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Mercredi 19 juin 2013 : 10508 concerts, 22026 critiques de concert, 4866 critiques de CD.

Critique de concert Sigur Ros, Get Well Soon, Dark Dark Dark, Grimes, Para One, The Asteroids Galaxy Tour, Crane Angels, Placebo, Owlle (Festival Rock en Seine 2012)


Sigur Ros, Get Well Soon, Dark Dark Dark, Grimes, Para One, The Asteroids Galaxy Tour, Crane Angels, Placebo, Owlle (Festival Rock en Seine 2012) en concert


5 étoiles, concert à ne pas manquer

Jaime




On fête en grande pompe les 10 ans du festival Rock en Seine au Domaine National de Saint-Cloud du 24 au 26 août 2012, avec une programmation éclectique idéale pour contenter les fans de pop rock assez consensuelle, les amoureux fous de découvertes et les aficionados de choses plus pointues... Compte rendu d'une bonne première journée de concerts, le vendredi 24 août, prélude à un samedi tout simplement faramineux :





Crâne Angels

Les choses débutent de la plus belle des manières pour nous avec la fin du concert des excellents Crâne Angels sur la scène Pression Live, à l'entrée du site, au milieu des bois... Déjà aperçue en concert au Festival Mo'Fo à Mains d’Oeuvres, la troupe de petits sauvageons folk pop 'n roll réussit une fois de plus à provoquer des bouffées d'euphories incontrôlables, et ce malgré l'horaire et un son encore en rodage (c'est le début du festival !). Les morceaux sont superbement alambiqués, naviguant entre pop folk pastorale et montées post rock 'n roll. Le dernier morceau joué par le groupe est d'ailleurs l'archétype de la composition post folk barrée, mais électrisante : plusieurs coupures de rythmes, de nombreux changements d’ambiance et une ascension finale jouissive. En créant des titres à base d'harmonies vocales élégiaques très Beach Boys, de passages folk prenants et de dérapages distordus, les Crâne Angels jouent crânement (c'est facile... ) leur chance dans le grand cirque pop rock français. Et gagnent à tous les coups !





Owlle

Alors qu'au loin, on distingue les inepties pseudo punk rock pour adolescents encore en train de se chercher des très mal nommés Billy Talent (de l’infâme punk à roulettes, en 2012, il faut le faire !), la prometteuse Owlle débute son concert sur la scène de l'industrie... Physique marquant (une rousse un tantinet dominatrice visiblement attirée par le côté obscur de la force), très belle voix suave et mélopées électro pop légèrement gothiques, voilà comment l'on pourrait décrire rapidement ce qui est proposé au public, qui a l'air d’être conquis... Si l'on creuse un peu plus, l'on s’aperçoit de l'indéniable potentiel commercial de nombreux titres de Owlle, mais aussi de tics vocaux un peu " proprets " et d'un enrobage général un peu aseptisé. En clair, ça va cartonner, mais il faudrait penser à se démarquer un peu plus de Lykke Li.





Grimes

Retour sur la scène Pression Live pour le show intriguant et passionnant de Grimes, qui arrive à faire danser et tripper en même temps avec son électro pop world gothique, déjantée et très sexy... On avait peur d'un horrible concert maniéré et fade garanti 100% pour hipsers et l'on se retrouve devant un excellent set présenté par une électronicienne chanteuse souriante, craquante et ravie d'être là. Sa voix est sublime, ses petits cris en début de morceau sont, hum, orgasmiques, et ses interventions synthétiques sont positivement enivrantes. Si vous ajoutez à cela les très drolatiques présences d'un machiniste/percussionniste immobile et hâbleur, et surtout d'un danseur complétement dingo (il arrive très bien à imiter le mec qui essaie de danser sous acide ou lors il a pris une grosse quantité de drogue), vous arrivez à produire un spectacle à la fois étrange, séduisant et stimulant pour la psyché. L'air de rien, avec trois bouts de ficelles électroniques, et des influences hyper disparates, Grimes arrive à présenter une set list remplie de tubes décérébrants et virevoltants. C'est vraiment du grand art mademoiselle !




Asteroids Galaxy Tour

Place à un concert ultra festif et idéal pour le rapprochement des corps, celui des Danois de The Asteroids Galaxy Tour, passés maitres dans l'art de trousser des pop songs subtilement teintées de funk, de soul et de psychédélisme... L'atout charme de la chanteuse, une sculpturale et blonde danoise au physique de top model, ne laisse pas insensible la gent masculine, qui ne peut manquer également de remarquer le joli brin de voix de la belle. Même si l'on constate rapidement qu'elle en fait un peu des tonnes et que les pop songs joliment cuivrées de son combo sont un peu trop facilement accessibles (un peu FM, quoi), l'ensemble reste hyper agréable à écouter, surtout à l'occasion d'un festival d'été, en plein air, entouré d'amis souriants... Le petit plus : signe de goût, la troupe venue du Nord a recruté l'excellent trompettiste/organiste du groupe clermontois The Delano Orchestra !




Get Well Soon

Très beau et extrêmement prenant concert du groupe allemand Get Well Soon l'occasion de la première journée du festival Rock en Seine, au Domaine National de Saint-Cloud, le vendredi 24 août 2012... En ce début d'après midi pluvieux (on s'en fout complétement, on est heureux d’être là, entre amis, pour faire la fête en musique... ), les superbes et très mélancoliques chansons écrites par le démiurge Konstantin Gropper ont la chance d’être classieusement boostées par les 50 musiciens de l'Orchestre National d'Ile-de-France. L'intensité dramatique des morceaux et leur sérieux penchant pour les tourments de la dépression au dessus du volcan des sentiments n'en sont que renforcées, permettant au public de ressentir le grand frisson.



L'alchimie entre le leader, chanteur et guitariste de la troupe et ses musiciens (dont une choriste absolument bouleversante) fonctionne à merveille, donnant des allures de montagnes russes émotionnelles à cette pop extra terrestre et baroque, très inspirée par Radiohead. On est heureux d’être triste, triste d'être joyeux, ravi d'être en état de communion avancée avec cette musique incroyablement désespérée au milieu des éléments déchainés (en fait, il s'agit juste d'une grosse pluie, mais des visions de poète romantique affrontant la tempête sur une falaise bretonne nous traversent l'esprit... ). Oui, clairement, le lyrisme échevelé de Get Well Soon est contagieux, donnant envie de se projeter dans un univers peuplé de pensées torturées, puis de se vautrer gentiment dans des humeurs joliment maussades... C'est si émouvant ce show best of agrémenté de nouveaux morceaux (comme l'inspiré Roland I Feel You, extrait du nouvel album, The Scarlet Beast O' Seven Heads, disponible dès le 27 août 2012), qu'on aurait presque envie de chialer dans notre bière, mais il pleut déjà dedans. Donc on s'abstient de peur de trop diluer la boisson houblonnée... Inutile d'essayer de se défaire des mélodies, des voix d'anges déchus et des arrangements aussi riches que toujours à propos (orgues, cordes, guitares, cuivres... ) délivrés par le combo venu d'outre-Rhin : comme lors du concert donné au festival Europavox il y a quelques années de cela, Get Well Soon réussit à captiver du début à la fin de sa prestation. Rien à jeter, tout à garder en mémoire ! Une bonne dose de bonheur chagriné, à apprécier sans aucune modération (si l'on n'est pas dépressif au dernier degré). Les choses étant bien faites, Get Well Soon sera en tournée française en octobre/novembre 2012.





The Knux

Changement radical d’ambiance, avec les très rentre dedans punk des rappeurs Américains de The Knux... En arrivant non loin de la Scène de l'Industrie, on entend le Wonderwall d'Oasis se faire malmener par le DJ du groupe, puis c'est une cinglante déferlante de titres oscillant entre punk rock crétin, hip hop sauvage et show festif. Au menu (attention oreilles sensibles s'abstenir) : refrains faciles à hurler en chœur, guitares, rock 'n roll punk bien grasses, passages rappés à la sagouin et gros beats dans ta face... Sans oublier, les poses de rockstars en cuir et capuches et les harangues bien poussées à destination de l'assisance. C'est du lourd - dans tous les sens du terme -, mais une chose est sûre : on ne voit pas le temps passer avec the Knux !




Dark Dark Dark

Et hop, on repasse à un autre style radicalement différent en rejoignant le Scène Pression Live, puisque c'est le divin groupe américain Dark Dark Dark qui est chargé de plonger les festivaliers présents dans une géniale félicité doucement mélancolique... Oui, carrément ! La troupe très fournie au niveau personnel (accordéon, piano, guitare, basse, batterie...) surfe avec maestria sur le fil du rasoir de l'émotion avec une folk pop époustouflante de beauté. Bien sûr, les traditionnelles personnes qui vont dans un festival " pour que ça bouge quoi !" (c'est à dire les fans de Green Day, Placebo et autres superstars sur le retour) risquent d'être déçus car sur scène les musiciens sont assez immobiles. L'expressivité magistrale de la voix de la chanteuse, son jeu de piano inspiré, les touches balkaniques d'un accordéon envoutant et la qualité des compositions et des mélodies suffisent à faire décoller le show et le public réceptif à ce genre de musique... Et puis quand Dark dark Dark joue son tube Daydreaming, on voudrait bien pleurer de joie comme une madeleine au cœur fondant, mais il y a plein de gens autour, et ça ferait un peu désordre... Dark Dark Dark est à nouveau en tournée en octobre novembre 2012 en France, avouez qu'il serait vraiment dommage de manquer ça, non ?





Para One

Comme on se contrefout joyeusement du groupe Bloc Party, vu plein de fois à ses débuts et désormais plus très passionnant, on choisit de découvrir le show 2012 de Para One, qui malgré une tête de hispter, prof de maths, sosie de Yann Barthès (rayez la mention inutile... ), et une présence minimaliste derrière ses platines (c'est pas David Guetta là, et c'est tant mieux !), réussit à déclencher quasi instantanément une onde de choc dansante. Qui parcours le corps du festivalier à l'insu de son plein gré, et lui fait grandement bien ! Wouahhhhhhhhhhhhhh, toute cette énergie positive daft punkienne, french touch et électro hip hop qui s'abat sur le public chaud bouillant de la Scène de l'Industrie, n'aurait-elle pas le double goût du bonheur et de la fête, par hasard ? Si !




Sigur Ros

Juste le temps rejoindre la Scène de la Cascade, située à deux pas, et la grand messe des Islandais volants de Sigur Ros débute subrepticement... Après une mini intro délicate, un énorme mur du son post rock jaillit des enceintes et saisit immédiatement. Puis, la voix de Jonsi commence à faire son travail de sape sur nos éventuelles résistances. Inutile de tenter quoi que ce soit, on est encerclé et fait prisonnier pour la totalité du show ! En état de grâce, comme toutes les fois où on a eu la chance de le voir à l’œuvre (que ce soit en salle ou en festival), le groupe Sigur Ros enchaine les titres longs, marquants, accidentés et sidérants de puissance émotionnelle.



Les fans de Caravan Place et autres succès français du moment quittent les lieux à grandes enjambées, mais ceux qui restent (la grande majorité) ont le privilège de pouvoir communier avec des musiciens arrivant à toucher l'auditeur au plus profond de son cœur. Qui bat très fort, à chaque envolée, vol plané, arrêt sur image ou montées soniques. Très grand moment offert par l'un des meilleurs groupes de scène dans la catégorie post rock 'n pop interstellaire.






Placebo

" Ecouter Placebo en 2012, quel intérêt ?  ", se dit-on, en ancien fan du groupe (supers concerts en 1ère partie de David Bowie à la Halle Tony Garnier de Lyon en 1996, au Printemps de Bourges en 1997 avec Eels et Cat Power etc) un peu désabusé par les derniers - mauvais - albums et la suffisance de Brian Molko... On décide néanmoins de voir ce que donne la nouvelle mouture de Placebo en live. Verdict : c'est plus formaté qu'avant, moins vivant et sauvage, il y a toujours des musiciens additionnels qui jouent discrètement, en plus du trio de base initial, qui était largement suffisant. Mais, on peut dire que le son et la qualité de certaines chansons (Every You Every Me... ) tiennent encore la route. On reste donc un peu pour assister au set d'une machine de guerre un peu trop bien huilée. Et puis Brian Molko (à qui le public reproche souvent d'être mutique alors qu'il parle très bien notre langue) ouvre la bouche pour dire en français dans le texte : " Merci d'avoir braver l'orage... et tous ces mauvais sons ! " Là, il aurait mieux fait de fermer sa gueule... Bel exemple de prétention, surtout s'il l'on compare la qualité de prestations enflammées de Get Well Soon, Sigur Ros, Dark Dark Dark et Grimes, entre autres, avec celle quasi robotique à force d’être professionnelle de Placebo...

Après l'enchainement éhonté de deux ou trois titres assez faiblards, on décide de dire bye bye à la tête d'affiche du jour et à ses fans (grand bien leur fasse !). Demain, à Rock en Seine, la meilleure (et de loin !) journée des 3 jours se profile à l'horizon (Black Keys, Noel Gallagher, Eagles Of Death Metal, Toy, Mark Lanegan, Deus, Bass Drum Of Death, Ume, Of Monsters And Men, The Bots... ), il va falloir être fort !





Photos du concert : Nicolas Joubard (Sigur Ros, Get Well Soon, Para One), Victor Picon (Grimes, Placebo, The Knux), Robert Gil (The Asteroid Galaxy Tour, Owlle, Crane Angels, Dark Dark Dark, plus de photos ici : http://photosconcerts.com/dark-dark-dark-saint-cloud, http://www.photosconcerts.com/the-asteroids-galaxy-tour-saint-cloud, http://www.photosconcerts.com/owlle-saint-cloud et http://www.photosconcerts.com/crane-angels-saint-cloud-)


Plus de comptes rendus, de photos et de vidéos des trois jours de concerts à Rock en Seine 2012 en cliquant ici !


Liens : www.rockenseine.com, www.facebook.com/rockenseine, https://twitter.com/rockenseine...


Rock en Seine 2012 | Souvenirs © Rodrigue Huart... par rockenseine


 


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