Critique de concert Festival Jazz des Cinq Continents 0/5 : Magic Malik Orchestra + Sardar Orkestra + Enseignants et élèves de la Cité de la Musique

Si cette soirée gratuite en préambule au Festival des Cinq Continents devait être une vitrine de ce qui va s’y passer, alors ce fut un fiasco. C’était l’occasion rêvée pour faire découvrir au profane le jazz sous différentes facettes. A l’issue de cette soirée, lequel d’entre eux a pu se dire : "C’est génial le jazz ! Je prends mon pass semaine illico !" ?

J’ai vu des spectateurs à la pelle se boucher les oreilles et quitter le Cours Estienne d’Orves dare-dare lors du concert donné par la "Master Class" dirigée par Malik Mazzedri. J’ai vu des amis pourtant connaisseurs quitter les lieux au milieu de la prestation des Enseignants de l’Ecole de Musique prétextant "il commence à se faire tard et demain on travaille". J’ai vu l’accès aux premiers rangs devenir de plus en plus aisé pendant le set du Magic Malik Orchestra débuté à 23 heures passées.

C’était pourtant bien parti avec le Sardar Orkestra. Fanfare festive composée de musiciens vus dans des tas d’autres groupes : deux onzièmes de Samenakoa, deux tiers de Namasté !, deux sixièmes de Méandres, plus Christophe LeLoiL et d’autres joyeux drilles animent le Cours Estienne d’Orves. Une foule compacte est déjà massée autour d’eux à mon arrivée. Inutile d’essayer de se mettre en face pour améliorer l’angle de vue, au moment où vous y parvenez la fanfare se déplace et avec elle nombre de spectateurs aspirés par la convivialité de l’entreprise. Tous les recoins de la place et même les rues adjacentes seront visités tour à tour.

Fred Pichot (saxophone) et Christophe LeLoiL (trompette) étaient les plus diserts en tant que solistes lors de leurs passages à mes côtés. Comme eux, leur musique est nomade. Voyage aux Balkans, en Orient, immersion dans les univers klezmer ou tzigane. Un exemple de leur répertoire ici :
Pendant ce temps, les flyers sont distribués pour prévenir du concert de ce soir et du Festival en général. Je n’en ai pris qu’un sur les cinq qu’on m’a proposés…
Jusqu’ici tout va bien mais on peut regretter l’absence de ce genre de formation sur le site du Jardin du Palais Longchamp durant le vrai festival avant et après le premier plateau.

Je passerai sous silence l’épisode 2, le concert de clôture, appelons-le ainsi, d’une Master Class qu’a animée Malik Mezzadri. Même certains de ceux qui sont venus (tôt) pour le voir dans le Magic Malik Orchestra font une croix sur leur place dans les premiers rangs et prennent du recul. Il est au cœur d’une polémique grotesque (pétition / contre-pétition) à la suite de sa nomination en tant que pensionnaire de l’Académie de France à Rome. Certains représentants des musiques "savantes" s’insurgent et l’étiquettent péjorativement "musiques actuelles". Ce concert les aurait rassurés...
Vient le tour des Enseignants de la Cité de la Musique. La prestation est très plaisante, compositions personnelles sautillantes (Rue des Cyprès, Happiness) émaillées de soli. Ce n’est cependant pas le jazz qui peut séduire dès la première écoute le profane. Notamment une Pièce Sans Titre qui accélèrera l’exode de ceux "qui travaillent demain".

Moi, je suis en vacances. Et c’était l’occasion de revoir certains musiciens appréciés l’année dernière à Charlie ou l’éternelle jeunesse de Gilles Alamel à la batterie. Malik vient ajouter sa flûte pour les deux derniers titres écrits respectivement par Yves et Christian.
Enseignants de la Cité de la Musique : Gilles Alamel : batterie / Edouard Thommeret : saxophone / Christian Bon : guitare / Joseph Crimi : basse, contrebasse / Yves Laplane : piano / José Assa : piano. Invité : Malik Mezzadri : flûte.
Le Sardar Orkestra égaye à nouveau les lieux jusqu’au terme de l’installation du dernier plateau. Il provoque une nouvelle marée humaine puisque outre les sept musiciens qui la composent, un essaim se déplace autour d’eux. Les joyeuses clameurs à l’issue de chacun de ses titres parviennent de divers lieux de la place.

L’allégresse laisse la place au lancinant avec l’arrivée du Magic Malik Orchestra dont la pièce introductive ressemble plutôt à une longue marche funèbre insufflée par la répétitive basse six cordes. Orchestra est un bien grand mot, ils sont quatre : basse, batterie, laptop et Malik Mezzadri en front man, flûte et vocaux alternés ou simultanés. Il en sera ainsi jusqu’à une heure du matin ou presque. La population a alors changé.

Ce public-noctambule-là ne travaille pas demain, est plus réceptif à la création, voire carrément enthousiaste sur la fin. Il est vrai que le solo du batteur a réveillé les ardeurs. Et les prouesses de Malik Mezzadri en ont impressionné plus d’un, lorsqu’il interrompt sa flûte pour déclamer des ordres militaires, lorsqu’il en dévisse l’embout pour l’utiliser comme une flûte-à-bec-sans-bec, lorsque son instrument produit un chant de baleine avant de grouiner et barrir…
Il peut désormais répéter en boucle la même phrase musicale pendant des minutes. Il ne provoque plus de soupirs de lassitude mais des cris d’hystérie.

Magic Malik Orchestra : Malik Mezzadri : flûte / Gilbert Nouno : ordinateurs / Jean Luc Lehr : basse / Maxime Zampieri : batterie
Les deux étoiles seulement sanctionnent davantage les erreurs de casting (choix d’artistes qui ne reflètent pas le contenu du festival, musique difficile d’accès aux non initiés) que les performances. Je ne me suis jamais bouché les oreilles et je suis resté jusqu’au bout. Et croyez-moi : c’est génial le jazz ! Prenez votre pass semaine illico !
Bonus vidéo :

J’ai vu des spectateurs à la pelle se boucher les oreilles et quitter le Cours Estienne d’Orves dare-dare lors du concert donné par la "Master Class" dirigée par Malik Mazzedri. J’ai vu des amis pourtant connaisseurs quitter les lieux au milieu de la prestation des Enseignants de l’Ecole de Musique prétextant "il commence à se faire tard et demain on travaille". J’ai vu l’accès aux premiers rangs devenir de plus en plus aisé pendant le set du Magic Malik Orchestra débuté à 23 heures passées.

C’était pourtant bien parti avec le Sardar Orkestra. Fanfare festive composée de musiciens vus dans des tas d’autres groupes : deux onzièmes de Samenakoa, deux tiers de Namasté !, deux sixièmes de Méandres, plus Christophe LeLoiL et d’autres joyeux drilles animent le Cours Estienne d’Orves. Une foule compacte est déjà massée autour d’eux à mon arrivée. Inutile d’essayer de se mettre en face pour améliorer l’angle de vue, au moment où vous y parvenez la fanfare se déplace et avec elle nombre de spectateurs aspirés par la convivialité de l’entreprise. Tous les recoins de la place et même les rues adjacentes seront visités tour à tour.

Fred Pichot (saxophone) et Christophe LeLoiL (trompette) étaient les plus diserts en tant que solistes lors de leurs passages à mes côtés. Comme eux, leur musique est nomade. Voyage aux Balkans, en Orient, immersion dans les univers klezmer ou tzigane. Un exemple de leur répertoire ici :
Pendant ce temps, les flyers sont distribués pour prévenir du concert de ce soir et du Festival en général. Je n’en ai pris qu’un sur les cinq qu’on m’a proposés…
Jusqu’ici tout va bien mais on peut regretter l’absence de ce genre de formation sur le site du Jardin du Palais Longchamp durant le vrai festival avant et après le premier plateau.

Je passerai sous silence l’épisode 2, le concert de clôture, appelons-le ainsi, d’une Master Class qu’a animée Malik Mezzadri. Même certains de ceux qui sont venus (tôt) pour le voir dans le Magic Malik Orchestra font une croix sur leur place dans les premiers rangs et prennent du recul. Il est au cœur d’une polémique grotesque (pétition / contre-pétition) à la suite de sa nomination en tant que pensionnaire de l’Académie de France à Rome. Certains représentants des musiques "savantes" s’insurgent et l’étiquettent péjorativement "musiques actuelles". Ce concert les aurait rassurés...
Vient le tour des Enseignants de la Cité de la Musique. La prestation est très plaisante, compositions personnelles sautillantes (Rue des Cyprès, Happiness) émaillées de soli. Ce n’est cependant pas le jazz qui peut séduire dès la première écoute le profane. Notamment une Pièce Sans Titre qui accélèrera l’exode de ceux "qui travaillent demain".

Moi, je suis en vacances. Et c’était l’occasion de revoir certains musiciens appréciés l’année dernière à Charlie ou l’éternelle jeunesse de Gilles Alamel à la batterie. Malik vient ajouter sa flûte pour les deux derniers titres écrits respectivement par Yves et Christian.
Enseignants de la Cité de la Musique : Gilles Alamel : batterie / Edouard Thommeret : saxophone / Christian Bon : guitare / Joseph Crimi : basse, contrebasse / Yves Laplane : piano / José Assa : piano. Invité : Malik Mezzadri : flûte.
Le Sardar Orkestra égaye à nouveau les lieux jusqu’au terme de l’installation du dernier plateau. Il provoque une nouvelle marée humaine puisque outre les sept musiciens qui la composent, un essaim se déplace autour d’eux. Les joyeuses clameurs à l’issue de chacun de ses titres parviennent de divers lieux de la place.

L’allégresse laisse la place au lancinant avec l’arrivée du Magic Malik Orchestra dont la pièce introductive ressemble plutôt à une longue marche funèbre insufflée par la répétitive basse six cordes. Orchestra est un bien grand mot, ils sont quatre : basse, batterie, laptop et Malik Mezzadri en front man, flûte et vocaux alternés ou simultanés. Il en sera ainsi jusqu’à une heure du matin ou presque. La population a alors changé.

Ce public-noctambule-là ne travaille pas demain, est plus réceptif à la création, voire carrément enthousiaste sur la fin. Il est vrai que le solo du batteur a réveillé les ardeurs. Et les prouesses de Malik Mezzadri en ont impressionné plus d’un, lorsqu’il interrompt sa flûte pour déclamer des ordres militaires, lorsqu’il en dévisse l’embout pour l’utiliser comme une flûte-à-bec-sans-bec, lorsque son instrument produit un chant de baleine avant de grouiner et barrir…
Il peut désormais répéter en boucle la même phrase musicale pendant des minutes. Il ne provoque plus de soupirs de lassitude mais des cris d’hystérie.

Les deux étoiles seulement sanctionnent davantage les erreurs de casting (choix d’artistes qui ne reflètent pas le contenu du festival, musique difficile d’accès aux non initiés) que les performances. Je ne me suis jamais bouché les oreilles et je suis resté jusqu’au bout. Et croyez-moi : c’est génial le jazz ! Prenez votre pass semaine illico !
Signature : mcyavellle 21/07/2010
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Photographe : mcyavell
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>> Réponse (le 22/07/2010 par Philippe) Monsieur, eu égard à vos engagements professionnels vis à vis de l'Education Nationale et des jeunes âmes dont vous avez la charge, j'exige que vous démontriez immédiatement l'existence du verbe "Grouiner" et, ceci fait, que vous le conjuguiez à tous les temps y compris l'imparfait du subjonctif ("grouinasse" ? toi-même... ;-)) > Réagir à cette critique
>> Réponse (le 24/07/2010 par Gildas) Tout à fait d'accord avec mcyavell sur l'analyse globale de la soirée. Je reviendrai plus particulièrement sur Magic Malik qui reste mon premier "album de jazz à moi" (en l'occurrence pas un Miles ou Coltrane subtilisé à mon paternel) et a donc une saveur toute particulière. Qu'il a évolué depuis "69-96" début du siècle et des concerts plus "pêchus" et interactifs mais la démarche est passionnante. Le propos s'est épuré et l'entente avec Zampieri à la batterie est parfaite. La voix reste magique et me transporte complètement comme sur la vidéo qui illustre cet article. Une amie pas particulièrement fan de jazz est repartie émerveillée, la cerise sur le gâteau. > Réagir à cette critique

le 12 Octobre 2002 - Dock des suds - Marseille (par Laurence)


le 26 Juillet 2011 - Festival de Jazz des Cinq Continents - Marseille (par Mardal)

le 25 Juillet 2011 - Parc Longchamp - Marseille (par Mardal)

le 23 Juillet 2011 - Festival de Jazz des Cinq Continents - Marseille (par Mardal)

le 22 Juillet 2011 - Festival de Jazz des Cinq Continents - Marseille (par Mardal)

le 22 juillet 2011 - Festival de Jazz des Cinq Continents - Marseille (par Mardal)

le 6 juillet 2011 - Conservatoire National - Marseille (par Mardal)


le 5 juillet 2009 - Domaine de Fontblanche - Vitrolles (par Mcyavell)


le 24 mars 2012 - La Meson - Marseille (par Mardal)


le 10 avril 2011 - Cabaret Aléatoire - Marseille (par Mcyavell)


le 17 décembre 2010 - Cabaret Aléatoire - Marseille (par Mcyavell)

le 6 juillet 2011 - Conservatoire National - Marseille (par Mardal)


le 4 octobre 2010 - Cité de la Musique - Marseille (par Mcyavell)


le 26 novembre 2009 - Espace de l'Huveaune - La Penne-Sur-Huveaune (par Mcyavell)


le 17 décembre 2010 - Cabaret Aléatoire - Marseille (par Mcyavell)

le 7 Mai 2011 - Cabaret Aléatoire - Marseille (par Mardal)


le 18 septembre 2010 - Espace Julien - Marseille (par Mcyavell)


le 3 juillet 2010 - Domaine de Fontblanche - Vitrolles (par Mcyavell)


le 2 octobre 2009 - Le Cri Du Port / Le Parvis Des Arts - Marseille (par Mcyavell)


le 11 septembre 2009 - Plage des Corbières, l'Estaque (Marseille) (par Mcyavell)


le 17 décembre 2011 - le Floor - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 10 décembre 2011 - le Paradox - Marseille (par Pirlouiiiit)

le 23 Juillet 2011 - Festival de Jazz des Cinq Continents - Marseille (par Mardal)


le 15 juillet 2011 - le Floor, Marseille (par Pirlouiiiit)


le 2 octobre 2009 - Le Cri Du Port / Le Parvis Des Arts - Marseille (par Mcyavell)
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