The Brian Jonestown Massacre propose une musique rock psychédélique où les influences du Velvet Underground, de My Bloody Valentine, des Rolling Stones de Brian Jones, des Beatles psyché, de Bob Dylan, des Byrds, de The Jesus And Mary Chain, de Joy Division, New Order et The Cure se mêlent admirablement. En forme, BJM peut se révéler véritablement ébouriffant sur scène !
The Brian Jonestown Massacre + The Lovetones - 7 juin 2006 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand
Une montée en puissance sonique digne des meilleurs trips sous acide
Après une jolie édition 5 (les Japonaises de 54 Nude Honeys nous laisseront un excellent souvenir), le Garage Club 6 fut tout simplement grandiose, avec par ordre d'apparition scénique : DJ Pant Oofle, The Lovetones, DJ Maurice et The Brian Jonestown Massacre... Bien mis .../...
Une montée en puissance sonique digne des meilleurs trips sous acide
Après une jolie édition 5 (les Japonaises de 54 Nude Honeys nous laisseront un excellent souvenir), le Garage Club 6 fut tout simplement grandiose, avec par ordre d’apparition scénique : DJ Pant Oofle, The Lovetones, DJ Maurice et The Brian Jonestown Massacre… Bien mis en condition par la sélection pointue et saturée de DJ Pant Oofle, le nombreux public réuni dans le club de la Coopé a pu effectuer une montée en puissance sonique digne des meilleurs trips sous acide.
The Lovetones : décollage psyché sixties.
Le voyage interstellaire commence avec les controversés - certains ont en effet peu apprécié leur musique - The Lovetones, un combo fasciné par les sixties qui a eu le grand mérite de permettre un premier décollage. Un vol d’essai avant le grand saut en somme… Les titres façon Byrds/Beatles du groupe australien faisant partie de l’écurie Tee Pee Records (comme leurs amis de The Brian Jonestown Massacre, avec lesquels ils partagent le même matériel) sont pour la plupart efficaces et bien écrits, même s’ils manquent souvent un peu d’originalité. Cela étant dit, sans avoir jamais entendu parler de ce groupe, on tape du pied, on sourit et on commence à planer agréablement grâce à la belle voix du chanteur, à sa guitare Vox douze cordes et aux ambiances psychédéliques distillées sans aucune modération.
DJ Maurice Vs. Dj Pant Oofle : dance to the underground.
Juste après, le brillant set de DJ Maurice et Dj Pant Oofle, deux éminents membres du collectif reVOX qui s’entendent comme larrons en foire, a permis de brièvement redescendre sur terre – pour danser – avec une belle série de pépites rock sixties exhumées de leurs discothèques pléthoriques, genre de cavernes d’Ali Baba rock garage black pop punk.
The Brian Jonestown Massacre : ça plane pour moi…
Puis c’est le départ pour un ailleurs hallucinant : le set de The Brian Jonestown Massacre, en très grande forme, malgré une communication minimale avec le public. L’essentiel est là : la musique, une sorte de rêve éveillé où les influences du Velvet Underground, des Rolling Stones de Brian Jones, des Beatles psyché, de Bob Dylan, des Byrds, de The Jesus And Mary Chain, de Joy Division, New Order et The Cure se mêlent admirablement. Et contrairement aux Trans Musicales de Rennes 2005, où sa prestation était minutée et trop éclairée, Anton Newcombe peut se cacher dans la pénombre sur la gauche de la scène ; pour chanter tel un Mick Jagger ayant beaucoup écouté Robert Smith et Ian Curtis, sans oublier de jouer de la guitare comme Lou Reed, George Harrisson et Brian Jones.
Sympathy for the devil
Dès le début, on se sent voler, tant les morceaux sont joués avec une incroyable classe instinctive. Le ténébreux leader de Brian Jonestown Massacre bénéficie en plus cette fois-ci de la présence de son gourou barbu préféré : une sorte de capitaine Nemo adepte du tambourin virevoltant et des maracas envoûtants. Cet étrange monsieur a la lourde tache de communiquer – un peu – avec le public, d’allumer les clopes de son chef et d’attirer le regard – quelles moues remarquables ! – pour laisser Anton tranquille dans son coin. Et ça marche : Mr. Newcombe semble rassuré par sa présence et son implacable groove, carrément digne de Sympathy for the devil des Stones. C’est dire !
Just like heaven
Malgré quelques morceaux trop proches les uns des autres, le niveau est très élevé : chaque musicien maîtrise son sujet à la perfection et propulse les compositions à des hauteurs rarement fréquentées de nos jours. Le mélange de rock psychédélique sixties et de coldwave eighties produit un irrésistible effet jubilatoire. Les solos de guitare de Newcombe sont de véritables cadeaux du ciel, ils semblent inspirés par l’humeur du moment et l’écoute des meilleurs disques de tous les temps… Pour le coup, on se croirait presque au paradis ! Les spectateurs qui attendaient des esclandres perpétuels avec le public et les musiciens sont repartis déçus : seuls une brève remontrance à un des guitaristes (« pas assez concentré ») et une invective déplacée d’un guitariste en direction du public (« nous n’aimons pas les gens qui slamment comme des idiots ») seront à signaler. Cela aurait été mieux sans, mais cela ne gâchera pas le plaisir pour autant.
Expressway to your skull
Tout aurait pu se terminer au bout d’une heure et demie, seulement tout le monde semble passer un moment délicieux - le public dans sa grande majorité, comme le groupe et son leader parfois boudeur -, aussi la troupe (sept musiciens) décide-t-elle de faire monter le public à bord d’une sorte d’ovni musical durant pas moins de 30 bonnes minutes… Démarré en hymne au bruit façon Sister Ray du Velvet underground/Expressway to your skull de Sonic Youth, le morceau stellaire – semble-t-il complètement improvisé – se transforme après moult soubresauts électriques en montée post rock digne des meilleurs moments de Godspeed You Black Emperor !. Nombre de membres de l’assistance quittent la salle, excédés par ces expérimentations bruitistes, mais la grande majorité reste, complètement scotchée par cette fascinante pièce onirique. On voit en effet très nettement des décibels aussi maléfiques que divins prendre l’autoroute qui mène à notre crâne explosé… Toute se termine dans un grand fracas sonore, avec les musiciens à genoux pour mieux maltraiter leurs amplis. Et ainsi étirer au maximum ce génial larsen d'une demi-heure. Véritablement ébouriffant !
Brian Jonestown Massacre - 10 mai 2006 - Webster hall - New york Alors Brian Jonestown Massacre, c'est la sensation indie de l'année dernière, grâce au film Dig ! ou il parait qu'on voit ces allumés détruire leur carrière très consciencieusement. En tout cas, ça leur a bien réussi ! Le Webster hall était complet.
Première partie : The Lillys, mais je vais pas en parler car on va encore dire que je suis .../...
Alors Brian Jonestown Massacre, c'est la sensation indie de l'année dernière, grâce au film Dig ! ou il parait qu'on voit ces allumés détruire leur carrière très consciencieusement. En tout cas, ça leur a bien réussi ! Le Webster hall était complet.
Première partie : The Lillys, mais je vais pas en parler car on va encore dire que je suis désagréable. Oui j'en parle ? Ok alors voix pourrie (faux), des plantons de gratte, des morceaux déjà entendus 100 fois en mieux. En bref, horrible !
Après ça arrive le clochard qui était devant la salle (oui oui.) en fait ce monsieur se fait appeler le juif de 2 mètres (j'ai fais la conversion pour vous) ce monsieur fait du freestyle. Rigolo mais un peu long avec le batteur et le bassiste de BJM.
Le reste du groupe arrive. Il en manque un : le joueur de tambourin, idole des inconditionnels du film. Finalement le voila qui arrive il est BEAU ! Imaginez un grand machin qui a des rouflaquettes ! Et un beau pantalon en tergal ! Et une tête entre Michel Serreau (cage au folle) et Fernandel. ils attaquent par la... balance !
Ensuite ils partent sur un morceau et la, c’est impressionnant ! Ils sont 7, dont 3 guitaristes (un en 12 cordes tout le concert), ils sont plus que défoncés (a part le batteur qui ressemble a Chuck biscuit époque Danzig) et c'est incroyablement carré !
Bon alors bien sûr c'est pas des morceaux très techniques mais bon. En fait cette date était la dernière aux USA car maintenant ils partent pour 2 mois en Europe pour une tournée. Alors du coup ils se la sont pris tranquille ! En fait, le concert a tourné en répétition publique avec tout ce que ça comporte (les blagues lourdes entre les morceaux, les disputes, Newcombe qui boude car il a pris le tambourin que l'autre a jeté sur sa tête... ) ils discutent jusqu'a 2 mn entre 2 morceaux pour savoir quel sera le prochain. Mais les morceaux sont terribles ! Tous leurs titres font mouche. Et ça continue ... 30mn... 1h... 1h30... 2h00... et en fait ils veulent plus s'arrêter. Donc au bout d'un moment ça fatigue. Et en plus même si leurs morceaux sont bons, même très bons, c’est quand même un peu monotone comme style. Donc au bout de 2h 15mn de concert, on a décidé de jeter l'éponge. Donc on est parti à minuit et des brouettes et c'était pas fini !
Donc en conclusion je peux dire que c'est un bon concert, que s'ils passent pas loin allez-y, mais que sur scène, il ne se passe rien ! en fait il y'a tellement de drogues et de tensions entre les membres du groupe, qu’ils sont d'une platitude proche de l'encéphalogramme d'un électeur du FN. C’est con car même si les morceaux sont terribles, eux sont chiants ! En fait trop d'héroïne ! Dommage...
Un froid polaire, de grands hangars dans un Parc Expo sans âme, un monde fou, des groupes dont on ne connaît même pas le nom : on pourrait croire qu’on va vivre un enfer lors de ces Trans Musicales de Rennes 2005… Mais avec un accoutrement adéquat, une décoration et des éclairages très réussis dans les salles, un public jeune, enthousiaste et avide de découvertes, sans oublier le principal, une programmation réjouissante, les Trans ressemblent à une sorte de paradis sur Terre… Dès notre arrivée le vendredi, un jour après le début donc (dans notre tête, il n’y avait pas de match possible pour le 8 décembre entre un concert de feu d’Heavy Trash dans le club de la Coopérative de Mai et un set réchauffé des Fugees dans un Hall 9 archi bondé), tout s’enchaîne à une vitesse folle : il faut courir entre les salles avec la hantise de rater quelque chose de grand. Mais il semble bien que c’est pour ça qu’on a fait 6 heures de route ! Compte rendu (forcément exhaustif : on n’a pas encore le don d’ubiquité) d’un 9 décembre finalement très chaud.
Duels : Common people.
Il est tôt - 21 heures - quand les illustres inconnus anglais de Duels foulent la scène du Hall 4… Et l’on se dit qu’avec ce long manteau à la Michel Strogoff et cette touche inquiétante, le chanteur va peiner à nous mettre dans le bain immédiatement. Et on a tort : dès le premier morceau, l’habile mélange réalisé par Duels, entre Pulp et David Bowie, fait tendre l’oreille. En plus, le chanteur a une présence indéniable, un contact agréable, une belle voix à la Jarvis Cocker et les musiciens sont bons. Signe d’une inspiration sans œillères, un morceau s’aventure même sur le terrain psychédélique de Mercury Rev. Et avec talent s’il vous plaît ! Au bout de quelques essais pop/rock remuants, variés et accrocheurs, on ne peut s’empêcher de trépigner et de ressentir l’excitation monter… Comme le reste du public d’ailleurs, qui commence à pogoter, tout en n’omettant pas de réserver de véritables ovations au groupe. Les sons de claviers kitsch/années 80 produits par une charmante petite anglaise et les rythmiques sautillantes ourdies par ses acolytes sont autant d'invitations à la danse, que personne ne peut décemment refuser. Forcément, le groupe est aux anges de voir son single Young believers accueilli avec tant d’enthousiasme ; pour fêter ça, le chanteur se paye même un bain de foule mérité ! Tout le monde repart avec la conviction d’avoir assisté au concert d’un groupe simple et sans prétention dont on entendra reparler sous peu.
Juliette & The Licks : Do ya think I’m sexy ?
Avant qu’elle n’arrive sur l’immense scène du Hall 9 coiffée d’un casque viking à cornes (!), on a déjà beaucoup entendu parler de Juliette Lewis, une excellente actrice ayant un certain talent pour chanter comme PJ Harvey dans certains de ses films. Cependant, à part se demander comment elle fait pour avoir un ventre plat aussi sexy, et quel genre de sous vêtements elle porte (si tant est qu’elle ait pensé à en mettre), on n’a pas retenu grand chose de son set avec les tacherons hard rockers de The Licks. On peut même dire que c’est assez décevant de voir un groupe aussi limité et commercial aux Trans Musicales de Rennes... Mais bon, on a rarement vu une chanteuse se livrer à des contorsions aussi excitantes dans un pantalon de survêt rouge aussi taille basse (et qui nécessite une aussi parfaite épilation, cela va de soi)… Hum hum. Finalement, avec un pareil spectacle sous les yeux (la belle brune nous refait même le coup de David Bowie/Mick Ronson période Ziggy Stardust sur scène : elle s’offre littéralement aux pieds de son guitariste), ce n’est pas très surprenant que les Licks perdent complètement les pédales et essayent de se faire remarquer afin de finir la soirée avec elle. Le public doit donc subir des solos graisseux et des morceaux démonstratifs au possible. Mais tout le monde a l’air content, c’est donc que cela doit être bien… On se dit quand même qu’avec une voix plutôt convaincante de Courtney Love énervée, Juliette Lewis devrait essayer de jouer avec un groupe de punk rock inspiré…
The Brian Jonestown Massacre : Sister Ray.
Les pantalons moulants c’est une chose, mais ce n’est pas pour ça qu’on va louper ne serait-ce qu’une seule seconde du set événement de Brian Jonestown Massacre. Direction le Hall 4, pour une prestation chaotique d’Anton Newcombe et ses apôtres musiciens hippies fascinés par la discographie du Velvet Underground et la période psyché des Beatles (ils ont bon goût !). Arrivé en chemise, casquette et armé de sa guitare, Mr Newcombe se mettra rapidement torse nu et cheveux au vent. Sans surprise, les morceaux sont excellents et propices au décollage immédiat vers des sphères enfumées et hallucinées. La voix - un peu étranglée à cause d’excès en tous genres -, surfe sur un captivant magma de guitares (trois en tout) et des rythmiques furieusement hypnotiques. Tour cela ressemble clairement à une jam session droguée entre Lou Reed, Maureen Tucker, Sterling Morrisson, John Lennon, Paul McCartney et George Harrison. Malheureusement, entre les morceaux, Anton Newcombe justifie sa réputation de chieur/tête à claques/provocateur : au lieu d’enchaîner les titres pour réellement faire décoller ses adeptes (conquis par ses compositions), celui-ci passe son temps à s’accorder nonchalamment, à raconter n’importe quoi, à demander des lumières rouges, à remercier humblement les gens puis à les insulter copieusement avec une arrogance notoire, tout en mentionnant les voitures brûlées dans notre beau pays. Même si ces joutes verbales sont assez drôles, on aurait préféré que notre homme reste peu loquace, vu la durée limitée du show. Mais comment ne pas tout pardonner à quelqu’un capable de produire un tel effet sur notre cerveau avec ses morceaux ? Après une série d’invitations à la transe guitaristique toutes plus envoûtantes les unes que les autres, The Brian Jonestown Massacre conclut son set par un titre d’anthologie où Newcombe fait couiner sa guitare comme Lou Reed sur Sister ray et hulule dans son micro, non sans avoir collé sa guitare contre les amplis pour la faire larsener. C’est très très fort ! Et l’on se dit que ça valait le coup de voir ça plutôt que d’attendre le saut de Juliette Lewis dans le public, non ? Si !
Primal Scream : Search and destroy.
Très fan de l’électro rock stonien de Primal Srceam, on ne s’attendait pourtant pas à un set aussi explosivement dangereux de la part du groupe de Bobby Gillespie. Non content d’avoir réuni dans son groupe deux légendes supplémentaires (il a lui-même fait partie des mythiques The Jesus and Mary Chain en tant que batteur, ce qui impose le plus total respect), l’excellentissime bassiste des Stone Roses, Mani, et le cultissime guitariste chanteur de My Bloody Valentine, Kevin Shields, Gillespie hurle comme un damné pour encourager ses troupes à jouer encore plus fort et méchant. Cela donne un show tout simplement titanesque ! Si Kevin Shields restera dans l’ombre pendant tout le set en assurant des rythmiques simples et virulentes, son acolyte guitariste – sosie de Keith Richards – se charge de faire hurler sa six cordes avec à propos et sens du spectacle. Masi c’est bien ce taré de Bobby Gillespie qui forcera l’admiration en vociférant continuellement pour faire saturer le micro comme un Mick Jagger sous produits ; le tout en défonçant consciencieusement son pauvre pied de micro. Avec un tel vocaliste, les compositions ultra marquantes du répertoire de Primal Scream sont entre de bonnes mains ! A l’influence des Rolling Stones, s’ajoute une fascination bien compréhensive pour Iggy and The Stooges : ce sont donc de véritables torrents de riffs en fusion qui s’abattent sur le public… Ce concert incroyablement sauvage passe d’ambiances purement rock (les nouveaux titres et le tube Rocks off) à des embardées électro rock hystériques, avec des versions infernales de Swastika eyes et Kill all hippies. Déchaîné, Gillespie conclut par un tonitruant « Fuck America ! » un morceau où il avait répété en boucle « Send them home in body bags », prouvant par là-même son « soutien » franc et massif à la guerre en Irak… Aucun doute là-dessus : le leader de ce combo terrifiant est toujours un incurable psychopathe qu’il ne fait pas bon énerver sur les sujets sensibles. C'est peut-être grâce à cette rage trop longtemps accumulée que la prestation de Primal Scream sous un éclairage extrêmement réussi et avec un son d’enfer, en a laissé plus d’un bouche bée. Mani ne semble pas en revenir lui-même, lui qui arbore un large sourire à la fin du show. Comme Anton Newcombe un peu plus tôt, il est sans doute ravi d’avoir donné une performance marquante dans le pays qui vient de vivre une insurrection dans ses banlieues.
Kill The Young : Smells like teen spirit.
Malgré sa jeunesse et un style musical peu original, Kill The Young a fait bonne impression dans un Hall 4 archi bondé et très sensible au punk rock grunge du trio anglais. Les trois frères emmenés par un chanteur/guitariste hurlant comme Kurt Cobain s’y entendent parfaitement pour composer de petites bombes accrocheuses et concises. Pas trace de graisse superflue dans le punk rock nivanesque de Kill The Young, où l’on retrouve également sur certains titres l’influence bienvenue de la pop des Smiths. Cela élargit donc de manière manifeste le territoire battu par ce combo ayant envie d’en découdre, et le rend encore plus prometteur. Car s’il n’y a rien de franchement nouveau chez ces jeunes gens énervés, leur énergie communicative et leur saine volonté de faire se percuter à grande vitesse le meilleur du punk et de la pop devraient leur permettre de s’attirer bientôt les faveurs d’un large public.
The Undertones : My generation.
Malgré la renommée due à leur mythique single Teenage kicks (un titre qu’on peut écouter des milliards de fois en ressentant à chaque fois des frissons parcourir son échine), les Undertones auraient sans doute dû être programmés dans le Hall 4 plutôt qu’au Hall 9, trop grand pour leur pop punk. Même si contrairement aux infects Stranglers 2004, les Undertones 2005 ont su garder des guitares au son sec et sans compromis, ils ont eux aussi un petit « problème » de chanteur. Le titulaire du poste étant parti, son remplaçant - assez convaincant au niveau vocal mais néanmoins en deçà de son prédécesseur -, est un poil trop vieux pour tortiller outrageusement du cul comme Brett Anderson de Suede. Même s’il est bien conservé pour ses cinquante ans, on ne voit pas très bien qui il cherche à émoustiller avec son physique de déménageur irlandais. Cela étant dit, à la différence des nouveaux titres assez dispensables, les tubes des Undertones sonnent toujours bien en 2005 : la rencontre d’un son punk avec des mélodies pop fonctionne plus que jamais à merveille. Et bien sûr, Teenage Kicks fait un effet énorme quand il retentit à la fin du set. On voudrait qu’il dure des heures même si sa principale qualité est d’être concis, simple et sans fioritures. Voir la salle entière (finalement bien remplie) communier sur cet immense titre qui parle à toute une génération restera un très grand moment des Trans 2005…
Engineers : Learning to fly.
Le temps de rejoindre le Hall 4, et Engineers en est déjà à la dernière ligne droite de son concert. On a quand même le temps d’apprécier quelques titres aux ambiances planantes et expérimentales signés par le groupe londonien. Le mélange des claviers intersidéraux et des guitares aériennes produit un effet assez réussi : on a presque l’impression de voler. C’est normal, le Parc expo de Rennes est situé à côté de l’aéroport… Le concert se termine avec un bon morceau pop folk joué seul par le chanteur/guitariste du groupe, prouvant ainsi qu’il a plusieurs cordes à son arc (en ciel).
Hayseed Dixie : Highway to hell.
Il est presque deux heures et demie quand trois cul terreux du Sud des Etats-Unis viennent délivrer leur bonne parole bluegrass (et white trash) à un public dubitatif avant le début des hostilités… Qu’est ce que ça peut donner un concert donné par un groupe inconnu dans un immense hall ? Telle est la question à laquelle s’empresse de répondre Hayseed Dixie… Le lieu est finalement approprié car ces quatre showmen joue du bluegrass certes, mais en reprenant principalement du hard rock de stade : AC/DC, Aerosmith, Motörhead etc. C’est improbable, franchement idiot, joliment drôle, sacrément spectaculaire, en un mot comme en cent, jubilatoire… Car les quatre garnements (plus vraiment jeunes) cabotinent avec les caméras, en font des tonnes et jouent remarquablement bien sur leurs banjo, mandoline, guitare sèche et violon. Cette bande de Rednecks bien gratinés vaut assurément le déplacement... Quand l’hymne d’AC/DC, Hell bells, retentit, c’est avec une intro jouée sur une minuscule clochette frappée avec un décapsuleur (ces gars-là ont dû ouvrir quelques bières depuis leurs débuts !), et avec des riffs interprétés sur une mandoline par une sorte de sosie d’Angus Young coiffé comme Karaté kid. Rien que ça ! Ce fou furieux en salopette en jeans, met très souvent un pied sur les retours comme une rock star et déambule sur scène à la manière d'un authentique guitar hero. Quand on voit leurs mines réjouies, on devine aisément que ces musiciens là aiment le bluegrass (et le hard rock aussi) et adorent se produire sur une scène, quelle qu’elle soit. Ils s’éclatent vraiment et ça fait plaisir à voir ! En bons sudistes facétieux, le groupe au grand complet déclare soutenir son président, George Bush… Tollé général ! Puis le chanteur explique qu’on les a mal compris : en fait, ils sont favorables à ce que les femmes arborent des touffes (« bush » en anglais) fournies. S’ensuit, une diatribe gratinée contre les chattes rasées de trop près… C’est vraiment n’importe quoi. Après avoir joué You shook me all night long d’AC/DC, Ace of spade de Motörhead, Walk this way d’Aerosmith et autre titres de chevet de Jean-Daniel Beauvallet, Hayseed Dixie, montre qu’il sait aussi écrire lui-même des chansons crétines, en dévoilant ses propres compositions, plutôt réussies et drôles elles aussi. Hayseed Dixie est une découverte à revoir dans un club bondé un samedi soir, après avoir éclusé moult boissons houblonnées.
Il reste encore des groupes à découvrir mais les forces manquent ; il est temps de trouver un endroit pour faire reposer les jambes, les oreilles et le cerveau, afin de pouvoir pleinement profiter de la journée du lendemain. C’est donc avec un mélange inédit en tête qu’on quitte le Parc Expo de Rennes : Teenage kicks, Swastika eyes, le pantalon de Juliette Lewis, les montées sous acide de Brian Jonestown Massacre et Hells bells au banjo, entre autres. A part ces hallucinations, persistantes, tout va bien, merci. L’essentiel est d’avoir emmagasiné de quoi passer une nuit agitée par de nombreux rêves musicaux.