Frustration + Octobre Novembre (Garage Club) - 5 octobre 2007 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand
Garage club très eighties dans la petite Coopé, prolongement idéal d'une soirée post punk commencée au cinéma Le Rio avec la projection du superbe film d'Anton Corbijn sur la vie de Ian Curtis, Control... Après la séance de 18h et deux heures passées avec la vie infernale du chanteur de Joy Division génialement filmée en noir et blanc, .../...
Garage club très eighties dans la petite Coopé, prolongement idéal d’une soirée post punk commencée au cinéma Le Rio avec la projection du superbe film d’Anton Corbijn sur la vie de Ian Curtis, Control… Après la séance de 18h et deux heures passées avec la vie infernale du chanteur de Joy Division génialement filmée en noir et blanc, rendez-vous est pris avec les groupes Octobre/Novembre et Frustration.
Octobre/Novembre, un boys band de saison
Si Boris aka Syrob n’arrive pas vraiment à nous mettre dans l’ambiance (il faut dire qu’on n’a jamais apprécié ses sélections électroniques prétentieuses, minimalistes/insipides et pseudo branchées), l’arrivée d’Octobre/Novembre (un quatuor de saison) sonne le glas de l’ennui. Formé à la va-vite par des membres de Kunamaka fans de musique des années 80, ce groupe ovni qui a le sens de la formule et de la communication (allez faire un tour sur leur site myspace joliment customisé et narcissique) se fait fort de délivrer une électro pop/New Wave à la fois synthétique et organique. Les disques de New Order, Clash, Joy Division, Aha, Madonna, Erasure, The Cure, Billy Idol, Alphaville et Depeche Mode sont semble-t-il passés en boucle en fin de soirée chez ces jeunes gens aux idées larges. Avec un synthé clinquant, une guitare sobre, une basse monstrueuse et un chanteur habité, le boys band Octobre/Novembre arrive à délivrer de mini hits électro Lo Fi composé en deux temps trois mouvements. C’est direct, groovy, drôle et ultra dansant. Et ça plait aux filles, aux garçons qui veulent plaire aux filles, aux filles qui aiment les filles, aux garçons qui draguent les garçons et aux garçons qui aiment prendre les filles comme des garçons… Bref, ça peut plaire potentiellement à tout le monde. Si de nombreux titres sont percutants, il y a quand même pas mal de morceaux anecdotiques et sans saveur particulière. Après tout, c’est un peu normal : le groupe n’en est qu’à son galop d’essai, c’est là son premier concert ! L’important étant que quand ses titres sont réussis, ils le sont vraiment : Las Vegas, Old fire, Soldier night fever, plus une très jolie reprise d’I’ll be your mirror du Velvet Underground. A suivre donc à l’avenir… Octobre/Novembre sera à nouveau sur la scène de la Coopé mardi 9 octobre pour la soirée Velvet où 25 groupes auvergnats réenregistreront en live le mythique « disque à la banane ».
Aucune Frustration !
Après cette belle mise en jambes, puis quelques disques électroniques pour faire – un peu – monter la pression, voici le plat de résistance de la soirée, les mal nommés Frustration, from Paris France, déjà aperçus cette année. C’est dans une ambiance plus chaude et plus rock ‘n roll qu'aux Volcaniques de Mars 2007 que les excellents musiciens habillés en noir et coupés court (ça fait un peu jeunesses hitlériennes… ) ont pu délivrer un percutant set, entre post punk, garage, cold wave et électronique. L’influence majeure qui ressort des titres originaux et souvent impressionnants d'intensité de Frustration est Warsaw/Joy Division. La voix grave et psychotique du chanteur (on pense immanquablement au défunt Ian Curtis), les synthés aigrelets, la guitare épileptique et la basse profonde sonnent dans cet esprit-là. Mais pas que. L’ajout de parties électroniques détonnantes en intro ou en break ajoute une touche personnelle, comme l’hallucinante virulence du propos à la limite du rock garage… Entre danse de Saint-Gui, montées et descentes synthétiques et séances d’hystérie collective, le public est joliment retourné ; il fini par succomber définitivement sous les coups de boutoirs de Frustration. Une bluffante reprise des punks anti nazis de Crisis, et deux rappels plus tard (avec le tube No trouble) et c’est déjà fini, malheureusement… Frustration est un combo à voir absolument sur scène.
Belle conclusion donc pour cette très bonne soirée placée sous le signe du post punk/cold wave. Quelques secondes plus tard, Syrob a la bonne idée de balancer Love will tear us apart (traduction : on se déchirera par amour… ) à fond dans les enceintes. En sortant de la salle, on repense donc à la magnifique scène du film Control - avec en fond sonore l’inoxydable hit désespéré de Joy Division - où le couple Ian et Debbie Curtis commence à partir en lambeaux. Et on finit un peu déprimé. Normal avec le thème de cette soirée.
Nation All Dust - Dirty Truck - Frustration - 6 octobre 2006 - Le Poste à Galène - Marseille Neuf heures moins le quart devant le Poste à Galène : une file d'une dizaine de personnes attend patiemment qu'on veuille bien la laisser entrer. En plus de l'habituel public "Lollipop-Ratakan-Relax and Co" quelques gothiques sont venu soutenir "Frustration", groupe post-punk parisien. L'affiche de la soirée s'annonce alléchante : les Nation All .../...
Neuf heures moins le quart devant le Poste à Galène : une file d’une dizaine de personnes attend patiemment qu’on veuille bien la laisser entrer. En plus de l’habituel public « Lollipop-Ratakan-Relax and Co » quelques gothiques sont venu soutenir « Frustration », groupe post-punk parisien. L’affiche de la soirée s’annonce alléchante : les Nation All Dust, et leur pop indé noisy m’avaient particulièrement impressionnés quelques semaines auparavant à La Machine à Coudre. Je ne connais pas les deux autres formations, mais sur le papier que du bon : Frustration estampillé « Post-Punk », revendique des influences de bons goûts comme Wire ou Joy Division et Dirtrucks, choisi par Relax And Co (gage de rock’n’roll de qualité), se présente comme un groupe de rock’n’roll japonais exclusivement féminin ; on pense évidement à 54 Nude Honeys : donc quelque chose de pas très original mais diablement sauvage, sexy et rock’n’roll !
Bref, une bonne soirée en perspective !
C’est les Nation All Dust qui ouvrent la soirée. Ca commence tout en douceur avec une très longue intro guitare-chant ; courageux d’attaquer un set comme ça !
Leur prestation de ce soir sera un peu en dessous de celle d’il y a quelques semaines à la Machine : musicalement c’est impeccable, une noisy pop élégante et personnelle …mais ce soir tout semblera moins naturel.
Les longs moments de larsens, mêmes s’ils sont du plus bel effet, paraîtront avoir été rajoutés, les bains de foule de Mathieu un peu forcés, et les enchaînements bien moins fluides. Mais attention qu’on ne s’y trompe pas : les chansons sont bien là et le groupe occupe bien la scène ;
Nation All Dust est un excellent groupe mais la magie de cette fameuse soirée à la Machine à Coudre n’est pas là ! Tans pis … ce sera pour une autre fois !
Arrivent ensuite les jeunes japonaises de Dirtrucks. Passées les cinq premières minutes durant lesquelles le spectateur aurait pu être sous le charme de l’exotisme, il faut bien de rendre à l’évidence : leurs jolis minois et leur conviction inébranlable ne parviennent pas à masquer des compositions de très mauvais goût, très mal jouées le tout avec un son exécrable !
Correctement joué ç’aurait pu faire penser à du « big rock » très très red neck faisant passer les ZZ-Top pour des intellectuels new-yorkais ; et le tout, sans l’humour des deux américains barbus ! Bref, pour moi, un mauvais moment à passer, pour d’autres c’est le moment du départ : la salle se vide.
C’est donc devant une salle à moitié vide que nos post-punks parisiens Frustration s’installent. Les trois gothiques qui ont eu le courage d’affronter trois quarts d’heure d’hara-kiri guitaristique se pressent devant la scène et c’est parti !
Enfin, pas tout de suite : les nombreux problèmes techniques font bégayer un début de set prometteur. Il faut avouer que même si les compositions sont vraiment très très post-punk, elle sont vraiment bien ficelées et le lien entre le punk et la new-wave semble naturel chez les parisiens.
Le côté mécanique et dansant nous plonge dans le Berlin 78-80, époque glorieuse de Kraftwerk. Mais ce qui m’horripilait chez ces allemands rend la musique de Frustration vraiment intéressante : c’est mécanique mais rock’n’roll. L’époque est à reconsidérer, et les The Rakes l’ont bien compris !