le groupe est en retard, impossible de s'approcher à moins de 30 mètres (donc pas de belles photos non plus), des jeunes filles défaillent et des grands garçons vomissent : grosse ambiance pour le seul concert annoncé en France des auteurs inoubliables de (entre beaucoup d'autres) Hail to the thief. Qui il est vrai nous délaissent un peu depuis 2003, un sublime concert vu à Nîmes où je crois bien avoir chialé quelques instants, et le très bon The Eraser de Thom Yorke.
La lumière s'éteint brutalement, le petit chanteur torturé arrive, et envoie Airbag avec un light show déjà dantesque et des images extrêmement travaillées projetées sur les grands écrans splittés en 4 (il doit y avoir des caméras planquées partout autour de la scène). Faut-il préciser que le meilleur groupe de pop du monde a un son absolument énorme ?
Pas évident de reconstituer la playlist pour leurs albums concepts et psychotropes qu'on a toujours écoutés d'une traite en se foutant pas mal du nom des chansons (et même un peu de ce qu'elles racontent), mais un (ou une) fanatique la complètera surement par ailleurs ! En tout cas pour la deuxième, facile, une de mes préférées : 2+2=5 où se produit (sur le mot "because" bien sûr) le fameux frisson radioheadomane que j'attendais. Puis en route pour l'aventure sonique dans les albums étranges et beaux : The National Anthem de Kid A, Morning Bell d'Amnesiac. Plongeon dans le passé avec (il me semble) Fake Plastic Trees, le chanteur seul à la guitare et sa voix, THE voice, qui parle directement au cerveau reptilien.
Plongeon aussi dans le futur avec deux nouvelles chansons (une pas mal du tout, qui part lentement et explose sur la fin, et un très beau slow ou Thom Yorke fait encore des merveilles). On remarque la "splendide" veste jaune et rose fluo de Colin Greenwood qui, au moins ressort quelle que soit la couleur de l'éclairage. Bizarroïde The gloaming et sa basse vrombissante de Hail to the Thief (qui sera au fond l'album le moins visité ce soir). on se fait la réflexion que les lumières sont presque de trop : même jouée dans le noir total, la musique de Radiohead aurait des ... couleurs. Enorme pied avec Paranoïd Android, une des dix chansons totales du rock anglais, sans laquelle il ne saurait y avoir un concert complet.
Encore une nouvelle chanson, jolie, Jonny Greenwood y joue du xylophone... pas étonnant, on dit que le groupe en a 70 sous le coude ! Pyramid Song, piano-voix, frissons garantis, on ferme les yeux et on décolle (Radiohead ne joue que pour moi, je suis seul au monde). Tant pis pour la prochaine, extraite d'OK Computer, trop loin pour la reconnaître, pas plus que la suivante (mon collègue m'a soufflé The Bends ?). La suivante par contre, facile : I Might be wrong et son riff tellurique, et putain de nom de zeus, une Idioteque dont la batterie tape au fond du ventre, sublime - le chanteur se déchaîne en une de ses danses chelou et habitées dont il a le secret. Voici la trippante Everything is in it's right place où le piano à roulettes revient et où Thom filme son gracieux visage en gros plan, donnant un curieux résultat coupé en 4... mais le groupe file tandis que les boucles tournent encore et du coup, on se sent un peu orphelins.
C'était oublier la règle d'or de Rock en Seine : (seule) la tête d'affiche a droit à un rappel ! Ca commence avec la douce You and whose army ?, ça continue avec l'inévitable There there où trois personnes martyrisent des percussions en même temps. Et cette heure et trente minutes en apesanteur se finit avec Karma Police reprise en coeur par un public chaviré de bonheur, laissant forcément des regrets à tout le monde (avec une telle discographie, chacun sera frustré au moins d'une chanson, pour moi Where I end and you begin et, pour le fun, Creep qui fut parait-il rejouée récemment en concert). Quoi qu'il en soit la communion est totale à la fin du concert, où chacun regagne à regret la sortie du site après cette deuxième journée au moins aussi classieuse que la première.
Au final, Rock en Seine a proposé une série de concerts très attendus dont aucun n'a déçu : Wolfmother, The Raconteurs, The Dead 60's, Radiohead, quelques excellentes surprises (Dirty Pretty things, TV on the Radio, Grand Corps Malade), et des performers honnêtes qui ont assuré l'ambiance entre temps (The Rakes, Editors, CYHSY). Alors grâce leur soit rendue et, évidemment, à l'année prochaine ! Longue Vie à Rock en Seine ! (et gloire à Jean-Paul Huchon).
A lire également si vous n'êtes pas mort desséché devant l'écran : un retour de Rock en Seine 2005 et un (plus court !) de 2004
PS : big up à Steve et Flo dont la base arrière nous fut précieuse et douce !
RPS : Réactions, coups de gueule, échanges bienvenus !