Critique de concert Main Square 2011 - Jour 3 : Pj Harvey, Portishead, Elbow, Coldplay, I Blame Coco, Charles Bradley, Magnetic Man, Rival Sons...



Rival Sons, Revival Sound
Dés les premières notes de Rival Sons les sonorités sont évocatrices… Voyage abyssal au cœur des années 70 en pleine effervescence du rock and blues entre du LSD et une hippie à moitié nue… Rival Sons offre un revival sound fidèle et qui plus est de qualité. De leur apparence à leurs morceaux, les Californiens et tout particulièrement le chanteur ne semblent pas être tombés loin de leur modèle. Lorsque l’on tend l’oreille Led Zepp, les Doors, et même les Yardbirds reviennent dans les esprits. Au delà du pastiche, même si Rival Sons n’inventent rien il y a fort a parier que dans les prochaines années RS seront aptes à combler le vide laissé par les disparitions inéluctables des légendes…


Please Welcome Mister Charles Bradley !
Il se sera fait envié, guettant la scène depuis les backstage. Attendant que les morceaux instrumentaux de son crew envoutent le public. Durant trois longs morceaux, Charles Bradley est présent, sans faire acte de présence. Chaque riff diffuse préalablement les effluves d’un amour universel que l’on perçoit déjà comme immense. Chaque note prépare à son arrivée… Imminente. "Please Welcome Mister Charles Bradley"


Avec la classe d’un James Brown en érection (dont jadis il en était un parfait sosie), Charles, ou Charly pour ses demoiselles dans la fosse qu’il ne cesse de pointer du doigt, déboule sur scène. Dans sa combinaison en jean à moitié ouverte, il semble transcendé par sa musique. L’amour, voilà ce qui drenne le personnage. L’amour pour la musique, celui pour les femmes mais aussi un homme… Dieu. Comme pour une offrande, les références, les déclarations pour "le seigneur" sont nombreuses et distillées tout au long du show entre deux bons morceaux soul. Le côté ecclésiastique prosélyte mis à part pas de doute le show était divin !



I Blame Coco, tel père telle fille !
Avant de l’apercevoir, cela reste un secret presque secret… Mais lorsque l’on aperçoit Eliot Paulina Sumner aka Coco tout devient limpide. La pomme n’est pas tombée très loin de l’arbre Sting. Pour cause, si on lui coupe les cheveux, lui conseille un styliste digne de ce nom et qu’on admet un rajeunissement d’une quarantaine d’année à Sting on y trouverait presque une jumelle. Presque, parce qu’I Blame Coco tout en marchant dans les pas de son père prend un tout autre sentier. Une "selfmachine" à la confluence de l’électro et de la pop, une machine à chansons hype dont Caesar (qu’elle feat avec Robyn) incarne la figure de proue. Sur scène difficile de blâmer Coco tant elle s’emploie à restituer l’énergie déjà présente sur "The Constant", premier album d’une longue série… assurément !


Elbow, beauté froide.
Le spectacle est beau, le spectacle est immobile… Elbow dans toute sa splendeur, des envolées au sol, des déambulations assises, un voyage sans déplacement. Seul moyen de locomotion l’apaisante voix de Guy Garvey sublimée par un petit comité orchestral. Il n’en fallait guère plus pour être envouté. "The Birds" ouvre ce voyage si particulier dans la profondeur de l’esprit et de l’âme. Une téléportation onirique dans le cosmos. Un show dans l’immobilisme dont la splendeur ne se trouve pas dans le visuel, une fois n’est pas coutume pour voir un concert il faut le visualiser avec ses oreilles. Nul doute que les nombreuses Coldplay girl ont pu trouver le spectacle barbant, sans grand intérêt mais on leur pardonne sans allégresse… Après tout elles sont fans de coldplay… Avec philosophie et en Elbow dans le texte "Oh anyway, it's looking like a beautiful day".



Pj Harvey, petite fille dans un grand square
Dans sa robe blanche, couronnée de plumes, Pj Harvey avait la candeur d’une gamine et la beauté d’une fée. Délicieux et insaisissable, le spectacle n’avait d’égal que la puissance d’une voix, la sienne. Parmi les 40 000 personnes présentes, pas un bruit, pas un cri, seuls de rares applaudissements rompent ce silence mystique. Hors du temps, le délicat murmure des mélodies s’éclate, se décuple sur les murs d’une citadelle en accord avec le thème de son dernier album, la guerre. Amusant contraste, loin du champ/chant de bataille Pj Harvey ressemble à ces bambins qui s’amusent dans les squares. Timides dans un premier temps scrutant leur futurs et éphémères camarades de jeu puis, une fois que le lien est créé, sans retenue. C’est au détour de "The last living rose", qui aurait gagné en intensité s’il avait été interprété avec de véritables cuivres, que l’intensité augmente.


Pris dans cette spirale mélodieuse, chaque titre semble encore meilleur que le précédent. Aérienne, la voix de Pj laisse sa douce empreinte ainsi que la majorité de "Let shake England" dans les esprits. Presque immobile, Harvey s’amuse avec son micro, elle le dompte, l’apprivoise. Dans ses bras, sa guitare qu’elle tient comme si elle tenait un chaton. La vision angélique, la gamine s’amuse dans le plus grand square de France et y prend un plaisir certain. La fin, inévitable, de show en sera d’autant plus abrupte. "It’s the last song. Good bye and thank’s you"… Alors que le concert prenait une ampleur astronomique, dix minutes avant la fin annoncée, PJ et ses musiciens quittent le main square. Laissant derrière elle d’avantage de frustration que de trainées de sa poudre féérique.
NB : Et puis elle aurait quand même pu jouer "The Letter".

PORTISHEAD, S U B L I M E
Clôture de cette sainte trinité vocale avec Portishead. Après l’état solide provoqué par Elbow, liquide avec Pj Harvey, 3 ème cycle au côté de Portishead. "Silence" ça commence. Timide, Beth Gibbons arrive devant l’écran géant où se diffuse en fond un énorme "P". Si l’empreinte des années se lit sur son visage ainsi que celui de ses compagnons de route, sa voix, elle, n’a rien perdu de sa superbe. C’est toujours ce timbre sensuel si particulier qui s’empare de la citadelle. Un assaut entrepris à grand coup de "Machine Gun" dont les fracas sur les murs de la cours trouvent un écho tout particulier. Le trip hop expérimental du trio british agrandi, ne tue pas, ne blesse pas, il se contente d’emprisonner les âmes, pour les replonger dans les abysses éthérés de leurs souvenirs. Aidés par les clips diffusés sur des écrans géants, les 40 000 bagnards consentants semblent captivés.


Comme pour Pj Harvey précédent, un calme olympien aux assonances mystiques investit la grande cours. Le son ténébreux est clair, limpide. Un doux filet venteux caresse les visages. Mais le retour à la réalité sera insufflé par Portishead eux même, dés les premières notes de "Glory Box". Un réveil immédiat pour la foule qui chantonne sans plus attendre le fameux "i just whant to be a woman". L’instant est magique, l’apogée d’une transe initiatique dont seules les mélodies de Portishead arrivent à transcender de cette façon les esprits, les personnes. "The taste of life I can't describe It's choking on my mind" We Carry on. Pour sur !


Magnetic Man for electric people !
Exode rural au cœur de la – dub- steppe Magnetic Man... Alors que sur la majorité du public se prépare à l’arrivée de Coldplay, une poignée d’irréductibles s’était donnée rendez vous pour une déambulation survoltée ! Assailli par les pulsions névrotiques du crew (allègé de Skream pour congés parental) le public prend vite gout au son des Magnetic Man. Visuellement le show ne laisse pas non plus en reste. Sur un écran des vidéos aux mirages psychédéliques rythment le show lorsque ce ne sont pas des inscriptions, qui ne sont pas sans rappeler Massive Attack, qui prennent le relais. Dread Mc, en transe, galvanise le public. Mais ce sera la venue toute particulière de John Legend qui fera rentrer main square en ébullition, du moins la partie présente…


Coldplay, pas si mal au final…
Ballons de toutes les couleurs en main, le public était fin prêt à accueillir la tête d’affiche exclusive du cru 2011 du Main Square, Coldplay. Lorsque les lumières s’éteignent, le générique de "Retour vers le futur" qui se déclenche. Palpable, la tension chez certains spectateurs laisse s’envoler quelques ballons dont les silhouettes se dessinent dans la lumière d’un feu d’artifice. Coup de départ de plus d’une heure et demi d’hostilités brit pop, une nuée de ballons de baudruche prend son envol quand Chris Martin prend son micro. Entre les sphères ovales le public découvre le décor composé entre autre d’écrans géants, d’une multitude de machine à fumer ou encore l’élément semble t il devenu indispensable des lasers… Le show est bien rodé, enfin, jusqu’à ce que les confettis du grand final ne tombent pendant "Hurts Like Heaven", second morceau du show. Surpris, Coldplay s’arrête soudainement dans sa lancée avant de s’amuser de la situation. Sous un déluge de confettis, le show continue.


Un problème qui rajoute un peu de spontanéité dans un spectacle impersonnel dont la grande caractéristique reste d’être hermétique à tous changements. Sur scène, la musique de Coldplay vit d’avantage que sur album, le public qui n’attendait que l’arrivée des Anglais est conquis… Doux euphémisme. La folie s’empare de la groupie, chaque titre se voit accompagné de sa minute de cris puis raccompagné de ses 60 secondes d’applaudissements. De "The Scientist" à "Viva la Vida", Les traditionnels hymnes qui ponctuent le concert sont repris à tue tête. On reste quand même loin d’un bon vieux "Sunday Bloody Sunday" de U2, modèle incontesté de Coldplay... "This is a new song, it’s calls Charlie Brown" Avec une impression de déjà vu, Chris Martin, présente de nouveaux titres aux allures de déjà entendu dans la lignée toute tracée du précédent album. Après un court rappel suivi d’un second feu d’artifice le groupe se retire sous des tonnerres d’applaudissements. Assemblée littéralement conquise.


Bilan Main Square :
Les plus :
- Une multitude de stands pour manger
- Beaucoup de distributeurs de jetons
- Le lieu
- La propreté du camping et la présence de points électricité pour recharger les mobiles
- Pas ou presque pas d’attente pour les douches
- Une bonne programmation
- Beaucoup de navettes
- Les scouts qui font l’accueil (c’est amusant)
- Organisation bien rodée
Les moins :
- Les artistes qui jouent en même temps
- L’ambiance parfois faible
- Les bracelets pass 3 jours vraiment moches
- Les shows parfois amputés d’une bonne dizaine de minutes (Pj Harvey, Limp bizkit…)
- Les artistes qui jouent en même temps
Le top du top :
- Portishead
- Pj Harvey
- Eels
- Triggerfinger
- Shaka Ponk

Signature : bobyle 19/07/2011
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>> Réponse (le 26/07/2011 par Philippe) Bon mais alors, au lieu de faire une conclusion télégraphique et bâclée à cette (pourtant fort bonne) chronique... Comment se fait-il cher Boby que vous n'ayez pas réussi, vous qui êtes si moderne, à simplement conclure, comme le salopiot Facebook que vous êtes, par un simple "Arras, J'aime" ou "Arras, J'aime pas", histoire que vos petits amis pressée puissent comprendre ? > Réagir à cette critique
>> Réponse (le 01/08/2011 par Boby) Ouais je sais... J'étais un peu à la bourre donc j'ai tranché dans le vif. Mais en lisant les 3 jours je pense que la conclusion et finalement optionnelle. Puis conclure ca n'est pas journalistique :p J'aime. (Au passage super chronique sur le dernier groupe phare et tout pourri des inrocks) > Réagir à cette critique

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